La lexicographie du vieux-russe : Bibliographie II ; n°3 ; vol.14, pg 381-394

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Cahiers du monde russe et soviétique - Année 1973 - Volume 14 - Numéro 3 - Pages 381-394
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Publié le 01 janvier 1973
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Wladimir Vodoff
La lexicographie du vieux-russe : Bibliographie II
In: Cahiers du monde russe et soviétique. Vol. 14 N°3. pp. 381-394.
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Vodoff Wladimir. La lexicographie du vieux-russe : Bibliographie II. In: Cahiers du monde russe et soviétique. Vol. 14 N°3. pp.
381-394.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/cmr_0008-0160_1973_num_14_3_1186BIBLIOGRAPHIES
WLADIMIR VODOFF
LA LEXICOGRAPHIE DU VIEUX-RUSSE
BIBLIOGRAPHIE*
(II)
des incomplète ouvrages La dépouillements première importants pour justifier partie terminés ont, de la en ce préparation effet, en travail, 1969, paru publiée d'une nous depuis seconde il a y cette semblé a trois partie date suffisamment ans1 ; : des quelques d'après réim
pressions ont rendu accessibles quelques titres anciens ; d'autres nous
avaient échappé lors du premier dépouillement. A ce propos, il
faut remercier tous ceux qui ont attiré notre attention sur les lacunes
du premier article et nous ont signalé la parution de certains travaux
récents, tout particulièrement M. Marc Szeftel, professeur honoraire à
l'Université Washington de Seattle (U.S.A.).
Comme la première fois, nous nous sommes attaché à relever
exclusivement les lexiques8 de la langue vulgaire, aussi bien du vieux-
russe (drevnerusskij) que du moyen-russe (starorusskij), ainsi que du vieil-
ukrainien (staroukrainskij). La place trop modeste faite à cette dernière
langue dans le répertoire précédent nous a incité à regrouper dans un
paragraphe particulier tous les lexiques qui lui sont consacrés8.
D'autre part, il nous a paru utile de réunir quelques titres qui
permettent de retrouver les termes apparus en Russie du fait de la
domination mongole.
A l'exception de ces deux points particuliers, le plan du premier
article a été conservé : lexiques généraux, vocabulaire juridique et
économique, technique, religieux, lexiques anciens, travaux en langues
occidentales (dans cette dernière partie le russe et l'ukrainien demeurent
mêlés). Le lecteur pourra ainsi se reporter aisément à ce premier article
♦ Certains ouvrages nous ayant été accessibles au moment de mettre sous presse,
le lecteur trouvera leur description en annexe.
1. CMRS, XI, 3, 1970, pp. 470-485. Signalons, d'autre part, qu'une bonne
bibliographie sommaire des lexiques du vieux-russe a été donnée dans le travail
dirigé par P. A. Zajončkovskij, Spravočniki po istorii dorevoljucionnoj Rossii, Mosc
ou, 1971, pp. 26-30.
2. Nous laisserons toujours de côté les index du type de celui dont est pourvue
l'édition, parue en 1965, de Ylzbornik de 1076 : il s'agit, avant tout, de l'inventaire
lexique d'un texte qui n'apporte que peu de renseignements sur la valeur des diffé
rents termes, cf. V. G. Dem'janov, « Principy sostaylenija slovoukazatelja к izda-
niju drevnerusskogo teksta », Russkaja istoričeskaja leksikologija, Moscou, 1968,
pp. 153-161.
3. Nous tenons à remercier MUe D. Skakalski, agrégée d'histoire, qui a attiré
notre attention sur un certain nombre de titres ukrainiens. 382 WLADIMIR VODOFF
qui contient, sauf pour les ouvrages occidentaux, l'essentiel de la docu
mentation1.
Il y a quatre ans, nous avons pu, sans difficultés, limiter nos
recherches aux trois principaux fonds slaves de Paris, la Bibliothèque
nationale, la Bibliothèque de l'Institut national des Langues et Civi
lisations orientales (INLCO), d'Études slaves. Cette fois nous
n'avons pas pu nous limiter à ces trois institutions : l'impossibilité, pour
une durée indéterminée, d'accéder à une grande partie des collections
de l'INLCO, les difficultés rencontrées pour consulter les ouvrages
récents (anglais et américains tout particulièrement) à la Bibliothèque
nationale, nous ont obligé à recourir à une bibliothèque privée — la
Bibliothèque slave — et surtout à celle de la Sorbonně où il est pos
sible d'obtenir, dans des délais raisonnables, les publications récentes.
Certains titres ont été consultés à l'étranger, d'autres ne sont connus
que par des comptes rendus. Il va sans dire que si la situation actuelle
des bibliothèques devait se perpétuer, il serait très difficile de prévoir une
suite au présent travail, dont l'utilité deviendrait, d'ailleurs, contestable.
Parmi les lexiques publiés en russe (cf. 1-14), il faut mentionner
d'abord un fascicule paru en Allemagne :
1 A. Lunt (Horace G.), Concise dictionary of old Russian (nth-i7th centuries) I
Kratkij slovar' drevnerusskogo jazyka XI-XVII vv., Munich, Wilhelm Fink Verlag,
1970.
Fondé sur le dépouillement d'un corpus limité (entre autres les textes publiés dans
les volumes que nous avons répertoriés sous les nos 4, 5, 8, 3 A, 14), ce lexique ne
peut rendre que de faibles services : on y trouve la traduction en russe moderne de
tous les termes inusités aujourd'hui, mais sans références et sans exemples. Ajou
tons qu'il est surprenant de trouver certains verbes à la troisième personne au lieu
de l'infinitif8.
Des renseignements plus précis pourront, en revanche, être fournis
par des lexiques consacrés à des textes, narratifs ou littéraires parti
culiers, notamment par le dictionnaire suivant :
2 A. Slovar'- spravočnik « Slova o polku Igor eve », Moscou-Leningrad, 1965-
(Akademija nauk S.S.S.R., Institut russkoj literatury- Puškinskij dom).
Quelle que soit l'opinion que l'on professe sur l'origine et la date de la composition
du Slovo, le lexique, dont la publication est en cours, peut être d'une grande utilité
grâce à la documentation réunie par les spécialistes soviétiques : on trouve là, en
effet, tous les termes relevés dans le texte (donnés dans la graphie moderne et dans
celle de l'édition princeps) accompagnés de notices très complètes qui, non seul
ement s'attachent à en élucider le sens dans le Slovo (à l'aide des nombreux com
mentaires publiés sur ce texte controversé), mais précisent toutes les valeurs con
nues du terme en les illustrant par des citations extraites, entre autres, de textes
1. Des renvois ont été faits aux numéros des titres répertoriés dans le premier
article ; pour éviter toute confusion, ceux qui sont utilisés dans la présente étude
sont suivis de la lettre A.
2. Cf. le compte rendu de G. Hiittl-Worth, Slavic and East European Journal,
XVI, 3, 1972, pp. 367-368. LEXICOGRAPHIE DU VIEUX-RUSSE 383
des xne-xvie siècles (la liste en est donnée à la fin de chaque fascicule). En atten
dant l'achèvement de ce travail monumental, on peut recourir à l'ouvrage n° 30 A.
Proche du précédent par son contenu lexique, l'ouvrage suivant
est d'une portée incomparablement plus limitée :
3 A. Voinskie povésti drevnej Rusi, éd. sous la dir. de V. P. Adrianova-Peretc,
Moscou-Leningrad, 1949 (Akademija nauk S.S.S.R., Literaturnye pamjatniki).
Le glossaire (pp. 345-354) n'offre qu'une traduction en russe moderne des termes et
des formes incompréhensibles pour un lecteur contemporain. Regrettons qu'il n'y
ait aucune référence aux explications plus fouillées données dans les notes des
pp. 284-3311.
Dans un autre volume de cette même collection, on peut trouver un
vocabulaire sensiblement différent :
4 A. Putešestvija russkih poslov XVI-XVII století j, statejnye spiski, éd. sous
la dir. de D. S. Lihačev, Moscou, 1954 (Akademija nauk S.S.S.R., Literaturnye
pamjatniki).
Conçu dans le même esprit, le glossaire publié à la fin de ce volume (pp. 442-449)
ne donne que la traduction moderne de quelques termes1.
Pour l'étude du vocabulaire juridique, on peut compléter les tra
vaux déjà recensés (cf. 15-18) par les titres suivants :
5 A. Bricyn (M. A.), Iz istorii vostočno-slavjanskoj leksiki, sudebnaja tertni-
nologija do XV v., Kiev, 1965 (Akademija nauk Ukrainskoj S.S.R., Institut jazy-
koznanija im. A. A. Potebni).
Cet ouvrage n'est pas à proprement parler un lexique, mais une étude systéma
tique du vocabulaire juridique du vieux-russe avant la différenciation des trois
langues slaves orientales. Néanmoins l'analyse approfondie de chaque terme (défi
nition exacte, etymologie), étayée par de nombreuses citations, présente un égal
intérêt pour le linguiste et pour l'historien. Le vocabulaire est réparti selon un
cadre méthodique : a) la valeur du substantif sud'ja, isolé ou avec différents déter
minants ; b) la terminologie en usage pour désigner les officiers de justice à l'époque
kiévienne ; c) la même terminologie à l'époque postérieure ; d) l'emploi des mots
sudu, pravida et pravo ; e) la terminologie de la procédure judiciaire (substantifs
et verbes). Si ce volume était pourvu d'un index, il constituerait l'ouvrage de réfé
rence fondamental pour l'étude des textes juridiques du Moyen Age russe.
L'ouvrage suivant, conçu de façon totalement différente, est d'une
consultation beaucoup plus aisée :
6 A. Tihomirov (M. N.), Posobie dlja izučenija Russkoj Pravdy, Moscou,
1953. in-4°-
Ce volume, comme le n° 16, comporte un index des termes contenus dans les deux
rédactions de la Russkaja Pravda (pp. 175-189), mais à la différence de celui-ci, il
ne renvoie à aucun commentaire. En revanche, on trouve pp. 137-174 des « Maté
riaux pour un dictionnaire de la Russkaja Pravda » où chaque notice fournit, en
plus de la traduction et de l'explication du terme, des références à d'autres textes
i. Une étude très fouillée du vocabulaire militaire est parue récemment :
F. P. Sorokoletov, Istorija voennoj leksiki v russkom jazyke, Leningrad, 1970, mais
ce travail est d'une consultation malaisée.
2. Cf. Annexe, infra, p. 394. WLADIMIR VODOFF 384
contemporains (chroniques, chartes, Vies de saints), qui sont parfois cités. Ce tra
vail permet donc de compléter considérablement les renseignements fournis par
les autres éditions de la Russkaja Pravda (cf. 15, 16) et constitue, de plus, une
ébauche d'un dictionnaire de la langue juridique russe ancienne.
En revanche, le volume suivant est d'un usage beaucoup plus
limité :
7 A. Štamm (S. I.), Sudebnik 1497 g., Moscou, 1955, in-16.
On trouve pp. 100-107, pour chaque paragraphe du Code d'Ivan III, une explica
tion brève mais précise des termes techniques. Toutefois ce travail de seconde main,
tributaire des éditions de B. D. Grekov (cf. 17) et de L. V. čerepnin dans les Pa-
mjatniki russkogo prava (cf. 15), n'est commode que pour une étude rapide du texte.
Un vocabulaire juridique plus spécialisé a été regroupé dans l'ouvrage
de V. M. Panejah (cf. 47 A).
Dans le domaine de la vie matérielle1 et, plus précisément, dans celui
de la vie rurale, nous signalerons d'abord un travail ethnographique :
8 A. Bežkovič (A. S.), Žegalova (S. K.), Lebedeva (A. A.) et Prosvirkina
(S. K.), Hozjajstvo i byt russkih kresťjan, pamjatniki material' no j kul' tury, oprede-
litel', Moscou, 1959.
Bien que ce travail ait été composé d'après des matériaux des xvme et xixe siècles,
la persistance des techniques agricoles dans le village russe permet de l'utiliser par
tiellement pour des périodes plus anciennes. Des chapitres particuliers sont consa
crés aux différentes activités rurales, agriculture, élevage, chasse et pêche, arti
sanat, habitat, moyens de locomotion. Un index (pp. 244-254) facilite l'utilisation
du volume.
Aux monographies sur l'agriculture russe au Moyen Age (cf. 32,
33), nous ajouterons un travail récent :
9 A. Agrarnaja istorija Severo-Zapada Rossii, vtoraja polovina XV-načalo
XVI v., recueil d'études sous la dir. d'A. L. šapiro, Leningrad, 1971, in-40 (Aka-
demija nauk S.S.S.R, Leningradskoe otdelenie Instituta istorii S.S.S.R., Lenin-
gradskij gos. Universitet im. A. A. Ždanova).
Un index des termes techniques, anciens et modernes (pp. 387-398) permet de
retrouver, dans le corps de l'ouvrage, des explications sur la valeur de certains
termes. Il complète le volume n° 33 sur l'agriculture dans le territoire novgorodien.
Les deux ouvrages suivants peuvent rendre des services analogues
dans d'autres domaines de l'activité économique (cf. 34) :
10 A. Serbina (K. N.), Očerki iz social' no-ekonomičeskoj istorii russkogo
goroda, Tihvinskij posad v XVI-XVIII w., Moscou-Leningrad, 1951 (Akademija
nauk S.S.S.R., Institut istorii, Leningradskoe otdelenie). Réédition photomécan
ique, La Haye - Paris, 1970 (a Slavistic Printings and Reprintings », 221).
Conçu selon la même méthode que celui de l'ouvrage précédent, l'index analytique
(pp. 475-485) publié à la fin de cette monographie contient, à côté du vocabulaire
historique moderne, des termes utilisés, aux xvie-xvine siècles, dans l'industrie,
1 . Une bibliographie des dictionnaires techniques, tant pour la langue ancienne
que pour la langue moderne, est donnée par I. M. Kaufman, Terminologičeskie slo-
vari, bibliografija, Moscou, 1961, pp. 284-301. LEXICOGRAPHIE DU VIEUX-RUSSE 385
l'artisanat ou le commerce aussi bien que dans le cadre des rapports sociaux à l'inté
rieur d'un bourg (posad). La nécessité de se reporter à l'ouvrage lui-même rend la
consultation de cet index difficile.
11 A. Serbina (K. N.), Krest'janskaja selezodelcUel'naja promyšlennosť severo-
zapadnoj Rossii XVI-pervoj poloviny XIX v., Leningrad, 1971 (Akademija nauk
S.S.S.R., Institut istorii, Leningradskoe otdelenie).
Un index analogue à celui que l'on trouve dans le volume précédent (pp. 259-263)
complète ce dernier dans un domaine particulier, celui de la métallurgie rurale.
Pour l'architecture et le textile, le chercheur dispose de deux véri
tables lexiques :
12 A. Poppe (Andrzej), Materiály do slownika terminów budownictwa starorus-
kiego X-XV w., Wroclaw-Varsovie-Cracovie, 1962 (Instytut historii kultury
materialnej Polskiej Akademii nauk).
Les notices, établies d'après un dépouillement très complet des textes des xie-
XVe siècles (et même un peu au-delà) donnent la traduction de chaque terme en
polonais, suivie de nombreuses citations et de références. A la fin du volume, les
termes sont classés dans un cadre méthodique.
13 A. Poppe (Andrzej), Materiály do dziejów tkaniny staroruskiej, Wroclaw-
Varsovie-Cracovie, 1965 (Instytut historii kultury materialnej Polskiej Akademii
nauk, « Studia i materiály z historii kultury materialnej », XXIV, « Studia z dziejów
rzemiosla i przemyshi », V).
Préparé selon les mêmes méthodes que le précédent, ce lexique donne, en plus
des références et des citations, d'importants développements, linguistiques et
historiques, sur chaque terme.
Quelques renseignements sommaires pourront être trouvés dans le
volume suivant :
14 A. Gosudarstvennaja Oruèejnaja palata Moskovskogo Kremlja, sborník
naučnyh trudov po materiálům gos. Oružejnoj palaty, Moscou, 1954, in-4°.
A la fin de ce recueil d'études sur les différents types d'objets exposés à VOružejnaja
palata de Moscou, on trouve un glossaire (pp. 575-577) des termes ayant trait à la
joaillerie, à la peinture, à la couture ou à la broderie, etc1.
Enfin, dans le domaine de la vie religieuse et ecclésiastique on
peut se reporter essentiellement à deux dictionnaires :
15 A. D'jacenko (p. Grigorij), Polnyj cerkovnoslavjanskij slovar', Moscou,
1899, in-4oa.
Cette petite encyclopédie de la Russie ancienne permet de retrouver maint rense
ignement, d'abord d'ordre liturgique ou canonique, mais aussi dans des domaines
profanes, par exemple dans celui de la justice. Malheureusement, les références sont
souvent imprécises. Il faut, toutefois, espérer que cet ouvrage commode trouvera
un « réimprimeur »...
1. En plus des n08 12 A et 13 A, ce glossaire peut être complété par les lexiques
anciens de P. I. Sawaitov et de I. I. Sreznevskij ; cf. I. M. Kaufman, op. cit.,
nos 1315, 1306.
2. Nous avions mentionné ce titre sous le n° 35, mais sans avoir eu la possi
bilité de consulter l'ouvrage ; nous devons remercier ici M. P. Pascal dont l'obl
igeance nous a permis d'accéder à ce volume. 386 WLADIMIR VODOFF
16 A. Polnyj pravoslavný] bogoslovskij enciklopedičeskij slovar', Saint-Péters
bourg, 191 3, 2 vols. Réimpression photomécanique, Londres, Variorum Reprints,
1971*
Les notices de cette petite encyclopédie orthodoxe sont moins riches que celles du
dictionnaire du Père D'jacenko et surtout elles recouvrent un domaine beaucoup
plus restreint. Elles sont cependant utiles pour la fin de l'alphabet où elles comp
lètent l'encyclopédie inachevée d'A. P. Lopuhin (cf. 36). Actuellement cet ouvrage
ne peut être consulté qu'à la Bibliothèque slave.
Parmi les lexiques russes composés par des étrangers au xvne siècle
(cf. 37, 38), mentionnons deux publications récentes (dont une en
annexe, 48 A) :
17 A. Tônnies Fenne's Low German manual of spoken Russian, Pskov 160J ;
II : Transliteration and translation, éd. et trad, par L. L. Hammerich et Roman
Jakobson, Copenhague, Munksgaard, 1970 (The Royal Danish Academy of Sciences
and Letters).
Ce volume présente l'édition du manuscrit dont le fac-similé avait été donné dans
le t. I de cette publication (1961) ; le vocabulaire russe y est classé selon un ordre
méthodique et traduit en allemand contemporain. En face de chaque terme, les
éditeurs ont ajouté la forme correspondante du russe moderne et son équivalent
anglais. Le lexique ainsi présenté concerne les institutions de Pskov, sa vie sociale
et économique, par exemple, les pp. 84-86 pour la monnaie, les pp. 75-80 pour les
fourrures et les peaux, ainsi que les métaux, les pp. 88-91 pour les tissus. Espérons
qu'un troisième volume contiendra les commentaires et un index alphabétique1.
Pour le vieil-ukrainien (staroukrainskij), la situation est, dans
l'ensemble, encore moins satisfaisante que pour le domaine russe. Certes,
la section de linguistique de l'Institut des sciences sociales de l'Uni
versité de L'viv travaille à un dictionnaire de la langue des xive et
xve siècles2, mais, actuellement, le chercheur ne dispose que de quelques
instruments de travail8, souvent anciens et, pour cette raison, inaccess
ibles4.
On peut trouver quelques lexiques de portée générale dans les
ouvrages suivants :
18 A. Chrestomatija davn'oji ukrajin' skoji literatury, do kincja XVIII st., éd.
par O. I. Bilec'kyj, Kiev, 1967, in-405.
Le glossaire publié à la fin de cet ouvrage important (pp. 773-780) donne la traduc-
1. Cf. le compte rendu de H. Leeming, Slavonic and East European Review, L,
i, 1972, pp. 113-Ï15.
2. Cf. L. L. Humec'ka, « Dejaki pytannja ukladannja Slovnyka staro-ukra-
jins'koji movy xiv-xv st. », in Doslidšennja z leksykolohiji ta leksykohrafiji, Kiev,
1965, pp- 16-28.
3. Cf. P. J. Horec'kyj, Istorija ukrajins'koji leksykohrafiji, Kiev, 1963, pp. 14-
37, 178 ; et l'ouvrage de M. L. Chudaš cité infra (cf. 21 A), pp. 3-5.
4. Tel est le cas, en particulier, pour les titres donnés par A bibliography of
Slavic dictionaries, New York, 1962, II, pp. 303-304 ; on pourrait y ajouter le tra
vail de F. Piskunov, Slovar' êivago narodnago, pis'mennago i aktovago jazyka rus-
skih južan Rossijskoj i Avstro-V engerskoj imperii, 2e éd., Kiev, 1882.
5. Pour les titres ukrainiens, il nous a été impossible d'utiliser exactement
la même translitération que pour le russe : le h sert à rendre la dorso-vélaire frica
tive sonore, son équivalent sourd étant translitéré par ch. LEXICOGRAPHIE DU VIEUX-RUSSE 387
tion en ukrainien moderne des termes de la langue ancienne, mais sans aucune réfé
rence aux textes. Son utilité doit être soulignée pour les xvie et xvne siècles.
19 A. Litopys Samovydcja, Kiev, 1971 (Akademija nauk Ukrajins'koji R.S.R.,
Instytut istoriji, Džerela z istoriji Ukrajiny).
Le glossaire, conçu selon les mêmes principes que le précédent (pp. 182-187), con~
tient un vocabulaire très riche pour la seconde moitié du xvne siècle. Signalons qu'il
a fait l'objet d'une étude systématique dans l'article de L. I. Batjuk, « Leksyka
Litopysu Samovydcja », Doslidéennja i materiály z ukrajins'koji movy, I, 1959,
pp. 24-36.
20 A. Bevzo (O. A.), L'vivs'kyj litopys i Ostroz'kyj litopysec', džereloznavče
doslidžennja, Kiev, 1970 (Akademija nauk Ukrajins'koji R.S.R., Instytut istoriji).
Dans ce volume, le glossaire (pp. 165-169) ne donne pas seulement la traduction
littérale des termes, mais également quelques précisions d'ordre historique (fin
xvie -début xvne siècle).
C'est, toutefois, pour la langue des chartes que nous disposons du
plus grand nombre de travaux ; le plus complet d'entre eux n'est pas un
lexique à proprement parler :
21 A. Chtjdaš (M. L.), Leksyka ukrajins'kych dilovych dokumentiv kincja XVI-
poôatku XVII st., na materialach L'vivs'koho Stavropigijs'koho bratstva, Kiev,
1961 (Akademija nauk Ukrajins'koji R.S.R., Instytut suspÛ'nych nauk).
Fondée sur le dépouillement d'un fonds d'archives particulièrement riche pour la
fin du xvie et le début du xvne siècle, cette étude analyse systématiquement le
lexique autour des thèmes essentiels : vie privée, activité sociale, économique,
politique, administrative, judiciaire, religieuse, militaire. Soulignons, entre autres,
l'intérêt des chapitres 5 (langue administrative et judiciaire), 7 (unités de mesure,
monnaies). La valeur de chaque terme est illustrée par d'abondants exemples,
reproduits dans la graphie originale ; d'utiles précisions sont données sur l'origine
des emprunts (polonais, tchèques, russes, latins, grecs). Comme pour le n° 5 A, il
faut déplorer l'absence d'un index qui aurait facilité le maniement de ce travail
très sérieux.
Parmi les lexiques de la langue juridique et diplomatique, il nous
faut rappeler ici quatre titres décrits précédemment : 19, 29, 30, 31 ;
ils peuvent être complétés par le suivant :
22 A. Akty sela Odrechovy, éd. par L. L. Humec'ka, Kiev, 1970 (Archivně
upravlinnja pry rady ministriv Ukrajins'koji R.S.R., Central'nyj deržavnyj isto-
Tyčnyj Archiv Ukrajins'koji R.S.R. u L'vovi).
L'intérêt de ce glossaire (pp. 237-244) provient de ce qu'il regroupe le vocabulaire
de chartes originaires d'un village de Transcarpathie (xvie-xvne siècles) ; de ce fait,
il complète les lexiques mentionnés plus haut. Ajoutons que la graphie originale
est conservée.
Ce volume peut être lui-même complété, pour l'étude du vocabul
aire de l'extrémité occidentale de l'Ukraine, par un ouvrage de vul
garisation :
23 A. Istorija mist i sil Ukrajins'koji R.S.R. , Zakarpats'ka oblast', Kiev,
Redakcija Ukrajins'koji Radjans'koji Enciklopediji, 1969, in-40.
Le glossaire publié pp. 747-750 donne la traduction en ukrainien moderne de cer
tains termes de civilisation ancienne. 388 WLADIMIR VODOFF
Au dictionnaire de Pamva Berynda (cf. 39), on peut ajouter un autre
répertoire du lexique slavon et ukrainien en usage dans les milieux
scolaires de Kiev (cf. Annexe, 49 A).
Pour la traduction des termes ukrainiens anciens dans les langues
occidentales, nous ne disposons d'aucun ouvrage particulier. Le lecteur
devra se reporter à des travaux consacrés à l'histoire générale des peuples
slaves orientaux, en particulier au dictionnaire n° 31 A ou aux synthèses de
G. Vernadsky (cf. 34 A, 35 A).
Les traces de l'occupation mongole dans le lexique russe, sous
forme d'emprunts ou de calques, sont nombreuses. Certains de ces
termes sont fréquemment utilisés dans les documents russes, dipl
omatiques notamment. Leur valeur peut être précisée grâce à des lexiques
publiés à la fin de certains ouvrages de synthèse.
En russe, on dispose d'un ouvrage « classique » :
24 A. Grekov (B. D.) et Jakubovskij (A. Ju.), Zolotaja orda i ее padenie»
Moscou-Leningrad, 1950 (Akademija nauk S.S.S.R., serija « Itogi i problémy
sovremennoj nauki »).
Le glossaire (pp. 471-473) donne la traduction en russe moderne des principaux
termes administratifs et politiques utilisés dans l'Empire mongol, mais il ne fournit
aucune référence.
Pour des recherches plus précises, tant linguistiques qu'historiques,
on peut recourir à l'ouvrage suivant :
25 A. Spuler (Bertold), Die Goldene Horde, die Mongolen in Russland, 1223-
1502, 2e éd., Wiesbaden, O. Harrassowitz, 1965.
Un index des termes turco-tatars ou russes utilisés par l'administration de la Horde
d'or (pp. 570-574) permet de retrouver ceux-ci dans le corps de l'ouvrage et d'en
connaître ainsi la valeur exacte. Pour certains thèmes, d'intéressants regroupements
ont été faits, par exemple les noms des taxes et des redevances (pp. 317-318).
Enfin, quelques renseignements succincts sont donnés par un travail
de vulgarisation :
26 A. Lemercier-Quelquejay (Chantai), La paix mongole, joug tatar ou
paix mongole ?, Paris, Flammarion, 1970, in-12 («Questions d'histoire », 13).
Un glossaire (pp. 11 5-1 16) — dont le seul défaut est sa brièveté — apporte quelques
explications précises sur les principaux termes politiques en usage dans l'Empire
mongol.
Bien qu'il s'agisse d'un tout autre vocabulaire, nous nous sommes
permis de citer ici un ouvrage utile pour les rapports de l'Empire moscov
ite avec l'Asie au xvne siècle :
27 A. Russko-kitajskie otnošenija v XVII v., materiály i dokumenty, Moscou,
1969-1972, 2 vols in-40 (Akademija nauk S.S.S.R., Institut dal'nego vostoka, Insti
tut vostoko vedeni j a, Glavnoe arhivnoe upravlenie pri Sověte ministrov S.S.S.R.,
CGADA).
Les deux glossaires (I, pp. 566-570 ; II, pp. 802-804) donnent la traduction en
russe moderne des termes russes ou étrangers utilisés couramment dans les rapports,
diplomatiques ou commerciaux, entre la Chine et la Russie au xvne siècle. LEXICOGRAPHIE DU VIEUX-RUSSE 389
Parmi les publications parues au cours de ces quatre ou cinq der
nières années, on compte principalement des lexiques de vieux-russe
rédigés dans des langues occidentales, en anglais avant tout ; c'est par
conséquent sur ce point que portera l'essentiel de notre mise à jour1.
Il faut, d'abord, signaler quelques glossaires de textes narratifs et
littéraires :
28 A. Fennel (J. L. I.) et Obolenski (Dimitri), A historical Russian reader,
a sélection of texts from the eleventh to the sixteenth centuries, Oxford, Clarendon
Press, 1969, in-12 (« Oxford Russian Reader »).
Les termes inusités dans la langue moderne ont été regroupés à la fin de cette excel
lente anthologie (pp. 211-228) et traduits en anglais. La graphie originale a été
respectée.
29 A. The Chronicle of Novgorod 1016-1471, translated by Robert Mitchell
and Newill Forbes, Londres, 1914 (« Royal Historical Society Publications Cam-
den », 3e série, 25). Réimpression photomécanique, Gulf Breeze (Floride), Academic
International Press, 1970.
Cet ouvrage ancien — dont l'édition originale peut être consultée à la Réserve de
la Bibliothèque nationale — a eu le mérite de poser explicitement le problème de la
traduction des termes propres à l'histoire russe ancienne. Ceux pour lesquels les
auteurs ont préféré recourir à la translitération sont regroupés et expliqués p. xlii ;
les termes traduits se trouvent à la page suivante avec leurs équivalents russes. Des
références au texte permettent, chaque fois, d'apprécier et d'illustrer la solution
choisie. Mentionnons également, page 221, une note sur les monnaies et les unités
de mesure.
30 A. Čiževska (Tanja), Glossary to the Igor's Tale, La Haye, 1966 («Slavistic
Printings and Reprintings », 53).
Conçu, approximativement, selon les mêmes principes que l'ouvrage n° 2 A, ce
lexique du Slovo d'Igor est, toutefois, moins complet et moins précis ; son manie
ment est en revanche plus aisé. Les termes vieux-russes, reproduits selon une gra
phie normalisée, sont traduits en anglais. Il va sans dire que cet ouvrage est parti
culièrement précieux pour la fin de l'alphabet en attendant l'achèvement de son
homologue russe (cf. 2 A).
Mais c'est davantage vers l'explication historique du lexique du
vieux-russe (cf. 41-44) que se tournent les spécialistes anglo-saxons.
De loin le plus important de tous ces travaux est le Dictionnaire des
ternies historiques de la Russie ancienne publié par l'Université de Yale :
31 A. Pushkarev (Sergeï), Dictionary of Russian historical terms from the
eleventh century to 1917, ed. by C. Vernadsky and R. Fischer, New Haven - Londres,
Yale University Press, 1970.
Prévu pour faciliter la tâche de ceux qui entreprennent l'étude de l'histoire russe
antérieure à 1917, ce dictionnaire donne l'explication, en anglais, des termes les
plus importants de la vie économique, sociale, politique, administrative, militaire,
religieuse de l'ancienne Russie. On distingue, presque toujours, avec soin la valeur
1. Pour la plupart, ces ouvrages peuvent être actuellement consultés à la
Bibliothèque de la Sorbonně.