Les monnaies gauloises de la « butte du Muret » (Mézières-sur-Seine, Yvelines) - article ; n°27 ; vol.6, pg 45-68

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Revue numismatique - Année 1985 - Volume 6 - Numéro 27 - Pages 45-68
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1985
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Langue Français
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Louis-Pol Delestrée
Michel Dhénin
Les monnaies gauloises de la « butte du Muret » (Mézières-sur-
Seine, Yvelines)
In: Revue numismatique, 6e série - Tome 27, année 1985 pp. 45-68.
Citer ce document / Cite this document :
Delestrée Louis-Pol, Dhénin Michel. Les monnaies gauloises de la « butte du Muret » (Mézières-sur-Seine, Yvelines). In: Revue
numismatique, 6e série - Tome 27, année 1985 pp. 45-68.
doi : 10.3406/numi.1985.1872
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/numi_0484-8942_1985_num_6_27_1872DELESTRÉE* et Michel DHÉNIN Louis-Pol
LES MONNAIES GAULOISES
DE LA «BUTTE DU MURET»
(Mézières-sur-Seine, Yvelines)
(PL III-IV)
Résumé. — Sur la rive gauche de la Seine, à la hauteur de Mantes-la-Jolie, la butte
du Muret (Mézières-sur-Seine, Yvelines) a livré près de 150 monnaies gauloises et 16
monnaies romaines réparties en surface sur une aire de distribution fort restreinte.
Ce site est sans doute cultuel.
Cet ensemble monétaire, parfaitement homogène, donne un fidèle reflet de la
circulation monétaire régionale durant l'époque julio-claudienne.
En outre, l'analyse du faciès interne et externe du lot révèle la présence de
dominantes locales qui ne se rattachent à aucune des cités limitrophes traditionnelles.
Une fois encore, il semble bien que l'on soit en présence d'un monnayage de pagus ou
de petite cité-tampon dont l'identité doit être recherchée.
Aussi bien l'inventaire raisonné des monnaies gauloises nous a-t-il conduit à
remettre en cause plusieurs attributions admises jusqu'à ce jour.
Sur le territoire de la commune de Mézières-sur-Seine (Yvelines) la
butte du Muret marque à 162 m d'altitude le point culminant d'un
plateau dominant la vallée de la Seine.
La fréquentation de ce lieu remonte aux temps les plus anciens,
puisque les témoins du paléolithique moyen, du néolithique, du
bronze moyen, des époques gauloise et gallo-romaine s'y mêlent
étroitement1.
* * 16, Conservateur avenue Victor-Hugo, au Cabinet 92170 des Vanves. Médailles, Bibliothèque nationale, 58, rue de
Richelieu, Paris.
1. E. Perrier dit Carne, L'arrondissement de Mantes aux temps préhistoriques,
Mantes, 1894 ; H. Chapron et E. Bouche, Quelques stations de surface des environs de
Mantes-Gassicourt (Seine-et-Oise), Bulletin de la Société préhistorique de France,
t. XXXII, n° 1, 1935, p. 77-86 et Le campignien aux environs de Mantes-Gassicourt,
Bulletin de la Société préhistorique de France, t. XXXIV, n° 5, 1937, p. 261-268;
Revue numismatique, 1985, 6e série, XXVII, p. 45-68. 46 LOUIS-POL DELESTRÉE ET MICHEL DHÉNIN
Le sommet de la butte a livré depuis une quinzaine d'années un
nombre non négligeable de monnaies gauloises recueillies en surface
dans les labours, constituant probablement des enfouissements votifs
sur un « locus sacra tus » que matérialisait peut-être un petit sanctuaire
à proximité du bosquet couronnant le sommet.
Quelques monnaies, parmi celles trouvées à l'origine, ont fait déjà
l'objet de notes éparses des deux auteurs de la présente étude2.
Grâce à l'aide précieuse de chercheurs régionaux patients et
attentifs3, nous avons pu réunir un total de 146 monnaies très
représentatives de la circulation monétaire gauloise sur le site.
Cet ensemble est constitué par quatre lots très inégaux, celui du
groupe de J.-L. Vatinel représentant à lui seul plus de 100 monnaies.
Ces lots, statistiquement, sont très fiables puisque les inventeurs
ont communiqué l'intégralité de leurs trouvailles|, toutes isolées.
Outre ces 146 monnaies gauloises (dont 144 identifiées), 16
monnaies romaines ont été recueillies sur une aire de dispersion faible
et très précisément délimitée par J.-L. Vatinel et J.-L. Gérard.
I. — Inventaire des monnaies gauloises
Nous référant, dans toute la mesure du possible aux ouvrages de
base tels que Y Allas de monnaies gauloises d'Henri de La Tour, Paris,
1892, cité désormais LT et au Traité de Numismatique Celtique : la
Gaule Belgique de Simone Scheers, 1977 cité désormais Scheers 1977
nous nous abstiendrons de reprendre les descriptions détaillées de
monnaies bien connues et répertoriées.
En revanche, nous nous efforcerons de mettre en évidence le faciès
interne du lot, en procédant à la remise en cause des attributions dites
traditionnelles chaque fois que cela paraîtra nécessaire.
R. Daniel et H. Desmaisons, Notes et remarques sur la station de surface du Muret,
Bulletin de la Société préhistorique de France, t. XXXIII, n° 5, 1936, p. 333-341 ;
R. Daniel, Les industries paléo et néolithiques du Muret..., Bulletin de la Société
préhistorique française, t. LXIII, n° 1 ; J.-L. Vatinel, La butte du Muret, haut-lieu de
la préhistoire et de l'histoire du Mantois, Bulletin du centre de recherches archéologiques
de la région de Manies, n° 4, 1975; J.-C. Blanchet, J. Tarrête et J.-L. Vatinel, Un
vase du bronze moyen à Mézières-sur-Seine, Bulletin de la Société préhistorique française,
t. 76/1, 1979, p. 24.
2. M. Dhénin, Trouvailles de monnaies gauloises à Mézières-sur-Seine, Yvelines,
BSFN, juillet 1973, p. 424-428 et Nouvelles trouvailles de monnaies gauloises..., février 1978, p. 310-313; L.-P. Delestrée, Légende inédite d'une monnaie
gauloise de la rive sud de la Seine, Cahiers numismaliques, bulletin de la S.E.N.A., n° 80,
juin 1984.
3. Nous tenons à remercier en premier lieu M. J.-L. Vatinel et son groupe
archéologique notamment MM. M. Morlat, J.-L. Gérard et J. Krier, ainsi que plusieurs
chercheurs isolés et plus particulièrement M. M. Tache, sans l'aide desquels notre étude
n'aurait pas été possible. MONNAIES GAULOISES DE LA «BUTTE DU MURET» 47
A. — Monnaies en or et en argent
1. — L'unique monnaie en or du site (ex. 4-1, 3,98 g, 21 mm) est un
statère fourré des Ambiani (PI. III, n" 1).
Il s'agit d'un témoin de la Classe VIII variante с (Scheers 1977,
série 8, fig. 67) dont peu d'exemplaires cités proviennent de Gaule
continentale.
Ce statère, l'un des plus méridionaux connus, est le seul représen
tant de la circulation primitive (antérieure à la guerre contre Rome)
sur ce site.
2. — Série d'Arivos Santonos.
Ex. 1-70 (1,56 g, 12-13 mm) LT 4520 D/ SANTONOS (PI. III,
nu 2).
Non représentée dans les fossés de Grésigny-Sainte-Reine, cette
série très largement dispersée peut avoir été émise, selon S. Scheers4,
par un peuple du Centre. L'ancienne attribution aux Santones
(déduite de l'appellatif ethnique d'ARIVOS) ne peut être sérieus
ement maintenue.
3. — Série «au cavalier».
Ex. 1-73 (1,69 g, 13-14 mm) LT 5762 D/ DVRNACO S (PI. III,
n° 3).
Ex. 2-13 (1,65 g, 13-14 mm) LT 5774 D/ DVRNA COS
Très usés, ces «quinaires» émis dans la vallée du Rhône5, ont
abondamment participé à la circulation secondaire.
4. — Série d'Ateula-Vlatos.
Ex. 2-14 (1,77 g, 15 mm) LT 7191 D/ ATEVLA R/ VLATOS (PI. III,
n° 4).
Également témoin de la circulation secondaire, cette classe I dite
«au pentagramme» fait partie d'une importante série étudiée par S.
Scheers dans son Traité de 1977 (Série 41, fig. 305, PI. XII) ; présente
dans le dépôt de Vernon (Vienne), donc émise avant — 45, elle fit
l'objet d'une telle dispersion en Gaule Belgique qu'il n'est pas possible
d'en préciser la source : l'attribution devenue traditionnelle aux Rémi
nous paraît d'autant plus improbable que c'est précisément sur leur
territoire que les représentants de cette série — et des séries
apparentées de/CALEDV, de SENODON/CALEDV et peut-être de
CUPINACIO VLATO — sont les plus rares !
4. S. Scheers, Monnaies gauloises de Seine-Maritime, Rouen, 1978, noe 414-417.
5. A. Deroc, Les monnaies d'argent de la vallée du Rhône, Paris, 1983, cf. monnaies
au cavalier, groupe IV, PI. X. LOUIS-POL DELESTRÉE ET MICHEL DHÉNIN 48
B. — Les monnaies en bronze frappé
5. — Bronzes attribués aux Carnutes.
2 exemplaires :
Ex. 1-45 (2 g, 15 mm) LT 6188 (PI. III, n" 5). Contrairement à la
mention «potin» figurant sur l'Atlas de La Tour, les exemplaires que
nous connaissons de cette rare monnaie sont en bronze frappé.
Ex. 1-111 (1,62 g, 14-15 mm) LT 6331 D/ CA]TAL (PI. III, n" 6).
6. — Dominantes du site.
Trois séries qui dominent dans le lot des bronzes frappés du site, et
représentent à elles seules 39 ex., pourraient bien appartenir au même
ensemble.
n"» 7 et 8) a) série LT 7032, PI. XXVIII (PI. III,
7 exemplaires 1-32 (2,11 g) (PI. III, n" 7)
(module moyen : 15 mm) 1-40 (2,30 g) (PI. III, n" 8)
1-41 (1,87 g ébréché)
1-113(1,81 g)
2-1 (2,40 g)
2-2 (2,38 g)
2-3 (2,45 g)
Au D/, l'on reconnaît les éléments de la tête éclatée empreinte au
D/ du statère LT 8020 attribué par S. Scheers aux Suessiones (Scheers
1977, série 26, fîg. 172-173) : le motif de «l'œil» ornant le statère est
toutefois remplacé, sur le petit bronze, par un sanglier à droite6.
Se retrouvent nettement les deux mèches en forme de croissant ou
motif en «epsilon», la couronne de lauriers et la barre traversant la
chevelure.
Au R/, le cheval désarticulé à droite, au cou fourchu, est la fidèle
réplique du statère suession : sur le petit bronze, un annelet centré
d'un point inscrit dans un annelet perlé remplace la roue figurant sous
le cheval au R/ du statère.
Ainsi, au D/ comme au R/, cette série comportant une classe unique
est de style purement belge.
L'attribution traditionnelle de cette série légère (poids moyen :
2,35-2,40 g) aux Aulerci Eburovices (LT, cf. PI. XXVIII) est très
douteuse.
La BN conserve un exemplaire BN 7032 provenant, selon le
6. La même homotypie figure au D/ du bronze carnute LT 6314 à légende KONAT
au R/, encore plus proche du modèle suession. MONNAIES GAULOISES DE LA «BUTTE DU MURET» 49
catalogue des monnaies gauloises de Muret et Chabouillet, de Septeuil
(Mantes-la- Jolie- Houdan, Yvelines).
En outre, pas un seul exemplaire ne figure parmi les 166 monnaies
gauloises trouvées dans le fanum de Cracouville-le-Vieil - Évreux
(fouilles de M. Baudot 1934-1939) dont l'inventaire est précisément
établi par S. Scheers7. Deux exemplaires de ce type, tout au plus,
semblent avoir été recueillis, à notre connaissance, sur le territoire
présumé des Aulerci Eburovices (cf. L. Coutil, op. cit. note 9, p. 37 et
42).
b) Série LT 7034, PI. XXVIII (PI. III, ir 9 à 11)
26 exemplaires 1-16 2,15 g 1-117 2,18 g
(module moyen: 14-15 mm) 1-18 2,53 g 2-6 2,75 g
1-19 1,26 g 2-7 2,63 g
1-23 (Pi. ni, n" io)2-8 2,76 g
1-42 2,12g (pi.in,n"9)2-9 2,87 g
1-43 2,19 g 3-3 2,85(Pi.in,n"ii)
1-46 3,05 g 3-4 2,95 g
1-48 2,57 g 3-5
1-57 1,38 g (fragment) 3-8 2,55 g
1-58 2,36 g 3-9 2,71 g
1-66 1,83 g 3,10 2,76 g
1-67 1,73 g 4-3 2,69 g
1-78 2,85 g 4-4 2,72 g
Au D/, restes stylisés d'un profil à gauche? Au centre, un motif
évoque la joue caractéristique de statères attribués aux Aulerci
Eburovices (en particulier, D/ de LT 7020) ; le volume est cerné à
droite par une ligne perlée en forme de croissant, d'où partent vers le
haut, le bas, la droite du motif central des lignes courbes pouvant
figurer de lourdes mèches enserrant globules et annelets perlés ou non.
A gauche de la «joue» simple annelet perlé.
Au R/, cheval disloqué galopant à droite, surmonté d'un annelet
perlé et d'un petit décor en «dents de loup». Sous le cheval, grand
annelet perlé incluant un annelet centré d'un point.
L'indice pondéral privilégié de cette série paraît se situer entre 2,56
et 2,95 g.
Le D/ de cette série ne comportant qu'une classe unique, peut
dériver de BN 7021-31 attribué — sans certitude — aux Aulerci
Eburovices (cf. Scheers 1977, p. 145, n. 337). Cependant, le sanglier
visible au D/ de BN-LT 7021 est absent du D/ de LT 7034.
nos 7. 4i_42? S. Scheers, Automne Les 1981, monnaies p. 3 et gauloises suiv. du Musée d'Évreux, Connaissance de l'Eure, LOUIS-POL DELESTRÉE ET MICHEL DHÉNIN 50
En outre, cette série LT 7034 est beaucoup plus «légère» que LT
7021 dont pas un seul exemplaire n'a été trouvé sur notre site8.
Par ailleurs, le R/ de LT 7034 diffère du R/ de LT 7021 et ressemble
fort au R/ de LT 7032 pré-décrit et dont l'attribution aux Aulerci
Eburovices s'avère contestable voire improbable.
Selon L. Coutil9 un exemplaire provient d'Évreux, les autres lieux
de trouvailles étant Septeuil (Yvelines) (3 exemplaires, Album
Barthélémy, III, p. 68, nos 4-6) Verneuil-sur-Avre (1 exemplaire, cf.
RN 1899, p. 271) et Vendeuil Caply (Oise) (information S. Scheers) ;
pas un seul exemplaire n'est signalé par S. Scheers (op. cit., note 7)
dans l'important lot des monnaies de Cracouville. Compte tenu des 26
exemplaires de notre site, l'attribution traditionnelle de LT 7034 due
essentiellement à l'homotypie du D/ de LT 7021 doit être sérieus
ement revue et, à notre sens, corrigée.
c) Type LT 7716, PI. XXI (Scheers 1977, série 175 fig. 638) (PI. III,
n°8 12-13).
n° 12) 6 exemplaires 1-7 (2,96 g) (PI. III,
(module moyen : 15 mm) 1-33 (2,22 g)
1-39 (2,97 g) (PI. III, n° 13)
1-65 (2,28 g)
2-10 (2,78 g)
3-11 (2,59 g)
— Au D/ profil à gauche, dont la chevelure est figurée par cinq
traits droits guillochés ; devant la bouche à gauche, soleil à quinze ou
seize rayons.
— Au R/, cheval galopant à droite entre deux annelets centrés ;
sous le cheval, sanglier à droite; devant la hure, croix bouletée.
Fin grénetis visible au D/ et au R/.
Le poids moyen de ces six exemplaires s'établit à 2,60 g.
Ce type constituant, selon S. Scheers la classe I de la série 175, est
traditionnellement attribué aux Suessiones.
Vérifiant minutieusement les lieux de trouvailles cités par les
auteurs, l'un de nous (M. Dhénin, BSFN, février 1978, p. 310-313)
retient, comme provenances certaines, Herbeville (Yvelines) et
Épiais-Rhus10 (Val-d'Oise) ; précisons qu'un exemplaire BN 7039,
constituant selon S. Scheers la Cl. II de la série, provient de Septeuil
(Yvelines).
8. Ces monnaies de surface, généralement en médiocre état de conservation, ont
visiblement subi l'attaque d'engrais chimiques; les poids relevés après traitement — à
l'exception des monnaies fragmentaires — , doivent être considérés comme réduits par
rapport aux poids initiaux.
9. Inventaire des monnaies gauloises du département de l'Eure, Évreux, 1896, p. 37.
10. P.-H. Mitard, Bulletin archéologique du Vexin français, 3, 1967, p. 80-82, n° 30. MONNAIES GAULOISES DE LA «BUTTE DU MURET» 51
Ainsi, pas un seul des exemplaires connus de la classe LT 7716 n'a
jamais été signalé à notre connaissance, sur le territoire des
Suessiones. Toute attribution fondée seulement sur des critères
homotypiques nous paraissant pour le moins hasardeuse, nous nous
bornerons à recueillir les traces d'une très faible dispersion dont
l'épicentre paraît se situer en aval de Paris, sur la rive gauche du
fleuve à la hauteur de Mantes-la-Jolie.
7. — Inédites provenant exclusivement du site.
a) Type du Muret à la tête au «bandeau» (PI. III, n" 14).
3 exemplaires 1-98 (2,78 g)
(module moyen : 15-16 mm) 2-22 (2,85 g)
3-1 (2,94 g) (PI. III, n° 14).
— Au D/, profil à gauche, dont la coiffure est très élaborée : d'un
bandeau natté s'échappent sur la nuque trois mèches en forme de
faucille; derrière le «bandeau» les mèches sont finement dessinées,
comme si le graveur avait voulu suggérer les cheveux eux-mêmes.
— R/ absolument identique à celui du type précédent LT 7716 :
seule la croix bouletée devant le sanglier de LT 7716 est absente de
notre type inédit, comme du reste de la classe apparentée BN 7039
dont S. Scheers avait fait une classe II de la série précédente
(série 175).
b) Type à la légende IISOVDA (PI. III, n" 15).
1 exemplaire
(module moyen 15-16 mm) 1-106 (1,88 g) (PI. III, n" 15)
— Le D/ offre un profil stylisé à droite ; devant le visage, lisible de
bas en haut apparaît la légende HCOYD< = ESOVDA.
— Au R/, l'on voit un sanglier à gauche, tête levée ; au-dessus, un
motif décoratif en S horizontal souligné par le cerne des soies hérissées
du verrat pourrait évoquer une fibule du type de la Tène III b.
Cette monnaie était totalement inédite, jusqu'à ce que l'un de nous
(L.-P. Delestrée, art. cit., note 2) la publiât, en raison de la légende,
en 1984.
La légende ESOVDA nous est apparue comme un composé de
ESV[S] que l'on sait être le nom d'une importante divinité celtique
(Lucain I, 445-446).
c) Type à la «tête laurée» (PI. IV, n° 17).
1 exemplaire
(mod. 17-18 mm) 1-115 (3,98 g) (PI. IV, n° 17)
— Au D/, profil à droite, coiffé d'une triple couronne de lauriers.
Cette représentation paraît fortement romanisée.
— Au R/ cheval à droite; à l'exergue, motif en rinceaux (?). LOUIS-POL DELESTRÉE ET MICHEL DHÉNIN 52
Cet exemplaire, en très mauvais état de conservation, présente une
tranche rongée sur le pourtour et un R/ très corrodé. Le poids
d'origine, assez élevé, pouvait être de l'ordre de 4,20 g.
8. — Série LT 7037, PI. XXVIII (PI. III, n° 16).
1 exemplaire
(mod. 16 mm) 3-2 (2, 65 g) (PI. III, n° 16)
— Au D/ profil à gauche stylisé ; l'œil est figuré de face, annelet
devant la bouche.
— Le R/ montre un cheval, croupe haute, bondissant à gauche ; en
dessous, petit sanglier à gauche. Au-dessus du cheval, 3 annelets
disposés en triangle (pointe en bas).
Une fois encore, l'attribution traditionnelle aux Aulerci Eburovi-
ces — due sans doute à la présence du-sanglier au R/ ... — est tout à
fait incertaine. La seule provenance connue de cette rare monnaie, en
dehors de notre site, est bien vague : il s'agit de l'exemplaire cité par
S. Scheers 1977, p. 146, n. 341 et repris de La Saussaye11 dont le lieu
de trouvaille serait «canton d'Artenay, Loiret». Il reste, ainsi que
nous l'avons constaté pour la plupart des séries dominantes, qu'aucun
exemplaire de cette série LT 7037 ne provient du territoire des Aulerci
Eburovices.
9. — Série de PIXTILOS (PI. IV, n" 18).
2 ex. représentant 2 classes :
1) LT 7100, PI. XXVII, 3-7 (mod. 15 mm, 2,69 g)
Au D/ sous le menton du profil à droite, est visible le S de la légende
PIXTILOJS.
n° 2)18) LT 7081, PI. XXVIII, 1-100 (mod. 16 mm, 2,72 g) (PI. IV,
Au D/ légende PIXTILOS lisible de haut en bas, devant le profil à
droite.
— S. Scheers a consacré à l'abondante série de PIXTILOS, qui
comprend au moins une dizaine de classes distinctes une monographie
très documentée intitulée «Un monnayage post-Césarien des années
40-30 avant J.-C. : Les monnaies à la légende PIXTILOS» (RN 1979,
p. 57-83, PI. XIII et XIV).
— Dans sa conclusion, notre collègue belge, avec prudence,
propose de rechercher l'origine de cette série fortement romanisée
entre Chartres et Orléans, faisant ainsi pencher la balance plus en
11. L. de La Saussaye, Mémoire sur une nouvelle découverte de médailles gauloises
dans le canton d'Artenay (Loiret), RN 1837, p. 90, n° 17. MONNAIES GAULOISES DE LA «BUTTE DU MURET» 53
faveur des Carnutes que des Aulerci Eburovices auxquels toutes les
classes de PIXTILOS étaient traditionnellement attribuées.
— L'importance de la dispersion rend bien difficile, encore
actuellement, une localisation précise de la source des émissions.
C. — Les monnaies en bronze coulé ou «potins»
10. — Série dérivée des bronzes de Marseille «au taureau cornupète».
21 exemplaires
module moyen : 17 mm
1-11 / 1-68 2,71 g 1-114 2,20 g
1-13 2,50 g 1-69 3,15 g 2-11 2,92 g
1-24 2,53 g 1-79 2,86 g 2-12 2,17 g
1-30 4,07 g (*) 1-80 2,26 g 3-12 2,46 g
1-34 2,66 g 1-85 2,13 g 3-13 2,32 g
1-51 fragment 1-86 2,68 g
1-62 1,88 g 1-94 2,51 g
1-63 2,86 g 1-101 2,54 g
(*) R/ : débris de la légende MA.
D/ Profil à gauche, tête et menton pointus.
R/ Taureau cornupète à droite plus ou moins stylisé.
Ces monnaies appartiennent à l'abondant ensemble des imitations
des bronzes de Marseille, jadis attribués aux Mandubii (série BN
5284-5314). J.-B. Colbert de Beaulieu avait écarté cette attribution
(OGAM, VI-1954, 4, p. 200), sans en préciser une nouvelle en raison
de la dispersion des exemplaires connus, et vit dans ce type BN 5284
le prototype de la série des «potins à la tête diabolique» qui serait due
aux Turones12.
En 1978 {BSFN, mars 1978, p. 321-322), P. H. Mitard consacrait à
cette série une note intitulée «Les Pseudo-potins des Mandubii
découverts dans le Vexin Français» et citait 21 exemplaires
provenant des sites de Berville, de Genainville et d'Épiais-Rhus, tous
trois en Val d'Oise, c'est-à-dire à l'Est du territoire des Veliocasses.
P. H. Mitard concluait à une imitation locale ou régionale d'un
quelconque avatar du modèle initial de Marseille.
Les 21 exemplaires de la butte du Muret confortent cette
hypothèse13.
p. 97-123, 12. J.-B. PI. Colbert VI. de Beaulieu, Les potins dits à la tête diabolique ..., RBN 1970,
13. Récemment, plusieurs exemplaires ont été trouvés aux environs de Dreux
(Eure-et-Loir).