Notes bibliographiques ; n°125 ; vol.35, pg 109-148

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Revue d'histoire de l'Église de France - Année 1949 - Volume 35 - Numéro 125 - Pages 109-148
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Publié le 01 janvier 1949
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In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 35. N°125, 1949. pp. 109-148.
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Notes bibliographiques. In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 35. N°125, 1949. pp. 109-148.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1949_num_35_125_3074BIBLIOGRAPHIQUES NOTES
RÉPERTOIRES
— Catholicisme. Hier, Aujourd'hui, Demain. Encyclopédie dirigée par
<i. Jacquemet. Tome-I : A-Béthel (Paris, Letouzey et Ané, 1948). — A un
rythme accéléré, puisque les quatre fascicules formant le tome Ier ont
paru en moins d'une année, M. l'abbé Jacquemet publie une encyclopé
die en sept volumes où doivent être expos.es, avec rigueur scientifique
et sous une forme concise, tous les. aspects doctrinaux, canoniques^
historiques et apostoliques du catholicisme. Cette œuvre est destinée à
remplacer, en le modernisant, le Dictionnaire pratique des connaissances
religieuses de M. Joseph Bricout, rapidement épuisé et qui ne doit pas
être réédité.
On* doit signaler ici comme un heureux signe des temps la place con
sidérable faite à l'histoire religieuse dans ce nouveau dictionnaire
destiné au clergé et. aux laïques cultivés* Trois propositions résument
l'esprit1 1 de cette publication: « Nous serons résolument traditionnels,
résolument adaptés au présent et tournés vers les temps qui viennent. »
D'où ce premier corollaire : « Nous serons extrêmement, attentifs au
•passé... Notre premier soin sera de recueillir tout le legs, des * siècles
avec respect et reconnaissance. »
De fait les articles historiques sont si nombreux qu'il n'est pas pos
sible^ de les relever ici, même d'une façon succincte. Ils sont l'oeuvre»
d'une équipe de collaborateurs de choix appartenant aux Instituts ca
tholiques, à l'Université ou aux scolasticats des différents ordres relii
gieux.
Signalons en particulier à ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Égli&e
de France que M. Aigrain consacre un article à chacun des saints' fran
çais qui ont été l'objet d'un culte, que Donî Gazeau traite tde tous les
monastères et abbayes et Mi. Jarry des diocèses *de France.
v R. Vielliard.
— Jean-François Bonnefoy, O.F.'M. Bibliographie de l'Annonciade
[Extrait, des Collectanea Franciscana, t. XIII, 1943, fasc. 2, 3, et 4]
XRoma, Istituto Storico dei Frati Minori Cappuccini, 1943. ,In-8°, 72
pages). — Le R. P. Bonnefoy avait déjà publié plusieurs travaux im
portants sur l'histoire « de1 l'Ordre de l'Annonciade, en particulier un
article sur les Intentions de la Bienheureuse Jeanne de Valois et l'Ordre
de l'Annonciade (Archivum Franciscanum historicum, t. XXXI, 1938) et
surtout la Chronique de l'Annonciade, Vies de la Bienheureuse^ Jeanne
de Valois et du Bienheureux Gabriel-Maria, 0. F. M. (Paris, Éditions
franciscaines, 1937, in-8°, xvi-360 pages), qui est l'édition critique d'un
manuscrit du xvie siècle dû -à une religieuse Annonciade^ de 'Bourges.
Poursuivant ses recherches sur l'Ordre, il a publié, en 1943, une Biblio
graphie de l'Annonciade, que nous venons seulement de recevoir, et qui
recense les sources et les différents travaux concernant les deux fonda- Ov REVUE ' D'HISTOIRE DE rfèOLISE DE FRANCE II
teurs, l'histoire de l'Ordre lui-même et celle diastitutions diverses qu£
lui sont rattachées (le < Tiers-Ordre de la Vierge Marte ou Ordre de lat François' le Collège Sainte- Paix, le Tiers-Ordre régulier de saint et
Marie de Bourges). Les travaux cités sont répartis dans un classement-
logique et, à l'intérieur de chaque section, dans 'l'ordre chronologique.-
Un certain nombre d'entre eux sont l'objet de notes critiques ou d'une
analyse. La présentation scientifique est très soignée. Souhaitons ' que»
ce- travail N de base permette à l'auteur de nous donner, par la suite^
une histoire complète et critique de l'Annonciade.
R. L.-L.
— Henri Waquet. Manuel d'études finistériennes -[Les Livrets d'étu
des* locales,1 VI] (Valence, Imprimeries réunies, 1948. In-16, 69 pages,,
3 cartes). — M. de Font-Réaulx <a pris l'initiative voici quelques an
destinés* aux érudits- nées, d'une collection de guides bibliographiques
départementaux dont, mieux -que personne, les archivistes connaissent
les besoins. L'exemple donné a été suivi et je ne doute pas que le
* livret » que vient d'écrire M. Henri -Waquet pour le Finistère, ne soit
un des excellents de la série. Certes le plan lui était tracé d'avance,,
mais on appréciera, comme son mérite- propre, la vigueur de ses, juge
ments non moins que l'étendue de son érudition. De plus, sachant par- '
expérience combien l'histoire locale doit emprunter aux ouvrages géné
raux, il a su, sans tomber dans l'encombrement, rappeler, en tête de
chaque chapitre, les> livres fondamentaux où le Finistérien ne sera pas
seul à trouver sa s pâture. Il en résulte que ce Manuel vaudra comme-
bibliographie sommaire, mais solide, de l'histoire de toute la Bretagne..
C'est là un service signalé rendu aux chercheurs de sa province, armés
par lui d'un instrument de travail très commode (et\ qui le serait encore-,
davantage si ce > petit livre était muni d'un index). ^
B.-A. Pocquet du Haut-Jussé.
— Jean Tricou. Jetons armoriés t offerts par la ville de Lyon auxr
XVIIe et XVIIIe siècles (Lyon, Badiou-Amant, 1947. In-8," de vi-227 pages*.
5 planches). — Numismate averti, l'auteur qui a donné déjà deux volu
mes, l'un sur les méreaux et. jetons armoriés des églises et du* clergé-
lyonnais, l'autre ! sur les jetons de personnages lyonnais, consacre le~
présent ouvrage aux jetons que la ville de Lyon avait coutume de faire
frapper aux armes des personnages qu'elle voulait particulièrement^
honorer ou remercier, parmi lesquels nous relèverons divers archevê
ques de Lyon, tels Chateauneuf de Rochebonne, de Neuville-Villeroy et/
Mal vin de Montazet. L'économie de l'ouvrage comporte la description
des jetons qui ont pu être retrouvés^ tant dans les collections publiques-
que privées, une' bonne notice sur chaque personnage, „ soigneusement"'
établie d'après" les sources d'archives, enfin une excellente introduc
tion sur la gravure, la frappe et la valeur artistique des jetons.
' René * Gandilhon.
Livres nouveaux. — Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique^
doctrine et histoire, publié sous la direction de Marcel Viller, S. J. Fas —
cicule XI : Chigny-Communion fréquente (Paris, Beauchesne, 1948. In-4°»»
paginé 1010-1263). — Parmi les articles quPintéressent^ plus spécial
ement .l'histoire de l'Église de France, nous relevons dans ce fascicule r
les biographies de Nicolas Coeffeteau (par M.-H. Laurent), du P. Jean-
Claude Colin (par J, Bonnefoux), de saint Colomban (par Dom L, Gou— i
NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 111
gaud) et les études sur la dévotion au Sacré-Cœur (par A. Hamon), sur-
les t Collections* canoniques (par Y. Zeiger), sur la vie communautaire
dans le clergé diocésain (par M. Viller) et sur la communion fréquente
(par J. Dûhr).
<•
TEXTES
— L'An mille. Œuvres de Liutprand, Raoul Glaber, Adémar de Cha-
bannes, Adalbéron, Helgaud, réunies, traduites et présentées par Ed
mond Pognon (Paris, Gallimard, "1947. In-8° de xlv-302 pages et la table
(Collection « Mémoires du passé pour, servir j au temps présent »). —
Ce livre est un modèle. Il le serait plus encore si l'auteur avait été tout
à fait libre de donner à son Introduction l'ampleur de ses rêves. Ré
duite, elle rester importante et révélatrice. Il le fallait pour acclimater
le lecteur à cette haute époque sur laquelle l'école ne lui a laissé guère
qu'un souvenir — en même temps qu'une erreur : car il n'est pas vrai
qu'à l'approche de l'an mille^les peuples aient attendu dans l'angoisse
la. fin du monde, M. Pognon le dit en la première partie de cette intro
duction. En cela,» il n'avait pas à faire œuvre originale : la légende des.-
terreurs' de l'an mille a été pleinement i réfutée depuis longtemps par
Jules Roy1, puis par Frédéric Duval2, sans parler d'un bon article de
dora^ François Plaine3, Son* mérite, ici comme dans le reste de l'intr
oduction, est la clarté, la vivacité de l'exposé. Il en sait, nous le voyons
bien, aussi long qu'un autre — pourvne pas dire plus long que beau
coup — mais' il ne croit pas avoir tout fait quand il a communique
son savoir de façon intelligible. IL veut forcer, puis retenir l'attention »
du lecteur, et il y réussit par une présentation 'dramatique des ques
tions. Bref, il se fait lire.
Justice faite de la légende, Mr Pognon j entreprend» de brosser une"
large fresque de l'époque qu'évoqueront ensuite, be'aucoup plus ingénu
ment 'que lui, les textes qu'il a choisis et traduits. Si l'an mille ne fut.
presque 'aux yeux de personne, l'année de la fin du monde, ce temps-là j
n'en\vit pas moins finir* quelque chose, à savoir ce qui restait encore,
surtout dans les esprits, de la conception romaine et impériale du monde
occidental. D'où une première partie : « Ce qui finit », où nous assisdernières" tons aux étapes de la décomposition de l'empire carolingien,
et aux vaines tentatives des premiers empereurs germaniques pourrie
restaurer. L'an mille, précisément, vit la plus spectaculaire de ces ten
tatives, rêvée de concert par l'empereur Otton III et le pape Sylvestre II-
Ce récit a inspiré à M, Pognon trois pages qui < suffiraient à classer un
historien (p. xxvi-xxix). Frémissantes d'un lyrisme contenu, elles attei
gnent, avec une noble sobriété, à une véritable grandeur.
Simultanément, quelque chose commençait : « C'était cette étonnante-
communauté... (p. xxix). C'était la Chrétienté. » Et, dans la* seconde
partie, nous assistons, nous qui venons de voir l'écroulement de l'édi
fice voulu par la pensée trop' ambitieuse des hommes, à la croissance de
cette forêts que devait être* la Chrétienté du plein Moyen, Age, œuvre
surtout, du moins en ce qu'elle eut de bon, de la bonne volonté et de
l'humilité des hommes, soumis aux « deux réalités irréductibles : Dietr
et les choses. ».
1. L'An mille, Hachette, 1885,
2. Les Terreurs de l'an mille, Bloud,^1908.
3. Revue des questions historiques, t. XIII (1873), p. 145-164. BEVUE D'HISTOIRE. DE L'ÉGLISE DE FRANCE 112
i t
Remarquable à tous égards, cette introduction est la preuve que la
synthèse en histoire est possible sans tricherie, à condition1 que l'esprit"
se situe sur le plan transcendental où deviennent ^ visibles les grandes,
lois morales qui président aux destinées de * l'humanité; sur ce que •
l'on ( pourrait appeler le plan de l'éthique univers«lle. 'Envisagés sous-
un tel' jour, les moindres événements cueillis au ras de la critique
historique la plus minutieuse, prennent tout naturellement - leur place
dans un ensemble cohérent. C'est là ce dont le matérialisme historique
ne sera jamais capable.
que' penser- des traductions ? Maint lecteur, après > avoir- Cela ' dit,
dévoré sans souffler le 'texte de M. Pognon, éprouveras un peu plus de -
difficulté à s'y intéresser longuement. Ce n'est» pas la faute du. tra
ducteur, qui a déployé -.les efforts les 'plus heureux pour conserver, en
transposant lavpensée d'autrui, le rythme alerte,* souvent même allègre,
de sa prose personnelle. Liutprand, qui vient le premier, . s'est laissé'
faire bien volontiers : il était lui-même un écrivain de race. La relation »
de son* ambassade à Constantinople, jusqu'ici inédite en français, est-
un morceau savoureux. Elle date de 968. On y voit comment les Basi-
leus byzantins considéraient alors leurs rivaux de l'Empire d'Occident,
et quelle -curieuse physionomie, comparable seulement à celle que ces
toutes dernières années nous fournissent tant d'occasions d'observer,
affectait la diplomatie. -
Raoul Glaber, jadis traduit' dans la vénérable collection Guizot, fait
peau neuve. Mais ce bavard5 impénitent lasse par moments*. Son intérêt-
n'en 'est pas moins -grand. Pourquoi? Je renvoie qui voudrait le savoir
aux pages 41-43 qui servent à le présenter.
Adémar de Chabannes, nouveau lui aussi en français, apporte à peu
près autant t de faits que de mots. Ce ne sont pas tous des faits vrais,
«urtout quand ils concernent l'histoire générale.*- Et* quand, comme c'est
le plus» souvent le cas, il s'agit des atroces guerres féodales de l'Aqui
taine aux ixe et Xe siècles, la passion pourrait bien, plus *> d'une fois,
avoir égaré l'auteur. Au demeurant, l'entière» authenticité I de l'Historia
Ademari reste douteuse.1 M." Lot lui-même qui, un instant, y avait cru,
n'en est plus si sûr aujourd'hui. r
Le curieux poème qu'Adalbéron, évêquc „ de Laon, adressa au roi
Robert le Pieux,' jette un jour singulier sur la rivalité qui opposait v
alors le clergé séculier, composé en majorité d'aristocrates réactionnair
es, et les réguliers, où commençait à * dominer l'influence réformatrice
de .Cluny./ Baroque et .-obscure, l'œuvre d'Adalbéron* avait- déjà été étu
diée et traduite par G.-A. Hùckel*.
Enfin, lout le monde connaît la Vie du roi Robert, par le moine Hel-
gaud.' Ici, M. Pognon, après le traducteur de la collection Guizot, et
malgré des efforts et des moyens incomparablement plus grands, a dû
renoncer à mettre un t peu de nerf dans ce style melliflu, typiquement
hagiographique, au plein sens que ce mot 'peut contenir, s'agissant d'un
écrivain du xr2 siècle. L'ennui menace, et fort pesant. Qu'on le domine,
•et l'on profite d'innombrables renseignements concrets que prodigue
Helgaud sur la cour de France au temps du roi Robert. Car ce texte ~
4- Peut-être serais-je parfois un peu moins sévère pour ce bon chro
niqueur. Ainsi, p. 267, sur la note 5 de la, p. 45, c'est assurément lui
qui a raison contre son censeur. Il sait très bien ce qu'il veut dire, et
ce qu'il dit est rigoureusement exact.
5. Les ^poèmes satiriques d'Adalbêron, Paris, 1901. Voir la différence
•entre les deux traductions, p. 218, in fine. NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 113
«est de ceux qui, sous la plus décourageante écorce, cachent l'amande
la plus charnue et la plus riche.
Nul, je pense, r n'hésitera à trouver toutes ces «traductions opportunes.
'Tout lecteur cultivé et curieux d'histoire en fera son profit* II n'est pa&'
jusqu'aux historiens de métier qui n'aient le plus grand intérêt à y
recourir. Sans doute, rien ne peut dispenser des textes originaux. Mais
•c'est une bonne fortune que d'y être commodément introduit par un
traducteur admirablement informé et qui s'est acquitté de sa tâche
avec une ""conscience dont chaque vérification permet d'apprécier le sé
rieux et qui n'a pas reculé devant l'effort supplémentaire d'appuyer ses
textes sur des notes ' savantes et précises, puis de le rendre aisément *
utilisable à 'l'aide d'une table alphabétique bien conçue et très comp
lète, t
André Combfs.
— Jean de V Mailly, O.P. Abrégé des gestes et miracles des saints, tra-
•duit du latin par Antoine Dondaine, O..P. [Bibliothèque d'histoire do
minicaine, I] (Paris, Éditions, du Cerf, 1947. In-8°, 526 pages). — Les
Frères prêcheurs, de , France qui viennent de fonder une publication
périodique sous le nom d'Archives d'histoire dominicaine, dont deux
•\olumes ont paru, inaugurent parallèlement^une Bibliothèque d'histoire
dominicaine qui sera un recueil de textes. Elle se fait connaître au
public par une traduction utile.
La Légende dorée de Jacques de Voragine, dans la version française
qu'en a donnée Teodor de Wyzewa, était épuisée.* Fallait-il la rééditer ?
Le P. Dondaine, en érudit avisé, a préféré nous révéler un précurseur
du grand dominicain et qui est son frère en religion. C'est Jean de
Mailly qui, le premier, a vulgarisé l'ensemble hagiographique dans l'or-
idre du calendrier liturgique. Des volumineux manuscrits où s'allondes" geaient les, vies saints à l'usage des chantres choraux ou des lec
teurs des réfectoires, monastiques, il a tiré des récits courts et vivants
qu'un pasteur de paroisse pouvait se procurer, lire et paraphraser de
vant ses ouailles.
De l'auteur on sait peu de chose, sinon qu'originaire du diocèse
.d'Auxerre, il publia la première édition de son Abrégé, peu après 1225,
qu'il n'entra qu'ensuite dans l'ordre de saint Dominique et mourut,
probablement frère du couvent de Metz, peu après1 1254.
La présente traduction se lit agréablement et mérite, je crois, plus
de confiance que celle dont il a parlé plus haut. L'archéologue con
sultera^ces récits qui ont inspiré les artistes et donnent' le sens de
tant d'images. L'historien ne les; négligera ,pas, sachant qu'ils expri
ment intensément l'ambiance dans laquelle les plus sympathiques de
nos ancêtres ont» vécu.
B.--A. Pocquet du Haut-Jussé.
— Lettres et pages inédites de Mgr Gerbet, présentées par Mgr de
Llobet, archevêque d'Avignon ^ (Lyon-Paris, E. Vitte, 1948. In-8° de
277 pages'). — Mgr de Llobet, qui a publié naguère, avec une introduc
tion biographique, un florilège des écrits de Mgr Gerbet1, a voulu ras
sembler,- dans ce nouveau volume, un certain nombre de textes inédits
du v même auteur. Ce sont cent seize lettres ou notes, qui proviennent
1. Monseigneur Gerbet, collection"* La Noble France»», Paris, Bonne
Presse, 1946. Cf. Revue, A. XXXIII (1947), p. 332.
8 REVUE D'HISTOIRE DE . L'ÉGLISE ' DE FRANCE 114
pour la plupart d'archives privées ouide communautés religieuses. Quel
ques-unes offrent seulement l'intérêt de préciser un détail biographique
ou de v renseigner* sur *les relations de Migr Gerbet*, D'autres prennent
une importance historique, quand elles ont trait, par exemple, à l'his
toire du» groupe mennaisien (voir, en particulier, la lettre conservée aux
archives des RR. PP. Théatins à Rome, p. 181) ou* aux affaires politico-
religieuses de'l'époque (comme*la lettre à Mgr Sibour, en 1852,» sur
l'entente avec Louis-Napoléon, p. 243, ou la lettre à Rouland, ministre
des i Cultes, sur -l'attitude politique des catholiques français en ' 1860,
p. 265). Elles apportent incontestablement une documentation nouvelle
que les historiens du catholicisme français au xixel siècle auront désor
mais intérêt à connaître. Mgr de Llobet reste persuadé, d'ailleurs, que .
sa moisson est incomplète et qu'il sera possible, plus tard, de faire de
nouvelles1 . découvertes* Dans une aimable introduction, il raconte les-
difficultés qu'il a rencontrées pour constituer son dossier et il précise,
grâce à ces documents nouveaux, plusieurs épisodes importants de. la
vie de son héros. Le plaisir qu'il a éprouvé visiblement à faire revivre
l'ancien évêque de son pays natal sera partagé par ses lecteurs qui lui
sauront gré de leur faire mieux connaître un homme qui a joué un
rôle' important, mais que son désintéressement a laissé jusqu'ici un
peu effacé à côté de ses illustres contemporains.
R. Limouzin-Lamothe.
Livres nouveaux. — Daniel-Rops, Les Évangiles de la Vierge (Paris, Ro
bertLaffont, 1948. In-8V 264 p., xl pi. h. t., 330 frO. — Étude critique
des 'sources de l'histoire de la iVierge, suivie des^textes des Évangiles,
canoniques et des Évangiles apocryphes qui la concernent.
ANTIQUITÉ ET MOYEN AGE ,
«■I •
— Histoire illustrée de l'Église, publiée sous la direction de Georges
de Plinval et Romain Pittet (Paris, Éditions du Cerf, 1946. In-4°, 362 '
pages, illustrations). — Le premier volume de cette Histoire s'est achevé
avec le fascicule «XI, en 1946. On ne -peut souhaiter présentation plus-
aimable • : texte cohérent (chaque fascicule traite un sujet), clair et
vivant; illustration abondante, instructive et artistique; papier, impress
ion, correction qui font douter que l'Imprimerie Saint-Paul àiFribourg
se trouve sur la planète Terre.
Large est la place de l'Église de France dans ce vaste panorama. On
lira le tableau t de la 'première organisation, (fasc. VI), du développe
ment monastique (fasc. VII), des relations entre les deux * puissances '
(fasc, VIII), des croisades (fasc. IX), de la civilisation médiévale (fasc.
XletXI).<
Dès l'Introduction, les directeurs exposent leur dessein : écrire pour
le grand public, non pourries spécialistes; tracer » des lignes s nettes eni-
acceptant le risque des omissions; éliminer l'érudition, pour mieux
établir la vitalité de l'Église*
Par ces déclarations v ils se sont garantis contre les critiques poin
tilleux qui auraient, par exemple, souhaité une mention pour de grands
papes constructeurs comme Alexandre III ou même Gélase et aussi pour
ie droit canonique, l'un des .apports de l'Église à la civilisation. Nous ne
relèverons que de menues erreurs. Le concile de 511 s'est tenu à Or-
Jéans, non à Paris. Reccarède se convertit en l'année 587 et non en 600. .
NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 115
Saint-Étienne de Xevers n'est pas - une cathédrale. La cathédrale de
Bourges est consacrée à saint * Etienne, et non à Notre-Dame. Il sera
permis de trouver trop modernes certaines ' expressions comme autarc
ie, main-tendue, peuple chic. Et de regretter que la magnifique illus
tration mêle à des documents contemporains du récit ou à des paysages
éternels la vision des artistes de la Renaissance ou du xix9 siècle : le
giand publia a-t-il l'information nécessaire pour éviter les erreurs»
d'imagination auxquelles on 'l'expose?
Toutes ces réserves ne sauraient diminuer notre gratitude envers des
auteurs — M. dePlinval pour les neuf premiers fascicules, le R. P. Humb
ert Vicaire pour les deux derniers — qui conduisent , le récit avec
souplesse et lucidité, ni envers les directeurs qui ont su réunir, par
ce temps de misère, tous les moyens d'une \ présentation admirable.
Gabriel Le Bras.
\
— Dr H., Aurenche. Chemins de Compostelle (Paris, Bonne ^ Presse,
1948. In-8° de 170. pages). — Cinq -chemins, partant respectivement- de
Paris,- de Vézelay, du Puy-en-Velay,1 d'Arles» et de Perpignan, condui
saient les pèlerins, en quatre mois, vers lai tombe de l'apôtre saint.
Jacques le Majeur, à Santiago de Compostelle. Ce sont ces « chemins »,
autrefois si périlleux, que le docteur Aurenche nous 'fait parcourir à
sa suite, en compagnie des Jacobites.
Maints détails sont empruntés- au Guide du pèlerin, naguère édité et
traduit par Mlle J. Vielliard. Mais l'auteur y ajoute le récit d'un certain
nombre de légendes, grâce auxquelles* est 'recréée l'atmosphère propre
aux pèlerinages médiévaux. Il j nous fait pénétrer dans les. hospices que
la charité des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem avait multipliés
sur le - parcours, ainsi que dans les» grands > sanctuaires « auxquels ■» le
Jacobite ne manquait pas de s'arrêter pour y faire ses dévotions; et il
ne nous cache rien des dangers réels auxquels, chaque année, des mil
liers de pèlerins acceptaient * de s'exposer pour conquérir le titre envié
de,« confrères de saint Jacques ».
Quelques jolies .photos et une carte complètent l'ouvrage.
Françoise Lehoux.'
— Eugène Sol. Un des plus grands -papes de l'histoire, Jean XXII.
(.Jacques Duèse de Cahors) (Paris, Beauchesne, 1948. In-8°, 96 \ pages,
portrait. Prix : 200 fr.). — Quel but vise l'auteur de cette brochure ?
Les érudits n'utiliseront pas ce travail de- seconde main où les textes1
ne sont pas serrés de près. Quant au grand public, il ne goûtera pas ce
consciencieux mais sec résumé de, Noël Valois, , de l'abbé G. Mollat, du-
chanoine Albe. Cependant les occasions ne manquaient pas de> faire
vibrer les cordes -sensibles, de, nos contemporains : le droit divin de
la propriété affirmé contre les sectateurs.de la pauvreté évangélique ;
l'origine 'populaire de la souveraineté condamnée en s la personne du
Defensor pacis;~lè rôle d'arbitre ou de juge impartial entre les États
rempli par le pape avec «.plus ou moins de succès; les missions enfin
dont le nom seul est prononcé.
M. Sol a-t-il , esquivé volontairement îles sujets litigieux,? Vais-je.
quant à moi, discuter ici la politique d'un pape âprement combattu ?
Ce n'est pas le lieu. Il est incontestable que, dans le domaine financier,
Jean i XXII >a' été remarquable. Au moment où les 'troubles de l'Italie
le privaient du Patrimoine, c'était beaucoup pour la dignité et k l'auto
rité du Saint-Siège que de < reconstituer un revenu entièrement dû aux 116' WtVUE D'HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE FRANCE
ressources ecclésiastiques et nullement aux > largesses * laïques, si bien,
que ce pape, pauvre lorsqu'il fut couronné, fut bientôt capable d'avan
cer de gros capitaux aux souverains en quête de prêteurs. Ce n'est pas "■
un résultat négligeable. Suffit^il pour saluer, en -Jean XXII « un des
grands papes de l'histoire » ? L'éloge est exagéré, mais, nous reconnais
sons que l'œuvre accomplie a duré longtemps après ce pape. C'est une
preuve du coup d'oeil et de l'énergie de 'ce vieillard r dont le pontificat"
s'est déroulé entre sa 73e et sa 91e année.
Bj-A.* Pocquet du Haut-Jussé.^
— Chanoine E. Gauroy. Sainte Jeanne d'Arc à Châlons : Châlons en
1429 (Châlons^sur-Marne, Impr. du Journal de la» Marne, 1948. In-8° de
261 p., 24 pi. hors texte. Prix : 650 francs). — La bibliographie des
ouvrages * parus sur Jeanne d'Arc est assurément' une des plus import
antes qu'il soitj et pourtant chaque année de nouvelles publications
sont consacrées à la Pucelle d'Orléans. Dans la préface de son oovrage,
bien édité et fort élégamment illustré, l'auteur reconnaît qne l'essentiel
a été déjà dit sur le passage de la sainte à Châlons, mais ses recher
ches lui ont permis de mieux situer dans son cadre le séjour de l'hé
roïne» Établie sur une bonne documentation tirée des ouvrages 'impri
més, et des documents d'archives, l'œuvre nous apparaît comme une
histoire 4 vivante de Châlons en 1429. Les , personnages qui eurent «un-
certain renom à l'époque, tel que l'évêque Jean de Sarrebruck, d'autres
dont l'histoire n'avait' pas retenu .les noms, enfin v ce menu peuple, dont
la vie nous est si mal connue, apparaissent au cours des divers chapi
tres. Des faits nouveaux, tels que les présents offerts par l'évêque de
Châlons au neveu de la Pucelle, tout en étant minimes, sont fort inté
ressants, parce qu'ils nous montrent cet élan général pour le but au-^
quel tendait Jeanne d'Arc. Le livre déborde parfois^ des limites de l'en
ceinte chalonnaise et les lut'tes entre Armagnacs et Bourguignons en
Champagne s'y trouvent relatées., Les historiens ne sauraient s'en plain
dre, et nous pensons que tous trouveront profit à sa lecture.
René Gandilhon.
Livres nouveaux. — Les Religions de l'Europe ancienne. Tome III : les
Religions étrusque et romaine, par Albert Grenier; les Religions des
Celtes, des Germains et des anciens Slaves, par Joseph Vendryès. Ernest
Tonnelat et B.-O. Unbegaun [Coll. « Mana », Introduction à l'histoire
des religions] (Paris, Presses universitaires de France, 1948. In-8%
467 p., 500 frj. ,
Inspiration religieuse et structures temporelles [Coll. « Bases1 de l'h
umanisme-»] (Paris, Éditions ouvrières, 1948. In-16, 292 p, 430i.fr.). —
Recueil" d'articles historiques, concernant l'Antiquité et le Moyen Age,
sur les relations du spirituel 'et du temporel, et' publié sous la direction
du R. P. Desroches :. G. Bardy, les Communautés primitives,' R. Aube-
nas, l'Influence du christianisme sur le droit romain; J.-R. Palanque
et E. Delaruelle, > le Rôle temporel de l'Église du IV au VIIe siècle ;
S. Giet, Saint Basile, et l'assistance aux malheureux; M. R. Mayeux, les
Biens de l'Église considérés comme patrimoine des pauvres à travers les
conciles occidentaux du VIe siècle; Dom Leclercq, la Vie économique/
des monastères au Moyen Age; M. D. Chenu, Réformes de structure en
chrétienté; J^-M. Gatheron, Arofe sur la continuité du rôle agraire des
Cisterciens. . i
NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 117
TEMPS MODERNES-
— Abbé Jean Harang. Bourdoise (.1584-1655), précurseur du clergé
communautaire et missionnaire (Paris, Éditions du Cerf, 1947. In-12 de
160 pages. Prix : 100 fr.). — M. l'abbé Harang a déjà publié divers
volumes couronnés par l'Académie Française, en particulier un Per-
reyve et un Bienheureux P. J. Eymard. Dans son récent Bourdoise, petit
livre de lecture., très «agréable, il ne prétend pas satisfaire la curiosité
des spécialistes, mais seulement attirer l'attention du grand public sur
un f personnage qu'il juge trop oublié. Son information est d'ailleurs
suffisante et on, ne peut lui reprocher d'erreur grave. Il doit visibl
ement beaucoup à l'excellent chapitre du livre trop peu connu de M. Hu-
velin. On s'étonne cependant qu'il ne cite nulle part l'Histoire du sémi
naire de Saint-Nicolas du Chardonnet * de P. Schoenher (Paris, 1910-
1911) : elle reste l'ouvrage le plus complet' sur la question. Parmi les
sources originales, M. Harang a consulté Descourveaux et Courtin, mais
il a ignoré J. Grandet, les Saints prêtres français du XVIF- siècle (éd.*
G. Letourneau, Angers, ,1897-1898) et les Mémoires de M.> Fegdeau (éd.
Jovy, Vitry-le-François, 1905, t p. 20-26; signalons aussi le ms. 15 du*
fonds d'Amersfoort, Rijksarchief de La Haye).
Pourquoi M. Harang s s'est-il intéressé à la figure revêche du «»mar-
guillier universel »? Le sous-titre nous l'indique. Et l'on doit conseiller
la lecture de son livre à^ceux qui veulent se renseigner rapidement
sur l'histoire des communautés de prêtres, question fort actuelle. Si
Saint-Nicolas du Chardonnet n'était pas le séminaire désiré par le con
cile de Trente — il n'en existait pas encore de tel en France — c'était
du moins un séminaire paroissial. Et M. Harang marque fortement tout
ce que fit son héros pour ^ restaurer la paroisse et l'esprit paroissial
(p. 55). Il signale aussi sa « vocation de sacristain » (p. 65-75) et insiste -
sur ses efforts pour imposer le port de la soutane, encore exceptionnel %
dans le clergé. Plein» d'intérêt," le chapitre sur « la spiritualité bour-
N doisienne » (p. 128-145) paraît un peu court.
Nous regrettons" surtout que M. Harang n'ait pas été frappé par ce
qui nous semble le résultat le plus important et le plus durable de
l'action de Bourdoise : avoir, introduit en France les préceptes de saint
Charles Borromée sur le délai de -l'absolution : « II y a trente ans,,
écrivait-il vers 1643, que -je pensais ce que je pense. ... Devant que le
Port-Royal fût, j'ai cru.... qu'il* y- avait peu de vraies et salutaires con
fessions... que la plupart v des confessions sont des chansons, outpour
mieux dire des sacrilèges et non pas des sacrements... Nous péchons en-
effet et" nous ne faisons pénitence qu'en peinture... O routine damnable <
d'un très grand nombre de confesseurs qui semblent tenir boutique du
confessionnal !... Dès la , première année, j'ai commencé à ne pas ab
soudre légèrement : de quoi. j'ai vu, Dieu merci, des fruits considérab
les... C'est la question si, en tanttde confessions, il y a seulement une\
seule' particule d'attrition, \u qu'après la confession on poursuit sa i
misérable vie comme auparavant » (Bibl.Mazarine, ms. 2453, f. 286 sq.).
Ce texte aurait, pu servir d'introduction à l'étuùe du « jansénisme »
de Bourdoise, question à peine effleurée par M. Harang (p. 132-133). Il
n'a pas marqué que, si le fondateur de * Saint-Nicolas fut mal vu de
Duhamel et de son groupe, il avait toujours entretenu d'excellentes <
relations avec Saint-Cyran.
Cela explique en partie. les incessantes persécutions auxquelles1 Bour
doise fut en butte (cf.* nos Origines du Jansénisme, t. II, p. 39) : en 1638,