The life is a dream, but to dream is not to life. (suite 13)

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Publié le 15 juillet 2012
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Scène13:PGS«roGsrPèlboemmatiystéqSue»
Les Dieux, ivres d’une nouvelle journée passée, laissèrent choir du rosé dans le ciel crépusculaire. Le colorant d’une couleur souverainement églantine dansait au loin jusque sur les toitures, timidement assombries. Seul un moteur faisait écho dans ce grand boulevard. Un si grand boulevard....
Deux jours s’étaient écoulés depuis l’assaut du 22 et d’Artémis. Deux jours pendant lesquels, les rues de la ville étaient arpentées, marqués dans mon esprit, sillonnées. Pas de résultat. Pendant les recherches, plusieurs défauts me sont apparus. En outre, il y eut un semblant de tremblement de terre singulièrement bizarre et des phénomènes étranges que je pus observer sans dérangement extérieur. Le séisme, ne semblait pas être dans les normes communes. La croûte continentale sembla vibrer plutôt que faire de la subduction. Depuis, une énorme faille a fendu l’asphalte du centre de la ville, jusqu’à la gare. Une photo aurait rapporté un prix et de la satisfaction. J’eus ni l’un, ni l’autre.
Ce ne fut pas tout. Sur divers murs, des symboles étranges apparurent. Certains faisaient penser à des oiseaux, grands et majestueux, ou encore des étoiles. Grotesque. Ils étaient gravés à même les parois d’une manière laissant penser qu’on usât d’un burin métallique géant pour marquer la pierre.
Je devenais peut-être complètement taré aussi...
__ Grmemml’bordel.... Grognai-je devant la faille de la gare. Le bitume était soulevé en tête de pince à épiler. Et entre les deux arêtes, le vide. Un vide écœurant. L’odeur sortante était la mort. Un parfum lourd qui pèse dans l’estomac et donne le vertige en émanait profondément. Et pourtant, le GPS qui indiquait un chemin. (Le « GPS » était le papier d’Artémis assemblé avec la Lilly-Ball. Environ une journée nécessaire pour cerner son fonctionnement). Depuis la veille, il indiquait un chemin hasardeux.
Par pur hasard, j’avais découvert son système. Sous l’effet de l’énervement, j’avais donné un grand coup de bille sur le papier. Après quoi, elle ne bougea plus. Une des fleurs de lys de la bille s’était « collée » au papier, à l’intérieur d’un carré à moitié effacé. Une fois collé, n’importe qui aurait dit qu’une magie s’opérait. Le papelard de tout le bas de la feuille se recroquevilla jusqu’en quinconce autour de la bille et devint vide. Tous les dessins et symboles étranges s’effacèrent et ne
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laissèrent de place à rien. Le papier durcit légèrement, à en copier les feuilles canson. Une ligne bleue cyan se traçait grassement ensuite dessus et indiqua probablement le QG du 22 ou de la légion d’Artémis, si j’avais bien compris.
Sauf que depuis son utilisation, le chemin indiqué semblait plutôt aléatoire. Difficile d’être sûr qu’il n’amènerait pas en Bulgarie... Et juste au moment où il semblait indiquer un chemin plus sûr, l’environnement se mettait à être désagréable !
__ Foutue faille ! Il fallait évidemment qu’un problème surgisse quand une solution apparaît !
Le vent soufflait et des feuilles volaient en tous sens. Relevant les yeux, on voyait de loin venir de moches nuages. Une douche en l’occurrence allait tomber sous peu. Le frottement des feuilles sur le sol étaient assez reposant, voltigeant de toute part, se cognant, s’écrasant entre elles. Telle une valse avec fond decasse-noisette. Parmi elles, une plus robuste semblait refuser la soumission devant l’élément maître et chef d’orchestre qu’est le vent. Les colombes dans le ciel cernaient la rebelle, formant un halo de lumière dans les cieux, qui refermait peu à peu les rayons du soleil. La feuille récalcitrante contrainte d’avancer, mètre par mètre au rythme des rais de lumières finissant par sombrer dans ce néant de la faille en volant avec les autres. Les nuages finirent de conquérir l’atmosphère, la lumière s’éteignit. C’était la fin de la scène.
« Parfois je ferais bien comme cette feuille songeai-je assis sur le capot du véhicule. De sauter et sombrer dans le néant. »
Je poussais un soupir.
Avant que ne dégringole l’abat d’eau, je repris la route en sens inverse.
Une chose satisfaisait quand même mes interrogations. Pendant tout ce temps pas une minute ne fut perdue, enfin, façon de parler. Après avoir eu le GPS je ne m’étais pas jeté à l’abordage comme un barbare. Je suis d’abord allé m’équiper. Pendant un long moment j’ai fouillé, puis trouvé, crocheté et enfin dérobé de l’équipement dans un poste de police. Quand mes ’’ courses ’’ furent finies, j’en ressortis non-bredouille. Plusieurs armes de poings, un gilet pare-balles, une tenue de force de police anti-émeute avec pleins de protections. D’autres armes à feu moins conventionnelles comme des fusils anti-émeute et à pompes. A mon grand regret je n’avais pas trouvé de fusil d’assaut. Plus jeunes les forces de polices n’échappèrent pas un esprit d’ado - encore trop jeune pour se rendre compte de l’asphalte réalité - qui souhaitait y faire carrière.
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Le paquetage ficelé et rangé je repris la route.
Certaine choses restaient floues, comme un arrière goût qui vous fait douter de votre antérieure nourriture. Il était difficile de ne pas vouloir tout flanquer par terre, de se persuader que tout cela ne rime à rien. Les questions n’avaient que peu de place dans ces heures englouties dans une réalité si peu profonde…
La pluie tomba. Nette, précise, une définition cartésienne.
Malgré des difficultés, les essuie-glaces furent mis en marche. De loin, n’importe qui aurait compris que quelque chose se tissait gargantuesquement.
Sauf que personne n’avait ce recul.
Des vibrations parcoururent le siège de mousse. Une lueur bleutée éclairait le plafond avec harmonie. D’un coup d’œil bref, je vis que la carte reprenait du service. Une fraction de seconde, mon cerveau pensa : « encore un moyen de faire du tourisme ! », sauf, que la lueur, qui attirait étrangement le regard, semblait un tantinet différente.
La courbe zigzagante, minutieuse, traversait un filet de traits noirs légers comme une brise aurait déposé un cheveu. La curiosité me piquait grandement.
Un trait plus profond et gras comme un S allongé traversait le centre du papier, dominant ceux plus fins qui finalement était juxtaposés à d’autres parallèles et perpendiculaires. Peu à peu, sous le son des battants des essuie-vitres, la carte prenait vie.
Un nid de poule me fit reprendre conscience du danger de m’être concentré ailleurs que sur la route. Le moteur coupé, l’observation fut plus simple. Le quadrillage démarqua des zones numérotées sous des dessins connus et inconnus. Ils me faisaient penser à des symboles grecs, avec le Ω ou le α. En moins de quelques minutes, La feuillette au trait bleu grossier venait de se métamorphoser en un plan précis de la ville. Au dos de la feuille, le symbole de la légion d’Artémis se dessina - comme le papier le permettait - en profondeur. Deux croix faisaient office de points précis et important. L’un était ma position, donc l’autre l’objectif. Ce lieu indiqué m’inspirait peu de confiance, mais le temps jouait contre moi. L’Ami aurait peut-être déjà réagi, même réussi qui sait, à faire ce que j’entreprends.
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Les roues glissèrent en crachotant l’eau du bitume humide. Le manque d’assurance était évident et l’adrénaline croissante, même légèrement, altérait l’agilité possédée au volant. Que faire une fois sur place ? « Même avec des armes jusqu'aux dents je ne vais pas faire une entrée à la Rambo avec des explosions en tous sens et crier ‘’ America come back ! ’’. Il faut un plan : étudier l’endroit une fois sur place, les tours de gardes, s’il y en a, leurs armements et effectifs. Peut-être un bâtiment qui est facile à deviner, des plans comme un HLM, ou une boutique.
Un virage trop brutal fit encastrer l’arrière du véhicule dans un autre. L’alarme antivol hurla. Désolé, je redémarrais et partis comme si de rien n’était. Certains livres conseillaient de garder une petite dose d’humour pour l’entretien psychologique. Heureux conseil…
Au fur et à mesure que l’objectif se rapprochait, des hypothèses de plans et d’idées fusaient dans ma tête. Insoluble, impossible, trop dangereuse et ainsi de pis en pis, elles sombraient dans l’oubli. Les rues devenaient moins familières par rapport à l’habitude, comme si je redécouvrais l’environnement urbain.
A moins d’un kilomètre de la cible, je pris la marche pour être plus discret. Le véhicule dans un parking passera inaperçu. L’équipement était désagréable par le fait de ne pas en avoir l’habitude, ce qui faisait titiller les sens en alertes. Par ailleurs, je pris le strict nécessaire : tenue de combat, outillage qui va avec et deux revolvers avec des munitions de réserve. Bref, aussi discret qu’un plombier.
Par précaution, les rues ne pouvaient être parcourues pour rejoindre la petite croix sur la carte, rues que je reconnaissais de moins en moins…
 Approchant au plus près des pâtés de maisons qui jonchaient l’objectif, la seule solution était de se rendre dans un poste en hauteur pour limiter les risques de repérage et augmenter mon champ de vision. Donc, un habitat. « Il faut que je puisse observer autant que possible le bâtiment pour pouvoir préparer un plan aussi précis que possible. » A moins de 500 mètres – d’après une estimation personnelle – la suite d’habitations devant laquelle je me tenais semblait suffire. Ils couvraient une grande rue ce qui laissait la possibilité d’augmenter les sorties express. Les portes d’entrée des quartiers qualifiés de ‘’ riches ‘’ étaient relativement massives, grandes et robustes, ce qui ne m’aidait pas sur le moment. « Cool songeai-je, à présent il faut que je puisse rentrer sans attirer l’attention pendant et après. ». Les volets étaient fermés et le balcon trop haut pour y grimper.
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__ Mince à la fin ! Il pleut, c’est une zone hostile et je suis là à réfléchir sur comment rentrer doucement !
Un rire lointain me fit sursauter. Le 22 ! Sans savoir d’où il provint, ni si j’étais repéré, il déclencha un roulement de tambour au cœur. La rue est large, donc facile de discerner s’il y a des passants. Finalement, la pluie me rendait invisible de loin. Accroupis, aucune idée ne me venait pour anticiper le 22. Entrer en furie ? Partir comme un lapin ? Ou attaquer bêtement ? Et évidemment, une idée encore plus folle se saisit de moi.
Je fis plusieurs mètres à rebrousse chemin, toujours accroupi, vers des poubelles du HLM de luxe, adjacentes à la maison. Sans savoir pourquoi je me justifiais l’idée. «C’est en fonction du nombre de personnes, tu vois : Une toute petite signifie que c’est une petite famille, une moyenne, comme nous, une famille moyenne. La logique tu me diras, hein ? Et donc les plus grosses aux grosses familles mais aussi aux bâtiments qui partagent plusieurs personnes et les magasins.». Les mots de mon père revenaient comme un blâme dans mon crâne. Se cacher derrière ces minis bennes était une idée peu lumineuse.
Le clapotement de pas réguliers devenait plus clair et des brides de sons de même. Malgré la pluie, mon sang bouillait de frayeur, les gouttes traversant en folie sur la peau et s’infiltrant dans les interstices. Des planches gênaient l’espace pour se dissimuler. Tout en entendant le 22 s’approcher inconsciemment de leur ennemi, la fureur de la gêne matérielle fit tenter le diable de l’énervement. Une écharde vint piquer ma main « Bordel de matériau de… » .
Une voix plus proche que je ne l’aurais imaginé fit :
__ Non !
A moitié derrière l’abri improvisé, quelques planches en mains, je stoppai net. La paupière tremblante, je n’osai regarder – de peur d’avoir peur – si cette négation était pour ma pitoyable personne.
__ Si, si répondit une autre sur la défense, j’y étais alors que toi non, donc tu ne peux pas affirmer quoi que ce soit !
__ J’étais dans le département de recherche et capture ma pauvre, et tu me sors un « j’y étais » alors que de mon coté j’ai assisté aux opérations depuis la section, en direct.
__ Calmez-vous ! Renchérit une troisième.
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Les clapotements s’arrêtèrent. Elles devaient se trouver à quelques mètres. Le poids des planches était négligeable mais à la longue cela risquerait de devenir compromettant. Autant que possible je me collais au mur.
__ Tu t’fous de moi ?! Appart certaine caméras embarquées sur les véhicules, et encore on en avait peu à ces moments là, il n’y avait rien d’autre que les mics !
__ Ça ne vous à pas empêché de le perdre en attendant ! Répliqua la seconde.
Pendant quelques secondes, seule la pluie faisait des siennes.
__ Il est un vrai savon… Si on ne s’était pas pris nos collègues de plein fouet, nous aurions pu le poursuivre, et sauver Rebecca dit-elle sur un ton désolé. Mais la prochaine fois qu’on le croise, nous userons de la force brute.
Je déglutis avec difficulté.
__ C’est bien beau de dire ça maintenant qu’il est en pleine nature ! Ricana une autre, surtout après la super gourde d’Artémis !
__ J’ai entendu dire qu’il va partir en dehors du territoire glissa de façon inquiète une qui semblait plus jeune. Vous imaginez ?
__ Pour aller où ? Et t’as entendu ça où ?
Il eut un silence. Enfin. Un silence pluvieux.
__ Ah ! Ah ! Tu va voir s’il ne l’a pas encore dit celui là. J’ai jamais vu encore un prisonnier lui résister tu sais. Elle préfère les cuire à petit feu, les laissant sombrer dans une folie incurable et les faires craquer.
Lui ? Des morceaux du dialogue coulaient sous l’abat d’eau.
__ Espérons le. J’en ai déjà marre de ces patrouilles reprit la deuxième.
__ De toute manière tout te saoule.
__ Et surtout toi d’ailleurs.
__ Qu’est-ce que t’as dit ?!
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Le ton s’envenimait
__ Que la pouffe de service n’aurait pas même une joie dans sa vie, eh !
__ Ouvre encore la bouche et j’t’éclate.
__ Mais vous allez arrêter ! S’interposa une autre.
__ Oh, comme Rebecca ? Railla celle-ci.
Des gestes brusques et des appels à l’arrêt jaillirent. La poubelle se fit pousser brusquement contre le mur et écrasa son occupant. Le souffle coupé, j’eus un rictus d’éructation.
Nouveau règne du silence torrentiel. Une des 22 coupa et dit :
__ Vous n’avez rien entendu … ?
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