La petite plastique en faïence du musée gréco-romain d

La petite plastique en faïence du musée gréco-romain d'Alexandrie - article ; n°2 ; vol.118, pg 291-320

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Bulletin de correspondance hellénique - Année 1994 - Volume 118 - Numéro 2 - Pages 291-320
Μετά από μια πρώτη παρουσίαση των αγγείων από φαγεντιανή του ελληνορωμαϊκού Μουσείου της Αλεξανδρείας (BCH 117 [1993], σελ. 565-602), μελετάται, με τη βοήθεια επιλεγμένων αδημοσίευτων αντικειμένων, η μικροπλαστική από φαγεντιανή ελληνικής ή ελληνο-αιγυπτιακής τεχνοτροπίας και θεματογραφίας. Η τελευταία προσφέρει ένα χαρακτηριστικό παράδειγμα της προσαρμογής μιας παραδοσιακής τεχνικής σε ένα νέο εικονογραφικό ρεπερτόριο, επιτρέποντας, με τη σύγχρονη μελέτη των συναφών αρχαιολογικών δεδομένων, την καλύτερη γνώση της λατρείας στην ελληνορωμαϊκή Αίγυπτο.
Après une première présentation de la vaisselle en faïence du Musée gréco-romain d'Alexandrie (BCH 117 [1993], p. 565-602), nous étudions ici, à travers une sélection d'objets inédits, la petite plastique en faïence de style et de thèmes grecs ou gréco- égyptiens. Cette dernière offre un bon exemple de l'adaptation d'une technique traditionnelle à un nouveau répertoire iconographique et permet, par l'examen des contextes de découverte, d'apporter une contribution aux études sur les pratiques religieuses dans l'Egypte gréco-romaine.
30 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Ajouté le 01 janvier 1994
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Langue Français
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Mervat Seif El-Din
Marie-Dominique Nenna
La petite plastique en faïence du musée gréco-romain
d'Alexandrie
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 118, livraison 2, 1994. pp. 291-320.
περίληψη
Μετά από μια πρώτη παρουσίαση των αγγείων από φαγεντιανή του ελληνορωμαϊκού Μουσείου της Αλεξανδρείας (BCH 117
[1993], σελ. 565-602), μελετάται, με τη βοήθεια επιλεγμένων αδημοσίευτων αντικειμένων, η μικροπλαστική από φαγεντιανή
ελληνικής ή ελληνο-αιγυπτιακής τεχνοτροπίας και θεματογραφίας. Η τελευταία προσφέρει ένα χαρακτηριστικό παράδειγμα της
προσαρμογής μιας παραδοσιακής τεχνικής σε ένα νέο εικονογραφικό ρεπερτόριο, επιτρέποντας, με τη σύγχρονη μελέτη των
συναφών αρχαιολογικών δεδομένων, την καλύτερη γνώση της λατρείας στην ελληνορωμαϊκή Αίγυπτο.
Résumé
Après une première présentation de la vaisselle en faïence du Musée gréco-romain d'Alexandrie (BCH 117 [1993], p. 565-602),
nous étudions ici, à travers une sélection d'objets inédits, la petite plastique en faïence de style et de thèmes grecs ou gréco-
égyptiens. Cette dernière offre un bon exemple de l'adaptation d'une technique traditionnelle à un nouveau répertoire
iconographique et permet, par l'examen des contextes de découverte, d'apporter une contribution aux études sur les pratiques
religieuses dans l'Egypte gréco-romaine.
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Seif El-Din Mervat, Nenna Marie-Dominique. La petite plastique en faïence du musée gréco-romain d'Alexandrie. In: Bulletin de
correspondance hellénique. Volume 118, livraison 2, 1994. pp. 291-320.
doi : 10.3406/bch.1994.4646
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1994_num_118_2_4646LA PETITE PLASTIQUE EN FAÏENCE
DU MUSÉE GRÉCO-ROMAIN D'ALEXANDRIE *
sans d'objets plastique depuis l'adaptation des C'est pratiques Le négliger à le cet Musée de en Moyen ensemble style faïence. d'une toutefois religieuses gréco-romain et Empire technique de À que les côté thèmes dans nous jusqu'à pièces d'amulettes d'Alexandrie l'Egypte traditionnelle nous grecs de la style intéresserons fin ou gréco-romaine. représentant de gréco-égyptiens, traditionnel possède l'époque à un plus nouveau une romaine1, les qui particulièrement collection divinités qui permettent répertoire offre on égyptiennes importante rencontre un de bon dans iconographique. rendre exemple cet un produites de compte article, groupe petite de
Ces cent quarante pièces2., restées jusqu'à aujourd'hui largement inédites3, sont de
fonction et de format variés. Il s'agit de pendentifs et d'appliques miniatures, de figurines
de taille moyenne (autour de 8 cm) ou de grande taille (entre 15 et 35 cm). Elles sont pour
l'immense majorité d'entre elles sorties de moules différents et ont subi une forte altéra
tion.
Le matériel de comparaison est épars dans les publications et aucune étude d'en
semble n'en existe pour l'instant. Nous voudrions donc présenter ici, après avoir tenté de
préciser le mode de fabrication de ces objets, une sélection des pièces conservées au Musée
gréco-romain et donner quelques aperçus sur les problèmes de datation et de diffusion de
ce matériel.
(*) Cette étude, qui fait suite à Nenna et Seif el Dm 1993, a été réalisée dans le cadre des activités du
Centre d'Études Alexandrines (CNRS), grâce au soutien bienveillant de Madame Dorreya Saïd, directrice génér
ale, et à la gentillesse de Madame Kawseir Helmy, directrice de l'inventaire, et des conservatrices.
(1) Voir, parmi les publications récentes, Schlick-Nolte et Droste zu Hulshoff 1990, passim, et
S. Schoske et D. Wildung, Gott und Gôtter im Allen Âgypten (1992), passim. Pour des découvertes datées du
début de l'époque hellénistique, voir Flinders Pétrie 1909, p. 14, pi. 47, ca 300 av. J.-C, Martin 1981,
p. 89-102.
(2) Ne sont pas décomptées dans ce chiffre les représentations d'Harpocrate-Horus, ni celles de Bès et
d'Isis qui restent fidèles aux types traditionnels.
(3) Adriani 1940-1950, p. 40-41, pi. 23 et 26. MARIE-DOMINIQUE NENNA ET MERVAT SEIF EL DIN [BCH 118 292
A. Procédés de fabrication
On connaît bien les moules des objets en faïence de l'époque pharaonique découverts
à Qantir, Tell el Amarna, Tell el Daba, Memphis, Tell Basta4. Ces moules de petite taille
sont toujours en terre cuite et ont permis la réalisation d'amulettes de types variés5. En
revanche, un très petit nombre de moules d'époque gréco-romaine nous est parvenu. Il
s'agit de têtes de silène destinées à être placées à la base des anses des oenochoés des
reines6. Ces moules sont en terre cuite, mais il est vraisemblable que certains moules
étaient en plâtre7.
La fabrication des appliques nécessitait un moule portant le relief en creux et un
outil ou un second moule grâce auquel on pressait la pâte. La face arrière plane et lisse
comporte le plus souvent deux canaux horizontaux séparés par une cavité d'un demi-
centimètre de diamètre. La fabrication des figurines qui sont pleines se faisait, elle, en
plusieurs étapes : pressage de la pâte siliceuse dans des moules bivalves ou multipartites,
séchage et extraction des éléments, jointoyage et effacement des lignes de jointure, appli
cation de la glaçure et cuisson. En de rares cas, le revers ne correspond pas à l'avers8. Les
socles sur lesquels reposent les figurines étaient le plus souvent compris dans les moules,
mais parfois une plaquette rectangulaire très mince était placée sous la figurine. La
fabrication des pendentifs se faisait de la même manière, mais une bélière, incisée de
traits verticaux, était ajoutée après moulage au sommet ou au milieu du revers de l'objet.
Les moules étaient certainement utilisés plusieurs fois comme le montrent quelques
pièces : appliques de danseur (inv. 5752 et 5786) et médaillons d'Harpocrate9. Aucune
trace de surmoulage n'apparaît dans les pièces des collections alexandrines.
La glaçure varie en couleur et en épaisseur selon l'époque. À l'époque ptolémaïque,
comme on l'avait déjà remarqué pour les oenochoés des reines et pour la vaisselle de
table, la glaçure est assez fine, voire même très fine, pour certaines pièces. Les deux
couleurs principales sont le bleu clair et le vert-jaune printemps. Sur quelques pièces,
pour accentuer certains détails, ont été employées des couleurs de glaçure différentes :
jaune pour les bijoux, noir, vert et bleu foncés, violet pour les cheveux et le système
pileux. On constate aussi l'utilisation de feuilles d'or sur les vêtements et les couronnes. À
l'époque romaine, la glaçure est plus épaisse. À côté des bleus et des verts aux tons variés,
on rencontre un blanc crémeux destiné à imiter le marbre et du violet.
(4) Voir dernièrement Chr. Herrmann, Formen fur âggptische Fayencen : Katalog der Sammlung des biblis-
chen Instituts der Universitàt Freiburg Schweiz und einer Privatsammlung (1985) et Id., «Weitere Formen fur
âgyptische Fayencen aus der Ramsesstadt», ÂgLev 1 (1990), p. 18-73.
(5) Pour des expérimentations récentes, voir F. Lavenex Vergés, Bleus égyptiens : De la pâte aulo-
émaillée au pigment bleu synthétique (1992).
(6) Burr Thompson 1973, p. 44, pi. 69c et M. Seif el Din, «The Gayer-Anderson Collection of Plaster
Moulds in the Graeco-Roman Muséum of Alexandrie», in Artisanat et commerce dans Alexandrie gréco-romaine,
Études Alexandrines 1 (sous presse), n° 60.
(7) Burr Thompson 1973, p. 16.
(8) Musée gréco-romain, inv. P. 14194.
(9)inv. 5754 et Flinders Pétrie 1914, p. 35, pi. 26, n°· 147a-b. LA PETITE PLASTIQUE EN FAÏENCE D'ALEXANDRIE 293 1994]
B. Présentation de la collection
La collection de petite plastique en faïence du Musée gréco-romain présente une
assez grande variété de formats et de types iconographiques. Ces types sont extraits aussi
bien du monde des divinités que de celui des humains et des animaux 10. Parmi les divini
tés gréco-égyptiennes, Harpocrate est le plus souvent représenté ; il est suivi par Bès. En
revanche, Isis et Sarapis n'apparaissent qu'assez rarement. Les dieux grecs ont une place
fort restreinte : seuls Aphrodite, Éros, Héraklès et Dionysos ont la faveur des coro-
plathes. Parmi les divinités secondaires, on relève la présence de sphinx et de sphinges, de
Némésis et de Méduse. Appartiennent aussi au monde religieux des adorants, des servi
teurs d'Harpocrate, des porteurs d'objets sacrés et des personnages ithyphalliques. Sou
verains lagides et empereurs, acteurs, musiciens et danseurs qui prenaient part aux fêtes
alexandrines, grotesques, paysans, scènes erotiques et scènes de banquet, animaux
reflètent la vie quotidienne égyptienne.
1. Le monde des dieux
Harpocrate
On compte dans les collections alexandrines une trentaine de représentations d'Harpocrate11.
Les pièces ptolémaïques, pendentifs, appliques et figurines, sont de petite taille (3-4 cm). Harpoc
rate se reconnaît à ses traits habituels : index de la main droite vers la bouche et boucle de
l'enfance sur le côté du visage. Les pendentifs d'Harpocrate assis sur un calice de lotus (fig. la) ou
sur une oie sont de petite taille. Deux appliques offrent une image particulièrement soignée du dieu
debout en contraposto. Nu, il tient tantôt la corne d'abondance dans la main gauche (fig. lb), tantôt
un vase rond. Une autre applique moins détaillée, peut-être en raison de l'usure du moule, le
représente de face avec une corne d'abondance et coiffé du pschent12 (fig. le); d'autres enfin le
montrent assis, vêtu d'un chiton et tenant un vase rond13, ou bien nu, ithyphallique, tenant une
oie. Parmi les figurines, on mentionnera un Harpocrate sortant d'un kylix de lotus et un autre
debout tenant un objet qui doit être une corne d'abondance. Les représentations d'Harpocrate-
Horus dans la pose traditionnelle appuyé sur un pilier dorsal, la jambe gauche en avant, le bras
gauche collé au corps et la tête coiffée d'un bonnet serré surmonté d'un uraeus (fig. ld)14 ou d'un
pschent restent cependant les plus fréquentes.
Les figurines d'époque impériale se distinguent de leurs prédécesseurs d'époque ptolémaïque
par leur taille plus importante, leur rendu moins soigné des détails de la représentation et par la
(10) Pour l'étude détaillée des types, nous renvoyons aux différents articles du LIMC s.o.
(11)des types iconographiques d'Harpocrate en faïence absents des collections alexandrines, voir
Pagenstecher 1913, p. 210, pi. 35, 11 et Castiglione 1978, p. 26, fig. 26 (Harpocrate assis dans une barque-
papyrus); Weber 1914, p. 91, n° 93, pi. 8 (Harpocrate assis sur un sphinx); Gabolde 1988, p. 156, n° 114
(Harpocrate chevauchant le serpent Agathodaimon).
(12) Voir pour un parallèle, Flinders Pétrie 1914, p. 34, pi. 47, n° 145y.
(13) Voir aussi Pagenstecher 1913, p. 210, pi. 35, 12.
(14) J.-P. Michaud, BCH 98 (1974), Chron., p. 587, fig. 37 = Burr Thompson 1973, p. 204, n° 289,
propose d'y reconnaître Ptolémée Philométor; Aufrère 1987, p. 130, n° 250. 294 MARIE-DOMINIQUE NENNA ET MERVAT SEIF EL DIN [BCH 118
Illustration non autorisée à la diffusion
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Fig. la-d. — Harpocrate : (») inv. 22389. H. 3 cm. Prov. inc. Cliché A. Pelle, CEA; (b) inv. 639. H. 4,7 cm.
Prov. inc. Cliché J.-Cl. Hurteau, EFA; (c) inv. 640. H. 4,7 cm. Prov. inc. Cliché A. Pelle, CEA; (d) inv. 22421.
H. 12,2 cm. Nécropole de Chatby. Cliché A. Pelle, CEA. LA PETITE PLASTIQUE EN FAÏENCE D'ALEXANDRIE 295 1994]
qualité plus épaisse de leur glaçure ainsi que par le choix des couleurs. Les collections alexandrines
renferment une quinzaine de statuettes de cette période, fragmentaires pour beaucoup. Elles mesur
aient entre 7 et 15 cm pour les Harpocrate accroupis et plus de 20 cm pour les Harpocrate debout,
qui sont plus rares. Harpocrate nu, assis sur une base ronde ou ovale, est représenté tantôt la jambe
droite, tantôt la jambe gauche repliée devant le corps, l'autre jambe en ce cas est étendue ; sans
attributs, il est néanmoins reconnaissable à l'index de sa main droite porté à la bouche. Il apparaît
sur d'autres objets dans la même position, mais porteur d'un canard (fig. 2a)15, d'une corne d'abon
dance, d'un panier16 ou d'un vase fermé17. Sa tête pouvait être coiffée avec une mèche descendant
le long de la tempe droite ou d'un pschent, comme l'indiquent deux pièces. L'une d'entre elles offre
une représentation peu courante d' Harpocrate, un panier suspendu au bras gauche et le bras droit
tenant une tige de lotus (fig. 2b). Un autre type iconographique le présente assis de face sur une oie
ou un canard, les deux jambes repliées vers la droite, la main gauche autour du cou de l'oiseau
(fig. 2c). Les figurines assises se rencontrent dans les fouilles d'Alexandrie, de Memphis18,
d'Hawara19, de Narmouthis20 et de Tebtynis21.
Trois différents types d' Harpocrate se tenant debout, de face, existent dans les collections
d'Alexandrie. Une pièce fragmentaire le présente nu, tenant sous l'aisselle gauche un pot à décor en
côtes de melon, la main droite levée vers la bouche 22. Une pièce complète (pi. 1, 1-2), sans parallèles
en faïence, le montre debout sur une base ronde moulurée, en contraposto, appuyé sur un pilier
rond. Il est vêtu d'un long chiton aux plis soigneusement rendus qui laisse l'épaule gauche dénudée.
Sa tête est couronnée d'un diadème qui devait être surmonté de la double couronne d'Egypte. Ses
cheveux ondulés sont coiffés à l'arrière en plusieurs mèches indépendantes. À ces types hellénisés
s'ajoute un Harpocrate de type égyptien (fig. 2d-e). Nu, dans l'attitude égyptienne, il portait la
perruque «némès», dont les pans retombent à l'avant des épaules. Son dos est protégé par un aigle
aux plumes arrondies sur le corps et aux ailes fermées. De l'époque impériale date aussi une pièce
de bien plus petite taille, un médaillon doté d'une bélière présentant le buste d'Harpocrate avec la
mèche de l'enfance le long du côté gauche du visage28.
Isis
L'iconographie d'Isis est limitée dans les figurines en faïence aux représentations tradition*·
nelles d'Isis Lactans24 qui ont été produites depuis le Moyen Empire25. Isis est assise sur un trône
(15) Au moins deux moules différents sont attestés pour cette représentation.
(16) H. W. Muller, Âgyptische Kunstwerke, Kleinfunde und Glas in der Sammlung E. und M. Kofler-
Truniger, Luzern (1964), p. 115, n° A165 et une pièce exposée au Musée du Caire.
(17) Flinders Pétrie 1914, p. 34, pi. 26, n° 145n.
(18) J. E. Quibell, Excavations at Saqqara (1905-1906) (1907), p. 30, pi. 35, n08 2-3.
(19) W. M. Flinders Pétrie, Roman Portraits and Memphis (IV) (1911), p. 20, pi. 14.
(20) E. Bresciani, Rapporte preliminare délie campagne di scavo 1968 e 1969 (1976), p. 31, n° 168.
(21) Communication de P. Ballet, lettre du 10.08.1994.
(22) Une pièce très proche est exposée au Musée du Caire.
(23) Pour des parallèles, voir Flinders Pétrie 1914, p. 35, pi. 26, noe 147a-b.
(24) Voir pour ce qui pourrait être une Isis-Thermouthis, J. Schwarz, Qasr-QarunIDionysias 1948 (1950),
p. 82, n° 2, pi. 22.
(25) Pour des pièces datées de l'époque ptolémaïque et romaine, voir Michalowski 1950, p. 314, n° 1050,
pi. 44, 25; H. Schlôgl, Geschenk des Nils : Aegyptische Kunstwerke aus schweizer Besitz (1978), p. 88-89,
fig. 300a-c; Martin 1981, p. 90, n° 986, pi. 32; Feucht 1986, p. 155-156, n° 373 avec des parallèles d'époque
ptolémaïque; D. Wildung et ai, Entdeckungen : Âgyptische Kunsl in Sûddeutschland (1985), noe 119, 134, 138;
D. von Bothmer, Antiquities from the collection of Chr. G. Bastis (1987), p. 74, n° 27 ; Br. Affholder et
M.-J. Cornic, Angers Musée Pincé : collections égyptiennes (1990), p. 123, n° 160. 2% MARIE-DOMINIQUE NENNA ET MERVAT SEIF EL DIN [BCH 118
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Fig. 2a-e. — Harpocrate : (») inv.
P. 14043. H. 7,3 cm. Prov. inc. Cliché
A. Chéné, CEA ; (b) inv. 5534. H. 12,5 cm.
Prov. inc. Cliché A. Pelle, CEA ; (c) inv.
16257. H. 7 cm. Prov. inc. Cliché
J.-Cl. Hurteau, EFA; (d-e) inv. 5512.
H. 8 cm. Prov. inc. Cliché A. Pelle, CEA.
Illustration non autorisée à la diffusion
Illustration non autorisée à la diffusion LA PETITE PLASTIQUE EN FAÏENCE D'ALEXANDRIE 297 1994]
cubique orné sur les côtés de fines incisions en réticulé ou en écailles. Vêtue d'une longue tunique
serrée et coiffée parfois d'une couronne, elle tient dans ses bras, posé sur ses genoux, son fils
Harpocrate qu'elle allaite. Ce type iconographique se rencontre en deux formats : amulettes hautes
de 3 à 4 cm, figurines mesurant autour de 9 cm (fig. 3a). Seule la tête d'Isis d'époque impériale, qui
est conservée au Musée de Brooklyn et appartient vraisemblablement à une Isis Lactans de grande
taille, témoigne d'une hellénisation de ce type par les artisans de la faïence26.
Coiffée de lourdes boucles en rouleaux étagées sur les tempes et d'une couronne de feuillage
maintenue en bourrelet par des rubans, qui devait être, elle-même, surmontée d'un autre élément,
une tête féminine27 (fig. 3b-c) doit être rapprochée de représentations isiaques (fidèles ou servantes
de la déesse) fréquentes dans les terres cuites d'époque ptolémaïque et romaine 28. Le menton ferme,
le nez prononcé, les grands yeux dotés de paupières en relief et surmontés d'arcades sourcilières
bien dessinées, la finesse de la pâte et de la glaçure amènent à dater cette pièce de l'époque
ptolémaïque. On rapprochera cette tête de celle d'une terre cuite d'Isis-Aphrodite anasyrmene
découverte récemment à Athribis et datée par le contexte de fouilles de la première moitié du ne s.
av. J.-C29.
On placera aussi dans les représentations isiaques certaines orantes (Pseudo-Baubô), très fr
équentes dans les terres cuites gréco-égyptiennes30. Une pièce en faïence d'époque impériale (fig. 3d)
illustre une variante de ce type iconographique31. Une femme nue assise sur une base ronde, les
jambes écartées et repliées, tient les boucles de sa chevelure de ses deux mains en appuyant ses
coudes sur ses genoux. Les seins, les contours du ventre et le nombril, le sexe sont sommairement
indiqués. Ses cheveux retombent sur le front en une frange horizontale de petites mèches et sont
surmontés d'une couronne. L'arrière de la statue comporte un modelé sommaire du dos et des
fesses, la chevelure, divisée en deux parties, recouvre la nuque en mèches individualisées.
Sarapis
Seule la représentation en buste du dieu Sarapis semble avoir été adoptéepar les artisans de la
faïence32. Deux pièces du Musée gréco-romain illustrent les deux types de coiffure de Sarapis :
coiffure à mèches frontales ou bien cheveux relevés sur le front. Sur l'une des pièces (fig. 4a), le dieu
est vêtu d'un chiton et porte un himation jeté sur l'épaule gauche, sa chevelure bouclée retombe sur
le front en une frange de petites mèches, barbe et moustache sont abondantes (le calathos est brisé).
L'arrière est lisse et porte un trou destiné à encastrer l'objet. L'autre objet est une tête de Sarapis
(26) Riefstahl 1968, p. 113, n° 89, avec la bibliographie antérieure.
(27) Pagenstecher 1913, p. 125, fig. 131c.
(28) Voir, par exemple, V. Tran Ταμ Tinh, LIMC V (1990), s.o. «Isis», p. 779-781, n°» 249-259.
(29) Mysliwiec et Szymanska 1992, p. 120-122, fig. 5.
(30) Pour l'interprétation de ces pièces, voir Fr. Dunand, « Une pseudo-Baubô du Musée de Besançon», in
Hommages à Lucien Lerat 1 (1984), p. 263-268 et G. Nachtergael, «Le panthéon des terres cuites de l'Egypte
hellénistique et romaine», Le Monde copte 14-15 (1988), p. 14-15, n° 14, qui voit dans certaines de ces pièces des
représentations d'Isis-Aphrodite.
(31) Voir pour des parallèles en faïence, Flinders Pétrie 1914, p. 37, pi. 46, n°» 169e-f, Castiglione
1978, p. 27-28, fig. 27.
(32) Sur les représentations de Sarapis, voir L. Castiglione, «La statue de culte hellénistique du Sara-
pieion d'Alexandrie», BMusHongr 12 (1958), p. 17-39; W. Hornbostel, Sarapis (1973); V. Tran Ταμ Tinh,
Sërapis debout (1983), ne signale aucune pièce en faïence dans son corpus. Pour des parallèles en faïence, voir
Riefstahl 1968, p. 113, n° 90, avec la bibliographie antérieure (pour la datation de cette pièce, voir W. Hornb
ostel, op. cit., p. 172, n. 3); G. J. F. Kater-Sibbes, Preliminary Catalogue of Sarapis Monuments (1973),
p. 33, n° 189 ; Castiglione 1978, p. 28-29, fig. 28. MARIE-DOMINIQUE NENNA ET MERVAT SEIF EL DIN [BCH 118 298
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Fig. 3a-d. — Isis et ses fidèles : (a) inv. 5548. H. 3,3 cm. Prov. inc. ; (b-c) inv. 5552. H. 5 cm. Prov. inc. Cliché
A. Pelle, CEA ; (d) inv. 26363. H. 10,5 cm. Prov. inc. Cliché A. Pelle, CEA. LA PETITE PLASTIQUE EN FAÏENCE D ALEXANDRIE 299 1994]
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Fig. 4a-b. — Sarapis : (a) inv. P. 13872.
H. 3,3 cm. Prov. inc. Cliché A. Pelle, CEA;
(b) inv. 5520. H. 9,6 cm. Prov. inc. Cliché
J.-Cl. Hurteau, EFA.
de grande taille dont la glaçure est assez mal conservée (fig. 4b). Le visage allongé porte une moust
ache se terminant en volutes et une barbe courte et épaisse. La chevelure tombant sur les épaules
en lourdes mèches encadre le visage en laissant le front à découvert. Les traits du visage sont assez
détaillés : bouche entrouverte, nez court et prononcé, pupilles marquées dans les yeux en amande
surmontés d'arcades sourcilières bien dessinées. Ces deux objets doivent être datés de l'époque
impériale comme l'indiquent la couleur de la glaçure bleu foncé et le type de représentation en
buste38.
Bès
À côté des vases plastiques représentant Bès et des appliques et figurines à dos plat qui
décoraient les vases fermés à col en trompette, les représentations en faïence du dieu Bès qui
suivent les modèles établis au Nouvel Empire sont extrêmement fréquentes, qu'il s'agisse de pen
dentifs (3 cm), de figurines de petite taille (autour de 6 cm) ou de taille moyenne (autour de
12 cm)34. Le plus communément, Bès est debout, nu, les mains posées sur les cuisses et porte une
haute couronne de cinq plumes. Son dos est tantôt rendu en relief, tantôt appuyé contre un pilier. Il
est parfois revêtu d'une peau de lion (fig. 5a-b) qui recouvre le dos et dont la queue descend entre les
jambes. Sur certaines pièces (fig. 5c), les pattes antérieures de la dépouille recouvrent les épaules et
les pattes postérieures les cuisses. Deux objets présentent un Bès biface (pL I, 3-4), revêtu d'une
(33) Dunand 1979, p. 29.
(34) Voir pour des pièces datées de l'époque gréco-romaine, Michalowski 1950, p. 315, pi. 44 ; R. Lun-
singh Scheurleer, «Bes, Démon in Egypte», Mededelingenblad 39 (1987), p. 2-13, et pour des pièces trouvées
en contexte, A. J. Spencer et al., Ashmunein (1982) (1983), p. 16, n° 1982/2.