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Interprétation de la déglaciation rhodanienne au Würm, des moraines « internes » à la cuvette lémanique - article ; n°2 ; vol.25, pg 129-140

De
14 pages
Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Année 1988 - Volume 25 - Numéro 2 - Pages 129-140
Between the inner moraines and the upperside of the Leman Lake, we observe the following elements :
— two generations of inner moraines of as yet undetermined age, the oldest being over 241 10 ±900 B.P.;
— a series of over-deepened basins now either wholly filled up with lacustrine deposits (Malville, Le Bouchage) or not (Le Bourget, Annecy, Léman), with thicknesses of several hundred meters;
— a series of paraglacial or glacio-lacustrine supra-morainic deposits directly related to the déglaciation, which are disposed en echelon from the downstream side to the upstream side;
— on single till cover to the downstream side of the Geneva basin, directly superposed to the substratum or to a wurmian ante-morainic complex;
— a thick complex of superposed morainic, lacustrine and marshy deposits in which several interstadials were dated from 34550 to 23500 B.P. in the Leman basin only (Chablais, Vaud).
Present chrono-stratigraphic conclusions, notably concerning the age of the maximum glacial advance, differ between the frontal area (early Wùrm) and the upstream side of the Leman basin (late Wùrm). Now, we note that :
— undoubted, dated interstadial deposits only occur in the Leman basin, far upstream from the inner moraines;
— between the inner moraines and the Leman basin, there is only one single till cover as well as déglaciation deposits, without any evidence of interstadial formations or of true glacial stops.
Therefore, in all likelihood, the morainic deposit of the Plateau Savoyard represents one single glacial phase, predating the oldest Leman interstadials (34600 ± 2700 B. P.). One indétermination still subsists, regarding its age, in relation with both the sedimentary gaps in the glacial-interstadial series and the duration of the sedimentation process of the déglaciation and of later lacustrine deposits.
Entre les moraines « internes » (Grenay, Lagnieu), et l'amont du Léman, on observe successivement :
1. Un complexe frontal de moraines «internes», d'âge encore indéterminé, dont la plus externe est toutefois antérieure à 24110 ± 900 B.P.;
2. Une couverture morainique unique à l'aval de la cuvette genevoise, accompagnée et suivie d'une série de dépôts glacio-lacustres directement liés à la déglaciation;
3. Une série de profonds surcreusement comblés par des dépôts lacustres (Malville, Basses Terres Dauphinoises) ou non (Le Bourget, Léman) sur des épaisseurs pluri-hectométriques;
4. Un épais complexe de dépôts morainiques et lacustro-palustres superposés dans lesquels plusieurs interstades sont datés entre 34550 et 23 500 ± 1200 B. P. à l'amont de Genève (Bas Chablais, pays de Vaud).
On en déduit que, selon toute probabilité, les moraines « internes » et celles du plateau savoyard sont antérieures à l'interstade lémanique le plus ancien (34550 ± 1200 B.P.), que les dépôts morainiques et glacio-lacustres savoyards correspondent à une seule avancée glaciaire suivie de sa déglaciation et que le glacier du Rhône a oscillé dans les seules limites du Léman à la fin du Würm.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Guy Monjuvent
Gérard Nicoud
Interprétation de la déglaciation rhodanienne au Würm, des
moraines « internes » à la cuvette lémanique
In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 25 - Numéro 2-3 - 1988. pp. 129-140.
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Monjuvent Guy, Nicoud Gérard. Interprétation de la déglaciation rhodanienne au Würm, des moraines « internes » à la cuvette
lémanique. In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 25 - Numéro 2-3 - 1988. pp. 129-140.
doi : 10.3406/quate.1988.1874
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quate_0004-5500_1988_num_25_2_1874Abstract
Between the "inner moraines" and the upperside of the Leman Lake, we observe the following elements
:
—two generations of "inner moraines" of as yet undetermined age, the oldest being over 241 10 ±900
B.P.;
—a series of over-deepened basins now either wholly filled up with lacustrine deposits (Malville, Le
Bouchage) or not (Le Bourget, Annecy, Léman), with thicknesses of several hundred meters;
—a series of paraglacial or glacio-lacustrine supra-morainic deposits directly related to the déglaciation,
which are disposed "en echelon" from the downstream side to the upstream side;
—on single till cover to the downstream side of the Geneva basin, directly superposed to the substratum
or to a wurmian ante-morainic complex;
—a thick complex of superposed morainic, lacustrine and marshy deposits in which several interstadials
were dated from 34550 to 23500 B.P. in the Leman basin only (Chablais, Vaud).
Present chrono-stratigraphic conclusions, notably concerning the age of the maximum glacial advance,
differ between the frontal area (early Wùrm) and the upstream side of the Leman basin (late Wùrm).
Now, we note that :
—undoubted, dated interstadial deposits only occur in the Leman basin, far upstream from the "inner
moraines";
—between the "inner moraines" and the Leman basin, there is only one single till cover as well as
déglaciation deposits, without any evidence of interstadial formations or of true glacial stops.
Therefore, in all likelihood, the morainic deposit of the Plateau Savoyard represents one single glacial
phase, predating the oldest Leman interstadials (34600 ± 2700 B. P.). One indétermination still subsists,
regarding its age, in relation with both the sedimentary gaps in the glacial-interstadial series and the
duration of the sedimentation process of the déglaciation and of later lacustrine deposits.
Résumé
Entre les moraines « internes » (Grenay, Lagnieu), et l'amont du Léman, on observe successivement :
1. Un complexe frontal de moraines «internes», d'âge encore indéterminé, dont la plus externe est
toutefois antérieure à 24110 ± 900 B.P.;
2. Une couverture morainique unique à l'aval de la cuvette genevoise, accompagnée et suivie d'une
série de dépôts glacio-lacustres directement liés à la déglaciation;
3. Une série de profonds surcreusement comblés par des dépôts lacustres (Malville, Basses Terres
Dauphinoises) ou non (Le Bourget, Léman) sur des épaisseurs pluri-hectométriques;
4. Un épais complexe de dépôts morainiques et lacustro-palustres superposés dans lesquels plusieurs
interstades sont datés entre 34550 et 23 500 ± 1200 B. P. à l'amont de Genève (Bas Chablais, pays de
Vaud).
On en déduit que, selon toute probabilité, les moraines « internes » et celles du plateau savoyard sont
antérieures à l'interstade lémanique le plus ancien (34550 ± 1200 B.P.), que les dépôts morainiques et
glacio-lacustres savoyards correspondent à une seule avancée glaciaire suivie de sa déglaciation et
que le glacier du Rhône a oscillé dans les seules limites du Léman à la fin du Würm.de l'Association française 1988-2/3, pages 129-140 Bulletin
pour l'étude du Quaternaire
INTERPRÉTATION
DE LA DÉGLACIATION RHODANIENNE
AU WURM, DES MORAINES « INTERNES »
À LA CUVETTE LÉMANIQUE
par Guy MONJUVENT* et Gérard NICOUD*'
RÉSUMÉ
Entre les moraines « internes » (Grenay, Lagnieu), et l'amont du Léman, on observe successivement :
1. Un complexe frontal de moraines «internes», d'âge encore indéterminé, dont la plus externe est toutefois antérieure à
24110±900B.P.;
2. Une couverture morainique unique à l'aval de la cuvette genevoise, accompagnée et suivie d'une série de dépôts glacio-lacustres
directement liés à la déglaciation;
3. Une série de profonds surcreusement comblés par des dépôts lacustres (Malville, Basses Terres Dauphinoises) ou non (Le Bourget,
Léman) sur des épaisseurs pluri-hectométriques;
4. Un épais complexe de dépôts morainiques et lacustro-palustres superposés dans lesquels plusieurs interstades sont datés entre
34550 et 23 500 ± 1200 B. P. à l'amont de Genève (Bas Chablais, pays de Vaud).
On en déduit que, selon toute probabilité, les moraines « internes » et celles du plateau savoyard sont antérieures à l'interstade
lémanique le plus ancien (34550 ±1200 B.P.), Que les dépôts morainiques et glacio-lacustres savoyards correspondent à une seule avancée
glaciaire suivie de sa déglaciation et que le glacier du Rhône a oscillé dans les seules limites du Léman à la fin du Wurm.
Mots-clés : Glaciation, déglaciation, Wùrm, interstades, paléolac, Rhône, France.
ABSTRACT
INTERPRETATION OF THE WURMIAN RHODANIAN DEGLACIATION FROM THE "INNER MORAINES" TO THE
LEMAN BASIN
Between the "inner moraines" and the upperside of the Leman Lake, we observe the following elements :
— two generations of "inner moraines" of as yet undetermined age, the oldest being over 241 10 ±900 B.P.;
— a series of over-deepened basins now either wholly filled up with lacustrine deposits (Malville, Le Bouchage) or not (Le Bourget,
Annecy, Léman), with thicknesses of several hundred meters;
— a series of paraglacial or glacio-lacustrine supra-morainic deposits directly related to the déglaciation, which are disposed "en
echelon" from the downstream side to the upstream side;
— on single till cover to the downstream side of the Geneva basin, directly superposed to the substratum or to a wurmian
ante-morainic complex;
— a thick complex of superposed morainic, lacustrine and marshy deposits in which several interstadials were dated from 34550
to 23500 B.P. in the Leman basin only (Chablais, Vaud).
Present chrono-stratigraphic conclusions, notably concerning the age of the maximum glacial advance, differ between the frontal
area (early Wùrm) and the upstream side of the Leman basin (late Wùrm).
Now, we note that :
— undoubted, dated interstadial deposits only occur in the Leman basin, far upstream from the "inner moraines";
— between the "inner moraines" and the Leman basin, there is only one single till cover as well as déglaciation deposits, without
any evidence of interstadial formations or of true glacial stops.
Therefore, in all likelihood, the morainic deposit of the Plateau Savoyard represents one single glacial phase, predating the oldest
Leman interstadials (34600 ± 2700 B. P.). One indétermination still subsists, regarding its age, in relation with both the sedimentary gaps
in the glacial-interstadial series and the duration of the sedimentation process of the déglaciation and of later lacustrine deposits.
Key-words :
glaciation, déglaciation, wûrmian, interstadial, paleolake, Rhône, France.
* UA69 CNRS, Institut Dolomieu, Université Joseph Fourier, rue Maurice Gignoux, 38031 Grenoble.
** Département des Sciences de la Terre, Université de Savoie, B.P. 1104, 73011 Chambéry-Cedex. 130
(Mandier, 1984) et lémaniques (Arn, 1984) ont fait I. INTRODUCTION
l'objet de synthèses détaillées, accompagnées de RAPPEL DES DONNÉES EXISTANTES
données chronologiques. Cette note s'appuie donc
essentiellement sur ces derniers travaux, ainsi que
sur deux synthèses récentes encore inédites relatives La déglaciation de la vallée du Rhône entre les
« moraines internes » (moraines frontales wurmien- à la vaste région intermédiaire, l'une consacrée au
secteur « moraines internes » — val du Bourget nes) et le Léman n'a pas été abordée jusqu'ici dans
(Monjuvent, 1988), l'autre au plateau savoyard et ses son ensemble, malgré quelques travaux antérieurs
annexes (Nicoud, en préparation). Elle voudrait très localisés vers l'aval (Penck et Bruckner, 1907;
faire ressortir les modalités de la déglaciation et sa Gignoux et Combaz, 1914; François, 1928; Viret,
chronologie probable. 1933; Enay, 1981). Seules les régions frontales
Biolay Orjulaz 0 ECHALLENS 9
Cossoncy
10 15km
Lacs actuels
JS§H§§] Lacs post-glaciaires s.l.
— "i Lacs proglaciaires ^^TZl BAS-OAUPHINE "CHAMBERY Arc morainique
Principales lignes de crêtes
C.N. & CM. (1988)
Fig. 1. — Les grands lacs wiinniens entre moraines internes et cuvette lémanique.
Fig. 1. — The great wûrmian lakes from the inner moraines to the Leman lake. ni
1.2. La chronologie des dépôts wiirmiens I.l. Les modalités de la déglaciation (fig. 1)
Les moraines « internes » sont généralement Elles sont essentiellement fonction du relief que
attribuées à un Wurmien récent soit indirectement le glacier a rencontré et qu'il a contribué à aménager.
sur la base de datations 14C (20370 ± 460 B.P. à Il s'agit d'un relief très différencié, même dans le 141 10 ±620 B.P.) dans des basses terrasses éloignées détail, calqué sur la structure. Depuis la cuvette du front glaciaire (Mandier, 1984) soit directement lémanique, le glacier du Rhône a traversé la barrière en considérant que la moraine superficielle superposcalcaire et molassique du Vuache-Montagne de ée à l'interstade lémanique le plus récent Sion, le plateau molassique savoyard, la terminaison (23500 ± 1200 B.P.) est a priori celle du glacier qui a méridionale du Jura, le contact Jura-piemont dau atteint le maximum d'extension (Arn, 1984). Mais phinois et le plateau jurassien de l'Ile Crémieu. Il des datations récentes (Vilain & Evin, 1985) de a ainsi façonné une succession de seuils et de bassins tourbes sur la moraine de Béligneux, comprenant un de dimensions très diverses, à des altitudes très âge de 24 110 ±900 B.P., contredisent l'âge wurmien différentes. récent jusqu'ici proposé.
Les bassins, très surcreusés, présentent des com D'autres données chronologiques indirectes peublements souvent épais (plus de 200 m à Malville, vent être tirées des dépôts de fond de lac superposés plus de 100 m pour les Basses Terres, 350 m pour le à la dernière moraine. Il en est ainsi dans la partie Bourget, 540 m pour le Léman) et d'évolutions aval du Léman (Petit Lac) où plusieurs sondages ont différentes. Ceux du Léman et du Bourget contien atteint la base du Tardiglaciaire (15000 B.P. environ) nent encore des lacs résiduels, alors que ceux de à une profondeur de 5 m seulement alors que plus Malville et des Basses Terres sont entièrement de 20 m de sédiments lacustres la séparent encore remplis par des dépôts lacustres. localement de la moraine. Et on ne cite que pour
Ce dispositif topographique très constaté a en mémoire les épaisseurs considérables de sédiments
traîné une forte irrégularité dans l'épaisseur du lacustres fins (localement plus de 100 m) des bassins
glacier de sorte qu'au cours de la déglaciation, qui aval qui, bien que dépourvus de repères chronologi
procède autant de l'abaissement de la surface que du ques, n'en ont pas moins mis une certaine durée à
retrait du front, le glacier s'est fractionné au niveau se déposer (Nicoud et al, 1987).
des seuils. Il s'en est suivi l'individualisation d'une Ces données chronologiques (directes et indirectsérie de masses de glace morte dans les bassins, donc es), combinées à la distinction de deux domaines une multiplicité de phénomènes d'obturation gla-
paléogéographiques d'oscillations glaciaires frontalcio-lacustre spécialement développés sur le plateau es («moraines internes » s.l.) ou latéro-frontales savoyard et en aval du lac du Bourget. (Léman amont), conduisent à une remise en question
Ces modalités se traduisent dans la morphologie, de l'âge récent attribué communément aux moraines
la stratigraphie et la disposition des dépôts, si bien internes rhodaniennes. que l'on peut distinguer trois domaines :
— le domaine aval (« moraines internes » s.l.)
avec leurs multiples arcs terminaux;
II. LES DÉPÔTS GLACIAIRES — le domaine amont (Grand Lac Léman) où
ET ASSOCIÉS plusieurs dépôts interstadiaires sont interstratifïés
avec les moraines;
— le vaste domaine intermédiaire (plateau sa II.l. La couverture morainique
voyard et annexes) caractérisé par une unique
couverture morainique et un grand nombre de II. 1.1. En aval de Genève
dépôts glacio-lacustres étages et/ou é.chelonnés.
Des moraines internes jusqu'à Genève et notam
Du point de vue dynamique il y a donc deux ment sur le plateau molassique savoyard s'étend une
petits domaines extrêmes d'oscillations glaciaires couverture morainique de fond peu épaisse (quel(avec interstades stratigraphiquement établis et datés ques mètres), sans évidence de redoublement ou de
en amont) séparés par un grand domaine intermé surépaisseur. Cette moraine est formée par un limon diaire de stagnation puis de fusion de la glace. Cette légèrement argileux sans structure, fortement sur
séparation traduit l'indépendance des domaines consolidé, à galets striés et blocs relativement peu d'oscillation aval et amont, ce qui a des consé nombreux (Amberger, 1978; Renet et Vilain, -1984). quences sur les modalités et la chronologie de la L'origine rhodanienne est confirmée par la richesse
déglaciation. en éléments calcaires et la présence de minéraux
lourds caractéristiques : grenat et épidote domin
ants, hornblende plutôt rare. 132
* Sur le plateau savoyard, la moraine recouvre un 11.2.1. En aval de la dépression du Bourget
substratum molassique de collines allongées N.S.,
On y rencontre surtout des dépôts glacio-lacustres parallèles aux structures jurassiennes. C'est aussi la
notamment deltaïques. S'échelonnant entre Bré- direction du courant glaciaire rhodanien de sorte
gnier-Cordon et Artemare ils se disposent en terqu'il est bien délicat de distinguer les vallums
rasses étagées de dénivellation pouvant dépasser morainiques des reliefs molassiques. Cette couver
100 m. Ils ont pris naissance dans une série de lacs ture morainique scelle une stratigraphie et une
isolés entre des masses de glace morte et les versants, morphologie complexes (Nicoud, 1985) :
par suite de la fragmentation du glacier en cours de — les alluvions d'un réseau hydrographique récession (Monjuvent, à paraître). anté-glaciaire wiirmien perché 30 à 60 m au-dessus
Les sédiments de fond sont localisés essentielldu réseau actuel (anciens Rhône, Fier, Valserine...);
ement sous la terrasse fluvio-glaciaire de Malville et — le remplissage lacustro-palustre puis fluviatile dans le fond des ombilics du Bouchage et de et fluvio-glaciaire des grands surcreusements « ris- Peyrieu, sur une épaisseur pouvant atteindre voire siens » (bassins chambérien, annécien, genevois,...). dépasser 200 m. Elle masque aussi des lambeaux de dépôts fluvio
glaciaires plus anciens, de retrait glaciaire rissien, de 11.2.2. Sur le plateau savoyard part et d'autre du Vuache (Grésin, armature du
plateau de la Semine, Challex, ...), entaillés par C'est le domaine des dépôts paraglaciaires, princ
l'hydrographie interglaciaire Riss-Wûrm et post- ipalement dans les dépressions subcirculaires des
wûrmienne. Usses et de Bellegarde.
* En amont du système morainique frontal de * Dans la cuvette des Usses (fig. 2), ils marquent
Grenay-Lagnieu (Mandier, 1984), le manteau morai trois étapes de la fusion sur place d'une masse de
nique ne montre que trois formes frontales discrètes glace qui se sépare du courant rhodanien principal
de stationnement : Arandon et Morestel (Monjuvent, en voie de stabilisation derrière les montagnes de
sous presse), Laconnex dans la région genevoise Sion au N et de Mandallaz à l'E :
(Reynaud, 1982). — Niveau 750-780 m (Jussy-Cruseilles, ...). Le
Aucune forme de ce type n'existe sur le plateau glacier couvre encore l'avant-pays molassique;
savoyard. Par contre le manteau morainique y
supporte de nombreux édifices paraglaciaires et
glacio-lacustres qui permettent de positionner les
masses glaciaires au cours de la déglaciation.
II. 1.2. En amont de Genève
De part et d'autre du Lac Léman, le plateau de
Vinzier au-dessus d'Evian (Chablais) et le plateau
Vaudois (La Côte, Cossonay, Bioley-Orjulaz, Ve-
veyse de Feigire, ...) présentent une superposition de
moraines de fond séparées par des formations inters-
tadiaires datées entre 36000 et 20000 B.P. env. (Bla-
voux, 1966, 1971, 1988; Arn, 1984).
Des oscillations glaciaires wûrmiennes sont ici
évidentes, alors qu'aucun dépôt interstadiaire n'a été
signalé jusqu'à aujourd'hui à l'aval de Genève.
II.2. Les dépôts proglaciaires, paraglaciaires et gla
cio-lacustres supra-morainiques
Bien que très discontinus et jusqu'ici quasiment | | OtpBts paraglacialrct inconnus, ces dépôts occupent une grande place tant
- Etapa S00-S30m en étendue qu'en épaisseur dans toute la région Récurr.nc. glacialr.
considérée. - Etapa 7SO-7»Om Clac* rasldualla Etape S30-S60m
Fig. 2. — Les étapes de la déglaciation wiirmienne dans la cuvette
des Usses.
Fig. 2. — WBrmian déglaciation stages in Usses Basin. .
.
.
133
— Niveau 600-630 m (Murcier, Jonzier-Epagny, de 20° vers l'W témoigne d'apports par le défilé de
Fort-1' Ecluse depuis le glacier rhodanien contenu Vincy, Choisy, Mésigny, Orgemont, ...) contempor
ain de la coupure définitive du glacier rhodanien dans la cuvette lémanique. Vers Champanod, puis
au niveau des seuils de la montagne de Sion et du sants d'une quinzaine de mètres, ils recouvrent des
Crêt d'Eau- Vuache. sédiments de fond du lac de 500 m.
— Enfin, niveau 530-560 m (Minzier, Marlioz, La On n'observe pas d'épandages proglaciaires sur le
Balme de Sillingy,...) au cours duquel une récurrence plateau savoyard. Cette absence est la conséquence
très locale du glacier rhodanien se produit au droit du maintien permanent des milieux glacio-lacustres
du Col de Dingy en Vuache et de la Cluse de dans ce secteur.
Chaumontet à l'E (fig. 3).
1 1.2.3. Dans la région genevoise
* Les dépôts paraglaciaires, de forte épaisseur ALTITUDE
(jusqu'à 100 m), appuyés contre la montagne de Sion \ 800 . au S et les Monts du Jura à l'W, présentent souvent \gtape 750-780 ■
un faciès proche de celui des moraines latérales. On
\ 700 en distingue plusieurs niveaux (Gangloff, 1970) :
\ • — 610-660 m (La Mollie-Cessens, Péruthiolaz- \ Etape 600-630 m ;
600 Péron et Corberat); Etape' 530-560 ■ ^ — — 570-590 m (La Chaume et Choudans); \
500 ........ Récurrence lénanique (Dingy en Vuache) — 490-520 m (Thoiry, Farges);
__ _ Niveau des (laces des Isses * Les dépôts glacio-lacustres sont très largement Temps
représentés par :
— des sédiments de fond déterminant de vastes Fig. 3. — Diagramme des étapes de la déglaciation dans la cuvette surfaces planes : Grossaz-Feigères vers 550 m; Es- des Usses (plateau savoyard).
sertet, Bois d'Ogny vers 500 m, plage du Couvatan- Fig. 3. — Diagram of the déglaciation stages in Usses Basin (Plateau
naz, Farges Est, Saint-Genis Pouilly, ... vers 465 m; savoyard).
Pougny-le Crêt vers 430 m ; Tranchées-Genève à
408 m;
— Dans le bassin de Bellegarde, ils s'établissent — des dépôts deltaïques à la périphérie du bassin
autour des cotes 500 m (Vanchy, la Maladière, genevois : Bois de Scie (450 m), Pougny-le-Crêt
Arcine,...) et 450 m (Bellegarde-Coupy, Bange-Beau- (430-410 m), Eaux Mortes et La London, au front
chatel,...). Par contre les niveaux plus élevés des des moraines du Stade de Laconnex, avec 3 niveaux
Usses (700-750 m) sont représentés ici par des faciès (450, 440, 434 m), Arve (410-400 m)).
glacio-lacustres (delta de Ballon-Lancrans). Ils impliquent la présence de lacs de bordure de
glacier puis d'un vaste lac (« Grand Léman ») Les dépôts glacio-lacustres, de grande extension,
bloqué au niveau du défilé de Fort-1'Ecluse, dont recouvrent essentiellement le plateau de la Semine
l'abaissement présente quatre paliers autour de entre Fort l'Ecluse et Seyssel.
500-480 m, 466 m, 428-430 m et 408 m. * Les sédiments de fond, en l'absence de grands
Ni les auteurs ni les cartes géologiques ne surcreusements, ne dépassent pas 70 m d'épaisseur :
mentionnent de dépôts fluvio-glaciaires dans la sur le plateau de la Semine (Génissiat, Usinens,...),
région genevoise. Comme pour le plateau savoyard, duquel émergent quelques collines morainiques
cela doit résulter de la persistance des milieux (Vanzy,...), ils appartiennent au lac du même nom
glacio-lacustres. (cote > 700 m) dont le barrage aval ne pouvait être
que les glaces du Val du Bourget. Dans la vallée du
Fier, ils témoignent de deux lacs réduits (Vallières-
Val du Fier, 350 m et Champanod, 500 m).
III. LES SURCREUSEMENTS * Les sédiments deltaïques, très localisés, existent ET LEURS COMBLEMENTS LACUSTRES essentiellement à Ballon-Lancrans près de Belle- SUPRA-MORAINIQUES garde et à Champanod. A Ballon-Lancrans ils
constituent d'énormes accumulations entre 500 et
700 m d'altitude, appuyées sur le versant sud-est du Parmi les quatre ombilics majeurs de Malville,
des Basses Terres dauphinoises, du Val du Bourget Crêt d'Eau, qui recouvrent des lambeaux de la
et du lac Léman, seul ce dernier apporte des données moraine de fond wûrmienne mais aussi des alluvions
fluvio-glaciaires de retrait rissien. Leur fort pendage chronologiques. 134
III.l. Le bassin de Malville d'après des faunes et une industrie magdalénienne
(Burri, 1962; Jeannet, 1916), plus précisément
Profond de plus de 200 m malgré ses dimensions Dryas I-Bôlling, 15000-13000 BP (Gallay et Kaenel,
modestes, il ne comporte que des dépôts glacio- 1981), et d'après une datation absolue en surface à
lacustres recouverts par une couche décamétrique Lausanne-Dorigny, 13210 ± 180 BP (Gabus et al,
d'alluvions fluvio-glaciaires étages au-dessus des 1987).
dépôts lacustres des Basses Terres en amont (Nicoud La terrasse de 10 m est considérée comme im
et al, 1987). médiatement postérieure (Boiling à Allerôd,
13000-11000 BP, id.) alors que celle de 3 m, beau
coup plus récente, serait de la transition Atlanti-
III.2. Les Basses Terres dauphinoises que-Subboréal (4700-4200 BP, id.). Cependant, en
l'absence de datations directes, ces attributions Elles se composent de deux ombilics, le Bouchage chronologiques ne sont pas bien assurées. et Peyrieu, séparés par le défilé de Leschaux. Le
comblement, qui dépasse 100 m, est constitué de III.4.2. Sédiments de fond sédiments argilo-silteux à sableux recouverts par les
graviers holocènes du Rhône. Un bois remanié au Ils ont fait l'objet de nombreuses investigations
contact argile-graviers a été daté de 8560 B.P. (Bra- par géophysique et sondages à buts sédimentologi-
vard, 1983). Mais, compte tenu de la chenalisation ques et paléoclimatiques.
des graviers fluviatiles dans les dépôts lacustres, Géophysique : Plusieurs campagnes de sismique- cette datation est inutilisable pour leur chronologie.
réflexion continue dans le Petit Lac (Vernet et Horn,
1971) et dans le Grantl Lac (Vernet et al, 1974;
Finkh et al, 1984) ont permis de distinguer deux III.3. Le val du Bourget
faciès principaux : un faciès morainique profond
accidenté localement de plusieurs réflecteurs, et un L'actuel lac du Bourget (231,5 m) occupe un
faciès lacustre s.l. subdivisé en un lacustre superficsurcreusement initialement rempli par un lac au
iel et un « glacio-lacustre » sous-jacent. Seule la moins deux fois plus grand. D'après des mesures de
sédimentation lacustre s.l. sera examinée ici. sismique-réflexion (Finkh et al, 1984) sur la trans
D'après les cartes isopaques, deux domaines versale la plus profonde, les sédiments lacustres
apparaissent clairement de part et d'autre d'une auraient une épaisseur d'environ 30 m : une dizaine
de mètres de boues carbonatées holocènes et tardi- ligne NW-SE Morges-Evian (fig. 4) :
— un domaine occidental comprenant le Petit glaciaires et une vingtaine de mètres de silts argileux
probablement glacio-lacustres recouvrant un com Lac et la partie ouest du Grand Lac où les épaisseurs
plexe morainique et lacustre épais de près de 200 m ne dépassent pas une quarantaine de mètres tout en
pouvant comprendre plusieurs alternances. étant très variables;
— un domaine oriental réduit à la partie est du
Grand Lac caractérisé par le delta du Rhône dont
III.4. Le Léman (372 m) l'épaisseur dépasse 350 m en amont et diminue très
fortement vers l'aval et latéralement.
Contrairement aux autres, il possède une série de Au point le plus profond du lac, entre Lausanne
terrasses lacustres latérales en plus des sédiments de et Evian (310 m, -I- 62 m NGF) en limite des deux
fond. domaines, l'épaisseur maximale est de l'ordre de
50 m pour une épaisseur totale de Quaternaire de
III.4.1. Terrasse lacustres l'ordre de 235 m (substratum à - 173 m NGF).
Trois niveaux généralisés sont admis, aux altitu Sondages : Parmi les nombreux sondages carottés,
des relatives de + 30, + 10 et -I- 3 m (Burri, 1981), quatre seulement ont atteint le Tardiglaciaire le plus
en contre-bas d'un ou plusieurs niveaux de « glacio- ancien, par suite de leur faible longueur, tous dans
lacustre élevé » (Gabus et al, 1987). la plaine profonde du Petit-Lac : trois sur la trans
versale Nernier-Nyon (L75, L74, L76) aux profonLes témoins de la terrasse de 30 m existent tout
deurs respectivement de 60, 84 et 55 m (Sauvage, autour du lac, principalement aux débouchés des
1967; Serruya, 1969), un au large de Messery par cours d'eau (deltas), et notamment tout à l'amont
- 70 m (Reynaud, 1982) (fig. 5). Ils se situent (Villeneuve, Port- Valais). On ne sait pas si le glacier
relativement loin des rives et à l'écart des principaux avait totalement abandonné la cuvette au moment de
apports latéraux. son dépôt, ou s'il persistait une masse de glace
résiduelle décollée du rivage. Quoi qu'il en soit cette Le sondage le plus complètement analysé est celui
terrasse est attribuée au début du Tardiglaciaire de Messery. Long de 5,28 m il a traversé tout I
135
MORGES LAUSANNE
NYON
74, 75, 76 : sondages Serruya-Sauvage. 1967
M : sondage de Messery (Reynaud. 1981)
Fig. 4. — Isopaque des dépôts lacustres s.l. du Lac Léman d'après Vernet et al., 1971, 1974.
Fig. 4. — Lacustrine deposits isopaques in Lemon lake (Vernet and aL, 1971, 1974).
l'Holocène et le Tardiglaciaire jusqu'au Dryas infé
rieur d'épaisseur minimum 0,58 m. Les trois autres,
de longueur analogue, n'ont pas fait l'objet de
diagrammes ni de zonation continue. Le plus inté
ressant est le L74 qui n'a traversé que le Tardiglac
iaire inférieur du Dryas moyen (0 à 8 cm) au Dryas •i 01 1*000 BP ancien (188 à 478 cm) pour une profonde de 4,90 m.
Ces profonds surcreusements, comblés ou non,
renferment donc des épaisseurs considérables de
sédiments fins dont le dépôt a nécessité une certaine
• 20 m durée, postérieurement, au moins en partie, à la 10000 an
disparition du glacier. La connaissance de cette
durée permettrait, d'une manière indirecte, de se
faire une idée de la chronologie du retrait glaciaire. LACUNE D'OBSERVATION
Actuellement seul le Léman possède un petit nombre
de données permettant des estimations chronologi ISOCHRONE 13500 BP (DIM dt l'inMrttad* ques chiffrées. tardiglaciaira)
— — TOIT DE LA MORAINE
SUBATLANTIQUE SUB8OREAL IV. LES DONNÉES CHRONOLOGIQUES ATLANTIQUE BOREAL PREBOREAL
DRVAS SUP ALLEROD Pour cerner ou estimer la chronologie des oscil DRTAS MOV BOLLINC l DRYAS INF lations glaciaires et du retrait du glacier, deux types ■ 2SOO0 BP
>2$ m d'approches sont possibles compte-tenu des données
existantes : Fig. 5. — Chronostratigraphie des soudages analysés du petit lac — Une approche directe par les datations 14C sur et estimation de la durée de la sédimentation lacustre antérieure.
des matériaux en place dans ou sur des formations Fig. 5. — Chronostratigraphy of analysed core-drills of LiliU Lake
morainiques ou paramorainiques. Ceci n'est possible and hypothesis of the duration of the previous lacustrine
tion. que tout à l'amont (Chablais, Vaud) ou à l'aval 136
C'est dans l'ensemble supérieur que six épisodes (« moraines internes »), aucune datation de ce genre
n'existant sur les 160 km de territoire séparant ces interstadiaires ont été daté (Blavoux, 1966; Blavoux
et Dray, 1971), uniquement en sondages (fig. 6). deux secteurs extrêmes.
— Une approche indirecte par l'estimation de taux Trois dans le sondage de Sionnex, en superposition
de sédimentation lacustre déduits de la palynostrati- stratigraphique, trois autres dans trois sondages
différents s'étageant depuis le sommet du plateau graphie et de la chronologie 14C de carottages dans
(Chez Portay, 830 m) jusqu'au bas du versant à le Léman.
Evian (Le Royal, 403 m). Il y a lieu de distinguer
l'ensemble des interstades superposés de Sionnex
des autres, et notamment du plus ancien de Chez IV.l. Approche directe
Portay dans lequel il est emboîté. Les interstades
IV. 1.1. Moraines internes datés, sous réserve de la validité des mesures, sont
les suivants
Les datations de la série de Pugneux (Vilain et
Evin, 1985) reposantt sur la « moraine interne » de Age BP Désignation Altitude
Béligneux ont fourni des âges cohérents compris 830 m 34550 ± 1200 Chez Portay entre 24110 + - 900 et 17300 + -510 BP. Ces 697 m 23500 ± 1200 Sionnex sup.
dates caractérisent non l'âge des « moraines intermoy. 624 m 26200 ± 1200
Sionnex inf. 541 m 24900 ± 1200 nes » proprement dites mais celui d'un dépôt pa
Evian stade 411 m 23500 ± 1200 lustre superposé à l'une de celles-ci (Mander, 1984). Royal 403 m 25200 ± 1200 Elles attestent du retrait du glacier du Rhône depuis
le secteur le plus éloigné des moraines « internes »
antérieurement à 24000 BP, l'importance de la Près du sommet du plateau, l'interstade de Chez
lacune chronologique séparant les deux formations Portay est recouvert par une mince formation li-
étant inconnue. mono-caillouteuse (3 m). Il n'est pas sûr que le
glacier l'ait réellement recouvert. Quoi qu'il en soit
IV. 1.2. Chablais il atteste qu'aucun glacier n'a dépassé de beaucoup
l'altitude 830 m après 34550 BP, ce niveau permettAu-dessus d'Evian le plateau de Vinzier est
ant à peine au front d'atteindre Genève (Arn, 1984), constitué par une série quaternaire très complexe
sinon un point encore plus amont. Le glacier corred'épaisseur plurihectométrique reconnue par un
spondant était donc très en retrait des moraines certain nombre de sondages atteignant rarement le
internes de l'Est lyonnais. substrat. Un ensemble supérieur morainique, lacus
Les interstades suivants, entre 27400 et 22300 BP tre et palustre très irrégulier, pouvant dépasser
(marges d'erreur comprises), témoignent d'un retrait 200 m, surmonte une série de formations glaciaires
général entrecoupé de réavancées dont le niveau et interglaciaires dont les célèbres conglomérats des
maximum ne dépasse guère l'altitude de 700 m. Le Dranses et tourbe d'Armoy.
Cl IAI1LAIS
SEUIL O' ECIIALLENS PLATEAU DE VINZIER
CHEZ PORTAY
BIOLEY-ORJULAZ
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|»1WOO
g|p| SEDIMENTS LACUSTRES s I.
f.y,| COMPLEXE MORAINIQUE WURMIEN
|; -y| DEPOTS ANTE- MORAINES WURMIENNES
rrrr SUBSTRATUM
Fig. 6. — Coupe schématique Chablais- Vaud.
Fig. 6. — Chablais-Vaud schematic cross-section.