'RÉUNIR LE PEUPLE, PAR LE SPORT, POUR LA PAIX !' 'BRINGING PEOPLE ...

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'RÉUNIR LE PEUPLE, PAR LE SPORT, POUR LA PAIX !' 'BRINGING PEOPLE ...

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Le Marathon de la paix doit avoir lieu le 6 décem-
bre prochain à Bujumbura. A quelques mois de
l’échéance, la paix est-elle acquise ?
Depuis son indépendance en 1962, le Burundi a toujours
vécu dans un certain climat de tension, avec des conflits
plus ou moins ouverts, des crises plus ou moins violen-
tes, comme dans l’ensemble de la région des Grands
Lacs. En 1993, après l’assassinat du premier président
de la République élu au suffrage universel, les structu-
res du pays se sont totalement affaissées. Une vérita-
ble guerre civile s’est enclenchée, faisant des centaines
de milliers de victimes. En 2005, de nouvelles élections
législatives et présidentielles ont pu se tenir, sans inci-
dent. Depuis, le climat social et politique s’est nettement
amélioré. Mais ces avancées resteront précaires tant que
le peuple ne sera pas mis en situation de se rassembler
pour les appuyer au quotidien.
Quelle est la situation socio-économique du pays?
Economiquement, le Burundi ne vit pas. La pauvreté y
est un fléau national. Chacun survit comme il peut, avec
sa famille, ses proches. Au niveau mondial, le Burundi
arrive bon dernier pour ce qui est de son Produit inté-
rieur brut (PIB) par habitant. Avec la pauvreté prolifère
évidemment l’insécurité, notamment les vols. C’est un
cercle vicieux. Le Marathon de la Paix veut briser celui-ci,
redonner confiance au peuple. En organisant cette ma
-
nifestation sportive, nous voulons dire à chaque Burun-
daise et à chaque Burundais qu’il compte pour un, qu’il
peut et qu’il doit marcher la tête haute, sans peur de son
voisin, avec foi dans l’avenir de son pays.
N’est-ce pas placer beaucoup d’espoir dans le
sport ?
Ce n’est certes pas un marathon qui apportera paix et
développement, que ce soit au Burundi ou ailleurs. Mais
il faut bien prendre la mesure de ce que représente un
tel événement dans un pays ravagé par des décennies
de conflits et de tensions, 12 années de guerre. Que les
Hutu et les Tutsi puissent faire quelque chose en com-
mun, se retrouver ensemble dans une ambiance convi-
viale et fraternelle, je crois
que c’est là la clé de l’avenir.
Notre pari, c’est de réunir tous les
quartiers, le peuple entier, non pour effacer la singula-
rité de chacun mais au contraire pour faire que celle-ci
vive pleinement, c’est-à-dire dans le rapport à l’autre,
à rebours du renfermement sur soi, des crispations sur
telle ou telle identité. Il faut bien mesurer aussi l’impor-
tance du sport dans la vie des Burundais. A la campagne,
tout le monde fait sa marche dominicale pour se rendre
à la messe. Très souvent, il faut marcher environ trois
kilomètres pour se rendre à l’Eglise la plus proche. Six
kilomètres aller-retour, ce n’est pas rien. En ville, il y a
des associations sportives dans de nombreuses discipli-
nes, la course à pied mais aussi des sports collectifs.
Ces associations fonctionnent avec des bouts de ficelle,
mais il ne se passe pas un dimanche sans qu’ait lieu une
rencontre, un tournoi. Ce dynamisme a évidemment été
mis entre parenthèse pendant les périodes de conflits
ouverts, mais il revient tout doucement aujourd’hui. Il
faut encourager cet effort ! Le Marathon de la Paix peut
faire énormément pour l’unité nationale, pour le ren-
forcement de la conscience populaire. Il n’y a pas de
pratique, aujourd’hui au Burundi, qui puisse mieux que
le sport rassembler le peuple. Car la méfiance, la peur
héritées de la guerre y paralysent encore l’activité so-
ciale. Partant, le Marathon de la Paix peut aussi servir de
déclic pour mobiliser le pays contre la pauvreté, même si
les causes de celles-ci ne sont évidemment pas qu’inter-
nes. Je me souviens d’un pays, en 1992, qui malgré les
difficultés, les obstacles, foisonnait d’initiatives, un pays
où l’on pouvait cultiver sa terre. A nous de reprendre ce
chemin.
Le monde sportif, au plan international, est-il na-
turellement solidaire d’initiatives comme le Mara-
thon de la Paix ?
J’ai eu la chance d’exposer notre projet lors des Cham
-
pionnats d’Afrique d’Athlétisme, à Addis-Abeba (Ethio-
pie), en avril dernier. J’y ai reçu le soutien de Lamine
Diack, Président de l’IAAF, de mon grand frère Kalkaba,
Président de la CAA, de Youssouf Fall, Secrétaire Géné
-
ral de la CONFEJES et du Général Palenfo, Président de
l’ACNOA. Ce sont de grands connaisseurs de l’athlétisme
africain et de ses valeurs, portées au niveau de la Jeu-
nesse Africaine et mondiale. Je les remercie infiniment.
Ils savent l’ampleur des réserves dont dispose le Burundi
dans le domaine du sport, des réserves qui peuvent lui
permettre de remonter sur l’échelle mondiale. En ce qui
concerne la participation sportive, de grands athlètes,
comme Hailé Gébrésélassié, seront au départ, le 6 dé-
cembre. Mon ami et compatriote Vénuste Niyongabo,
champion Olympique aux Jeux d’Atlanta, est naturelle
-
ment lui aussi de la partie.
Cet événement peut-il avoir des prolongements
immédiats, déboucher sur d’autres projets. Si oui,
lesquels ?
La tenue du Marathon de la Paix pourrait être, notam-
ment, le coup d’envoi de la construction d’une piste à
RÉUNIR LE PEUPLE, PAR LE SPORT, POUR LA PAIX !
Le 6 décembre prochain, le Burundi organise l’une des plus
grandes manifestations sportives de l’histoire du pays. Co-
président du Comité de pilotage du Marathon de la Paix, l’ancien
vice-champion du monde du 800m Arthémon Hatungimana nous
explique combien le sport peut être utile à la Paix.
BRINGING PEOPLE TOGETHER THRU’ SPORT, FOR PEACE
Arthémon Hatungimana