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Relecture ironique de l'Histoire d'une Grecque Moderne - article ; n°1 ; vol.46, pg 355-370

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Cahiers de l'Association internationale des études francaises - Année 1994 - Volume 46 - Numéro 1 - Pages 355-370
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1994
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Langue Français

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Alan J. Singerman
Relecture ironique de l'Histoire d'une Grecque Moderne
In: Cahiers de l'Association internationale des études francaises, 1994, N°46. pp. 355-370.
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Singerman Alan J. Relecture ironique de l'Histoire d'une Grecque Moderne. In: Cahiers de l'Association internationale des
études francaises, 1994, N°46. pp. 355-370.
doi : 10.3406/caief.1994.1852
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/caief_0571-5865_1994_num_46_1_1852RELECTURE IRONIQUE DE
L HISTOIRE DUNE GRECQUE MODERNE
Communication de M. Alan J. SINGERMAN
(Davidson College, Caroline du Nord, U.S.A.)
au XLVe Congrès de l'Association, le 23 juillet 1993
En mai 1968, pendant que la France vivait les événe
ments que l'on sait, mon événement à moi (toutes pro
portions gardées — j'étais à la recherche d'un sujet de
thèse et non pas d'une nouvelle société), c'était la dé
couverte d'une jeune femme connue sous le nom de la
«Grecque moderne». Ce fut le coup de foudre, une
passion qui dure depuis vingt-cinq ans. Mais tous mes
efforts pour atteindre cet être n'ont été déployés que
dans l'espoir de la sauver des doutes et soupçons que le
narrateur de son histoire essaie de semer dans l'esprit
du lecteur, ainsi que du statut d'« énigmatique » dont il
s'empresse, dans sa frustration, de l'affubler.
J'ouvre tout de suite une brève parenthèse à l'intention
de ceux qui connaissent moins bien ce roman de 1740,
communément reconnu aujourd'hui par les prévostiens
comme le «deuxième chef-d'œuvre» de Prévost. C'est
l'histoire d'un diplomate français à Constantinople qui
achète une fille de harem fort jolie et intelligente, dont
il ne tarde pas à tomber éperdument amoureux. Elle,
de son côté, prend goût à la vertu, de sorte qu'elle
refuse résolument toutes ses avances. La frustration de ALAN J. SINGERMAN 356
ses désirs finit par porter atteinte à l'équilibre mental
du protagoniste qui, rentré en France avec sa protégée,
sombre dans une jalousie pathologique. Après le décès
mystérieux de Théophé — c'est ainsi que se fait appeler
l'ancienne concubine — , le diplomate, malade et fort
diminué, entreprend de raconter l'histoire de leurs rap
ports : c'est YHistoire d'une Grecque moderne.
L'hypothèse, très répandue, selon laquelle la Grecque
moderne serait une œuvre « énigmatique » donne lieu à
une lecture qui suppose que l'auteur partage le point de
vue, donc l'ignorance, les incertitudes et les doutes de
son narrateur. L'énigme serait insoluble, à tout jamais,
pour le lecteur comme pour le narrateur, car on ne
pourrait savoir si Théophé a été, oui ou non, de bonne
foi dans ses rapports avec son bienfaiteur amoureux.
Mais il est tout aussi défendable de conclure, comme le
fait d'ailleurs Henri Coulet (1), à une «fausse énigme»,
née de l'« égoïsme de mâle » qui aveugle le narrateur sur
la sincérité de sa protégée — aveuglement que nous, les
lecteurs, ne sommes pas obligés de partager. Le sens
même de «Grecque moderne», qui n'a jamais été expli
cité de manière vraiment convaincante, s'expliquerait,
à ce moment-là, par son opposition avec les Grecs « an
ciens», dont la bonne foi, comme nous le rappelle un
peu sournoisement le narrateur, est un «proverbe ir
onique » (2). Si nous supposons, comme nous avons tout
lieu de le faire, que cette jeune Grecque «moderne»,
elle, est véritablement de bonne foi, c'est la méprise
même du narrateur, son refus de croire à sa sincérité,
qui devient ironique, car elle est à l'origine du malen-
tendy catastrophique que racontent ses mémoires. L'hy-
(1) «Sur les Trois Romans écrits par l'abbé Prévost en 1740», Cahiers
Prévost d'Exilés, 1985, n° 2, p. 13.
(2) Abbé Prévost, Histoire d'une Grecque moderne, coll. «GF-Flamma-
rion», Pans, Flammarion, 1990, p. 94. Toute citation ultérieure dans notre
communication se réfère à cette édition du roman. VHISTOIRE D'UNE GRECQUE MODERNE 357
pothèse de la sincérité de l'héroïne modifie du tout au
tout le point de mire du récit. Robert Mauzi en est bien
conscient, qui, reconnaissant que les explications que
fournit Théophé sont «parfaitement cohérentes», en
conclut dans son introduction au roman : « Mais alors
il n'y a plus d'énigme, et n'est-ce pas tout le sens de
l'œuvre qui se trouve remis en question (3) » ? En effet :
du coup, ce sont les mobiles et le comportement du
narrateur, son aveuglement et sa mauvaise foi, et non
pas la prétendue « énigme » de Théophé, qui deviennent
le centre d'intérêt du roman. Et loin d'en réduire la
signification, en sacrifiant le mystère de l'« énigme»,
cette optique l'enrichit au contraire en faisant ressortir
une couche d'ironie qui sous-tend le récit tout entier.
Précisons, toutefois, ce que nous entendons ici par
« ironie », car, comme chacun le sait, il en existe plusieurs
variétés. Nous ne parlons pas de l'ironie ouverte, l'ironie
verbale d'un Voltaire qui, pour décrire l'incarcération
de Candide et Pangloss à Lisbonne dans des cachots
misérables, précise qu'ils « furent menés séparément dans
des appartements d'une extrême fraîcheur, dans lesquels
on n'était jamais incommodé du soleil» (chapitre
sixième), ni de celle d'un Montesquieu qui fait dire à
Rica que « si les triangles faisaient un Dieu, ils lui don
neraient trois côtés» (lettre LIX). Il ne s'agit pas non
plus de l'ironie romantique d'un Diderot qui pénètre
dans le récit des aventures de Jacques et de son maître
pour commenter ses propres inventions de romancier.
L'ironie de Prévost reste, le plus souvent, couverte,
sous-jacente; elle s'apparente le plus à l'ironie dite
«dramatique», ou encore «sophocléenne» — et
Jean Sgard nous rappelle que Prévost a bien lu
(3) Abbé Prévost, Histoire d'une Grecque moderne, coll. « 10/18», Union
générale d'éditions, 1965, p. xxxvi. 358 ALAN J. SINGERMAN
Sophocle (4). Son ironie, c'est le produit de l'ignorance,
voire de l'aveuglement du narrateur-héros dont les mép
rises, tels les errements d'Œdipe, sont mises en relief
éloquemment par les contradictions entre ses propos et
la réalité de sa situation. La production de l'ironie chez
Prévost suppose donc la participation active d'un desti
nataire dont le savoir transcende à la fois celui du sujet
raconté et celui du sujet racontant, et qui est conscient
de l'ignorance du narrateur-héros et du sort que l'auteur
lui réserve. Il incombe au lecteur de reconnaître, comme
le dit le narratologue Wayne С. Booth, que l'auteur
«communique avec lui derrière le dos du narrateur»
(5), et d'effectuer lui-même le travail de « reconstruction
ironique» (6); ce travail implique, bien évidemment,
une connaissance globale du texte permettant la confront
ation, à tout moment, des divers éléments du récit,
ainsi que leur insertion, le cas échéant, dans un contexte
littéraire ou socio-historique plus large.
*
* *
Aucune œuvre de Prévost, nous semble-t-il, ne se
prête autant à une relecture ironique de ce genre que
Y Histoire d'une Grecque moderne. L'« Avertissement »
même du roman, où l'auteur déclare qu'on ne lui promet
(4) L'Abbé Prévost. Labyrinthes de la mémoire, coll. «PUF écrivains»,
Pans, Presses Universitaires de France, 1986, p. 11. Voir J.A.K. Thomson:
«There is a thing traditionally called «Sophoclean Irony». It is the device
[...] which puts in the mouth of a character language whose full significance
is not perceived by himself but only by his hearers, who know, as he does
not, the doom that awaits him » {Irony. An Historical Introduction, Camb
ridge, Harvard University Press, 1927, p. 35).
(5) A Rhetoric of Irony, Chicago, The University of Chicago Press, 1974,
p. 58.
(6) Ibid., p. 19. L'HISTOIRE D'UNE GRECQUE MODERNE 359
pas « le moindre avis qui puisse lui faire comprendre ou
deviner ce qu'il n'entendra point par ses propres l
umières» (p. 51), semble nous inviter à chercher un sens
ironique; on se rappelle l'observation de Jankélévitch
selon laquelle «l'ironie est [...] un appel qui nous dit:
complétez vous-mêmes, rectifiez vous-mêmes, jugez par
vous-mêmes » (7) ! Et dans son « exorde », le narrateur
de la Grecque moderne, qui veut faire le « procès » de
sa protégée, ne manquera pas de solliciter le jugement
du lecteur. Seulement, et là commence déjà l'ironie, le
lecteur sera amené à juger non pas Théophé, dont le
statut de victime innocente se précisera de plus en plus,
mais le narrateur lui-même, qui sera dénoncé, à son
insu, par son propre récit. Comme le dit si bien Jean
Sgard dans la belle préface à son édition récente du
roman: «Dans ce procès, l'accusateur devient peu à
peu coupable, tandis que l'accusée emporte l'admira
tion » (8).
Dès le début de l'histoire, le diplomate, en libérant
Théophé du sérail du pacha Chériber, se méprend sur
ses propres mobiles, dont il souligne sans arrêt la nature
désintéressée: la joie qu'il ressent n'est due — prétend-
il — qu'au plaisir de la générosité et à la satisfaction de
son sens de l'honneur. Tout son comportement ultérieur
démentira pourtant ces affirmations, en prouvant qu'il
agit bel et bien sous l'impulsion du désir, et cela, sans
doute, depuis la première rencontre au sérail. La situa
tion du diplomate, à cet égard, nous paraît éclairée par
celle de M. de Montcal dans les Campagnes philoso
phiques, rédigées sensiblement à la même époque que
la Grecque moderne. Le narrateur, ayant connu depuis
quelque temps déjà Mme de Gien, se rend compte que
(7) L'Ironie, Paris, Flammarion, 1964, p. 68-69.
(8) Abbé Prévost, Histoire d'une Grecque moderne, Grenoble, Presses Univ
ersitaires de Grenoble, 1989, p. 13. ALAN J. SINGERMAN 360
sa «passion naissante» pour elle, qu'il reconnaît tout
d'un coup, était peut-être «plus anciennement dans [son]
cœur» où elle s'était «déguisée sous le voile de l'amitié»
(9) — comme la passion naissante du diplomate s'est
déguisée sous le voile de la générosité. Sachant ce qui
est arrivé au diplomate, le lecteur peut suivre, amusé,
ses contorsions verbales, ses efforts pour nier la vérité
afin d'échapper à l'ignominie (à ses yeux) de s'être épris
d'une concubine — c'est-à-dire, comme il le dit, d'« une
jeune personne qui sortait des bras d'un Turc» (p. 72).
Le lecteur est ainsi en mesure d'apprécier toute l'ironie
du projet initial du diplomate, apprenant l'ignorance
où était Théophé de l'amour, de «faire naître de la
tendresse» dans son cœur en se flattant «d'avoir été
assez heureux pour lui en faire éprouver déjà quelque
chose » (p. 96), alors que c'est précisément lui qui est en
train d'apprendre à connaître ce sentiment dont il ignor
ait, apparemment, les joies et les peines.
Une source majeure d'ironie dans la Grecque mod
erne, toujours en rapport avec l'aveuglement du nar
rateur-héros, réside dans toute l'entreprise de perfe
ctionnement moral et intellectuel que le diplomate consa
cre à Théophé. L'éducation que le lui donne
doit transformer la fille de harem en une femme supé
rieure, c'est-à-dire en une maîtresse digne de son bien
faiteur. Paradoxalement, l'idéologie janséniste à laquelle
il initie sa protégée la transforme de plus en plus, à sa
grande déconvenue, en une femme absolument ver
tueuse, ce qui la fortifie d'autant plus contre les tenta
tives de séduction répétées de son mentor. L'ironie de
la situation est renforcée par le fait que Théophé, igno
rant les conventions discursives de la société mondaine
(9) Abbé Prévost, Campagnes philosophiques ou Histoire de M. de Montcal,
Œuvres de IV, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1982,
p. 260. VHISTOIRE D'UNE GRECQUE MODERNE 36 1
occidentale, prend au pied de la lettre, dès la rencontre
du Français au sérail, un discours moral hypocrite qui
chante les louanges de la femme vertueuse, sans rien en
croire. Quand le diplomate voudra, par la suite, rem
placer ce langage par un discours amoureux, cela ne
prendra pas. Il finit par s'en rendre compte, d'ailleurs,
mais trop tard : « N'est-il pas misérable que livré comme
je le suis aux plaisirs des sens, j 'aye entrepris de rendre
une fille chaste et vertueuse? Ah! j'en suis bien puni»
(p. 205). Et il fera, jusqu'au bout, les frais de sa mauv
aise foi.
*
* *
D'un autre côté, l'intention ironique de Prévost se
traduit par sa juxtaposition systématique, tout au long
de la Grecque moderne, du protagoniste et des person
nages secondaires. Jankélévitch encore, en évoquant
les Doppelgàngerei de l'écrivain genevois Amiel, observe
que l'ironie est souvent produite par la « similarité des
dissemblables» (10). Or le sélictar, l'ami turc du diplo
mate, et Synèse, le frère de Théophé, en tant qu'ils
servent de doubles du héros (11), sont de riches sources
d'ironie. Les rapports entre le diplomate et le sélictar,
par exemple, dans leurs tentatives respectives de s'attirer
les faveurs de Théophé, après que le diplomate a r
econnu enfin son désir, vont s'avérer, pour le lecteur
avisé, foncièrement ironiques par la mise en relief conti
nuelle de l'aveuglement du Français sur lui-même.
(10) Op. cit., p. 151.
(11) Pour une analyse détaillée du rôle des «doubles» dans la Grecque
moderne, voir notre étude dans L'Abbé Prévost. L'Amour et la morale,
Genève, Droz, 1987, p. 236-274. ALAN J. SINGERMAN 362
Les meilleurs exemples interviennent après que
Théophé a repoussé la première tentative du diplomate,
à sa maison de campagne d'Oru, d'établir des rapports
amoureux avec elle — ce qui oblige son bienfaiteur à
refouler son désir, à le « sublimer » en quelque sorte, et
à vivre chastement avec sa protégée. Lorsque le sélictar
vient les rejoindre, le diplomate s'étonne de la persistance
de son ami turc et s'interroge sur ses sentiments: «II
me devint assez difficile d'en comprendre la nature ; car
la seule voie qui lui avoit pu donner quelque espérance
de les satisfaire étant fermée désormais par ses propres
conventions autant que par le refus de Théophé, il n'a-
voit rien à se promettre de l'avenir, et le présent ne lui
offroit que le simple plaisir d'une conversation sé
rieuse...» (p. 154). Mais nous savons que le narrateur
est en train de décrire précisément sa propre situation
en ce moment-là. Pour dissuader Théophé de partir,
après le désastre de la première nuit à Oru, il lui avait
promis une liberté complète chez lui: «Je ne vous y
verrai pas plus souvent que vous ne me le permettrez.
Vous n'y verrez vous-même que ceux qu'il vous plaira
d'y recevoir» (p. 146). Ainsi, par «ses propres convent
ions », comme par « le refus de Théophé », le diplomate,
comme le sélictar, n'a rien à espérer, justement, au-delà
du « simple plaisir d'une conversation sérieuse ». Quand
le narrateur remarque donc, en faisant allusion au sé
lictar, qu'il est difficile de croire «qu'il se bornât au
plaisir d'exercer son cœur par des sentimens tendres,
sans marquer plus de chagrin et d'impatience de ne
pouvoir obtenir le moindre retour» (p. 154), nous nous
rendons compte que l'auteur s'adresse à nous, effective
ment, « derrière le dos de son narrateur », en nous faisant
comprendre que l'aveuglement du diplomate l'empêche
de voir que sa situation est identique à celle du sélictar
et ne sera pas moins insupportable. Et l'ironie perce
encore plus lorsque le narrateur ajoute aux réflexions L'HISTOIRE D'UNE GRECQUE MODERNE 363
précédentes que « la comparaison que je faisois de son
sort au mien sembloit toujours flatteuse pour les dispo
sitions où je m'entretenois secrettement » (p. 154). Il en
est de même, d'ailleurs, de la satisfaction que ressent le
Français quand le Turc, faisant valoir les splendeurs
de son palais, recommence ses ouvertures auprès de
Théophé: «[...] j'avois si bien connu que le sélictar ne
parviendroit jamais à toucher son cœur, que je me fai
sois une espèce de triomphe des efforts qu'il allait re-
nouveller inutilement pour l'attendrir» (p. 185), sans se
douter que ses propres efforts pour toucher le cœur de
Théophé ne seraient pas moins infructueux. Le lecteur,
lui, sachant ce qui l'attend, jouit de l'ironie cuisante
qui informe la jubilation naïve du héros dont le cœur
«nageoit dans la joie» (p. 186) devant la déconfiture de
son rival qu'il croyait, à tort, confirmer ses propres
espérances. Ce jeu ironique, Prévost l'exploitera sans
merci jusqu'à la disparition du sélictar après le refus de
sa proposition de mariage — refus que le diplomate, de
nouveau «triomphant» à mauvais escient, essuiera à
son tour.
Toute une série de remarques et de réflexions du
narrateur-héros à l'égard des autres personnages secon
daires deviennent pareillement ironiques si nous refusons
l'hypothèse d'une communauté de vues entre Prévost et
son narrateur. Quand Synèse s'efforce, par exemple, de
nier ses liens de parenté avec Théophé, très vraisembla
blement sa sœur, le héros confie à sa protégée : «Je suis
porté à croire [...] que vous lui avez inspiré de l'amour.
Il est importuné d'un titre qui ne s'accorde point avec
ses sentimens» (p. 158). Ici encore le héros décrit très
précisément, sans le vouloir, ses propres rapports équi
voques avec la jeune Grecque. Comme le remarque en
core Mauzi, dans sa préface: «Théophé a Synèse pour
frère comme elle a le narrateur pour père» (12), et le
(12) Éd. citée, p. xxx.