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Hoffmann Le chat Murr Première traduction intégrale par Albert Béguin Gallimard Le titre complet de l'ouvrage d'Hoffmann peut se traduire : Vie et opinions du matou Murr fortuitement entremêlées de placards renfermant la biographie fragmen­ taire du maître de chapelle Johannès Kreisler. AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR Le Chat Murr — connu en France par la seule version, in­ complète et bien édulcorée, de Loève-Veimars — est l'une des œuvres où Hoffmann a mis le plus de lui-même. Des souvenirs d'enfance aux années tourmentées de Bamberg, toute la biogra­ phie de l'auteur se reflète dans les étranges aventures du musi­ cien Johannès Kreisler, dont le récit alterne avec les Mémoires du matou. Mais les données du souvenir ont été si bien revécues et métamorphosées, que l'on se trouve transporté sur le plan du mythe : dépassant les accidents de sa destinée individuelle, Hoffmann s'en sert pour construire son personnage exemplaire de l'Artiste aux prises avec les exigences et les tentations de la vie terrestre. Ce mythe, seule réponse, pour Hoffmann, aux questions que pose l'incompréhensible, l'absurde condition humaine, tout enchevêtrée de mystérieuses complications, est l'unique sujet de toutes ses œuvres réussies. Car son effort majeur, à l'inverse de la plupart des romantiques allemands, tend toujours à s'accom­ moder du réel, à y imposer la présence de l'individu exceptionnel, plutôt qu'à s'en échapper par une évasion dans l'imaginaire. Le véritable Hoffmann est bien différent du « fantastiqueur » dont s'inspirèrent Petrus Borel, Gozlan, Balzac et tant de nos romantiques. Nous faisons aujourd'hui, parmi ses ouvrages, un autre choix que le public de 1830, et il est assez significatif que l'on ne trouve dans la traduction la plus répandue, celle de Loève- Veimars, ni le Vase d'Or, ni la Princesse Brambilia (ce « caté­ chisme de haute esthétique », disait déjà Baudelaire), non plus que le Chien Berganza, où apparaît pour la première fois le thème de l'amour pour Julia, les admirables Automates,, où se préfigure Maître Abraham le magicien, et les Elixirs du Diable, où des chaînes de hantises, de complexes hérédités et de corres- LE CHAT MURR s pondances étranges cherchent à épuiser l'infinie richesse de l'humain. Or ces chefs-d'œuvre seuls, avec Don Juan, le Con­ seiller Krespel ou le Chevalier Gluck, permettent de mesurer la vraie grandeur d'Hoffmann. De ces ouvrages, le Chat Murr n'est peut-être pas le plus par­ fait. Inachevé, portant par endroits la marque de la maladie et de la hâte, ce grand livre n'en est pas moins le plus riche de substance et d'orchestration qu'ait composé Hoffmann le Musicien. Il prend toute sa signification en face du Journal intime (que l'on n'a pas traduit intégralement et dont on ne trouve en français que des fragments dans la Vie d'Hoffmann de Jean Mistler), de ces pages surtout où Hoffmann note sa détresse, ses combats intérieurs, son bouleversement nerveux, lorsque, à Bamberg, il lui faut renoncer à Julia Marc. Cette déchirante épreuve de l'âge mûr, il a cherché longtemps à la transcender, à en tirer quelque révélation supérieure. Pour Hoffmann, le problème de l'art et de la vie s'était posé de bonne heure, avec une acuité d'au­ tant plus grande qu'il hésitait entre peinture et musique (il ne songeait pas encore à écrire) et que, d'autre part, il était fortement sollicité par un établissement de fonctionnaire, où, comme son héros Kreisler, il pensa trouver une solution provisoire. Mais, au moment même où, tout étant remis en question et la musique devenant le seul gagne-pain possible, on pourrait croire que le problème va être résolu par la force des choses, il se pose à nouveau, et avec plus d'urgence que jamais : l'amour d'Hoffmann pour sa jeune élève Julia Marc ouvre une crise grave, moins parce qu'il est en conflit avec une vie conjugale depuis longtemps manquêe, que parce qu'il constitue une nouvelle tentation sur la voie de la vocation artistique. Tentation bien difficile à surmonter, et même à discerner, puisqu'elle naît de la musique même et que cet amour cristallise autour du talent de cantatrice de la jeune fille. Hoffmann, qui avouait « avoir toujours eu trop de réalité », sur~ vivra à cet événement, redeviendra fonctionnaire, sera l'auteur fêté et largement payé des almanachs. Mais au fond, il restait profondément ébranlé. La douleur se prolonge et ne pourra connaître d'autre apaisement que le chant, l'éclosion de l'œuvre qui naîtra et se nourrira de l'angoisse elle-même. Le grand thème d'Hoffmann est celui de € l'amour de l'ar~ AVERTISSEMENT 9 liste !> : amorcé dans les premières nouvelles musicales, répété dans les contes les plus rapidement écrits, élevé dans la Princesse Brambilla jusqu'à une étonnante ironisation de la vie entière, et dans les Elixirs du Diable jusqu'à un tragique profond, ce thème est partout, suscitant des personnages sans cesse recom­ mencés qu'apparentent d'essentielles affinités, atteignant enfin, dans le Chat Murr à un total épanouissement. Ce n'est point ici le lieu de suivre l'évolution qui, de l'archiviste Lindhorst (du Vase d'OrJ, du professeur (des Automates^ et du Docteur Coppélius à notre Maître Abraham présente à chaque fois plus riche et plus humain le Magicien douloureux auquel Hoffmann prête tant de ses aspirations et de ses échecs ; non plus que de voir s'éloigner du modèle, Madame Marc, l'ennemie qui prendra les traits de la Conseillère Benzon. Et il suffira d'indiquer que Julia a des sœurs plus pâles dans bien des œuvres antérieures au Chat Murr ; il a fallu de longues années pour qu'Hoffmann se sentît enfin le courage de recréer dans un personnage pleinement vivant celle par qui il avait souffert, et de l'introduire au centre de son grand mythe. Cependant, le personnage qu'il fallait mener à maturation pour que l'œuvre pût prendre sa forme définitive, c'était celui d'Hoffmann lui-même, devenu le Maître de Chapelle Johannès Kreisler. On sait quel portrait extraordinairement complexe en est ébauché déjà dans les Kreisleriana, complément indispen­ sable à l'autobiographie transposée que l'on trouve dans le Chat Murr. Dès 1812, Hoffmann songe à reprendre ce qu'il avait esquissé dans cette œuvre fragmentaire et, en pleine crise de son amour pour Julia Marc, la correspondance et le journal nous révèlent le projet d'un
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