Press Book Youscribe 2016
47 pages
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Press Book Youscribe 2016

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PRESSBOOK 2015 Juin Divers PAYS : France DIFFUSION : (8000) PAGE(S) : 31 SURFACE : 71 % PERIODICITE : Mensuel 1 mai 2015 - N°4141 Brother 'mouchardsGrâce aux « attentifs aux de dire d Adobe renvoie vers sesquestions qui '.confidentialitédes données Mais il faut reconnaître à serveurs d innombrables informations sur» il est, ': il dit ce . L un lesKobo une il fait livres achetés le lecteurqualité qu' par auprèsdésormais de 'possible de ses Nathan a de différentes d ebooks ...responsables , Maharaj , plateformes 'savoir si un livre a été lu de L dernier lace automne révélation depubliquement présenté dispositif , ' '» « » versionmesure de « l du lecteur l de laau bout . espionnage ADE4Amazon , engagementjusqu' 'lors du Salon du Livre de Francfort d Adobe avait créé une surqui polémiqueet Kobo en,Apple 'Google s' d octobre dernier. réseauxest tenu au mois les sociaux et lesparmi adeptes savent beaucoup plus la lecturede numérique. vos habitudes de lecture Netflix aussivous ne le ...que pensiez lus de 000 aux de lecture en400 exemplaires Quant plateformes ' ' Éricl essai d sans depour streaming ( téléchargement Zemmour Le suicide elles fonctionnent de la mêmefichiers) ,français. ' %%Mais seulement des .

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Publié le 14 janvier 2016
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Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo









PRESSBOOK
2015
Juin
Divers


PAYS : France DIFFUSION : (8000)
PAGE(S) : 31
SURFACE : 71 %
PERIODICITE : Mensuel
1 mai 2015 - N°4141
Brother
'mouchardsGrâce aux « attentifs aux de dire d Adobe renvoie vers sesquestions qui
'.confidentialitédes données Mais il faut reconnaître à serveurs d innombrables informations sur» il est,
': il dit ce . L un lesKobo une il fait livres achetés le lecteurqualité qu' par auprèsdésormais de
'possible de ses Nathan a de différentes d ebooks ...responsables , Maharaj , plateformes
'savoir si un livre a été lu de L dernier lace automne révélation depubliquement présenté dispositif ,
' '» « » versionmesure de « l du lecteur l de laau bout . espionnage ADE4Amazon , engagementjusqu'
'lors du Salon du Livre de Francfort d Adobe avait créé une surqui polémiqueet Kobo en,Apple 'Google
s' d octobre dernier. réseauxest tenu au mois les sociaux et lesparmi adeptes
savent beaucoup plus la lecturede numérique.
vos habitudes de lecture
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PERIODICITE : Quotidien
5 juin 2015 - Edition Le Mans - Sarthe Nord Cliquez ici pour voir la page source de l’article
16e prix Redouté au château du Lude
Trois questions à... fameux Wild Garden de William année, nous allons vers plus
Comment se passe la sélection des Robinson et Semences potagères d'innovation, d'originalité dans le
livres ? d'Andréa Hestinger. sujet et de qualité dans l'édition.
L'association reçoit énormément Auteurs et éditeurs seront
d'ouvrages de la part des éditeurs, récompensés dans les catégories Samedi 6 juin, à 15 h, palmarès au
pendant toute l'année. Une première Redouté, pratique jardinage, château du Lude.
sélection d'une vingtaine de livres botanique, littéraire, historique et (1) Récompense le plus beau livre
est faite par deux membres du jury. artistique. Ces ouvrages sont de jardin de l'année.
Sur ces vingt ouvrages, ils en consultables sur internet. Le public
retiennent une douzaine et les est invité à voter en ligne sur
présentent à tout le jury. Une Youscribe et sur la page Facebook
réunion de délibération permet du prix Redouté. Ce vote donnera
ensuite de retenir les nominés. lieu au prix du public.
Quels sont-ils, cette année ? Qui sont les membres du jury ?
Il y en a six : Aperçus sur l'art du Le jury est composé d'experts et ■
jardin paysager d'Hermann Von d'amateurs, comme Diane Van
Pückler-Muskau, L 'imaginaire des Strydonck, jardinière belge ; Louis
grottes, de Monique Mosser et Benech, architecte de jardin ;
Hervé Brunon, La géométrie dans le Jacques Garcia, architecte
monde végétal d'Elisabeth Dumont, décorateur ; ou Marie-Anne Chazel,
Le dictionnaire visuel de la comédienne. Ils sont tous membres
botanique de Maurice Reille, L e depuis la création du prix. Chaque
AE7818005770F100B0C202C3BF05C5091A95F263B13E5F66262E325
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PERIODICITE : Hebdomadaire
5 juin 2015 - N°946
SOCIÉTÉCULTURE
La tyrannie
de l’illii mmité
Lecinéma,lamusique,l’édition…,plusaucundomainedelaculture
n’échappe désormaisà laloi dela marchandisation àoutrance.Unclic
à s’abonnersanslimite.Unerévolution,disentlesdistributeurs.suffit
Lescréateurs,eux,ont dusoucià sefaire.PAR MYRIAM PERFETTI
e 16 avril dernier, l’ex-frondeur Arnaud Montebourg, alors que la guerre des tranchées
l’improbable est alors ministre du Redressement pro- qui oppose Amazon, dont la devise
arrivé. François ductif, confrmait l’ouverture à Cha- affchée est « Work hard, have fun
Hollande, lors d’un lon-sur-Saône, en septembre 2012, and make history » (« Travaillez
voyage officiel en du troisième entrepôt d’Amazon, dur, amusez-vous et entrez dans
Suisse, concédait le leader mondial tant décrié de la l’histoire »), et la citadelle assiégée
publiquement distribution en ligne. Sa consœur à de l’édition et des libraires n’en fnit
avoir cédé, lui la Culture, Aurélie Filippetti, s’était plus de faire couler l’encre.
aussi, aux sirènes emportée : « Tout le monde en a
de l’illimité. Pour assez d’Amazon et de son dumping marchandisation globalela bonne cause, pas social. » Une position qui aboutira,
pour promouvoir la En effet, la firme de Jeff Bezos
dernière initiative a relancé les hostilités, en
probancale destinée à posant, en décembre dernier enL’illimité est laruiner le téléchar- France, après l’Allemagne, l’Italie
gement illégal, mais pour défendre et l’Espagne, son Kindle Unlimited,dernière trouvaille
l’emploi et la formation. « Open- une liseuse permettant d’accéder,
Classrooms est leader en Europe moyennant 9,99 € mensuels, àmarketing pour faireLdans le secteur des Mooc [cours 700 000 livres numériques, dont
en ligne], a-t-il fermement déclaré. tourner le monde, 20 000 références en français,
Une idée m’est venue, que cette et plus de 2 000 livres audio. Une
opportunité soit accessible aussi réel et numérique, bonne partie de ce catalogue
à ceux qui en ont le plus besoin. provient directement de la plate-amorcée dèsEt qui en a le plus besoin ? Ceux forme d’autoédition Kindle Direct
qui sont en recherche d’emploi. » Publishing, mais Amazon prometles années 80.Aussi, à partir de septembre 2015, qu’on y trouvera aussi l’intégralité
le premier fonctionnaire de France de la saga du magicien binoclard
a-t-il décrété que les demandeurs en 2014, à une loi visant directe- Harry Potter et le classique de
d’emploi auront un accès gratuit et ment le géant américain et fxant George Orwell, la Ferme des
aniillimité à tous les services numé- les conditions de vente du livre à maux. Un peu limité pour de
l’illiriques de la plate-forme française distance. Une loi que le sociologue mité. Surtout pour les auteurs, qui
d’e-éducation, afn de télécharger Vincent Chabault* craignait d’être ne seront pas rémunérés
automatie-books, vidéos et cours certifants. inopérante à « freiner les mutations quement à chaque emprunt. « Il y a
du commerce en ligne ». A raison. un grand fou sur cette question »,
« La consommation en ligne est un explique Vincent Monadé, présidentphénomène mondial
phénomène mondial, avait déclaré du Centre national du livre (CNL).
Voilà qui risque d’alimenter les Arnaud Montebourg, à l’époque. Il C’est lemoins qu’on puisse dire. Pour
débats sur la fracture numérique, ne faut pas l’opposer à la librairie que l’auteur touche ses droits, il
faumais, surtout, qui contraste étran- indépendante, les deux doivent dra en effet que le lecteur ait
pargement avec la crispation gou- cohabiter. » Ses paroles viennent couru au moins 10 % de son livre…
vernementale observée lorsque de trouver une curieuse résonance, ›Qu’importe. L’illimité est la
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5 juin 2015 - N°946
i nière trouvaille marketing à faire
tourner le monde, réel et numérique.
Amorcée dans les années 80, avec
l’américaine CNN,qui fut la première
chaîne télé au monde à proposer de
l’information en continu et en
illimité, et avec sapetite sœur MTV,qui
fut, elle, le premier robinet à clips de
l’industrie musicale, la tentation de
l’illimité a envahi tous les champs de
la consommation, des transports en
commun aux jeux vidéo en passant
par les télécoms, les parcs
d’attractions et les cabinets d’esthétique. Et
par la culture, bien sûr, à la faveur
des nouvelles technologies et de
la dématérialisation des supports,
qui amorce un nouveau
consumérisme dépassant toutes les bornes.
Tout cela valide la sentence du
e
prophétique essayiste Guy Debord Le 7 art fut le premier à entrer cornée. Tollé général. Le solidaire
qui, dans la Société du spectacle, dans le cercle de la « marchan- milieu du cinéma était alors monté
annonçait dès la des années 60 : disation » ad nauseam, grâce au au créneau, en criant à la mort defin
« La culture, devenue intégralement groupe européen d’exploitation la création. Quinze ans plus tard,
marchandise, doit aussi devenir la cinématographique UGC, qui, il 15 millions d’entrées sont vendues
marchandise vedette de la société y a quinze ans, offrait, séance en « formule illimitée » chaque
spectaculaire. » Faisant craindre, tenante, accès à toutes ses salles année, soit une sur 10 ; les
multiaujourd’hui, au philosophe Bernard contre un abonnement mensuel de plexes ont bien eu la peau des
cinéStiegler sa « destruction ». 20 €. Jusqu’à risquer l’abcès de la mas de quartier, mais la création
cinématographique, elle, n’a pas
trépassé. En 2014, elle a même
dopé la fréquentation des sallesL’AVANT-GARDE, (200 millions d’entrées, soit 7,7 %
d’augmentation par rapport à 2013).ULTIME RECOURS DE LA CULTURE
lexandre Sap n’y Apple, Amazon et Spotify ne Jean-Daniel Beauvallet…) “STREAMING AD NAUSEAM”
va pas par quatre créent rien, ils se contentent s’interroge sur une culture
chemins : face aux de se nourrir sur la bête. bradée et sur les moyens
Le monde de la musique essuya, lui,
attaques du Gafa Mais elle va se relever. C’est de la faire à nouveau
les bits de la révolution numérique.A (Google, Apple, à nous de combattre ces émerger. « Pendant qu’on
En ratant le virage 2.0 de la sociétéFacebook, Amazon), l’avant- géants. » Dans Rebirth Of se battait contre le piratage,
et en s’accrochant à tout ce qui avaitgarde serait le seul salut des The Cool, son dernier livre, explique-t-il, on n’a pas vu
fait historiquement son succès, àentreprises culturelles. Cet Alexandre Sap, en donnant arriver le danger du format
ancien créateur et directeur la parole à des créateurs propriétaire. La Silicon Valley savoir les ventes physiques de
du label indépendant Recall (le graffeur André Saraiva, le travail des créateurs, vinyles et, plus tard, de CD, il estrafle
Group, qui a signé en 2005 le fondateur de Purple avec le seul but d’alimenter en état de coma dépassé. Au bord
le premier contrat français Magazine Olivier Zahm, les ventes de son matériel de la faillite depuis dix ans,
l’indusde distribution avec iTunes le photographe propre, Kindle, trie musicale ne doit son salut qu’au
et qui est, depuis, à la tête Francesco iPhone ou iWatch. »
numérique (46 % des ventes) et aux
de Forward, une entreprise Carrozzini…) et Alors ? « Alors,
services de streaming par
abonspécialisée dans le marketing des acteurs de la prenons à nouveau
nement (+ 39 % en 2014). Mêmeculturel, défend l’urgence société culturelle des risques, créons
Pascal Nègre, le très médiatiqued’une réappropriation de (le conservateur et libérons-nous
PDG d’Universal Music France, lela culture par ses acteurs. de musée Jérôme de ces contraintes
groupe mondial qui produit 40 % de« Défendons nos droits, Sans, le fondateur imposées ! »
Q M.P.reprenons le contrôle de nos du label Roc Nation Chiche. la musique du globe, hier farouche
intérêts, remettons l’humain John Meneilly, le opposant au streaming – « Il n’aRebirth Of The Cool,
au centre de cette machine cofondateur des d’Alexandre Sap, aucun avenir », déclarait-il à l’aube
Kawa, 153 p., 19,95 €.infernale, Les Inrockuptibless’enflamme-t-il. des années 2000 –, a dû satisfaire
à cette exigence. Les plates-formes
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5 juin 2015 - N°946
ingurgiter, comme il le souhaite et« Apple et Amazon ne sont que des quand il le souhaite, et séries.films
Jusqu’à l’overdose : c’est le bingemachines de destruction de valeurs
watching . Un autre dealer d’images,
illégal cette fois, Popcorn Time, leculturelles. Ce “business model”
talonne à présent sur ce marché.
Alexandre Sap Qualifié de « pire cauchemar detue la création. »
Hollywood », il offre à desl’infini
et des séries récentes en qua-films
de streaming musical comme la majors de la distribution, s’insurge lité haute Jusqu’à l’indi-définition.
suédoise Spotify et ses 15 millions Alexandre Sap, ancien directeur gestion. Sur leur blog, ses créateursKINDLE
d’abonnés ou la française Deezer et de label indépendant et patron de UNLIMITED s’en expliquent : « Le piratage n’est
ses 6 millions de connectés alimen- Forward (lire l’encadré, p. 72), ne D’AMAZON pas un problème de personnes.
tent en continu, pour moins de 10 € sont que des machines de destruc- EN TROIS C’est un de service. Un
par mois, les oreilles de 78 % des tion de valeurs culturelles. Face CHIFFRES problème créé par une industrie
à elles, la musique, le cinéma etinternautes français. « Après la pira- qui considère l’innovation comme9,9 €,
terie, les sonneries téléphoniques l’édition peinent à préserver leurs une menace pour leur modèle éco-le coût de
et le modèle iTunes, confesse-t-il à catalogues. Ce business model tue l’abonnement nomique antique. » Fermez le ban !
présent, la musique change à nou- la création et rend ceux qui en sont mensuel. Dernière des industries
cultu70 000 titresveau de paradigme avec l’avène- dépendants totalement accultu- relles à être touchées par la
pandénumériques,ment du streaming, qui consiste à rés. » Certains artistes résistent mie de l’illimité, l’édition. Et de quelle
dont 20 000pour cela au streaming, commepayer pour un usage et non pour façon ! Des offres existaient déjà,
références en
une possession. » Jusqu’à en avoir Cabrel ou Goldmann. Mais, dès lekiosk.com, pour la presse, publie.
français, et
des acouphènes. Même le produc- lors, ils sont moins écoutés. net, youboox.fr, youscribe.com pourplus de 2 000
teur vedette américain Jay-Z vient le livre ou izneo.com pour la BD, maislivres audio.
de sortir la sienne, Tidal, où l’inter- le choc frontal de Kindle Unlimited, laPrix de laADDICTION DESTRUCTRICE
naute mélomane peut s’abreuver de librairie numérique d’Amazon, dansliseuse Kindle :
59 €25 millions de titres en qualité CD Acculturés, les 60 millions d’abon- un contexte de récession, affole
édipour le modèleet de 75 000 vidéos haute nés (500 000 en France) de la plate- teurs et libraires. Les résultats
d’unedéfinide base, de 129tion pour 19,99 € par mois et 9,99 € forme américaine de streaming enquête Ipsos-CNL, opportunément
à 189 € pourpour une qualité standard. Un ? Peut-être, mais accro au sortie lors du dernier Salon du livre,flop, Netflix
la Paperwhitecar ses actionnaires ne sont autres tout, tout de suite, sûrement. Car en mars dernier, sont Leédifiants.et la
que Madonna, Beyoncé, Daft Punk, bouleverse toutes les règles. pays aux 15 prix Nobel de littératureNetflix Paperwhite 3G.
Rihanna, Kanye West, Usher… Peu Pour 7,99 € par mois, l’abonné peut lit de moins en moins : seulement un
importe la fausse note des nantis livre par an pour 90 % des Français.
de la musique, jouant la gamme Le temps de lecture moyen
hebdode l’illimité pour engranger plus madaire a aussi diminué de
vingtde royalties, la partition semble huit minutes depuis trois ans. Et la
écrite d’avance. Au moment où le fracture générationnelle est béante.
Midem vient d’ouvrir ses portes à Les 15-24 ans confessent à 45 %
Cannes, Apple, à la suite du rachat consacrer plus de temps à surfer
pour 3 milliards de dollars de Beats sur Internet, à écouter de la musique
Music, la juteuse entreprise du ou à alimenter les réseaux sociaux
producteur de rap Dr Dre, se pré- qu’à lire. Au point que Vincent
pare, pour rattraper son retard, Monadé veut déclarer « la lecture
à annoncer le lancement de son grande cause nationale ». Devant
propre service de streaming, direc- la stratégie d’Amazon, l’édition a
tement accessible, pour 7,99 dollars donc, comme le cinéma, la musique
mensuels, aux millions de proprié- et la télévision avant elle, saisi, au
taires d’iPhone. Autant dire que la nom de la destruction du marché
guerre de l’illimité dans la musique du livre, le ministère de la Culture.
en ligne ne fait que commencer et Fleur Pellerin s’est empressée de
que l’addiction n’est pas près de déclarer « illégale » l’offre illimitée
s’arrêter pour le consommateur et a enjoint aux frondeurs de
s’aliavide. Quitte à ne plus savoir ce gner sur la loi française sous trois
qu’il ingurgite, enivré, seulement mois, suivant ainsi l’avis de la
médiade cette surmultiplication des trice, Laurence Engel, ex-directrice
idonnées. « Apple et Amazon, ces de cabinet de l’ancienne ministre
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5 juin 2015 - N°946
i de la Culture Aurélie Filippetti. Pour contourner la loi, Amazon
Elle rappelle que seuls les éditeurs
doivent pouvoir le prix du livrefixer se présente comme une bibliothèque
numérique. Un prix qui, depuis 2011,
est aligné sur celui du livre papier, privée virtuelle, faisant payer
un prix unique régi par la loi Lang
de 1981. « De ce point de vue, les un simple droit d’accès.
abonnements forfaitaires illimités
qui concerneraient plusieurs
éditeurs ne respectent pas la loi », nouveau « média » vorace. Car, aux outre-Atlantique le soft power du
DANSa-t-elle tranché. Le du livre, Etats-Unis, l’illimité, ce « gavage virtuel régentant de plus en plusNetflix
LE PRIXqui s’est décidé à payer des qui résulte de la marchandisation l’existence toxicomane des indivi-enfin
D’UN LIVREimpôts en France, a, lui, déjà botté de la culture », comme le dus, les Google, Apple, Facebook etdéfinit
IMPRIMÉen touche. Il se présente comme l’écrivain Annie Le Brun, semble Amazon. Car, une fois le seuil de
une bibliothèque privée virtuelle booster, au moins à court terme, la consommation de données en10 %
vont à l’auteur,et non comme un service de loca- les ventes de livres. Selon le der- « illimité » dépassé, l’internaute
tion, l’utilisateur n’achetant pas nier rapport Nielsen Book, les devra s’acquitter d’un supplément.20 %
à l’éditeur,une copie mais un droit d’accès, abonnés à des formules comme Le Gafa amorce ainsi l’idée d’un
exactement comme le permet tout Kindle Unlimited ou Oyster dépen- Internet à plusieurs vitesses.10 %
à l’imprimeur,abonnement à n’importe quelle seraient pour satisfaire leur addic- En attendant, Amazon
contibibliothèque municipale. tion plus que les autres consom- nue d’alimenter la vie du consom-20 %
au diffuseur et mateurs américains : 58 dollars, mateur. La vient de lancerfirme
au distributeur, contre 34. Mais peut-être plus le « Dash Button », un boîtierL’ILLIMITÉ… ETAPRÈS ?
pour très longtemps… connecté au WiFi, via l’application35 %
à la libraire, etMais, au pays de l’exception cultu- « L’avenir sans fin s’ouvre à Amazon pour smartphone, qui
perrelle, les éditeurs font de la résis- l’être illimité », affirmait Victor met, de chez soi, de passer com-5,5 %
à l’Etattance. « Le vrai problème d’Ama- Hugo dans ses Odes. Sans fin ? mande de produits du quotidien
via la TVA
zon, analyse-t-on à Actes Sud, ce Pas pour les abonnements illimités par le simple effleurement d’un
Source Rapportsont les droits d’auteur. Ils sont en tout cas, qui pourraient pro- « bouton ». Demain, aussi pour les
Gaymard, 2009.
bafoués. Nous nous battrons, le chainement disparaître aux Etats- produits culturels ? Définitivement
Q M.P.Unis sous les attaques de l’agressif sans limites… mercantiles.rouleau compresseur ne nous
* Versla deslibrairies?,deVincentécrasera pas aussi facilement. » Gafa, l’entité très réelle composée fin
Chabault, LaDocumentation française, 2014.Dont acte. Comme aux Etats-Unis, par les géants de ce qu’on appelle
où les big five du secteur
(HarperCollins, Hachette Book Group,
Simon & Schuster, Penguin
Random House et Macmillan) font la
sourde oreille à toute proposition,
aucune major française du livre ne
répond à l’appel d’Amazon. « Je
serai le dernier à plonger. Ça n’a
aucun sens, vraiment aucun sens,
a assené Arnaud Nourry, PDG du
groupe Hachette Livre, sur BFM.
Si nous allions vers les
abonnements, nous irions vers la
destruction du modèle économique que
nous mettons en place. » Alain
Kouck, PDG d’Editis, qui regroupe
40 marques d’édition et n’a signé
avec aucune plate-forme déjà
existante, semble peu enclin à traiter
avec la firme de Seattle. Quant
à Immatériel, le distributeur qui
regroupe près de 600 éditeurs, il a
émis une de non-recevoir. Tantfin
pis pour les potentiels nouveaux
lecteurs que pourrait apporter ce
Tous droits de reproduction réservés
Date : 14/06/15
Type : Site web

http://www.marianne.net/tyrannie-
illimite-100234578.html


La tyrannie de l'illimité
Le cinéma, la musique, l'édition..., plus aucun domaine de la culture n'échappe désormais à la loi de la marchandisation à
outrance. Un clic suffit à s'abonner sans limite. Une révolution, disent les distributeurs. Les créateurs, eux, ont du souci à se
faire.


Le 16 avril dernier, l'improbable est arrivé. François Hollande, lors d'un voyage officiel en Suisse, concédait publiquement
avoir cédé, lui aussi, aux sirènes de l'illimité. Pour la bonne cause, pas pour promouvoir la dernière initiative bancale
destinée à ruiner le téléchargement illégal, mais pour défendre l'emploi et la formation. « OpenClassrooms est leader en
Europe dans le secteur des Mooc [cours en ligne], a-t-il fermement déclaré. Une idée m'est venue, que cette opportunité
soit accessible aussi à ceux qui en ont le plus besoin. Et qui en a le plus besoin ? Ceux qui sont en recherche d'emploi.
» Aussi, à partir de septembre 2015, le premier fonctionnaire de France a-t-il décrété que les demandeurs d'emploi auront
un accès gratuit et illimité à tous les services numériques de la plate-forme française d'e-éducation, afin de télécharger
ebooks, vidéos et cours certifiants.
Phénomène mondial
Voilà qui risque d'alimenter les débats sur la fracture numérique, mais, surtout, qui contraste étrangement avec la crispation
gouvernementale observée lorsque l'ex-frondeur Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, confirmait
l'ouverture à Chalon-sur-Saône, en septembre 2012, du troisième entrepôt d'Amazon, le leader mondial tant décrié de la
distribution en ligne. Sa consœur à la Culture, Aurélie Filippetti, s'était emportée : « Tout le monde en a assez d'Amazon et
de son dumping social. » Une position qui aboutira, en 2014, à une loi visant directement le géant américain et fixant les
conditions de vente du livre à distance. Une loi que le sociologue Vincent Chabault* craignait d'être inopérante à « freiner
les mutations du commerce en ligne ». A raison. « La consommation en ligne est un phénomène mondial, avait déclaré
Arnaud Montebourg, à l'époque. Il ne faut pas l'opposer à la librairie indépendante, les deux doivent cohabiter. » Ses
paroles viennent de trouver une curieuse résonance, alors que la guerre des tranchées qui oppose Amazon, dont la devise

Pressbook réalisé par PPM pour Youscribe
Date : 14/06/15
Type : Site web

http://www.marianne.net/tyrannie-
illimite-100234578.html
affichée est « Work hard, have fun and make history »(« Travaillez dur, amusez-vous et entrez dans l'histoire »), et la
citadelle assiégée de l'édition et des libraires n'en finit plus de faire couler l'encre.L'ILLIMITÉ EST LA DERNIÈRE
TROUVAILLE MARKETING À FAIRE TOURNER LE MONDE, RÉEL ET NUMÉRIQUE, AMORCÉE DANS LES
ANNÉES 80
Marchandisation globale
En effet, la firme de Jeff Bezos a relancé les hostilités, en proposant, en décembre dernier en France, après l'Allemagne,
l'Italie et l'Espagne, son Kindle Unlimited, une liseuse permettant d'accéder, moyennant 9,99 € mensuels, à 700 000 livres
numériques, dont 20 000 références en français, et plus de 2 000 livres audio. Une bonne partie de ce catalogue provient
directement de la plate-forme d'autoédition Kindle Direct Publishing, mais Amazon promet qu'on y trouvera aussi
l'intégralité de la saga du magicien binoclard Harry Potter et le classique de George Orwell, la Ferme des animaux. Un peu
limité pour de l'illimité. Surtout pour les auteurs, qui ne seront pas rémunérés automatiquement à chaque emprunt. « Il y a
un grand flou sur cette question », explique Vincent Monadé, président du Centre national du livre (CNL). C'est le moins
qu'on puisse dire. Pour que l'auteur touche ses droits, il faudra en effet que le lecteur ait parcouru au moins 10 % de son
livre... Qu'importe. L'illimité est la dernière trouvaille marketing à faire tourner le monde, réel et numérique. Amorcée dans
les années 80, avec l'américaine CNN, qui fut la première chaîne télé au monde à proposer de l'information en continu et en
illimité, et avec sa petite sœur MTV, qui fut, elle, le premier robinet à clips de l'industrie musicale, la tentation de l'illimité
a envahi tous les champs de la consommation, des transports en commun aux jeux vidéo en passant par les télécoms, les
parcs d'attractions et les cabinets d'esthétique. Et par la culture, bien sûr, à la faveur des nouvelles technologies et de la
dématérialisation des supports, qui amorce un nouveau consumérisme dépassant toutes les bornes. Tout cela valide la
sentence du prophétique essayiste Guy Debord qui, dansla Société du spectacle, annonçait dès la fin des années 60 : « La
culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire.
» Faisant craindre, aujourd'hui, au philosophe Bernard Stiegler sa « destruction. »
Le 7e art fut le premier à entrer dans le cercle de la « marchandisation » ad nauseam, grâce au groupe européen
d'exploitation cinématographique UGC, qui, il y a quinze ans, offrait, séance tenante, accès à toutes ses salles contre un
abonnement mensuel de 20 €. Jusqu'à risquer l'abcès de la cornée. Tollé général. Le solidaire milieu du cinéma était alors
monté au créneau, en criant à la mort de la création. Quinze ans plus tard, 15 millions d'entrées sont vendues en « formule
illimitée » chaque année, soit une sur 10 ; les multiplexes ont bien eu la peau des cinémas de quartier, mais la création
cinématographique, elle, n'a pas trépassé. En 2014, elle a même dopé la fréquentation des salles (200 millions d'entrées, soit
7,7 % d'augmentation par rapport à 2013).
"Streming ad nauseam"
Le monde de la musique essuya, lui, les bits de la révolution numérique. En ratant le virage 2.0 de la société et en
s'accrochant à tout ce qui avait fait historiquement son succès, à savoir les ventes physiques de vinyles et, plus tard, de CD,
il est en état de coma dépassé. "APPLE ET AMAZON NE SONT QUE DES MACHINES DE DESTRUCTION DE
VALEURS CULTURELLES. CE BUSINESS MODEL TUE LA CRÉATION"
ALEXANDRE SAPAu bord de la faillite depuis dix ans, l'industrie musicale ne doit son salut qu'au numérique (46 % des
ventes) et aux services de streaming par abonnement (+ 39 % en 2014). Même Pascal Nègre, le très médiatique PDG
d'Universal Music France, le groupe mondial qui produit 40 % de la musique du globe, a dû satisfaire à cette exigence. Les

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