Heureux les élus !

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Thomas Fiera, la politique, cela n’est pas son domaine d’élection.
Quand il s’en mêle, les urnes deviennent funéraires et les bulletins, nécrologiques… Comme il a une bonne gauche et une méchante droite, sa conception du débat relève plus de la castagne que de la rhétorique et à l’heure de compter les voix il a un peu tendance à faire voter les morts.
Aussi, quand un de ses vieux potes - ex-gauchiste reconverti dans la notabilité vertueuse - lui demande de découvrir qui tente de torpiller sa campagne municipale, il accepte sans grand enthousiasme. Il va découvrir un marigot où l’on trouve plus de caïmans que de flamants roses et où la trahison est un mode de vie.
Mais dans le doute, Thomas Fiera ne s’abstient pas ; il fonce dans le tas, distribue des baffes et applique la bonne vieille méthode dite de la nitroglycérine : on secoue la bouteille et on voit ce qui se passe…
Avec Thomas Fiera, les élections, c’est pas une partie de campagne !

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Publié le 07 juin 2014
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Langue Français
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Résumé
Thomas Fiera, la politique, cela n’est pas son domaine d’élection. Quand il s’en mêle, les urnes deviennent funéraires et les bulletins, nécrologiques… Comme il a une bonne gauche et une méchante droite, sa conception du débat relève plus de la castagne que de la rhétorique et à l’heure de compter les voix il a un peu tendance à faire voter les morts. Aussi, quand un de ses vieux potes - ex-gauchiste reconverti dans la notabilité vertueuse - lui demande de découvrir qui tente de torpiller sa campagne municipale, il accepte sans grand enthousiasme. Il va découvrir un marigot où l’on trouve plus de caïmans que de flamants roses et où la trahison est un mode de vie. Mais dans le doute, Thomas Fiera ne s’abstient pas ; il fonce dans le tas, distribue des baffes et applique la bonne vieille méthode dite de la nitroglycérine : on secoue la bouteille et on voit ce qui se passe… Avec Thomas Fiera, les élections, c’est pas une partie de campagne !
Du même auteur Mourir en août, polar, Numeriklivres 2013. Harcèlement, polar, Numeriklivres 2013. Voleurs !, polar, Numeriklivres 2013. Sea, secte and sun, polar, Numeriklivres 2014.
numeriklire.net
Jean-Baptiste Ferrero
HEUREUX LES ÉLUS !
(Une aventure de Thomas Fiera)
ISBN : 978-2-89717-707-2
numeriklire.net
La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Carl Von Clausewitz
La calomnie est en politique moins gênante que la manifestation de la vérité. Charles Péguy
Heureux les élus !
C’est incroyable le nombre de femmes qui arpentent le monde de leurs jolies jambes. Pas loin de trois milliards en arrondissant à la sauvage. Si l’on n’en retient que les vraiment belles, celles qui vous tordent le cœur dès le premier regard, on doit encore avoisiner les cinq cents millions. En ne privilégiant, parmi celles-ci, que les plus futées, les esprits acérés, subtils, sensibles et cultivés, on avoisine encore les cent millions. Sur ces cent millions, combien resterait-il de femmes qui soient disposées à partager, ne serait-ce que fugitivement, la vie d’un machin bizarroïde et tourmenté comme moi ? Trois ? Cinq au mieux, si on prend en compte les suicidaires ? Et quelles probabilités pour que ces cinq kamikazes vivent en Europe ? En France ? À Paris ? À Belleville ? Dans mon immeuble ? J’en étais là de mes cogitations à la con quand la sonnette de la porte d’entrée me ramena dans l’ici et maintenant que je persiste à appeler ma vie. Le caractère affligeant de mes perspectives amoureuses m’avait grillé quelques neurones et cela explique peut-être que je n’ai pas immédiatement reconnu Philippe Coudrier quand je le trouvai planté sur mon paillasson. Le fait qu’il ait pris trente kilos de mauvaise graisse, perdu cheveux et moustaches et troqué sa sempiternelle tenue de gaucho professionnel contre un costard cravate dut également contribuer – et pas qu’un peu – à ce que je le confonde avec un de mes clients habituels : cadre dans la débine, DRH aux abois, PDG en plein trip parano… Je le conduisis jusqu’au petit bureau que j’avais aménagé au beau milieu de mon salon et qui, coincé entre un canapé Chesterfield ayant connu des jours meilleurs en 1923 et une bibliothèque pleine de polars et d’ouvrages consacrés à la Commune, tenait lieu d’agence Fiera. Posant délicatement sa masse considérable sur le fauteuil visiteur qui me faisait face, il m’offrit un sourire fatigué, mais néanmoins chaleureux qui éveilla en moi un vague début de réminiscence. D’un geste du menton, il désigna les rayonnages croulant sous les bouquins fatigués. — Je vois que tu n’as pas renoncé à tes convictions de jeune homme. Ça fait plaisir… Le tutoiement me fit tiquer. — On se connaît ? Il ricana. — J’ai changé à ce point-là ? Ne te fatigue pas à me répondre. J’ai des miroirs chez moi. Toi tu as juste vieilli, comme un arbre. Un olivier. Tu t’es endurci, tu t’es érodé, mais tu es le même. Moi j’ai changé. Je ressemble à mon père. Un gros con de bourgeois couperosé… Il rigola. Un vrai rire cette fois. Plus jeune, plus léger. — Tu ne me reconnais toujours pas ? Je déteste ce genre de question débile, comme quand une femme vieillissante vous demande de deviner son âge et je bafouillai un vague n’importe quoi qu’il n’écouta pas. — Et comme ça, tu me reconnais ? Il se leva, monta lestement sur sa chaise et commença à haranguer une foule imaginaire : — Camarades travailleurs, la Ligue des Jeunesses Révolutionnaires est avec vous pour vous aider à secouer vos chaînes et quand on aura fini de vous foutre dans la merde, nous retournerons passer nos diplômes pour entrer dans l’usine à Papa ! — Coudrier, m’exclamai-je. Philippe Coudrier ! Il redescendit de sa chaise et faisant le tour du bureau vint me serrer chaleureusement dans ses bras. Coudrier c’était le genre de mec à faire ça. Les étreintes viriles, les accolades de camarades, les bourrades à vous décoller la plèvre c’était son truc.
Pas le mien. J’aime pas beaucoup qu’on me touche. Sauf si vous êtes une fille futée, avec un décolleté attendrissant, une démarche féline et une nuque tendre et fragile que l’on a envie de mordiller. Si vous ne correspondez pas à cette description inutile d’essayer de m’approcher à moins d’un mètre. Sauf si vous aimez les gnons. Bref. Je le repoussai sans trop de ménagement et il se mit encore à rigoler. Un vrai rigolard ce mec ! — Pour ça non plus tu n’as pas changé, dit-il aimablement. Tu n’as jamais beaucoup aimé la camaraderie. — Tu n’es pas mon genre. Il retourna s’asseoir et resta un bon moment à me regarder en souriant. — Tu as le projet de me dire quelque chose ou tu attends ta prochaine incarnation ? — La dernière fois que l’on s’est vu, ça remonte à quand ? Je suis pas très fortiche, question date. Il me posait une colle. — Je ne sais pas. Je dirais vingt, vingt-cinq ans. — Vingt-trois ans ! Ça fait vingt-trois ans ! C’était dans un bistrot à côté de Jussieu. Tu venais de te mettre à la colle avec cette fille rigolote, comment s’appelait-elle déjà… — Elle est morte. Elle a été ma femme. Puis elle est restée sept ans dans le coma et maintenant elle est morte. Je n’ai pas envie d’en parler avec toi et je te dispense de m’offrir tes condoléances. Pour le coup, il arrêta de sourire. Il prit dix ans au compteur et redevint le gros bonhomme soucieux et congestionné que j’avais trouvé sur mon paillasson quelques instants auparavant. — La vie n’est pas tendre, dit-il très doucement. Ma femme a un crabe. J’ai peur qu’elle n’arrive pas à s’en sortir. — Et tu penses qu’en évitant de prononcer le mot « cancer » tu vas l’empêcher de mourir ? Je ne sais pas pourquoi j’avais dit ça. Une brusque envie d’être méchant. Une pulsion idiote et cruelle. Comme si j’avais voulu le punir d’avoir, même fugitivement, dérangé l’éternel repos de mon Grand Amour Disparu. Le mal était fait et je n’essayai même pas de m’excuser. D’ailleurs j’étais inexcusable. Je n’eus qu’à tendre le bras pour nous servir deux Laphroaig bien tassés. Il assécha le sien à la façon d’un gars qui ne passe pas ses soirées à sucer des glaçons et me tendit son verre pour une deuxième tournée qu’il sirota plus tranquillement. — Pour ça non plus tu n’as pas changé. Toujours le mot juste. Le mot qui fait mouche et qui fait mal. — Tu veux dire que le sale petit con est devenu un sale vieux con ? — Non. Ce n’est pas ce que je pense. C’est juste que tu es tellement plein de souffrance que parfois ça déborde. C’était vrai à l’époque et manifestement cela ne s’est pas arrangé. Ayant éclusé mon godet et la situation menaçant de devenir aussi palpitante qu’une pièce de Duras, je finis par mettre les pieds dans le plat. * Téléchargez le texte intégral sur les principales plateformes de téléchargement www.numeriklire.net
ISBN : 978-2-89717-707-2
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Tous droits réservés Jean-Baptiste Ferrero et Numeriklivres, 2014
Éditeur : Jean-François Gayrard Éditrice déléguée : Anita Berchenko
eBook design :Studio Numeriklivres Nous joindre :numeriklivres@gmail.com
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