The life is a dream, but to dream is not to life. (suite 10)

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Publié le 24 décembre 2011
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Scène 10 : Un homme sans-gland ?
Quand on s’ennuie le temps nous parait toujours plus long. Et pourtant
l’horloge sonna plus vite que dans mes pensées. La colle était finie.
Mardi 15. 18h02. Cool, je savais parfaitement l’heure. Tiens cette fois-ci je pouvais
regarder ma montre normalement, sans craindre de devenir dingue ou qu’un prof
m’engueule. En passant par la porte de la salle d’étude je me remémorais la scène :
__ ... nouvelles demain alors j’espère que vous serez gentils avec elles. Benjamin, si
tu y tiens il reste encore 20 minutes.
Je ziozioter ma montre même inconsciemment. Pauvre, pauvre professeur
d’espagnol. Même les secondes qui sont lassables par leurs régularités régulièrement
régulières devenaient plus intéressantes.
__ Merci répondis-je sur un ton fautif. Elle hocha la tête et repris le cours en
martelant le pauvre tableau de coups de craies.
Entre la salle et la cour il y avait deux mondes, le temps de dehors semblait sans
commentaire particulier vue de dedans, mais une fois sortis on se sentait plutôt
menacés par les nuages grisâtres planant au dessus de nos têtes. D’ailleurs il était
instable, pluie, pas pluie, pluie, soleil, pluie....
Je mis mes écouteurs de MP4, montai sur mon vélo, inclina le guidon et déguerpis.
La musique « californication » me rendait nostalgique. Depuis que j’étais revenu à la
réalité je m’étais beaucoup investi dans la recherche, sur Artémis entre autre et les
rituels. Pour faire simple, les personnes qui croient aux rituels étaient des ignorants
voire des fous. On sacrifiait des gens pour apaiser les Dieux, pour avoir une voie
maritime favorable ou encore de bonnes récoltes... J’en avais déduis que leurs
rituels était un espoir. Ou un acte de désespoir.
La seconde partie était des recherches sur des moyens de défense. Armes blanches
et armes à feu dans la branche des armes manuelles et ensuite martiales. Pendant
un long moment je fis de la lecture sur des arts martiaux puissants et très efficaces :
krav-maga, art martial qui compte sur les réflexes et l’utilisation d’armes autant que
possible ; taekwondo, style asiatique qui utilise les pieds, pas mal mais je ne me
sentais pas à la hauteur quand j’ai vu la difficulté... Pour finir, je m’arrêtai sur un art
martial qui me caractérisai le mieux « systéma »
il regroupe force, agilité,
improvisation et rapidité. C’est l’un des plus dangereux car on peut s’en servir
facilement pour mettre KO la cible voire la tuer. Je m’étais entrainé toute la soirée à
reproduire et mémoriser les mouvements contre un mannequin que j’avais
recouvert de mousses et tissus. On aurait dit une personne habillée. Habillée
comme un sdf, certes, mais un sdf avec la marque swifer.
La pluie s’arrêta au moment où je m’approchais de la rue de Cheminade, quelle
ironie. Vite, vite j’ouvris précipitamment la porte pour m’abriter. La musique passa
à « time is running out » quand la porte claqua j’étais trempé !
Après m’être douché je discutai avec mon amie canadienne et faisais mes devoirs.
J’avais décidé de ne pas lui parler de ce qui m’arrivait, je lui ferai simplement peur.
Ce que je ne voulais pas. Seule ma petite amie et mon meilleur ami étaient au
courant. Elle me demanda ce qui allait de neuf chez moi. Comme presque toujours
j’avais envie de répondre « rien et toi ? » mais non. Il s’était passé un truc. J’avais vu
quelque chose de désagréable, eu une baston. Je posai mon stylo et expliquai en
détail les événements à Patouû, mon amie du pays de la saveur d’érable :
La pause récréative avait sonné, j’en profitai pour aller voir la comptable et
lui déposer le paiement mensuel. Le lycée était petit mais comportait de
nombreuses salles et quelques couloirs dispersés entre un rez-de-chaussée et deux
étages. Pour rejoindre le bureau de la comptable on était obligé de passer devant le
foyer lycée et une autre pièce ou au moins les croiser à l’angle.
En
passant la
première fois,
j’avais entendu
des petits pleurnichements
accompagnés d’une voix plutôt masculine qui parlait sur un ton supérieur. J’avais
ignoré cela, au début. « J’étais resté même pas 2 mn avec la comptable » expliquai-je
à Patouû. Après je fis demi tour, rien d’anormal jusque là. C’est après que les
problèmes survinrent.
En ressortant je jetai un coup d’œil à une pendule, une minute avant la reprise des
cours, peut être plus si elle avance. La porte du foyer avait la porte repoussée,
contrairement au premier passage. Les petites pleurs n’était plus les mêmes, à
présent c’était des gros sanglots à faire pleurer Coluche dans un one man show. Je
voulus mettre mon baladeur pour couvrir et ignorer les pleurs, qui n’étaient pas si
anodins dans ce bahut. Au moment où la musique « dragula » s’enclencha, une
fraction de seconde bénigne m’arrêta avant que les écouteurs soient branchés. Une
grosse voix d’ados résonna du foyer. Le mec. J’oubliais la musique et rebroussa
chemin. Peut-être me mêlais-je de ce qui ne me regardait pas, peut-être la fille
avait-elle entendu une mauvaise nouvelle et que le gars était en colère aussi. Non.
La salle du foyer était petite, une dizaine de chaises plastiques vertes avec une table
de bois moche, usée, taguée, avec une armoire contenant un mini écran pour lire
des cassettes et dvd. Seule une petite fenêtre grillagée au niveau du sol de la cour
éclairait l’intérieur sans que l’on ne puisse voir ce qui s’y passait.
Sauf que moi je voyais cette scène troublante : La fille était recourbée sur elle-
même face au mur, pleurant, tandis que le gars se tenait derrière elle en lui criant
dessus. Il beuglait des reproches bafoués dans sa rage, mélangeant insultes et haine.
Mais qu’est-ce qui s’était passé ?!
« Salope, t’es qu’une chienne ! T’as pas le droit de faire ça ! »....
Les insultes tombées comme des formules de politesses « et il n’y allait pas de main
morte ce salaud, c’est fou hein Patouû ? » Elle acquiesça dans la plus grande logique.
Je continuai.
‘’La violence n’a pas de langage’’ avais-je lu je ne sais où. Je ne pensais pas pouvoir
vérifier si bien. Le mec la frappa d’un coup de pied dans le dos en ajoutant un
« regarde moi quand j’te cause ! » frénétique au point que ma présence fut volatile.
Il l’attrapa par les cheveux et la retourna face à lui en la soulevant. Je vis son visage
engloutit sous des rizières de larmes sur un visage qui serait autrement plus mignon
sans. Il l’insulta de nouveau en la secouant, cette brutalité embrasait ma haine
contre cette violence, mes mains se crispaient depuis le début des actes, je sentais
qu’il fallait que j’intervienne s’il ne se calmait pas, d’une façon ou d’une autre. Je lui
criai des explications sur un ton fort, qu’il rejeta d’un regard haineux de ses yeux
marrons ciblés sous des mèches de cheveux blonds que je trouvais trop long pour
un homme. Il se prenait pour le roi du monde ce « mécheux ». Un ado quoi.
__ Dégage minus ! Envoya-t-il hargneusement. Il avait quelques centimètres de
plus que moi, et quelques classes en dessous sûrement.
__ Lâche- la.
__ Laisse moi... tranqu.... essuya la fille dans une bulle d’air entre deux sanglots.
__ Ta gueule ! Bouffa-t-il pour tous les deux. Il reporta son attention sur elle,
haineux, en lui crachant au visage. Mon aversion grandissait, elle m’implorait de
prendre le pouvoir et d’agir. Je ne pensais pas devoir autant y résister un jour. La
fille voulu se débattre, elle suffoquait dans ses sanglots et s’étripait pour articuler
une syllabe. A peine elle ouvrit la bouche que le mécheux lui colla une énorme
baffe. Cette violence gratuite sur une personne sans défense était insupportable,
elle me tira hors de mes gonds. Quelle que soit leur histoire, je ne pouvais supporter
de rester là à regarder une fille se faire tabasser sans réagir.
J’empoignai le col de cette enflure et lui envoyai une droite en pleine mâchoire. Il
lâcha la fille et tomba contre l’armoire en se cognant la tête. Je mis de côtés la
victime et eu à peine le temps de contrer son coup de pied qui m’arriva jusqu’au
cou. Malgré le peu d’expérience acquise je pus anticiper son prochain coup. Son
point rencontra précisément ma main, qui se referma dessus. J’empoignai celle libre
et le tira brutalement sur les deux bras, mon genou l’accueillant. De plein fouet
,percuté, il eu le souffle coupé. Sa haine archaïque poussait son adrénaline, il
s’extirpa un bras et l’envoya dans l’épaule. Douloureux mais sans plus. Je lui mis un
coup de boule et rattrapa sa main et lui fit faire un 180° avec ses bras, ce qui
l’étranglait un peu et le bloqua. Il essayait de me taper de ses jambes mais il se
rabattit sur la violence verbale. Il insulta toute ma famille, mes amis, surtout ma
mère d’ailleurs. Il nourrissait mes raisons, assez en tous cas, pour le faire taire pour
un long moment.
Je pinçai d’une main la prise, utilisant l’autre pour frapper sur un nerf longeant les
aisselles (très douloureux). Il cria de sa voix timbrée de fureur, une diversion utile
pour ramener ses mains dans le dos, comme la police le fait pour menotter. Je lui
frappai d’un coup de main droite en plein dans la gorge et finit en barbare en le
faisant plonger la tête la première, sans chance de se protéger de la chute. Son nez
et sa mâchoire claquèrent et cassèrent d’un un bruit abominablement délicieux.
Sous la fureur et l’adrénaline je n’avais aucune pitié ; du sang s’éparpillait sur le
pavé beige. Il ne bougeait plus.
Les sanglots de la fille me recalèrent à la réalité, j’allais pour la réconforter quand
l’horloge teinta.
__ Ça va ?
Je lui découvris le visage de ses cheveux blonds emmêlés. Il était rouge, maculé de
bleu. Comme une petite fraise grâce à ses tâches de rousseur, mais il valait mieux
que je le garde pour moi...
__ Non toussa-t-elle. Elle reniflait beaucoup, je lui passai alors un paquet de
mouchoirs. Ça m’agace les gens qui reniflent tout le temps.
__ Qu’est-ce qui c’est passé ?
__ Il...
Une prof s’arrêta devant la porte et vis le spectacle.
« Oh purée j’imagine pas ce qu’elle a pu te dire ! ; Une minute Patouû, tu vas voir ! »
__ Mais Qu’est-ce qui s’est passé ? S’exclama-t-elle
__ Je viens de poser la question...
__ Benjamin ! Qu’est-ce que tu as fait !?
« J’ai juste brisé le nez, la mâchoire et peut-être plus du connard qui tabassait cette
fille » avais-je envie de répondre...
__ Le gars la frappait dis -je en pointant la fraise. Et, euh... Je...
__ Et il est intervenu coupa la fille, la voix tremblante. J’ai cru.... J’ai cru que j’allais
mourir dit-elle avant d’éclater en sanglots.
La prof d’SVT s’occupait de l’élève ensanglanté il était sacrément amoché pour si
peu songeai-je.
__ Mais il est sanglant !
__ Pourtant les hommes ont des glands murmurai-je. Je repris plus haut : il a voulu
s’attaquer à moi aussi mais il était tellement dingue qu’il s’est cassé la figure.
__ C’est vrai renchérit la fille, il s’est blessé tout seul avec les chaises.
Je ne m’en étais pas rendu compte mais la pièce était sans dessus-dessous. L’air
dubitatif de la prof faisait peine à voir. « Elle me dit ensuite que je devais bien être
impliqué à la vue de son état ‘’ Patouû ».
La vie scolaire décida de doubler ma colle. J’appris quand même par des amis de
classe que ce mec était un délinquant grave et qu’il avait un casier pour vol avec
agression. La fille était sa copine, son ex-copine, elle le quittait car elle changeait
d’établissement pour un autre chez son père en Corse. Il avait dû très mal le
prendre.
En partant de l’infirmerie la fille me remercia de tout son cœur, ce qui faisait un
peu plaisir, surtout quand on vous punit pour avoir rendu service. Le mec avait été
transféré à l’hôpital. Je fus relativement ’’ content ’’ d’avoir fait d’une pierre deux
coups, aider quelqu’un et constater le résultat de l’apprentissage d’une technique de
combat. Qui pourtant s’était avéré quasiment nulle...
L’heure passait, je devais sortir de l’écran-abrutissant. Patouû me posa une dernière
question :
__ Comment t’ as su que ce n’était pas simplement une mauvaise nouvelle ?
__ Si ça avait été le cas, la fille aurait pleuré de suite, le mec aurait été énervé plutôt
illico et aurait repris son sang froid après. Là, ça m’a semblé être l’inverse.
__ Mouais... un peu de chance au passage aussi hein ? Bon, eh bien je te dis bonne
nuit Mr Holmes, repose toi bien !
__ Toi aussi. Fait de beaux rêves.
Ordinateur éteint, lumière de même, allongé sur le dos. Je songeai, m’emportais,
laissait le courant de la réflexion me faire dériver au large. Aujourd’hui je m’étais
assez facilement emporté sur la colère, si j’avais su garder mon sang froid j’aurais pu
le neutraliser sans le blesser autant. Ou peut-être aurais-je trop confiance en moi et
ne suis pas assez sur mes gardes, lui donnant l’avantage... Il faudra que j’en fasse
plus pour réussir. La fatigue me tannait, j’avais de plus en plus du mal à rester
concentré, et puis finalement, tomba dans les bras de Morphée.
Le matin du mercredi est une tuerie... ennuyeuse. De l’anglais, de l’espagnol, du
français et de l’histoire. Rien de tel pour vous mettre en forme ? La prof d’anglais
nous tira hors du sommeil en annonçant la venue de deux nouvelles élèves. Eva et
Angélique. Des sœurs jumelles, cheveux longs scintillants blonds comme l’aurore.
Sans maquillage grossier, comme certaines mais tout de même belles, des bijoux
oculaires cyans ornaient leurs visages flatté par un épiderme propre et soigné.
J’avais complètement oublié leur arrivée, mais je m’en fichais pas mal tout de
même.
__ Il reste des places là-bas, les délégués vous feront faire le tour des bâtiments à la
fin des cours puisque vous êtes internes.
Eva, enfin je crois, s’assit sur ma droite et sa jumelle devant nous à coté de Fiora. Il
y avait d’autres places mais il fallu que cette nase désigna ma place. Le cours repris :
__ Il y faut faire attention à ne pas confondre les trois façons : threat ; threaten ;
treatening qui veut dire menace, menacer, menaçant. Ainsi...
__ Salut, moi c’est Eva, me chuchota ma voisine. En plus elle allait me saouler ?
__ Benjamin, enchanté.
Son haleine sentait la menthe. Ça me rappelait quelque chose, mais je ne me
souvins plus quoi.
__ Pardon si je te dérange, on ne connaît personne ici tu sais donc... Est-ce que l’on
pourra rester avec toi et discuter un peu pour apprendre à connaître le lycée et les
gens d’ici ?
__ Oui ! Tu as une question, euh... Angélique... ? Interpella la prof.
__ Eva, non, c’est bon Mme.
Merci la prof. Je n’ai rien contre les nouveaux, mais il n’y a pas écrit « guide » sur
mon front. Elles m’évoquaient quelque chose d’étrange ces deux-là.
En dernière heure l’histoire était plus tonique. Surtout en parlant de la seconde
guerre mondiale.
__ Au printemps 1940, les Alliés se préparèrent à couper l'approvisionnement en
fer de l'Allemagne, qui transite de la
Suède
vers le Reich par la Norvège, mais
l'opération tourna au fiasco : c'est l'
incident de Narvik
. L’Allemagne envahit
alors....
Au fil de la diction du prof je prenais des notes, quoi que sans retouches
personnelles contrairement à mes idées. On ne change pas le passé. Je jetai un coup
d’œil sur la copie voisine. Elle écrivait bien. Elle dessinait bien aussi, même si c’était
une araignée. Elle se remettait à dessiner à chaque pause de la prof ou alors quand
elle racontait qu’elle a été prise dans les bouchons ce matin. Un coup de stylo me fit
sursauter d’angoisse : Sur le dos de l’araignée, elle venait d’y ajouter une femme
tenant un arc ou quelque chose s’en approchant. Elle dû remarquer que j’avais vu
car elle gribouilla son dessin avec d’autres formes par-dessus. Eva me jeta un regard
suspect, je détournai aussitôt les yeux et tenta de ne plus y penser. Mon rythme
cardiaque ne s’apaisait pas pour autant, de la sueur dégoulinais de mon front et
tempes.
__ Ça ne va pas ? m’interrogea-t-elle en posant sa main sur ma jambe.
Elle me fit sursauter, me cognant le genou sur le bureau et provoqua un boucan qui
attira l’attention de tout le monde.
__ Un problème Benjamin ?
__ Rien, je me suis juste cogné le genou. Je m’adressai ensuite à Eva. Qu’est-ce qui
t’a pris de faire ça toi ?
__ Tu n’avais pas l’air d’aller bien.
__ Ouais, ben se sont mes affaires !
Lorsqu’arriva midi je filai sans demander mon reste. Quelle demande de l’aide aux
délégués. En partant à vélo je vis qu’elles m’épièrent du regard. Tsss, elles doivent
être un peu folles ces deux-là. Folles... ? me répétai-je. Cette pensée faillit me faire
manquer de freiner quand un chauffard voulu s’engager trop rapidement. Mais
qu’est-ce qui m’arrivait ?
Le soir dans mon lit, je faisais toujours un petit vide dans ma tête, du moins quand
j’y pensais. Là je n’évacuai pas grand-chose, des questions faisaient des bouchons.
J’étais crevé par tout le sport martial de l’après midi. J’avais répété des mouvements
de défense cent fois au moins mais jamais assez pour que ce soit automatique. J’ai au
moins réussi à faire peur à ma sœur quand elle avait posé sa main sur mon épaule et
que j’avais commencé à lui faire une prise. J’en gloussai en y repensant.
Je devais poser quelques questions à l’Ami, en espérant qu’il pourrait y répondre.
La couette me recouvra jusqu’au menton ; le sommeil finit par se montrer et
m’emprisonner.
J’eus l’impression que la couette s’était refroidie d’un coup. Bwa !, c’est désagréable
m’exclamais-je en me levant ! Tiens, il fait jour ? Mais ... ?
Je levai les yeux au dessus de ma tête et vit le drapeau Français tagué rose. Ouais,
j’étais dans le monde bizarre-qui-n’a-toujours-pas-de-nom. L’Ami..
__ Hello !.... J’suis réveillé !
Pas de réponse.
J’allais jusqu’à la cuisine : Rien. Jusqu’au salon : Rien. La chambre à ma sœur : Rien.
Salle de bain : Rien. Toilette : Rien ! Mais où était-il ?! En revenant dans la chambre
je vis que le rideau était en pagaille. Je voulus le remettre en place quand en
regardant par la fenêtre je vis, affolé, la rue en terrain de guerre. Et surtout, son
masque au milieu.
Sans attendre, je pris mon sabre et descendis par la porte d’entrée. Le goudron était
explosé de ci-de-là, une voiture était même renversée, du verre brisé jonchait le sol
qui lui-même n’avait plus rien de ‘’normal ‘’. Prudemment je laissais mon regard
évaluer les risques de mauvaises rencontres. Personne. Cela à dû se passer il y a un
moment, ni long, ni récent. Le masque blanc et rouge était facilement visible au
milieu du gris et noir du champ de bataille. Je le ramassais et regardais ce qu’il
restait de l’Ami. Le masque de carton blanc, dont le rouge cernait les yeux en
flamme ardente accompagné de griffures de tigre sur les joues et de trois points
blancs verticaux sur le front. Et merde, si lui s’était fait avoir...
__ ... Je ne donne pas cher de ma peau...