Notes bibliographiques ; n°181 ; vol.68, pg 273-315

-

Documents
44 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Revue d'histoire de l'Église de France - Année 1982 - Volume 68 - Numéro 181 - Pages 273-315
43 pages

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 1982
Nombre de visites sur la page 27
Langue Français
Signaler un problème

Notes bibliographiques
In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 68. N°181, 1982. pp. 273-315.
Citer ce document / Cite this document :
Notes bibliographiques. In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 68. N°181, 1982. pp. 273-315.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1982_num_68_181_1704NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
INSTRUMENTS DE TRAVAIL
Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, sous la dir. de R. Aubeht,
assisté de J.-P. Hendrickx et de J.-P. Sosscm. T. XIX, fasc. 113, Garcia- Gatia-
nensis. Paris, Letouzey et Ané, 1981. (19 X 27), col. 1169-1407. — Cette livraison
termine le T. XIX. Nous signalerons en particulier trois notices qui intéressent
tous les historiens de l'Église. Il s'agit de celles concernant Gabriel Garcia Moreno
(1822-1875), homme politique de la République de l'Equateur, qui passa toute
sa vie à rechercher un droit chrétien; le cardinal Pietro Gasparri (1852-1934),
secrétaire d'État de Benoît XV et de Pie XI, dont on connaît le rôle, entre autres,
dans la préparation du Code de droit canonique ; le cardinal Gasquet (1846-1929),
dont l'action spirituelle, diplomatique et historique occupe une place importante
dans l'histoire de l'Église ; les deux cardinaux bénéficient chacun d'une étude
remarquable du chanoine Aubert. A côté de ces très grands noms, il y en aurait
une foule d'autres à signaler. Relevons au moins l'article signé de Mgr Poupard
sur le nonce à Paris Antonio Garibaldi (1797-1853) ; celui sur Lucien Garrelon
(1827-1873), Carme déchaussé, connu sous le nom de P. Marie-Ephrem, vicaire
apostolique de Mangalore, dans l'Inde, dont la vie et l'œuvre méritaient cette bonne
étude. Signalons encore le philosophe thomiste Joseph Gardair (1846-1911), et le
musicologue religieux Amédée Gastoué (1873-1943). On pourrait enfin s'attarder
à l'étude sur l'abbaye du Gard dans le diocèse d'Amiens et à l'histoire de la congré
gation des Gardistes (xvne siècle-1913), dont la connaissance n'est pas négligeable
pour comprendre la vie religieuse de la Provence. ,
— Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique. Doctrine et histoire. Fondé
par M. Viller, F. Cavallera, J. de Guibert, S. J., continué par A. Rayez,
A. Derville et A. Solignac, S. J., T. XI, fasc. LXXII-LXXIII : Nabinal-Ochino.
Paris, Beauchesne, 1981. In-4°, col. 1-576. — Dans cette livraison, l'article consacré
au cardinal Newman (1801-1890) occupe évidemment une place centrale. Il permet
de pénétrer sa vie spirituelle, et d'en dégager les grandes lignes. L'article sur saint
Norbert (1080-1134), fondateur de l'ordre des chanoines réguliers de Prémontré,
est lui aussi de grande utilité, car le personnage demeure jusqu'ici mal connu du
public ; il ne manquera pas de retenir l'attention. Plusieurs Jésuites ont fait l'objet
d'études indispensables. Je retiendrai celle dédiée à Jérôme Nadal (1507-1580),
un des compagnons d'Ignace. Dans cette évocation de personnalités, il faut souligner
toute la place qui a été donnée à des auteurs grecs et arméniens. Il serait quasiment
impossible de trouver sur certains d'autres informations accessibles en langue
française. J'indiquerai entre autres Nersès de Lambron (1152-1198), archevêque
et docteur de l'Église arménienne; IV Snorhali (1102-1173), Catholicos
et de la même Église, dont l'ouvrage sur le Pasteur est capital ; ou encore
Nicétas Stéthatos (xie siècle), moine byzantin. Je devrais m'arrêter également sur
la longue liste des personnages divers portant le nom de Nicolas. Je me bornerai
à signaler le nom d'Auguste Nicolas (1807-1888), bordelais, auteur des Études 274 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
philosophiques sur le christianisme, qui eurent 26 éditions, et valurent à son auteur
d'être un des plus grands apologistes du xixe siècle.
Si nous passons à des domaines plus larges, il faudrait faire remarquer la valeur
de l'article Églises nordiques, et celle des études consacrées à des sujets spirituels
ou dogmatiques : Nature et contemplation ; Néant ; Nuit ; Obéissance. Ce dernier
mériterait de retenir spécialement l'attention, comme aussi l'excellente monograp
hie relative à l'ouvrage mystique anglais de la fin du XIVe siècle : Nuage de l'incon-
naissance. Le Père James Walsh en a fourni une présentation équilibrée et très
nuancée. Je ne veux pas terminer sans renvoyer à l'article Noé, signé de l'abbé
P.-M. Guillaume, qui connaît si bien la spiritualité de l'Ancien Testament.
R. Darricau.
— Martin de Framond. Sceaux rouer gats du Moyen âge. Étude et corpus. Avant-
propos par Jean Delmas. Préface par Robert-Henri Bautier. Rodez, Archives
départementales de l'Aveyron, 1982. (21 X 30), 422 p., £11. — Corpus et catalogues
ont en général mauvaise presse parmi les travaux universitaires. La thèse d'École
des chartes de Martin de Framond apporte une fois de plus un démenti à cet état
d'esprit. Ce jeune érudit a eu le courage d'entreprendre et de mener à bien le corpus
des sceaux rouergats médiévaux. C'est dire la masse de répertoires et de documents
dépouillés. Le résultat est là : quelque 538 sceaux retrouvés pour le seul Moyen âge,
et le Rouergue n'est ni la Flandre ni la Lorraine...
Précédé d'une importante introduction historique construite en trois parties :
t les sigillants », c diplomatique », c décor », le corpus a été construit selon la méthode
traditionnelle en usage dans l'École française : sceaux laïques, sceaux ecclésiastiques.
Seule cette seconde partie nous retiendra. Elle n'est pas la plus importante (n08 407-
538), et est divisée en plusieurs séries : ,
3e série : c Les évêques », de 1161 à 1481, où l'on voit le sceau épiscopal devenir
progressivement un véritable objet d'art, passant de la simple figuration d'un évêque
bénissant à une représentation de la Vierge, assise, dans une architecture composite,
entourée de divers personnages, dont l'évêque ;
8e série : c Chapitre et clergé séculier » ; plus tardive, elle va de 1220 au xive siècle.
Le sceau du chapitre cathédral suit une évolution semblable, et il faut noter l'exi
stence de sceaux émanés de simples chanoines ou clercs, au xive siècle. Notons le
remarquable sceau de Jean de Cardaillac, patriarche d'Alexandrie et administra
teur perpétuel de l'évêché (1371-1378) ;
9e série : « Abbayes et clergé séculier », où l'on retrouve toutes les grandes abbayes
du diocèse : Beaulieu, Bonnecombe, Conques, Loc-Dieu, Nant, Sylvanès, Nonenque,
Le Monastère, ainsi que quelques prieurés. Il s'agit dans la plupart des cas du sceau
abbatial.
10e série : < Autres établissements religieux », où sont regroupés quelques sceaux
provenant de la Chartreuse de Villefranche, des Frères mineurs de Rodez, des Frères
prêcheurs de la même ville, de Templiers, d'Hospitaliers (Aubrac et Saint- Jean-de-
Jérusalem).
11e série : « Omcialités », avant tout celle de Rodez ; celle de Vabres n'est repré
sentée que par deux numéros et celle de Saint-Antonin par un seul numéro.
Le sceau ecclésiastique est apparu très tôt en Rouergue : vers 1120 pour l'évêque,
1123 pour l'abbé de Vabres. Puis c'est au tour de Conques et des abbayes cister
ciennes récemment établies de se munir d'un sceau. Antériorité donc du sceau
ecclésiastique sur le sceau laïque : 1187 seulement pour le premier sceau de ville,
celui de Millau. Dès la fin du xne siècle, c'est au tour du chapitre cathédral et de
ses principaux dignitaires de posséder un sceau. On verra même un moine, Gaillard
de Mirabel, sacristain de Bonnecombe, en posséder un dès 1248. L'emploi du sceau NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 275
ecclésiastique comme sceau de juridiction dès le xme siècle, face aux sceaux laïques,
est bien mis en valeur dans l'introduction, et matérialisé par une carte. L'ofncialité
de Rodez et les grandes abbayes, Bonnecombe et Conques en particulier, ont fait
face aux sceaux royaux et seigneuriaux.
L'histoire ecclésiastique n'occupe qu'un cinquième environ de ce gros volume,
mais c'est là une nouvelle pierre qui s'ajoute à un corpus général des sceaux ecclé
siastiques français.
Bien qu'il s'agisse là d'un corpus scientifique et non de l'inventaire systématique
des fonds, les Archives départementales de l'Aveyron n'ont pas hésité à incorporer
ce beau volume, réalisé avec -soin par un imprimeur local, dans leur déjà longue
série d'inventaires imprimés, et surtout le département à en financer l'impression,
permettant ainsi une large diffusion de ce répertoire. Souhaitons que le travail
de Martin de Framond suscite des imitateurs.
Jean-Loup Lemaître.
ANTIQUITÉ CHRÉTIENNE
Christian Cochini. Origines apostoliques du célibat sacerdotal. Paris, Lethielleux,
1981. (15 X 22), 479 p. — II s'agit d'un bon livre, méthodique et bien informé, qui
fait de c la reprise d'une thèse de doctorat en théologie présentée en mai 1969 à
l'Institut catholique de Paris » (p. 9) et dont le cardinal Daniélou, qui présidait
le jury, avait souhaité la publication dans une nouvelle rédaction, plus appro
fondie ; désir que l'on comprend à la lecture de l'ouvrage, c Une idée maîtresse »
s'en « dégage avec constance... : la continence est requise des clercs employés au
service de l'autel parce qu'ils exercent, entre Dieu et les hommes, une fonction
originale de médiation » (p. 465). Donc, loin d'être une surcharge tardive, le célibat
sacerdotal remonterait, à travers les apôtres, jusqu'aux usages juifs qui imposaient
la continence aux prêtres, lorsqu'ils étaient de service. Voilà la « thèse » dont l'auteur
présente les bases dans une première partie, et d'abord quatre documents du ive siècle,
dont le canon 2 du concile de Carthage en 390, qui attira son attention sur la question ;
cette décision voulait que les évêques et les prêtres t observent une continence parf
aite, afin de pouvoir obtenir en toute simplicité ce qu'ils demandent à Dieu »,
et elle ajoutait cette exhortation : « ce qu'enseignèrent les apôtres, et ce que l'anti
quité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder » (p. 26) . C. Cochini
résume ensuite les opinions les plus marquantes déjà exprimées sur les origines du
célibat des prêtres. Puis il précise la méthode qu'il entend suivre et il donne, pour
achever cette première partie, deux dossiers : l'un sur le mariage des apôtres et le
second sur les clercs mariés (jusqu'au vne siècle), avec cette idée qu'ils étaient nom
breux et que, dès leur ordination, on leur demandait d'être continents. La deuxième
partie, qui occupe près des deux tiers du livre, réunit les principaux textes patris-
tiques concernant le célibat et la continence des clercs, les étudie et les commente,
toujours jusqu'au vne siècle. L'exposé est dense, précis, objectif et aboutit à des
conclusions fermes, logiques et mesurées qui ne manquent pas d'impressioner le
lecteur.
Le livre garde cependant un caractère hypothétique. En effet, des documents
vraiment positifs n'apparaissant qu'avec le ive siècle, la démonstration doit se
fonder sur ceux-ci et leur reconnaître une ascendance apostolique vraisemblable,
à condition d'accepter certains principes, tel celui qu'exprima saint Augustin :
« ce qui est gardé par toute l'Église et a toujours été maintenu sans avoir été établi
par les conciles, est regardé à très juste titre comme n'ayant pu être transmis que
par l'autorité apostolique » (p. 76). Dans ces conditions, et bien que l'auteur soit
très prudent et qu'il ait pris le soin de définir sa méthode, on peut regretter qu'il ne
s'occupe pas davantage des objections possibles : le célibat sacerdotal ne doit-il
, 276 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
rien à celui des moines ? et d'autre part, en dehors de toute espèce de subjectivité,
ces deux formes de célibat n'ont-elles pas été influencées par un mépris du « corps »,
que des conceptions dualistes rendaient relativement familier dans le monde médi
terranéen d'alors ? Le premier de ces deux points semble d'autant plus important
que les textes conciliaires les plus anciens sur la continence des clercs sont du IVe siècle,
époque où le monachisme et l'ascétisme étaient suffisamment mûrs pour avoir la
possibilité d'exercer un attrait ou une action sur le clergé séculier ; que l'on pense,
par exemple, aux moines faits évêques, tel le célèbre Martin de Tours. On aimerait
donc voir argumenter et discuter certaines affirmations, comme celle-ci, p. 475 :
c indépendants dans leurs motivations et dans leurs effets, ces deux courants (soit :
les deux types de célibat) réagirent naturellement l'un sur l'autre, mais eurent leur
source dans des traditions différentes. Tandis que l'appel i la virginité se fondait
sur les conseils évangéliques, la discipline de la continence cléricale se réclamait,
comme nous l'avons souvent vu, d'une volonté positive des apôtres ». Quant à l'a
nthropologie pessimiste du dualisme, elle était très sensible dans les régions de l'Emp
ire romain voisines de la Perse, et la plupart des philosophes grecs la partageaient ;
il aurait donc pu en pénétrer quelque chose dans l'Église par les moines syriens ou
encore par les concepts néoplatoniciens, souvent maniés par les Pères des ive et
Ve siècles. On comprend (mais on regrette aussi) que cette enquête lourde ait été
ainsi délimitée (et malheureusement limitée !). Ces quelques réflexions sont donc
sans doute moins une « critique » d'un livre riche et marquant, qu'une invitation
à regarder son c environnement », qui s'il était étudié, contribuerait peut-être à
éclaircir davantage les origines du célibat sacerdotal, celles de l'ascétisme monasti
que, et à préciser sur ces deux points l'originalité du christianisme par rapport à la
culture gréco-romaine.
Michel Carrias.
— Michel Rouche. Des Wisigoths aux Arabes, l'Aquitaine, 418-781. Naissance
d'une région. Paris, Éd. de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (diff.
Jean Touzot), 1979. (16 X 24), 777 p., 5 pi. h-.t., 250 F. — Ce livre est la thèse de
Michel Rouche, que les lecteurs de la Revue connaissent, puisqu'ils ont pu en lire
le compte rendu de soutenance (t. 63, n° 170, 1977, p. 200-202). Elle avait été éditée
par le service de reproduction des thèses de l'Université de Lille III dès 1977,
mais cette édition présentait de sérieux inconvénients. Aussi est-ce avec plaisir
que l'on consulte désormais ce beau travail dans l'édition imprimée qui a été cou
ronnée par l'Académie des inscriptions et belles-lettres. La typographie est soignée
(quelques rares coquilles à signaler, ainsi n. 2 p. 531, où sont cités les deux ouvrages
de Wartburg), les cartes très précises et les reproductions prennent toute leur
valeur. L'auteur a ajouté des indices et des tables qui faisaient défaut dans la pre
mière édition (encore qu'une table analytique détaillée des matières aurait été sou
haitable). Les notes rejetées en fin de volume (et non plus en fin de chapitre) sont
plus utilisables, même si ce système n'est guère commode et ne saurait remplacer
les notes infrapaginales. La bibliographie est abondante, mais un système de class
ement par genre la rend moins aisée à consulter. Elle n'a guère été augmentée que
de deux ou trois titres et s'arrête volontairement à 1976, date de la soutenance.
L'auteur, par contre, a intégré toutes les remarques et corrections que lui a faites
son jury, dans le texte comme dans les notes ; il a ajouté un certain nombre de
réflexions personnelles à l'Épilogue, qui font vraiment de ce livre une seconde
édition revue et augmentée.
L'étude de Michel Rouche renouvelle un sujet qui avait été laissé de côté depuis
trop longtemps. Il l'a fait en utilisant largement les études locales de valeur — souvent
appuyées sur des recherches archéologiques récentes — , l'onomastique (surtout
la toponymie), les sources traditionnelles enfin, mais entièrement reprises sur des
bases neuves, spécialement l'hagiographie et la numismatique. Il a lu, contrôlé
et critiqué, traduit intégralement pour les utiliser 80 Vies de saints. Il faut saluer BIBLIOGRAPHIQUES - 277 NOTES
ici cet effort remarquable qui assure des bases nouvelles et solides à un édifice
impressionnant. En effet l'œuvre est construite autour d'une idée profondément
intéressante et qui, de plus, est à la mode depuis plusieurs années : la région, cette
réalité géographique restreinte, physique et humaine, opposée à la structure poli
tique et historique qu'est l'État. L'auteur est lui-même très attaché à l'Auvergne
dont il est originaire, et qui est englobée dans les limites de son étude. Il observe
dans une première partie la naissance de l'Aquitaine et son évolution historique
pendant plus de trois siècles et demi. La seconde partie est consacrée à l'examen des
structures, successivement les hommes et la terre, les réalités économiques et
sociales, les mentalités et le rayonnement extérieur. La part de l'Église et les aspects
religieux sont prédominants, que l'on étudie la politique, les hommes, les faits
économiques ou la culture, ne serait-ce d'ailleurs que parce que les sources sont
essentiellement cléricales (p. 424). Les lecteurs de la R.H.É.F. sont donc intéressés
au premier chef et c'est aux aspects religieux que je bornerai essentiellement mes
remarques.
On peut émettre un certain nombre de réserves, voire de critiques, soit de fond,
soit de détail. J'ai dit plus haut tout le bien que je pensais de l'utilisation des sources
littéraires : il s'agit là d'une opinion que le lecteur se fait au fil de la lecture, car il
manque un tableau de présentation critique des sources hagiographiques où seraient
exposés la méthode suivie, les points de vue adoptés, les conclusions ou les probab
ilités. Il est probable que la refonte du nouveau Molinier permettra de répondre
à beaucoup de ces questions. Il n'en est pas moins vrai que le lecteur reste sur sa
faim. L'effort de Michel Rouche pour utiliser la toponymie est impressionnant :
il obtient des résultats intéressants, suivant le travail de G. Souillet pour c La
Guerche » par exemple (p. 355 sq) qu'il matérialise sur une belle carte (n° 33, p. 356).
Mais trop souvent il n'aboutit qu'à des approximations : ainsi le toponyme « l'Herm »
et les dérivés d'eremus, le désert (p. 235 sq). Un long développement essaie de les
utiliser pour établir la carte des défrichements (n° 23, p. 237) ; mais que tirer de
ces 200 noms qui peuvent avoir désigné une terre en friche, ou à défricher, ancienne
ment défrichée et revenue à l'abandon (mais pas forcément), sans oublier le sens
spirituel du désert monastique qui a pu prévaloir dans certains cas ! Sentant la
faiblesse de la démonstration, l'auteur s'appuie sur l'hagiographie ou l'archéologie,
mais cette dernière représente 4 cas sur 200...
Il y a des contradictions ou des obscurités : ainsi le climat à l'époque mérovin
gienne correspondrait c à une phase de réchauffement » (p. 187), mais « les fluctua
tions météorologiques ou climatiques semblent plaider à l'image du Nord de la
Gaule pour un refroidissement » (p. 224) ; l'auteur s'en tire avec élégance en décla
rant un peu plus loin : c mieux vaut s'abstenir de conclure » ! Plus gênantes sont les
contradictions sur saint Vincent d'Agen : l'auteur affirme que la basilique du Mas
d'Agenais est dédiée à saint Vincent de Saragosse (p. 60) et renvoie sans comment
aire à l'article de la marquise de Maillé ; mais il adopte l'existence d'un saint local
(p. 398) suivant Baudoin de Gaiffier, et critique alors l'opinion précédente (p. 77,
p. 687) < qui ne lui paraît pas convaincante ». Sur la carte 31 (p. 313) du culte de
saint Vincent en Gaule, la basilique de Paris, future abbaye de Saint-Germain-
des-Prés, est omise. On ne sait trop non plus si le paganisme « était encore assez
récent pour qu'une description précise des cérémonies nous en fût donnée au
vie siècle » (p. 398) , ou si le paganisme était « faible » et avait disparu dès le ive siècle
(page suivante). Les puits sont appelés « funéraires » (p. 399), ce qui est pour le
moins discutable, mais considérés de fait comme une marque du paganisme, ce qui
en fait des puits rituels. On aimerait en savoir plus sur les Juifs (une demi-page),
dont l'auteur nous dit l'importance pour l'Aquitaine et la présence tout au long
de cette histoire. Il affirme à plusieurs reprises que les Aquitains sont des mutants,
non des métis, ce qui est très intéressant, mais l'exemple qu'il en donne (p. 325)
est ambigu : c les apports extérieurs non romains sont très faibles », et commentant
une magnifique fibule circulaire en or massif ornée de grenas, il ajoute : ■ décompos
ons la en ses deux éléments : romain et celtique ». Ce très bel objet, bien présenté 278 NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
par dessins et photo (pi. 5), orne la couverture de l'ouvrage ; il montre que la civi
lisation de l'Aquitaine plonge ses racines dans un passé lointain et composite. Ma
dernière critique porte sur la topographie chrétienne : Michel Rouche adopte la
vieille hypothèse qui plaçait l'origine des communautés chrétiennes dans les cimet
ières suburbains (p. 270). Le colloque de Nanterre publié ici même (R.H.É.F.,
t. 62, 1976) a fait le point sur cette question et montré à partir d'une enquête que
la première cathédrale s'est installée en ville (en particulier la communication de
Ch. Pietri, p. 189 sq.). Ce colloque, absent de la bibliographie, est cité par ailleurs
en note (n. 35, p. 697).
Ces observations viennent d'une lecture minutieuse et passionnée qu'un ouvrage
ordinaire n'aurait pas provoquée. Et je ne peux qu'évoquer certaines des grandes
questions posées au fil des pages : le baptême de Clovis sur lequel l'auteur nous
promet un article (n. 25, p. 487), les crises eschatologiques, seulement esquissées
(p. 405 sq), le phénomène monastique si important pour cette région ; tout un cou
rant n'est-il pas appelé monachisme aquitain depuis Fr. Prinz ? On regrette que le
priscillianisme soit réduit à quelques lignes et que l'influence juive sur le christi
anisme (p. 402) ne soit pas davantage développée : ne s'agit-il pas ici d'un courant
ascétique influencé par l'Ancien Testament plus que par le judaïsme contempor
ain ? Les rapports avec les autres églises, spécialement celle de Rome, n'ont droit
qu'à quelques mentions dispersées. Pour cette institution originale qu'est la matri
cule des pauvres, l'auteur renvoie à son article (dans Étude sur l'histoire de la pauv
reté, Paris, 1974, p. 83-110) : il l'a très bien décrite, mais la faisait dériver des
diaconies romaines ; or H.-I. Marrou, dans un article célèbre, c L'origine orientale
des » (Patriotique et Humanisme, p. 81-117), avait montré que
celles-ci étaient tardives et différentes de l'organisation des diacres régionnaires.
Le problème de l'origine de la matricule reste entier et doit être repris.
Il est évident que Michel Rouche ne pouvait tout dire < dans le cadre de cette
recherche déjà trop vaste par elle-même » (p. 437). A-t-on remarqué que l'Aquitaine
avec 177 000 km2 couvre beaucoup plus d'espace que l'Italie antique (la péninsule
depuis le Rubicon, environ 100 000 km2) ? On ne peut exiger qu'il étudie aussi les
régions voisines, les origines depuis Dioclétien, et qu'il approfondisse de surcroît
tous les problèmes internes ! L'important était de donner une unité à l'ensemble.
L'auteur a su trouver le ton et le souffle, parfois excessifs, qui lui ont permis d'écrire
de fort beaux chapitres sur l'évolution, la terre et les hommes. Il a mis en œuvre
des matériaux dont l'intérêt est décuplé quand il les rapproche les uns des autres :
la cartographie est de ce point de vue très fructueuse. Le tableau résumant la cons
truction des monuments religieux et le diagramme qui en est tiré sont fort instructifs
sur la richesse et le développement économique de l'Aquitaine du ive au vme siècle,
tout en conservant une marge d'incertitude bien légitime (p. 295 et 299). Cette
richesse suscite questions, critiques, désir d'en savoir davantage. L'auteur démontre
que la civilisation antique du Bas-Empire, de la Théopolis pour parler comme
H.-I. Marrou, continue jusqu'au vne ou vme siècle, d'où l'importance du chri
stianisme comme motif décoratif (p. 325). Voilà un résultat dont Michel Rouche
peut être fier : l'Aquitaine, des Wisigoths aux Arabes, est un beau livre qui en susci
tera d'autres.
Jacques Biarne. -,
MOYEN AGE
Michel Aubrun. L'ancien diocèse de Limoges, des origines au milieu du
XIe siècle. (Faculté des Lettres et sciences humaines, Université de Clermont-
Ferrand II. Publications de l'Institut d'études du Massif Central, fasc. XXI).
1981. (16 X 25), 468 p. 160 F. — On a longuement rendu compte dans notre Revue NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 279
de la soutenance de cette thèse (t. 66, 1980, p. 168-172 ; cf. Annales du Midi, t. 92,
1980, p. 108-109) ; son impression n'a pas tardé, grâce à l'Institut que dirige M. Poi-
trineau. Cette publication rapide permet de mieux connaître l'œuvre, enrichie
qu'elle est de nombreuses cartes et figures dans le texte, et d'une abondante anno
tation où fourmillent les remarques judicieuses et les rapprochements suggestifs.
Abondante, la bibliographie initiale l'est également : sources et travaux occupent
près de 50 pages que les historiens locaux, entre autres, seront fort aises d'avoir
sous la main. Les deux parties de l'ouvrage s'équilibrent, ou peu s'en faut, la seconde
partie faisant plus de place à la meilleure contribution du livre à l'histoire de l'Église
de France : la création des paroisses. Deux pièces justificatives seulement en fin
de volume, mais de qualité : le testament de saint Yrieix (572) et la charte de fonda
tion de Solignac (632).
Dans la première partie, un chapitre expose d'abord la question des limites du
diocèse ancien, héritier de la cité gallo-romaine, celle des listes épiscopales conservées,
celle des saints ermites et moines des vie-vine siècles... Le chapitre suivant traite
des temps carolingiens et des débuts de l'âge féodal : les derniers empereurs francs
vinrent à Limoges, où les ducs poitevins d'Aquitaine prirent le relais de la souverai
neté effective, au moment où le monachisme bénédictin s'installait. Un diagramme
(p. 184) montre comment les temps forts de l'histoire monastique du xe siècle
limousin coïncident avec les donations d'églises aux monastères, et ceci nous vaut
un dernier chapitre joliment intitulé « L'Église au pouvoir des moines >. Ce chapitre
culmine avec le concile de Limoges-Bourges 1031, où l'apostolicité de saint Martial
est proclamée pour la plus grande gloire de son abbaye. Conduit ainsi au faîte de
cette réussite, le candide lecteur ne perdra pas de vue, toutefois, que les moines
limousins ne parvinrent jamais qu'à mettre un seul des leurs sur le siège épiscopal,
et dans des circonstances si délicates que deux des trois abbayes de Limoges ne
s'engagèrent pas.
Dans le seconde partie, la méthode est neuve et ferme ; elle fera école. Là encore
trois chapitres examinent les trois couches successives de créations de paroisses : la
grande paroisse des époques gallo-romaine et mérovingienne (ve-viie siècles) , la multi
plication des églises rurales (vne-fin du ixe siècle), enfin les dernières créations de
paroisses (xie-xne siècles) pour faire bonne mesure. A tout moment, des cartes (24) et
des figures (65) mises dans le texte éclairent le raisonnement, qui se fonde principal
ement sur les saints titulaires et les limites de nos actuelles communes. Des questions
importantes sont traitées expressément en fin de chapitres, comme le problème
des baptistères, ou bien des cas particulièrement éclairants sont exposés en détail.
Ce souci du détail, beaucoup de finesse dans l'observation et de nuances dans
l'expression, une bonne présentation graphique et typographique, voilà autant
de mérites qui rendent ce livre attrayant dans sa première partie et des plus utiles
dans la seconde. En rapprochant symétriquement les deux parties, on se demande
si la fin du ixe siècle n'aurait pas fourni un terme préférable pour l'entreprise :
le xe siècle amorce un processus qui va se développer aux xie et xne de manière
continue, où l'action épiscopale, soutenue par les chanoines réguliers, s'exercera de
manière plus indépendante qu'il n'est dit dans la conclusion générale (p. 409).
Mais il n'était pas mauvais de montrer, dans des faits qui ne sont pas encore des
prodromes — puisqu'il y a pas encore d'historien pour les voir tels — , les débuts
d'un mouvement ample et profond utilisé par la politique grégorienne. .
J. Becquet, o.s.b.
— Réginald Grégoire. Homéliaires liturgiques médiévaux. Analyse de manuscrits.
(« Biblioteca di studi medievali », XII). Spoleto, Centro italiano di studi sull'alto
Medioevo, 1980, 541 p. — L'auteur avait déjà publié Les homéliaires du Moyen âge.
Inventaire et analyse des manuscrits (Rome, 1966). La nouvelle étude reprend et
complète ce travail antérieur (chapitres 4, 7 à 10, 13) ; elle y ajoute de nouveaux NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 280
développements dont parfois les ébauches avaient donné lieu à des articles de revues
(chapitres 1, 5, 6, 11.) La bibliographie ne fait pas l'objet d'une section spéciale ;
elle a été répartie tout au long de l'introduction générale et de l'étude portant sur
chacun des homéliaires.
L'introduction générale définit les lectionnaires : « recueils de textes... destinés
à un usage spirituel, soit personnel, soit communautaire » (p. 4). Selon le contenu,
on distingue les lectionnaires bibliques, et les lectionnaires patristiques ou homél
iaires. A cause de son caractère et de sa finalité, l'homéliaire constitue un livre
liturgique indispensable, dont la présence est déjà attestée dans les bibliothèques
des églises et des monastères du haut Moyen âge.
L'homélie est le commentaire oral d'un texte scripturaire, mais la Bible peut être
lue et expliquée selon le principe de la lectio continua, c'est-à-dire la proclamation
à la suite d'un livre ou de plusieurs, ou selon un choix de péricopes fait en foncion
du temps liturgique.
Le chapitre I envisage des collections homilétiques du Ve au ixe siècle, attribuées
à tort ou à raison par la tradition manuscrite ou littéraire à un auteur précis. Quel
ques textes ont été conservés : 21 sermons authentiques de Gaudence de Brescia
(t 410-411) ; 20 de Valérien de Cimiez (f 455-460), cf. PL t. 52, 691-756 ; deux homél
ies d'Avit de Vienne (t vers 518) et des fragments de 25 autres (PL t. 59) ; extraits
de Sédatus de Nîmes, fin vie s., PL t. 72, 769-774 ; homéliaire d'Alcuin (f 804)
en deux volumes, qui n'est peut-être qu'une collection de Paul Diacre améliorée ;
Expoaitio antiquœ liturgiae gallicanae, attribuée jadis à Germain de Paris (f 576),
qui se situe en fait à la fin du xiie ou au début du xme siècle ; trois livres d'homélies
de Bède le Vénérable (f735).
L'auteur signale les collections aujourd'hui perdues qu'auraient composées
Hilaire d'Arles, Salvien de Marseille, Victor de Cartenna, tous évêques au Ve siècle,
et Musée, prêtre à Marseille à la même époque. L'homéliaire dit de saint Corbinien
contient des sermons de Césaire d'Arles (Munich, Clm 6298) ; de même celui mis
sous le nom de Burchard de Wûrzburg regroupe des textes de l'évêque d'Arles
et ceux de divers auteurs. C'est à tort qu'on a attribué un homéliaire à Florus de
Lyon (t860).
Dans le même chapitre I, Réginald Grégoire analyse aussi trois témoins de l'homi-
létique mérovingienne en écriture de Luxeuil (p. 48-65) i
— une collection du début du vme siècle, dont les restes sont dispersés en trois
bibliothèques (New Haven, Londres, Metz) ; 8 sermons.
— l'homéliaire de New York, Pierpont Morgan Library M 17, qui pourrait
continuer le recueil précédent ; important pour la transmission de l'œuvre de saint
Augustin, il est destiné, semble-t-il, au Carême ; 30 pièces.
— le lectionnaire de Luxeuil, Paris, BN lat. 9427, vne-vine s., dont l'intérêt
a été plusieurs fois signalé ; six lectures patristiques et hagiographiques sont prévues
pour le temps de Noël et de l'Epiphanie.
Les autres chapitres du volume rassemblent des informations sur des collections
souvent longues, dont la diffusion et, par là, l'importance historique furent très
inégales :
— Homéliaire de l'évêque Maximin l'Arien, adversaire de saint Augustin ;
39 pièces d'après le manuscrit 49 (LI) de la Bibliothèque capitulaire de Vérone
(p. 75-87).
— Sermonnaire du P seudo-Fulgence : vie siècle ; recueil d'origine africaine,
dont 53 pièces sur 79 sont anonymes. L'original a disparu, le meilleur témoin (fin
x«, début xie s.) est à Saint-Mihiel, BM 20, f° 1-119 (p. 89-125).
— Vatican latin 3828, f° 122r-236v, manuscrit du ixe siècle. Le compilateur
disposait de plusieurs collections augustiniennes et d'une séiie de 15 homélies afr
icaines connues ailleurs sous le nom de Chrysostome latin ; 98 pièces (p. 245-261).
— Homéliaire de Fleury-sur-Loire, écrit en France vers 750, morcelé aujourd'hui NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 281
entre Orléans, BM 154, et Paris, BN n.a.l. 1599. Sur 83 textes, 35 sont d'Augustin
et 20 des Pseudo-Augustin ou anonymes africains (p. 263-280).
— Vienne, Nationalbibliothek 1616, originaire d'Italie septentrionale, composé
après le début du vne siècle ; le fonds est augustinien ou pseudo-augustinien ;
46 pièces (p. 281-291).
— Tolède, conservé à Londres (Br. Mus. Add. 18335). Il remonte à la seconde
moitié du vne s., mais a été écrit à la fin du xie ou au début du xne s. Il fait de
nombreux emprunts aux collections de Césaire d'Arles. Destiné à la célébration
eucharistique de Tolède, il comporte 92 pièces (p. 293-319).
— Ottobeuren ; le manuscrit aujourd'hui à Rome (Bibl. naz. Vittorio Emanuele
V.E. 1190) semble originaire du Bénévent. Cette collection du début du ixe s. a
des sources gallicanes et italiennes ; elle emprunte notamment à Césaire d'Arles
et à Grégoire le Grand ; 101 pièces (p. 321-342).
— Agimond II (Vat. lat. 3835) : 116 homélies de la Passion à la fête des Apôtres
et III lat. 3836) : 100 du premier jour d'août au jeûne
de décembre et sur le commun des saints. Ces deux recueils succédaient à Agimond I,
aujourd'hui perdu, qui s'étendait de Noël au Carême. L'ouvrage porte le nom du
scribe qui le copia au début du vine s. ; il fut en usage à la basilique des Saints-
Philippe-et-Jacques, dédiée aujourd'hui aux Douze Apôtres. Une source essent
ielle pourrait être le Sermonnaire de Saint-Pierre dont on parlera (p. 343-392).
— Collection homilétique du ms. Wolfenbûttel 4096. Écrite en Allemagne sep
tentrionale au ixe siècle, elle comprend 97 pièces, dont 35 de saint Augustin étaient
inédites jusqu'à leur découverte par Dom G. Morin en 1917. L'auteur a pu utiliser
une compilation de Césaire d'Arles ; tous les textes sont antérieurs à la seconde
moitié du vie siècle ; le temporal ne propose qu'un nombre limité de célébrations
et le sanctoral est élémentaire (p. 393-422).
Ces homéliaires sans descendance sont précieux pour les textes patristiques qu'ils
transmettent et dont ils sont souvent d'excellents témoins. D'autres collections
ont exercé une grande influence. En premier lieu, il faut citer trois collections étro
itement apparentées : homéliaire romain, plus connu sous le nom d'Alain de Farfa,
■f vers 770 (p. 127-188) ; composé vers 796-799 par Éginon évêque de
Vérone, dont le principal témoin est Berlin, DDR, Staatsbibl., Phillipps 1676 (p. 189-
221) ; homéliaire de Saint-Pierre au Vatican, conservé à la Bibl. vaticane, Archives
de Saint-Pierre, c. 105 (p. 223-244). Dom R. Grégoire souligne les rapports étroits
qui existent entre ces trois recueils, mais, si nous avons bien compris, il n'établit
pas entre eux une relation de filiation directe, alors que, selon certains, l'homéliaire
de Saint-Pierre au Vatican pourrait être le premier en date.
L'homéliaire romain, dit d'Alain de Farfa, bâti selon le plan d'un sacramentaire
romain réduit, ne recouvre pas le cycle complet de l'année liturgique. Sa diffusion
d'abord rapide fut gênée par l'apparition du recueil de Paul Diacre ; cependant
la collection subit remaniements et interpolations au moins jusqu'à la fin du xie siècle.
Deux grandes parties, l'une d'hiver, l'autre d'été, sont traditionnellement numérotées,
la première de 1 à 94, la seconde de 1 à 109.
Paul Diacre (f après 792), moine du Mont-Cassin, fut chargé par Charlemagne
de rédiger un lectionnaire liturgique. Fréquemment repris et amplifié, souvent
édité, l'homéliaire de Paul Diacre a été partiellement utilisé dans l'Église latine
comme lectionnaire patristique à l'office de Matines, jusqu'au renouveau litur
gique voulu par Vatican II, dans la Constitution Sacrosanctum Concilium du 4 déc.
1963, n. 92.
Dom R. Grégoire a dressé un index alphabétique de toutes les homélies analysées
dans son ouvrage. Ce répertoire est appelé à rendre les plus grands services, avec
d'autres précieux instruments de travail signalés au début de l'index, notamment
H. Barré, Les homéliaire» carolingiens de l'école d'Auxerre. Authenticité, inventaire,
tableaux comparatifs, initia (« Studi e Testi », 225), Città del Vaticano, 1962, p. 239-
344. ,
• . ■