Metal Gear Solid 2, le Jack l

Metal Gear Solid 2, le Jack l'éventreur vidéoludique.

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Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty (MGS2) est un jeu vidéo d'action-infiltration dirigé par Hideo Kojima. Le jeu a été développé par Konami Computer Entertainment Japan et édité par Konami en novembre 2001 sur PlayStation 2. Il s'agit du quatrième opus de la série Metal Gear : il fait suite à Metal Gear Solid (1998) tandis que Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots (2008) en constitue la suite directe.
Sons of Liberty connaît un succès public et critique, avec plus de 7 millions d'exemplaires de jeu vendu à travers le monde. Une version étendue du jeu, Metal Gear Solid 2: Substance, est commercialisé en 2002.

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Publié le 24 novembre 2011
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Langue Français

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METAL GEAR SOLID 2 : Sons of Liberty(2001) / PlayStation 2« Dans notre monde, la réalité absolue n’existe pas. Ce qui change les choses, ce n’est pas de savoir si l’on détient la vérité ou s’il l’on se trompe. Ce qui compte, c’est la profondeurde notre foi. » Véritable OVNI vidéoludique, Metal Gear Solid 2 est considéré comme un véritable prophète ou un séphire qui renversa la conception intrinsèque des jeux vidéo. Jeu vidéo sans l’être véritablement, comprimé par une parabole dominée par le libre arbitre de chacun,repoussant les limites de l’imagination et des concepts, anéantissant tous préjugés sur son passage,Metal Gear Solid 2est une œuvre d’art à part entière. Un chef-d’œuvre intemporel qui fut et sera un guideà jamais vers le chemin de la liberté. Suite aux évènements de Shadow Moses, une prolifération excessive des Metal Gear est apparue. Des plans de l’architecture de l’arme de destruction massive ont été volés puis revendus sur les marchés noirs à travers le monde entier. Deux ans et demi après leur rencontre, Snake et Otacon collaborent désormais pour « Philanthropy », une organisation non-gouvernementale qui lutte contre ce nouveau fléau.Une source anonyme a indiqué à Otacon qu’un nouveau prototype de Metal Gear développé par les Marines des Etats-Unis serait transporté dans un tanker en partance de New York. Lorsque Solid Snake débarque incognito sur le bateau, un groupe de spetsnaz envahit l’embarcation et descend tous les membres de l’équipage. Snake se retrouve seul, une nouvelle fois, dans une mission d’infiltration qui ne se passe pas exactement comme elle devait se dérouler. Au-dessus de lui, dans son hélicoptère, Revolver Ocelot admire le spectacle et se réjouit de la présence du serpent : « Notre pote est pile à l’heure! ». Les joueurs auront donc le plaisir de retrouver le héros de Shadow Moses au début de l’aventure, ainsi que son bourreau. Dans un premier temps, le scénario de Metal Gear Solid 2 suit les traces du premier opus, en reprenant les mêmes caractéristiques et en faisant des parallèles directs qui permettent de bien résumer la situation. Le joueur regagnera rapidement ses marques et fusionnera de nouveau avec l’esprit du légendaireSolid Snakeafin de vivre cette aventure… Puis contre toute attente, le joueur sera immergé de force dans une histoire allant à rebours de tous les styles, de tous les concepts et de toutes les règles jusqu’alors implacables dans les jeux vidéo.Kojima s’est tout permis, allant même jusqu’à dénaturertotalement les bases vidéoludiques du genre. Il a libéré de la transcendance sa série en poussant le joueur à être hors de tout contrôle, à croire qu’il ne souhaitait pas garder les valeurs pour ne pas qu’elles meurent d’elles-mêmes. Solid Snake se verra par conséquent devenir volontairement une ombre insaisissable, une idole éloignée. C’est ainsi que le joueur continuera cette expérience entre passivité et activité face au jeu plutôt quededans, à la frontière entre le cinéma et le jeu vidéo, coincé entre sa condition et l’action ludique.Ainsi, il devra régulièrement faire des concessions en acceptant de bien vouloir lâcher sa manette pour écouter les longs dialogues des protagonistes au codec ou dans les scènes entrecoupées. Metal Gear Solid 2 transgresse les règles de narration, sacrifie même les notions desgrandes œuvres sans hésitation. Il se permet l’impossible et il plaquel’esprit du joueuraux confins de la liberté, il le pousse à bout de sa patience, de sa compréhension, en le manipulant à souhait sans qu’il puisse, au final, interagir de quelque manière que ce soit avec ce qu’il désirait tant,et ce même s’il croit parvenir à ses fins.Tellement imprévisible, tordu et torturé, le scénario ne laissera pas, hélas, tout le monde embarquer à bord de cet OVNI hybride où tous les genres se succèdent, se lovent et se corroborent au fil du récit. Kojima a créé une histoire unique et puissante, avec des personnages tous aussi travaillés à la perfection les uns que les autres, où chaque détail a son importance. Une histoire qui surpasse tout ce qui a été fait à l’heure actuelle ; notamment en abordant avec brio des thèmes philosophiques plus complexes que le premier opuscomme la mémétique ou l’étude des mèmes, considérée commeun élément d’une culture pouvant êtretransmis par un moyen non génétique, comme l’imitation. Lelibre arbitre, de surcroît la liberté en général est énormément abordée vers la fin du jeu, mettant encore une fois le joueur face au conditionnement des jeux vidéo et de leur interactivité codée. Le jeu peut paraître relativement fataliste, somme toute, mais le message final aura vraiment un impact important sur le déroulement métaphysique de l’œuvre.Metal Gear Solid 2 dépeint aussi en filigrane une opinion politique hors du commun avec une prise de position très directe, de quoi alimenter de longs débats autour de la démocratie, du capitalisme, du communisme et des autres courants.Kojima n’a pas hésité à moduler son œuvre dans les moindres détails en reprenant notamment quelques thèmes du premier opus, redéveloppés pour l’occasion. Les codes de la guerre seront toujours aussi présents, tout comme les notions de paix, d’amour,
d’amitié, mais encore l’héritage social, la pollution et le nucléaire.Metal Gear Solid 2 renferme à lui tout seul une nouvelle culture qui ne laisse personne de marbre. Il y a un avant et un après et il restera encore des années un mythe totalement impérissable dans l’esprit des joueurs.Outre cet héritage narratif profond du premier opus extrapolé à son paroxysme, Metal Gear Solid 2 se fonde sur une architecture et un principe très similaires. Legameplayreprend exactement les mêmes bases, le même style et la même façon de jouer, d’une manière plus aboutie et en y ajoutant une panoplie de nouvelles actions. Par exemple, Solid Snake peut dorénavant être dirigé avec précision grâce au stick analogique et en fonction de la pression effectuée marcher ou courir plus ou moins rapidement. Le héros sait aussi se coller contre un mur et jeter un coup d’œil discret et ce mêmeen vue à la première personne avec un déplacement latéral. Quant aux combats rapprochés, ils sont bien plus réalistes que dans Metal Gear Solid. Snake possède toujours sa palette de coups, de prises etsa technique d’étranglement, mais il peut aussi traîner les cadavres pour les cacher ou les jeter à l’eau,détruire les radios des soldats pour éviter qu’ils n’appellent du renfort, en braquerun pour récupérer ses munitions ou se servir de lui comme bouclier humain, faire diversion en se servant du décor (tuyaux de gaz, extincteurs…) afin de se cacher dans unrecoin, s’accrocher à une rambarde pour éviter un adversaire ou pour lui tomber sur le dos par surprise et finir par l’assommer…Bref, les nouveautés du gameplay sont nombreuses, chaque mouvement a été travaillé pour maximiser le réalisme et les différentes techniques d’approche;car l’intelligence artificielle des soldats esttout bonnement impressionnante : la peur de se faire repérer est omniprésente, un seul faux pas peut clairement être fatal. Solid Snake devra donc utiliser tout un tas de ruses diverses, en se cachant par exemple dans des placards, dans des cartons et dans les moindres recoins; ou en attirant volontairement l’attention d’un garde au loin pour mieux le mettre hors d’état de nuire dans une petite pièce ou nul ne le trouvera grâce, par exemple, à son pistolet à fléchettes tranquillisantes. Mais en cas d’échec, les troupes n’hésiteront pas un seul instant à faire feu sur l’intrus, quitte à employer la manière forte en utilisant par exemple des boucliers blindés pour se protéger, déployer plusieurs groupes pour fouiller chaque placard ou les endroits susceptibles de se transformer en cachette. Plus pervers encore, ils prendront bien le temps de vérifier si Snake n’a pas laissé quelques gouttes de son sang sur le solpour le retrouver plusfacilement. Il faudra donc veiller à bien appliquer des bandages en cas de blessure afin d’éviter d’éveiller tout soupçon ! Pour amplifier encore le réalisme, Kojima a décidé d’ajouter un palier supplémentaire aux phases d’évasion qui sont d’ailleurs pluslongues pour l’occasion. Snake devra donc subir la phase«Alerte», puis s’il parvientà échapper au champ de vision des gardes, la phase «Evasion», puis «Caution» et enfin «Normal» où le radar Soliton redevient accessible. Toutes ces actions et cette stratégie sont agrémentées d’unlevel designhors du commun, imaginé avec minutie. Le joueur aura toutes les cartes en mains pour s’infiltrerà sa guise en ayant de multiples possibilités. De plus, Metal Gear Solid 2 illustre tout comme son prédécesseur des boss très caractéristiques, même s’ils n’arrivent pas à leur hauteur avec du recul, que le joueur devra aborder la plupart du temps avec une stratégie particulière qui rend le gameplay encore plus furieux et maniaque. Du côté de la durée de vie, les développeurs ont rectifié le tir en proposant dès la première partie une bonne quinzaine ou vingtaine d’heures de jeu sans compter les bonus proposés gonflant la replay-value : les dog tags à récupérer sur chaque soldat, les scènes humoristiques cachées à débloquer et les nouveaux niveaux de difficulté. Si le premier opus avait prouvé qu’il était à lui tout seul une référence à part entière, cette suite ne fait qu’amplifier cette réussite bien méritée. D’un point de vue technique,Metal Gear Solid 2 est encore une fois une pure réussite.D’une part, le design toujours aussi impeccable de Yoji Shinkawa propulse l’œuvre, comme ce fut le cas en 1998, au panthéon des jeux les plus artistiquement réussis. D’autre part, il reprend la recette du savant mélange descènes entrecoupées, d’images d’archives et de flashbacks si chersà Hideo Kojima. L’œuvre distille avec dextérité toute une panoplie d’effets techniqueset de mises en scène qui forcent le respect. Que ce soit la modélisation des visages, leurs expressions, la pluie, le vent, les explosions ou les effets de lumière, tout est réglé au millimètre, sans anicroche. L’impression est telle que le moindre recoin d’un décor, que le moindre tuyau percéou que le moindre éclairage faiblard semble avoir été créé dans un but précis pour que le joueur puisse l’utiliser et jouer avec. Metal Gear Solid 2est d’un point de vue artistique une référence indiscutable, dotéed’un visuel perfectionniste comme on le voit rarement et d’un design reconnaissable au premier coup d’œil.Nul besoin de s’étaler plus longtemps, le jeu est graphiquement phénoménal. Pour parachever le tout, le jeu dispose d’une bande originale de toute beauté composée en grande partie par Harry Gregson-Williams, très connu et reconnu à Hollywood pour avoir travaillé et composé les bandes originales de Rock(accompagné d’Hans Zimmer),Ennemi d’Etat, Armageddon mais encore Shrek. Le studio Media Venture a prêté main forte à l’équipe de Konami pour composer les musiques du jeu, et quel résultat époustouflant ! Si Metal Gear Solid péchait un petit peu par sa bande-son « trop
synthétisée »à l’époque, cette fois-ci, c’est tout le contraire. Harry Gregson-Williams a composé une OST qui non seulement étirel’impact de l’image mais qui en même temps crée tout un univers. Par exemple, la musique est capable de changer par elle-même selon la situation avec un savant mixage. Selon les différentes phases de jeu dans lesquelles Solid Snake se trouve, la musique deviendra plus ou moins oppressante ou au contraire rythmées’il se fait repérer. Un coup de génie qui va encore plus loin en apportant à chaque scène entrecoupée et à chaque personnage une identité propre.L’ambiance sonorede Metal Gear Solid 2est une pure merveille alliant efficacement l’esprit hollywoodien, collant parfaitement à l’image voulue par Kojima,et un doublage efficace et naturel. Pour la version américaine du jeu, David Hayter prête une nouvelle fois sa voix à Solid Snake.Les autres personnages bénéficient d’un excellent casting et les scènes n’ensont qu’améliorées. Enfin,Metal Gear Solid 2 tire aussi son épingle du jeu avec des bruitages réalistes, bien fichus et toujours bien placés. En bonus, certaines scènes sont en Dolby Digital 5.1 pour le grand plaisir des oreilles. Un travail exceptionnel, somme toute. Œuvre hybrideà part entière, conçue dans un but précis et assumé, offrant la liberté au joueur d’être enfermé dans son propre jeu, jusqu’enallant même briser les limites de l’interactivité,Metal Gear Solid 2 bouscule tous les préceptes inimaginables. L’ambition mérite subjectivement la note parfaite mais par principe et par espoir d’une œuvre un jour encore meilleure, il obtiendra ce que son prédécesseur décrocha. Une question se pose alors, faut-il, au final, être libre ou être enchaîné à sa propre objectivité ? « Ne te préoccupe pas tant des mots... Trouve ce qui se cache derrière eux et décide ce que tu veux faire de ta vie.» K. VENTOLINI.