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Tendances nouvelles de la ChimieA. de QuatrefagesRevue des Deux Mondes4ème série, tome 31, 1842Tendances nouvelles de la chimie : physique générale du globePhysique générale du globe [1]IDe toutes les sciences dont l’esprit humain s’est efforcé de sonder les mystères, iln’en est aucune peut-être qui ait fait naître plus de théories que la physiquegénérale, cette grande branche de nos connaissances, dont toutes les autressemblent n’être que des rameaux secondaires. La nature de la matière des lois desa distribution, et par suite la formation des mondes, l’origine de notre globe et desêtres qui le peuplent, tels sont les problèmes agités par les philosophes de tous lestemps. Pour les résoudre, ils n’avaient pas choisi la voix lente pénible desexpériences, des études approfondies ; entraînés par des habitudes spéculatives,rebutés par des difficultés dont il nous est impossible d’apprécier aujourd’hui toutel’étendue, c’était par des à priori qu’ils voulaient arriver au but. On sait tout cequ’eurent d’absurde la plupart de leurs conceptions, on sait à quels échafaudagesde bizarres hypothèses aboutirent les méditations des plus beaux génies del’antiquité, comme si, écrasés par l’immensité de la tâche, l’esprit le plus droit,l’intelligence la plus ferme, n’eussent pu éviter de succomber.Au milieu des rêveries, seul héritage à peu près que les siècles passés nous aientlégué sur ce sujet, on rencontre pourtant quelques idées vraiment philosophiques ;telle est la croyance au petit nombre des élémens que nous trouvons établie dès laplus haute antiquité. Thalès et Héraclite n’admettent qu’une seule matièreélémentaire que le premier voit dans l’eau, le second dans le feu. Anaximandre etson école proclament cette doctrine des quatre élémens qui est arrivée jusquenous ; et si Zénon, Chrysippe, Platon et Aristote en ajoutent un cinquième, celui-ciest l’éther, feu primitif, fluide incorruptible et divin, bien distinct des principesmatériels qu’il semble destiné à mettre en jeu. A une époque plus rapprochée,Descartes réduisit à trois le nombre des élémens qu’il regardait comme résultantde la poussière produite par le frottement des particules primitives. Mais l’anciennedoctrine prévalut généralement : nous la voyons se propager dans nos écolesjusque vers la fin du siècle passé, et peut-être retrouverait-on encore dans plus d’uncabinet de physique la fiole mystique des quatre élémens.Héritiers des philosophes grecs, dominés par l’autorité de leurs noms, lesphysiciens devaient marcher long-temps dans la voie tracée par leurs célèbresdevanciers. Platon ou Aristote à la main, ils ergotaient sur l’essence de la matière,sur son étendue, sa divisibilité finie ou infinie, sur ses atomes ronds, carrés oucrochus, sur le plein et sur le vide. Tandis que les écoles retentissaient du bruit deces vaines disputes, une science nouvelle se formait à côté d’elles, et marchaitlentement, mais sûrement, à la conquête de l’avenir. A la chimie était réservél’honneur de soulever, de déchirer peut-être un jour tous les voiles qui nous cachentces hautes vérités. Née au chevet des malades et dans les ateliers de l’industrie,elle ne pouvait se laisser entraîner à ces jeux de l’esprit qui avaient conduit leséléates à regarder l’univers comme un bloc immuable, à nier d’une manièreabsolue le témoignage des sens, et à traiter d’illusions tout ce qu’ils nousapprennent sur le mouvement, sur les phénomènes de tout genre qui se passentautour de nous. Dès son début, elle proclame la nécessité de l’observation,l’autorité de l’expérience, et ses adeptes demeurent constamment fidèles à cesgrands principes. Jusque dans leurs écarts les plus excentriques, au milieu desrêveries alchimiques, nous les voyons occupés à manipuler, à tourmenter en toutsens la matière, pour lui arracher ses secrets, et, alors même où ils annoncent lesrésultats les plus chimériques, c’est encore aux faits, à l’expérience qu’ils enappellent.Les premiers âges de la chimie nous sont entièrement inconnus. On ne peut formerque de vagues conjectures sur ce qu’a pu être cette science chez les peuples dontl’antique civilisation nous étonne encore par ses gigantesques monumens, par uneperfection que nous ne pouvons souvent dépasser dans les produits industriels. Ilfaut arriver jusqu’au VIIIe siècle pour sortir à cet égard du champ des hypothèses. Acette époque, nous trouvons en Espagne un Arabe, Gëber, qui nous lègue le
premier traité de chimie connu. Dans cet ouvrage, à côté de détails et de faitsexposés avec une clarté et une précision qu’on pourrait avouer de nos jours, setrouvent des allégories mystiques et inexplicables, relatives à la médecineuniverselle et à la pierre philosophale. Ainsi un roi prêt à monter à cheval, boit unetelle quantité de l’eau qu’il aime et dont il est aimé, qu’il est au moment d’expirer.Les médecins égyptiens achèvent de le tuer en le plaçant dans une étuve, aprèsl’avoir coupé en petits morceaux et pilé dans un mortier pour le guérir, mais lesmédecins alexandrins le ressuscitent en le pilant de nouveau avec certainessubstances, et faisant fondre le mélange sous un brasier ardent dans une chambreen forme de croix.Dès ce moment, nous voyons se manifester une double tendance au milieu duramassis indigeste de recettes qui constitue cette chimie primitive. La médecine etl’alchimie se partagent cette science encore au berceau. Les successeurs deGeber, tels que Rhazès, Avicennes, Averroës, lui conservent ce caractère. Sousleur influence se forme cette doctrine physiologique et médicale connue sous lenom de médecine des Arabes, dont l’astrologie et surtout la chimie sont lesprincipaux élémens, et qui, réunie aux traditions plus sages de Galien, jette un si viféclat dans les écoles de Séville, de Cordoue et de Grenade, alors que le reste del’Europe est plongé dans la barbarie.La destruction des dynasties arabes en Espagne, les longues guerres descroisades, amenèrent la diffusion de ces connaissances, confinées d’abord au-delà des Pyrénées. Au XIIIe siècle, Roger Bacon en Angleterre, Albert de Bollstadt,dit le grand Albert, en Allemagne, surent unir des notions scientifiques réelles auxrêveries alchimiques de leur époque. La France ne demeura pas long-temps enarrière : Arnault de Villeneuve, professeur de médecine à Montpellier, et RaymondLulle, son disciple, firent faire de véritables progrès à la partie expérimentale de lachimie. Les procédés de distillation furent perfectionnés et vulgarisés ; lesessences, l’eau-de-vie, l’alcool, furent découverts ou mieux étudiés. Mais l’élémentalchimique est bien loin de perdre du terrain. La panacée universelle la pierrephilosophale, entrent toujours pour beaucoup dans les écrits de ce temps, etchaque auteur, pour ainsi dire, donne sa recette particulière en termes égalementinintelligibles. Pour faire l’élixir des sages, il faut prendre le mercure desphilosophes, le transformer successivement par la calcination en lion vert et en lionrouge, le faire digérer au bain de sable avec l’esprit aigre des raisins, et distiller leproduit. Les ombres cymmériennes couvriront la cucurbite de leur voile sombre, etl’on trouvera dans son intérieur un dragon noir qui mange-sa-queue, etc, etc. dessuperstitions de tout genre, la magie, l’évocation des démons, se joignent à despratiques superstitieuses, et l’alchimiste, avant de se mettre à l’oeuvre, entonneavec recueillement l’hymne sacré d’Hermès Trismégiste.Cette période de la chimie s’étend jusqu’au milieu du XVIe siècle, et semble serésumer tout entière en la personne de Paracelse, prophète inspiré, disait-il, par lesanges ses frères, dont la vie devait être éternelle grace à l’élixir des quintessences,et qui mourut dans un cabaret, à l’age de quarante-huit ans, des suites d’une orgie ;homme d’ailleurs extraordinaire, qui malgré sa conduite extravagante et dissolue,eut sur son époque une influence incontestable. En dépit de ses erreurs et desabsurdités dont il remplit ses nombreux ouvrages, Paracelse rendit de grandsservices à la chimie. Le premier, il professa publiquement cette science dans laville de Bâle, popularisa des idées renfermées jusqu’à lui dans le secret dequelques laboratoires, et donna ainsi une impulsion puissante à ces études. Sesnombreux disciples se divisèrent bientôt en trois catégories distinctes. Les unss’approprièrent ce que la vieille alchimie avait de réellement scientifique, et peuventêtre regardés comme les fondateurs de la chimie moderne ; quelques autres selivrèrent exclusivement aux applications médicales ; un grand nombre, fidèles auxanciennes croyances, persistèrent à courir après la pierre philosophale et leremède universel, mais ces derniers disparurent bientôt de la scène du monde, etleurs travaux aussi bien que leurs noms sont à peine connus de nos jours.Il n’en fut pas de même des deux autres branches sorties de ce vieux tronc. Lachémiatrie ou médecine chimique avait de profondes racines dans le passé de lascience : elle eut d’abord un succès prodigieux, et régna sans rivale sur presquetoute l’Europe. Deux hommes contribuèrent surtout à sa propagation : Van-Helmont,un des plus grands génies de la médecine, qui fit cadrer tant bien que mal la théoriedes fermens avec sa doctrine des arché ou esprits vitaux ; puis Sylvius, professeurà Leyde, qui déploya un talent et des connaissances remarquables pour ramenertous les phénomènes de la vie à de simples actions chimiques. Pour lui, les partiessolides de l’homme et des animaux ne font, pour ainsi dire, pas partie de l’êtrevivant : ce ne sont que des vases destinés à renfermer les liquides. Le corps n’estplus qu’un laboratoire ordinaire, où tout se passe comme dans les cornues et les
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