The life is a dream, but to dream is not to life. (suite 6)

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Publié le 11 septembre 2011
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Scène 6 : Course pourfin
Leurs gyrophares jaunes et rouges m'éblouissaient. L'une d’entre elles cria une
phrase qui ressemblait à celle de la police coffrant un vilain, avec des mots comme «faite
ceci ! » ou « levez cela ! », Pour être franc, j'avais l'impression d'avoir déjà vécu ce genre
de scène, donc je n'y prêtais aucune attention, bien que mon rythme cardiaque fut sur le
point d'éclater sous le stress. Elles étaient au moins une demi-douzaine, à barrer le
chemin maladroitement dans tous les sens avec leurs voitures tatouée du nombre 22,
elles ne savaient sûrement pas d'où j'allais émerger. Certaines d'entre elles
s'approchaient, je devais décider vite, et surtout bien si je ne voulais pas finir comme
cobaye de rituel ! Seulement je n’osais pas bouger, le fait d'être braqué était dissuasif de
tout acte héroïque...
L'une d'elle était à moins d'un mètre de ma portière, elle me faisait signe de sortir. Une
idée me traversa bêtement la tête. J'abaissai la fenêtre, la regardai et souris. Elle ouvrit de
gros yeux perplexes, ce qui m'indiquait que la surprise fonctionnait bien. J'ouvris
violemment la portière et la renversa à terre. J'enfonçais l'accélérateur et partis sous un
déluge de coups de feu dans une direction au hasard offerte par leur maladresse. Je
manquai de peu de me prendre un arbre, et filais droit devant moi. Mais qu'est-ce que
c'était que cette idée de merde ?! Lui faire un sourire pour l'amadouer, quelle idée
stupide ! Remarque, ça avait fonctionné.. - Note personnelle : ne plus prendre de risque
sous peine d'être tué par balle dans une voiture volée. Noté !
Des balles ricochèrent sur le hayon, brisant la vitre arrière. Je me hâtais tant mal
que bien, car ne maîtrisant pas la conduite, très loin de là, je manquai de freiner en
voulant accélérer. Une voiture vint jusqu'à mon niveau droit malgré tout, la passagère
tirant à travers la vitre. Le verre volait dans tous les sens, m'ouvrant des entailles sur les
bras et le visage, dans l'agitation je tournai brutalement le volant pour éviter les
projectiles mortels de son arme, et pris à contre sens les boulevards. Bien que les gens
aient disparus, je ne me sentais pas à l'aise dans le mauvais sens. Elle tirait toujours, et
heureusement pour moi elle visait comme un amputé de l'index. Je sentais toujours une
douleur indéfinissable dans mon dos et si je ne me soignais pas je perdrais connaissance
avant même de les avoir semées. Mais au fait, si il n'y a personne, comment vais-je
trouver un médecin ? Une boule se creusa dans mon estomac à cette pensée aussi vraie
que cruelle. Leur véhicule revint à la charge et s'encastra dans le mien, m'envoyant dans
le décor que je pus esquiver de justesse. Je leur rendis la pareille sans plus de résultat. Si
je voulais envoyer des assassins (présumés) au tapis il faudrait faire preuve d'imagination.
Nous continuâmes à nous auto-tamponner jusqu'au prochain carrefour, espérant chacun
que l'autre fit une erreur et s'envoie dans le foin. Dans la panique et l'adrénaline, je
confondis la pédale de frein et d'embrayage au moment où elles me rentraient dedans,
freinant sauvagement lors de l'accrochage. L'attaque perdit complètement sa base, je pus
d'un coup de volant percuter l'arrière de leur véhicule et dans la volée, elles perdirent
entièrement le contrôle du véhicule, qui tourna brusquement et fit un tonneau, puis un
deuxième et un troisième pour finir sa démentielle course dans un bistrot !
J'eus presque de la peine, mais ce serait l’hôpital qui se fout de la charité. Une croix verte
clignota et finit par s'éteindre à l'angle du bar. C'était une pharmacie !
Je me précipitais sans égal à l'intérieur - l'accident avait embouti l'entrée, laissant tout
juste la place pour un adolescent blessé au couteau, de passer.
Il faisait noir mais un vitrage au plafond laissait filtrer la lumière du soleil. Je n'y
connaissais pas grand chose dans le domaine pharmaceutique, mais je sais quelques
petites choses basique comme tous le monde. Premièrement, il fallait que je panse la
plaie. Je fouillais et trouvais des bandes à pansement. Je retirais tout le haut, désinfectais
légèrement, (car la douleur était piquait au vif avec de l'alcool à 70°) et mis le bandage
tant bien que mal. La plaie n'était pas très profonde. A peu près réparé je pris un
médicament censé calmer les douleurs, plusieurs boîtes dans une poche plastique et
repartis. Pressé, je passais l'étape pour vérifier la présence ou non d'ennemis. Ce qui fut
une grosse erreur de ma part.
En sortant, je me retrouvais nez-à-nez avec une des cinglées du 22. Elle avait la tête en
sang et se tenait le ventre, apparemment blessée .Elle pointait d'un air très menaçant
son arme vers moi. Je me sentais idiot, mais d'une puissance !...
__ Tu as tué ma meilleur amie dit-elle très sèchement en s'approchant d'un pas lourd et
lent. De ses yeux coulaient des larmes chaudes en mémoire de son amie. La boule au
ventre me revenait, elle allait me faire culpabiliser de m'être défendu !
__ Attends ! Attends ne t'énerve pas, j'voulais pas tuer moi ! Mais c'est vous qui...
__ Tais toi ! C'est ta faute !
__ Mais je...
__ Ta gueule !!
La raisonner était peine perdue, forcément. Elle se crispa de plus belle et grimaça de plus
en plus à cause de la douleur à présent. Elle releva la tête, les yeux emplis de haine, me
foudroyant d'un regard effroyable qui me paralysa. Elle était à deux mètres tout au plus,
le soleil brillait sur la mire de son arme et les marques de son visages se disputaient entre
l'hémoglobine et ses larmes, toutes deux brûlantes.
Ces jambes et sa main se mirent à trembler, elle porta sa main à son cœur et cracha un
bol de sang. Le déclic naquit en moi et passai à l'attaque dans son élan de faiblesse.
S'étant laissée tomber à genoux sous ses jambes défectueuses, elle fut à la hauteur
parfaite pour moi, je luis mis un cou de genou dans la figure qui la renversa sur le dos.
J’écrasai sa main tenant le revolver et la menaça de l'autre pied. Elle me regardait,
toujours emplie d'un ruisseau de larmes qui ferait pleurer un diablotin. Cette position me
rappelait ma propre soumission sur le toit. Je n'eus pas le cœur de l'achever, alors je pris
son flingue et repartis en route.
La voiture faisait un bruit étrange. Enfin, c'était plutôt le moteur, ça m'inquiétait
modérément parce que sans voiture je me retrouvais très vulnérable. Dans le rétroviseur
je ne voyais pas d'autres poursuivantes à mon plus grand soulagement – bizarre qu'elles
(les autres) ne m'aient pas suivis les autres. Elles s'étaient probablement crashées dans la
course, ou alors un défaut technique ? Peut-être s'étaient-elles bloquées en voulant me
suivre tout simplement aussi...
Rester sur la grande voie ne me plaisait pas, et il fallait que je récupère de mes blessures
au plus vite. Je roulais mieux à présent, même si j'avais toujours quelques difficultés. Je
me dirigeais de barrière en barrière, de carrefour en carrefour jusqu'à déboucher devant
l’hôpital. Il était imposant avec ses 27 étages, mais je n'avais aucune crainte, au contraire,
être dedans signifie soins, repos et tutti quanti. J'en décidais de l'élire planque provisoire.
Je garais la voiture dans l'emplacement prévu pour les ambulances, pensant que je ne
gênerais guère quelqu'un et entrai. L'intérieur était aussi architecturalement sobre que
l'extérieur. Les couloirs blancs opaques s'imposaient entre des portes grises et blanches
aussi morose par leurs propres couleurs mortes dans un endroit mort de vie humaine.
J'avançais jusqu'à l’accueil et m'asseyais un moment dans un des fauteuils.
A présent que je serais forcément tranquille pour un moment il fallait que j'organise un
plan de contre-attaque pour récupérer mon '' chez-moi ''. Mais comment faire en était le
souci, je ne pouvais pas me pointer tout frais et leur faire bouffer la poussière. Dommage
d'ailleurs, car c'est seulement dans la non réalité que c'est possible. Mais... ne suis-je pas
déjà dans l'irréel ? Où plutôt, quelle est la différence, la frontière entre le réel et son
antagoniste ? Si cette différence est caractérisée par la disparition inexplicable de toute
une ville j'ai ma réponse...
Ma douleur repiquais une tête de front tyrannique, créant une crampe. Je quittais le
siège et décidai d'instaurer mon dortoir dans les étages les derniers du bâtiment. Pour
cela je dû prendre l'ascenseur car je n'avais ni la force et le courage d'user les escaliers
dans cet état pitoyable. Dans l'ascension je regrettais le fait qu'il n'y ait pas de musique
d'ambiance histoire d'oublier un peu que je suis en train de grimper en altitude dans un
immeuble vide de présence chaleureuse. Arrivé au vingt sixième étage je pris sur la
gauche jusqu'au fond du couloir et la chambre de droite. Ma souffrance me fit perdre le
nord et la prudence, non seulement je n'avais pas la clé, mais en plus j'allais entrer
comme dans un moulin c'est-à-dire dans l'insouciance, ce qui pourrait m'être fatal.
N'ayant que trop peu envie d'utiliser la bébête force brute je me lançai à la trouvaille
d'une solution pacifique. Peut-être en trouvant les clés ? Nan, trop long. J'eus une idée
simple, je déposai mon sac et sortis une de mes armes. Je dévissais lentement mais
sûrement les vis de la serrure, une à une. Une fois finit je pus ouvrir la porte sans trop de
difficulté.
La chambre n'avait rien d'extraordinaire, une vraie chambre d’hôpital moche avec une
télé petite, un lit branché à des milliers de fils et de machins et une vue agréable sur
Bordeaux. Sans plus attendre je me mis '' à l'aise '' dans cet environnement tellement
gracieux et cherchais des soins permettant d’approfondir la guérison, ce fut un jeu
d'enfant.
Une fois terminé je m'étalais sur toute la longueur du lit et essayais de rassembler les
nouvelles pièces du puzzle à l'ancien. Tout ce bric à brac était saugrenu, je ne parvenais
pas à saisir plusieurs éléments du périple, comment ce faisait-il que je pusse raisonner
sans trop de difficulté alors que je suis blessé, et même endurer tout cela ? Je ne
comprenais toujours pas comment les gens, ma famille et amis ont disparus. Même si ce
n'est qu'un rêve, il doit y avoir une explication logique, rien n'est venu au hasard.
L'endurance est peut-être due au fait que dans la vraie vie je veuille me battre jusqu'au
bout dans mes convictions, que je n'abandonnerai pas. Enfin, si je me faisais attraper cela
signifierait que j'échoue malgré tous mes efforts ? C'était triste à penser, mais c'était que
des hypothèses heureusement.
Un sifflement raisonna dans la pièce, il s'agissait aux premiers abords d'une cafetière
mise en marche, seulement il n'y en avait aucune quand je balayais la chambre du
regard. Mes bras se mirent à flageoler doucement, puis de plus en plus fort avant de
céder sous mon poids. Allons-bon ! Je me sentais tomber de fatigue d'un coup, que se
passait-il ?
Je baillais, ce qui était bon signe car c'est un signe de fatigue naturel. Avant que je ne
puisse penser plus loin je partis dans l'exploration du monde de l'inexplicable.
Bip bip ! Bip bip ! Hurlait mon téléphone suivi d'une sonnerie.
Je me relevais et tapotais à l’instinct l'endroit d'où provenait le bruit. J'éteignis le vilain
et me rendormis paresseusement, pourquoi sonnait-il ? Je me redressais d'une traite et
pensa à voix haute qu'il sonnait peut-être parce que c'est l'heure de se préparer pour les
cours. Les cours ? Mais, j'ai re-rêvé de l'histoire des folles qui veulent me tuer ! C'est un
véritable cauchemar cette histoire, j'en parlerai à mon psy car je sais que je peux lui faire
confiance pour m'expliquer des détails qui m'échappent.
Nous sommes samedi matin, et je n'ai même pas envie de bouger le p'tit doigt pour cette
journée pré-destinée à être ennuyeuse au possible.
Mon père rentra en trombe sans prendre la peine de frapper à la porte, manquant de me
décoiffer de surprise, et s'expliqua sur un ton désagréablement parental :
__ Benjamin ! C'est quoi ça ?!
J'avais un peu la tête dans les choux donc je ne discernais sincèrement pas de quoi il
parlait.
__ ça quoi ?
__ ça, l'heure de colle que tu vient de recevoir du lycée pour manque de respect envers
un professeur, celui de Français !
Hélas, trois fois hélas. J'étais assez fort pour flairer la sale journée qui s’annonçait à
présent...