Sentiment religieux et cultes populaires pendant la Révolution. Saintes patriotes et martyrs de la liberté - article ; n°1 ; vol.2, pg 73-87

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Archives des sciences sociales des religions - Année 1956 - Volume 2 - Numéro 1 - Pages 73-87
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Publié le

01 janvier 1956

Nombre de lectures

25

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Albert Soboul
Sentiment religieux et cultes populaires pendant la Révolution.
Saintes patriotes et martyrs de la liberté
In: Archives des sciences sociales des religions. N. 2, 1956. pp. 73-87.
Citer ce document / Cite this document :
Soboul Albert. Sentiment religieux et cultes populaires pendant la Révolution. Saintes patriotes et martyrs de la liberté. In:
Archives des sciences sociales des religions. N. 2, 1956. pp. 73-87.
doi : 10.3406/assr.1956.1297
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0003-9659_1956_num_2_1_1297SENTIMENT RELIGIEUX
ET CULTES POPULAIRES
PENDANT LA VOLUTION
Saintes patriotes et martyrs de la liberie
Pendant longtemps les historiens de la Révolution fran aise ont
vu dans les cultes révolutionnaires que des tentatives politiques de
circonstance Réagissant contre cette tendance Albert Mathiez voulu
souligner le caractère spécifiquement religieux de ces cultes Encore
agit-il de entendre sur le caractère du fait religieux Mathiez en la
matière suit étroitement Durkheim lorsque ce dernier affirme que est
essentiellement par leur forme on reconnaît les phénomènes religieux
Comme ses prédécesseurs Mathiez semble être peu soucié étudier le
sentiment religieux manifesté par ceux qui participaient aux cérémonies
des cultes révolutionnaires est par là cependant que pourrait être
éclairé leur caractère expédients politiques ou religion véritable
On ne saurait masquer la difficulté de entreprise Les documents
nous permettent bien assister la création ensembles ceremoniels
nouveaux Dans quelle mesure nous éclairent-ils sur les croyances exactes
des adeptes des nouveaux rituels On saisit ici la difficulté des études de
psychologie historique abondance relative de documents origine
populaire concernant en particulier le culte des martyrs de la liberté
nous semble cependant légitimer cette première tentative
Les écrivains catholiques ont naturellement dénié aux cultes révo
lutionnaires tout caractère religieux pour voir une machine de
guerre contre Eglise Dans son Histoire des sectes Grégoire insistait
surtout sur la persécution une date plus récente abbé Sicard est
Albert MATHIEZ Les origines des cultes révolutionnaires 1789-1792) 1904 Voir plus
loin pour le développement et le commentaire de la position de Mathiez
Histoire des sectes religieuses. depuis le commencement du siècle dernier Vépoque
actuelle... 1810
73 ARCHIVES DE SOCIOLOGIE DES RELIGIONS
efforcé analyser les dogmes de cette religion civile que les révolution
naires tentèrent selon lui instaurer mais il en décrit les sym
boles les rites et les cérémonies lui aussi ne la considère que comme une
création politique sans véritable caractère religieux
Michelet le premier pressenti le caractère religieux des grandes
manifestations de la Révolution des Fédérations en particulier il
considère juste titre comme les premiers jalons dans la formation des
cultes révolutionnaires Mais il reproche finalement ces diverses
tentatives de avoir été que des formes politiques vides de dogme
Féconde en lois stérile en dogmes la Révolution ne contentait pas
éternelle faim de âme humaine toujours affamée altérée de Dieu ...
Les deux partis raisonneurs les Girondins les Jacobins tinrent peu de
compte de ceci La Gironde écarta entièrement la question les Jacobins
éludèrent Ils crurent payer Dieu un mot 3)
Aulard attaché assez importance aux cultes révolutionnaires
pour consacrer une étude spéciale au culte de la Raison et celui de Etre
suprême Mais il les vidés de tout contenu religieux il voit la consé
quence nécessaire et plutôt politique de état de guerre où la résistance
de ancien régime contre esprit nouveau avait jeté la Révolution
Les hommes de an II en intronisant la déesse de la Raison Notre-
Dame ou en glorifiant le Dieu de Rousseau au Champ de Mars se propo
saient surtout un but politique et pour la plupart ne cherchaient dans ces
entreprises contre la religion héréditaire comme ailleurs dans leurs autres
violences attitude ou de parole un expédient de défense natio
nale 4)
Mathiez tout en affirmant accord avec Aulard pour voir dans ces
tentatives religieuses non plus seulement la lutte contre Eglise mais
essentiellement la défense de la France nouvelle veut aller plus loin
les cultes révolutionnaires constituent une religion véritable Pour
cerner le fait religieux Mathiez se fonde sur les analyses de Durkheim 6)
pour qui on le sait le fait religieux se définit avant tout par sa forme
croyance obligatoire culte et pratiques extérieures obligatoires tels sont
les deux caractères essentiels que retiennent Durkheim et Mathiez après
lui Partant de ces prémisses Mathiez attache moins étude du credo
commun des révolutionnaires aux manifestations de la foi nouvelle
aux pratiques et aux cérémonies au symbolisme révolutionnaire Si
je montre tout cela aurais-je pas le droit de conclure il existé une
religion révolutionnaire analogue en son essence toutes les autres
la recherche ïune religion civile 1895
Voir les chapitres xi et xii du livre ni de YHisïoire de la Révolution fran aise inti
tulée De la religion nouvelle
Histoire de la Révolution fran aise livre xiv chapitre Ce chapitre est intitulé une
manière significative La Révolution était rien sans la Révolution religieuse
Le culte de la Raison et le culte de Etre suprême 1892 vu et viii
Les origines des cultes révolutionnaires 1789-1792) 1904
Spécialement sur son mémoire De la définition des phénomènes religieux Année
Sociologique 1899
74 RELIGIEUX ET CULTES POPULAIRES SENTIMENT
religions Et Mathiez affirmer au terme de son étude II existe
une religion révolutionnaire dont objet est institution sociale elle-même
Cette ses dogmes obligatoires la Déclaration des droits la
Constitution) ses symboles entourés une vénération mystique les trois
couleurs les arbres de la Liberté autel de la Patrie etc. ses cérémonies
les fêtes civiques) ses prières et ses chants 2)
étude de Mathiez demeure cependant la surface des choses
Non on puisse lui reprocher de rester sur un plan purement historique
est là aussi le propre de histoire des religions Mais Mathiez caractérise
mal le fait religieux en assimilant religieux et collectif Il applique au
XVIIIe siècle une assimilation qui se justifiait dans le contexte de
Durkheim Ce dernier décrivait des sociétés archaïques dans lesquelles
le religieux diffus imprégnait tout social et religieux confondaient
dans une assez large mesure Peut-on affirmer de la fin du XVIIIe
siècle Avec le développement du rationalisme depuis le siècle précédent
le religieux est spécialisé et occupe plus un secteur de la vie collec
tive Il est donc nécessaire de le caractériser par lui-même et de considérer
la fois les croyances religieuses et les cérémonies spécifiquement reli
gieuses distinctes des cérémonies civiques Sans doute est-il pas faux
affirmer avec Mathiez que le fait religieux se distingue par sa forme
Encore faut-il préciser cette forme et considérer le fait religieux dans son
ensemble rites symbolique dogmes et croyances ces dernières ne
pouvant être abordées comme tout fait mental indirectement
Le problème des cultes révolutionnaires paraît avoir été mal posé
par ses deux plus importants historiens qui ont un et autre méconnu
la spécificité du fait religieux la préoccupation politique chez Aulard ou
la déformation sociologique chez Mathiez faussant la perspective Ils se
sont attachés un et autre plus aux créations officielles qui furent le
fait de la bourgeoisie dirigeante aux cultes populaires non que tel
culte ait été époque le propre de telle classe mais les cultes populaires
permettent de saisir sur le vif les manifestations de la spontanéité reli
gieuse des masses révolutionnaires Aulard et Mathiez insistent un et
autre sur la rupture entre la religion traditionnelle et la religion nouvelle
accordant par là bien que pour autres raisons avec les historiens
catholiques des cultes révolutionnaires cette rupture est peu contestable
et cette novation constitue précisément le fait intéressant encore agit-il
de savoir comment la caractériser et quels facteurs ont joué
Quelle ait été cependant importance du bouleversement poli
tique de 1789 1794 la Révolution ne pouvait détruire dans âme
populaire la religion traditio

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