Pline le jeune lettres 1 ocr
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CLASSIQUES GARNIER PLINE LE JEUNE LETTRES I. LIVRES ! à V TRADUCTION NOUVELLE DE C. S1CARD LIBRAIRIE GARNIER FRÈRES 6. RUE DES SAINTS.PÈRES. 6 PARIS TRADUCTION NOUVELLE AVEC NOTICE ET NOTES PAR C* SSCÂRD BRÉGB DE GRAMMAIRE, PROt'lïSSISUR HONORAIRE TOME PREMIER PARIS LIBRAIRIE GARNIER FRÈRES 6, RUE DES SAINTS-PÈRES, 6 1931 V NOTICE SUR PLINE LE JEUNE Le siècle des premiers Césars touchait à sa fin. Après l'admirable floraison d'écrivains qui avaient contribué à la gloire d'Auguste, la décadence avait été rapide. En même temps que le niveau des mœurs publiques ou privées s'abaissait sous Tibère et ses successeurs, le génie romain avait été profondément altéré, et la litté­ rature en avait subi le contre-coup. Cependant la géné­ ration qui vit le jour au milieu du premier siècle ne fut pas sans mérite, et quand, après la tyrannie de Domitien, une ère de paix intérieure et de prospérité s'ouvrit avec les Antonins, on eût pu s'attendre à voir la littérature briller d'un nouvel éclat dans tous les genres, en poésie comme en prose. Hélas ! la société avait été trop troublée, le souvenir des crimes politiques était encore trop récent; les grandes sources d'inspiration semblaient taries. La poésie n'était plus qu'un divertissement de salon, la tribune aux harangues était muette; l'éloquence n'avait plus d'emploi que dans le panégyrique, pompeux et déclamatoire par définition, ou au barreau, où elle était, il est vrai, écoutée par un peuple naturellement ami de la chicane et de la procédure. Seule l'indignation pouvait inspirer la verve satirique d'un Juvénal ou l'âpre génie d'un Tacite. C'est au milieu de ces circonstances histo­ riques que nous allons suivre la carrière de Pline le Jeune, orateur et poète, dont nous n'avons plus les discours, dont les vers ont péri, mais dont la Correspondance, heureusement conservée, suffit à lui assurer un rang honorable à côté des meilleurs écrivains latins. C'est à PLINE LE JEUNE. T. i. l 2 NOTICE SUR PLINE LE JEUNE NOTICE SUR PLINE LE JEUNE 3 elle que nous allons tout d'abord emprunter les détails tinction l'occasion de faire l'apprentissage du comman­ qui permettent de reconstituer la biographie de son dement; mais nous ne sommes pas surpris de lire auteur. dans quelqu'une de ses lettres, qu'il se plaisait surtout Pline naquit en 61 ou 62, sous le principat de Néron, à écouter le philosophe Euphrates, dont l'enseignement à Côme, agréable petite ville de la Gaule Cisalpine, ou élevé et la conversation séduisante, le tenaient suspendu plus exactement Transpadane, située sur les bords d'un à ses lèvres (attentas et pendens). Puis, après les premiers lac qui porte aujourd'hui son nom, mais qui s'appelait emplois publics, ce fut l'accession rapide aux magis­ alors le Larius. Il était fils de L. Csecilius; sa mère était tratures curules. Questeur sous Domitien, auprès de qui sœur de Pline le Naturaliste, chevalier romain, natif de il fut d'abord en faveur, il devint prêteur en 93, et entre Côme, lui aussi. Toute cette famille provinciale jouissait temps, entra au Sénat comme on le faisait alors en d'une aisance qui passerait aujourd'hui pour la fortune. sortant d'une charge importante. On sait d'ailleurs que Le jeune homme ayant perdu son père de bonne heure, ces magistratures, sous les empereurs, n'avaient plus eut pour tuteur un personnage illustre alors, Verginius que des prérogatives bien réduites, que les questeurs Rufus, et pour protecteur naturel son oncle qui, un peu étaient les secrétaires financiers des empereurs, des plus tard en l'adoptant, lui donna son nom, C. Plinus consuls ou des gouverneurs de provinces, que la puis­ Secundus. Celui que nous appelons Pline le Jeune, poul­ sance tribunitienne était passée aux empereurs avec ie distinguer de son savant parent, devint donc C. Plinius l'inviolabilité, que les prêteurs n'étaient plus juges Cœcilius Secundus. Pline avait déjà pris la toge virile souverains, que les consuls eux-mêmes n'avaient guère quand la catastrophe qui, le 24 août 79, engloutit sous conservé qu'un rôle honorifique et des attributions les cendres du Vésuve Pompéi, Herculanum et Stabies judiciaires... La carrière de Pline faillit d'ailleurs être lui enleva son oncle ; et il resta désormais l'unique soutien interrompue brusquement. Durant les dernières années de sa mère. Il avait fait d'excellentes études, facilitées de Domitien, Rome avait vu régner une véritable terreur, par de remarquables aptitudes personnelles, et dirigées les délateurs triompher, les meilleurs citoyens tomber non seulement par Pline l'Ancien, mais par d'autres victimes de la persécution ou n'échapper au supplice maîtres éminents, comme Quintilien, le premier profes­ que par l'exil : Pline avait connu aussi la disgrâce, il seur public de rhétorique, auteur de Y Institution oratoire, avait été l'objet d'une dénonciation, et il eût infailli­ et par le philosophe stoïcien Musonius, non moins fameux blement péri, si le tyran n'avait été assassiné en 96. alors, et qui compta parmi ses élèves Ëpictète. L'étude Avec Nerva et Trajan, sa carrière n'avait plus connu approfondie du droit le mit en relation avec les juris­ d'interruption. Nerva l'apprécia; Trajan en fit son ami. consultes les plus réputés de son temps; bien doué pour Pline devint, avec une notoriété toujours accrue, préfet la parole, il fut naturellement porté vers le barreau : il du Trésor de Saturne en 98, consul en 100, augure en 103, y commença sa carrière à dix-neuf ans, et c'est comme curateur du Tibre de 105 à 107, enfin gouverneur de orateur judiciaire qu'il se fit tout d'abord connaître et Bithynie et de Pont, avec le titre de legatus pro praetore apprécier de ses contemporains. consulari potestate, et mourut prématurément en 113, à peine âgé de cinquante et un ans. Cependant il ne pouvait manquer d'entrer dans la carrière des honneurs. Ce fut d'abord le service militaire. Pline, si l'on en juge par sa conduite comme gouverneur Nous le voyons en 81 soldat en Syrie, avec le grade de de Bithynie, dut, avec toute la conscience d'un fonction­ tribun de légion, qui donnait aux jeunes gens de dis- naire méticuleux, s'acquitter des obligations imposées NOTICE SUR PLINE LE JEUNE 5 4 NOTICE SUR PLINE LE JEUNE traire et avec le même succès contre leurs accusateurs par ces charges successives. Mais, tant qu'elles lui en bithyniens Varenus Rufus qui n'avait été qu'imprudent, laissèrent le loisir, c'est au barreau qu'il consacra la et Julius Bassus qui était innocent. Là aussi, la force plus grande part de son activité; c'est là qu'il avait de son argumentation et son habileté procédurière, son remporté ses premiers succès, c'est là qu'était son véri­ éloquence enfin, lui valurent des triomphes retentis­table terrain : « In arena mea, hoc est apud centumviros », sants. On ne peut que regretter de n'avoir sous les yeux dit-il. Devant ce tribunal des centumvirs, spécialement
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