Synaxaire, Vie de saint Christodule de Patmos

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Extrait du tome 4 du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Pétra (Athos)

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Publié le 24 janvier 2013
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Langue Français
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Hiéromoine Macaire de Simonos Pétra Mont Athos L E Sy n ea x a i r
Vies des Saints de l’Eglise Orthodoxe
e Patmos,xvis.
16 Mars Vie de saint Christodule de Patmos
M é m o i r e d e n o t r e v é n é r a b l e Pè r e CH R I S T O D U L Ee l THAUMATURGE, fondateur du monastère de Saint-Jean-le-Théologien à PATMOS. et admirable disciple du Seigneur naquit dans un petit village de Bithynie, vers l’an 1020. Éclairé par la grâce divine, il fit de brillan-poreClles pour préférer ce qui demeure éternellement. Comme ses parents tes études, au cours desquelles il apprit à mépriser les choses tem-avaient arrangé, contre sa volonté, ses fiançailles avec une jeune fille de bonne famille, il s’enfuit secrètement pour le Mont Olympe, où il devint disciple d’un Ancien réputé pour sa sagesse et sa science dans les choses de Dieu. Revêtu par lui du saint Habit angélique sous le nom de Chris-todule, le jeune moine s’efforçait d’imiter en tout la conduite de son père spirituel, qu’il regardait comme une icône vivante du Christ. Il matait sa chair par le jeûne et passait des nuits entières en prière. Son Ancien étant parti vers les demeures éternelles au bout de trois ans, Christodule, craignant que ses parents ne tentent de le ramener à la vie mondaine, entreprit un pèlerinage à Rome, où il vénéra avec dévotion les reliques des saints Apôtres Pierre et Paul qui lui révélèrent en songe sa des-tinée. De là, il se rendit en Terre Sainte et alla vivre avec les ascètes dans les âpres déserts de Palestine, puis il entra dans un monastère où il mena une vie exemplaire. Mais il dut bientôt prendre la fuite devant la menace de l’invasion turque. Il s’embarqua alors avec quelques autres moines pour l’Asie Mineure et alla se réfugier au célèbre centre monastique du Mont 1 Latros , où il reprit avec ardeur ses labeurs ascétiques, faisant l’admiration de ses compagnons. Il ne se nourrissait que de pain d’orge et ne buvait que
1. Cf. S. Paul le Jeune [15 déc.], fondateur du monastère du Stylos.
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de l’eau, mais lors des grandes fêtes, il prenait de tout, afin de ne pas être considéré comme un de ces hérétiques (manichéens) qui condamnent les aliments comme étant mauvais. Constatant son discernement, les moines du monastère du Stylos voulurent l’élire supérieur. Le saint refusa tout d’abord, craignant de perdre son bien le plus précieux : l’hésychia; mais finalement, sur les instances du patriarche Cosmas (1075-1081), il accepta. Il se heurta bientôt à des anomalies dans le fonctionnement du monastère et, pressé par l’avancée menaçante des Turcs Seldjoukides qui mettaient à sac toute l’Asie Mineure à la suite de la désastreuse bataille de Mantzikert (1071), il dut démissionner au bout de trois ans et partit de nouveau en quête 2 de la saintequiétude. Il s’installa alors dans un monastère à Strobilos et, sur la proposition de l’higoumène, Arsène Skinouris, il consentit à prendre en charge la dépendance de ce monastère, située dans l’île de Kôs, où il fonda un monastère dédié à la Mère de Dieu. Mais les troubles occasionnés par la fréquentation des séculiers l’obligèrent à chercher un nouvel asile, plus favorable à la vie contemplative. Après de nombreuses recherches, il trouva l’objet de son désir : l’île de Patmos, déserte et dépourvue de toute consolation humaine, où saint Jean le Théologien avait jadis été exilé et avait reçu ses divines révélations. Il se er rendit alors en hâte à Constantinople pour demander à l’empereur Alexis I Comnène (1081-1118) de lui concéder ce territoire, en vue d’y fonder un monastère dédié au Disciple Bien-Aimé. Admirant la sainteté et les mœurs raffinées de cet homme de Dieu, le souverain lui proposa d’assumer plutôt la direction des moines du Mont Zagora, en Thessalie, qui étaient dépour-vus de guide spirituel. Le saint lui répondit qu’il ne désirait qu’une chose : un lieu calme et retiré des affaires du monde pour y vaquer à la prière ; mais que, par obéissance, il rédigerait pour ces moines une règle de vie et s’ils s’engageaient à la suivre, il accepterait de prendre leur direction. Il rédigea alors unTypikondans lequel il prescrivait aux moines de renoncer à toute propriété privée et à leur volonté propre pour vivre dans le dépouillement
2. Petite ville de Lycie, située en bordure de mer.
4LE SYNAXAIRE et l’obéissance, avec patience et espérance en la seule grâce divine. La vocation propre des moines étant de demeurer sans distractions en présence de Dieu et de ses saints, il leur ordonnait d’éviter les relations avec les séculiers. Il leur recommandait en outre de confesser scrupuleusement toute mauvaise pensée à leur père spirituel et de faire trois millemétaniesle jour et autant la nuit, en priant avec attention et componction, comme s’ils se
trouvaient devant le tribunal de Dieu. Ces saints préceptes, qui étaient une fidèle expression des traditions des Pères, parurent amers comme l’absinthe aux moines relâchés de Zagora, et c’est avec joie et soulagement que saint Christodule apprit leur refus de le voir prendre leur direction. Il renouvela alors sa requête, et l’empereur lui accorda l’île de Patmos, en toute propriété et indépendance à l’égard des autorités civiles, avec exemption de taxes et de
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toute autre charge. Il ordonna en plus que le blé nécessaire à la subsistance des moines leur soit fourni chaque année par le trésor, afin qu’ils puissent se consacrer sans autre souci à la prière pour son salut et celui de l’Empire. Dès que le saint débarqua à Patmos, muni du chrysobulle attestant ses droits sur l’île désormais entièrement consacrée à la vie angélique, il commença par renverser une ancienne statue d’Artémis et entreprit la construction d’une église dédiée à saint Jean le Théologien, aidant de ses propres mains les ouvriers pendant toute la journée et ne prenant sa maigre pitance qu’après le coucher du soleil. Le soir venu, lorsque les ouvriers allaient prendre leur repos, il élevait les mains vers Dieu et priait jusqu’à l’aube. La renommée de saint Christodule attira à Patmos un grand nombre de visiteurs et aussi des habitants des îles voisines, qui souffraient de la famine en ces temps difficiles. Un jour qu’ils étaient venus particulièrement nombreux, le saint ordonna à son cellérier de leur donner à manger. Celui-ci objecta que les réserves du monastère étaient presque épuisées. Sur l’insis-tance du saint, il fit cependant dresser la table et, par la grâce de Dieu, cette foule fut non seulement rassasiée, mais les restes dépassèrent de beaucoup ce qu’on avait disposé sur la table au début du repas. Saint Christodule demeura cinq années à Patmos, surveillant les constructions du monastère et organisant la vie de la communauté dans la plus pure tradition de saint Basile et de saint Sabas. Il insistait en particulier sur leur séparation du monde et sur le détachement de toute autre préoccupa-tion que celle du salut de l’âme. Mais l’Ennemi de tout bien, profitant de ce que l’attention de l’empereur Alexis était tournée vers l’Occident pour s’op-poser aux Normands, suscita de nouvelles incursions turques sur les côtes de l’Asie Mineure et dans les îles. Le monastère était presque achevé, mais ses fortifications étaient insuffisantes pour soutenir un siège, aussi le saint se résolut-il à se retirer en quête d’une résidence plus sûre. Rassemblant ses moines, il les exhorta à ne placer leur espérance qu’en Dieu et à distribuer toutes les réserves du monastère aux ouvriers laïcs installés sur l’île avec
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3 leurs familles, avant de s’embarquer pour Euripos . Le puissant gouverneur de cette région, Eumithios, était fils spirituel du saint, aussi est-ce avec une grande joie qu’il accueillit les moines réfugiés et leur fournit tout ce qui était nécessaire à leur subsistance. Saint Christodule fonda là un monastère provisoire ; puis, sentant sa fin prochaine, il désigna son plus proche disci-ple, Sabas, comme successeur, lui transmit ses instructions pour le gouver-nement des frères et lui ordonna de se rendre à Patmos, afin d’y préparer la réinstallation de la communauté. Lorsque vint la première semaine du Grand Carême, il s’enferma dans sa cellule pour rester seul avec Dieu. Au début de la seconde semaine, il convoqua tous ses moines, les bénit et dicta sonTestament, dans lequel il exhortait ses disciples à ne rien accumuler de périssable en cette vie passagère et à préférer la quiétude désertique de Pat-mos aux riches monastères urbains, où la prière des moines est troublée par le contact des séculiers. Puis, après leur avoir demandé d’emporter avec eux son corps lors de leur retour à Patmos, il remit paisiblement son âme au Sei-gneur (16 mars 1093). Comme on avait refusé de rendre aux moines la pré-cieuse relique lors de leur départ, ils revinrent un peu plus tard, en secret, à 4 Euripos et s’en emparèrent au moyen d’une pieuse piraterie . Le monastère de Patmos, protégé par les miracles de saint Christodule, est resté par la suite un des hauts lieux du monachisme orthodoxe, d’où furent issus maints évêques et patriarches, et dans lequel sont conservés jusqu’à aujourd’hui de 5 nombreux manuscrits, icônes et objets précieux .
3. L’île d’Eubée. 4. La translation de ses reliques est commémorée le 21 oct. 5. En 1988, le neuvième centenaire de la fondation du monastère de Saint-Jean-le-Théolo-gien a été célébré solennellement, en présence du patriarche œcuménique et des représentants de toutes les autres Églises orthodoxes.
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LE SYNAXAIRE
Ce texte est extrait du: Synaxaire Vies des Saints de l’Église Orthodoxe par le Hiéromoine Macaire de Simonos Pétra (Mt Athos) Volume 4 : mois de Mars et Avril à paraître
Les volumes 1 et 2 sont disponibles auprès des Dépendances de Simonos Pétra: Monastère Saint Antoine le Grand Font de Laval F 26190 SAINT-LAURENT-EN-ROYANS Fax : 04 75 47 53 68
Monastère de Solan F 30330 LA BASTIDE D’ENGRAS Fax: 04 66 82 99 08
Monastère de la Transfiguration Neguirat F 24120 TERRASSON Fax: 05 53 50 23 94 Commande en ligne www.monastere-transfiguration.fr
Ou en librairie : La Procure, Librairie de l’Institut Saint-Serge.