Restructuration en 1982 : l

Restructuration en 1982 : l'influence des pouvoirs publics - article ; n°1 ; vol.24, pg 62-78

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Revue d'économie industrielle - Année 1983 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 62-78
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Ajouté le 01 janvier 1983
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Langue Français
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Robert Paturel
Restructuration en 1982 : l'influence des pouvoirs publics
In: Revue d'économie industrielle. Vol. 24. 2e trimestre 1983. pp. 62-78.
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Paturel Robert. Restructuration en 1982 : l'influence des pouvoirs publics. In: Revue d'économie industrielle. Vol. 24. 2e
trimestre 1983. pp. 62-78.
doi : 10.3406/rei.1983.2084
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rei_0154-3229_1983_num_24_1_2084Chronique
Restructuration en 1982 :
l'influence des pouvoirs publics
Robert PATUREL
Responsable de l'atelier
« Stratégies industrielles » de VERA 512
IAE de Grenoble
1982 restera l'année de la loi de nationalisation et de la prise d'importantes
décisions par les pouvoirs publics concernant la restructuration de l'appareil pro
ductif français. Mais les groupes privés les plus puissants ont également procédé
à diverses opérations spectaculaires de restructuration l'an dernier. Nous analy
serons les principales restructurations annoncées au cours de l'année 1982 en
deux points :
— tout d'abord, nous effectuerons une présentation générale des opérations
étudiées,
— puis, nous préciserons quelles ont été les modifications sectorielles essent
ielles.
En conclusion, nous essaierons de dégager les grands traits des choix stratégi
ques opérés par les dirigeants des entreprises concernées.
I. — PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU MOUVEMENT DE RESTRUCTU
RATION DES ENTREPRISES FRANÇAISES EN 1982.
1°/ La loi de nationalisation :
Après divers contretemps, la loi de nationalisation a été publiée au J.O. du
13/2/1982. Sans faire une analyse complète de ce texte, rappelons ses principales
dispositions car il constitue le point de départ de nombreuses opérations réalisées
en cours d'année par les groupes qu'il vise.
Par cette loi, les groupes industriels Puk, Thomson-Brandt, Rhône-Poulenc,
CGE et SGPM, les Compagnies financières Suez et Paribas, et 39 banques ont été
nationalisés moyennant un coût de l'ordre de 35 milliards de F. De plus, le sort de
diverses sociétés dont le contrôle appartenait à l'étranger a été quasiment réglé
(voir ci-après). Il s'agit du groupe Roussel Uclaf (contrôlé par Hoechst-RFA),
des filiales d'ITT et du groupe CII-HB. Grâce à ces nationalisations, le secteur
62 REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n" 24, 2ème trimestre 1983 public représente plus de 95 % de l'activité bancaire et plus de la moitié de celle
des branches de l'énergie, de la sidérurgie, de l'extraction et de la préparation du
minerai de fer, de la transformation de l'acier et des métaux ferreux, de la chimie
de base, des fibres et fils artificiels, de l'armement, de l'aéronautique, de l'éle
ctronique professionnelle et des télécommunications. Le secteur public (qui inter
vient pour plus de 50 % dans les investissements) est donc plutôt présent dans les
domaines des biens intermédiaires, des biens de consommations durables et semi-
durables. Le poids des entreprises publiques dans les industries lourdes mais aussi
dans les industries de pointe, donne désormais aux pouvoirs publics les moyens
d'influencer considérablement le développement industriel et le tissu industriel
du pays, comme nous le verrons.
2°/ Caractéristiques des opérations retenues :
a) Nombre d'opérations : 437 opérations ont été analysées (voir tableau), dont
246 soit plus d'une sur deux, concernent six secteurs : les IAA, la chimie, la para-
chimie et la pharmacie, la construction mécanique, les matériels électriques et
électroniques professionnels, l'équipement ménager, la presse, l'imprimerie et
l'édition, les services marchands).
b) Types d'opérations réalisées : du tableau récapitulatif ci-après nous pou
vons dégager les grandes tendances suivantes :
— la part des nouveaux contrôles d'organisations existantes (CE) représente
une proportion élevée de l'ensemble des opérations réalisées puisqu'elle se monte
à près de 40 °7o, soit une légère augmentation par rapport à l'année 1981 (37 %).
Toutefois, son niveau de 1980 (45 °7o) est loin d'être atteint.
— les opérations de RI ne comptent plus que pour 15 % dans le total des re
structurations de 1982, soit 10 points de moins en pourcentage par rapport à
l'année précédente.
— Les opérations conjointes et les accords de 1982 ont leur part qui a doublé
par rapport aux deux années précédentes (18,2 °/o contre environ 10 % en 80 et
81, dont 6,9 % pour les accords en 82 contre 3 °7o les deux années antérieures).
Cet important mouvement fondé sur le partenariat volontaire est le résultat du
choix de stratégies conjointes comme solution avantageuse en période de crise
pour se lancer sur de nouveaux marchés, dans de nouvelles fabrications, pour
changer de technique de production... en limitant les risques de chacun.
— les créations de filiales ex-nihilo ne représentent que 7 % alors que la cons
titution de filiales communes possède un poids de 11 % environ dans l'ensemble
des opérations recensées confirmant ainsi le point de vue précédent sur les opérat
ions symbiotiques.
— enfin, les prises de participation sans nouveau contrôle expliquent une opé
ration sur 5 en 1982.
c) Poids du secteur public : le mouvement de restructuration de 1 982 est mar
qué par l'emprise du secteur public et notamment des nouveaux groupes national
isés puisque plus d'une opération sur 4 met en présence au moins une entreprise
contrôlée par l'Etat. Le rôle des pouvoirs publics a été fondamental dans la res-
REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n° 24, 2ème trimestre 1983 63
\J Tableau récapitulatif des principales opérations de restructuration de 1982 réalisées par les entreprises françaises
(classées par secteur selon la nomenclature de l'INSEE)
Secteurs RI CE CI Opérations conjointes Accords Particip. Totaux dt
(1) (2) (1) (2) (1) (2) (1) (2) (1) (2) (1) (2) (1) (2) (1) (2) (1+2) (3)
a b
Pdts de l'agricul.
1 sylvicult., pêche 1 1
Indus,
agri. & alim. 2 7 11 1 2 2 1 1 12 25 14 39
Combus. miner,
solides, pdts de
cokef. 1 1 2 2 2
Pét. brut, gaz nat.
pdts pét. raffinés 1 3 2 2 1 1 3 4 6 9 13
Elect., gaz, eau 2 1 4 4 3 7 3
Minerais, met. fer.
1ère trans, acier 1 1 2 5 8 1 9 6
Minerais,
met. & 1/2 pdts
non ferreux 5 2 1 1 1 2 11 1 12 5
Mat. de construct. 1 1 1 1 1 2 7 7 1
Verre 1 1 1 1
Chimie, Tas, para-
chimie, pharmacie 2 2 10 5 2 1 5 1 3 16 15 31 20
Fonderie, trav, des
métaux 4 2 1 1 1 7 2 9
Construction méc. 2 4 16 2 6 1 2 1 28 6 34 14
Mat. élect. et elec
tro, profess,
équipem. ménager 4 13 7 2 3 1 1 5 6 3 27 18 45 27
Auto., autres mat.
de transp. terres.. 1 3 2 2 2 1 2 4 8 9 17 6 Const, navale,
aeronaut., arme
ment 13 15
3) Text. - Habillement 1 2 4 1 1 4 5 9 1 rn ■«s:
Cuirs, Chaussures 1 1 2 2 m
o
nv Bois, meubles, ind. o 1 1 14 O diverses 6 2 3 1 12 2 1
O Papiers-cartons 4 2 2 8 8 1 S
Ffi
Presse, imprim., o édi. 4 15 1 3 1 3 5 5 1 9 1 39 9 48 1
(n -s Caoutchouc, mat. 3]
1 3 1 1 1 1 plas. 6 2 8 1 rfi r- r-
m Bâtim. génie civil 8 1 1 1 1 2 18 4 6 16 I 3 Com. alim. gros et
dét., com. non
alim. 12 6 2 1 1 4 23 3 26
2 2 1 Hôtels, caf., rest. 3 2 5 1
1 1 3 2 4 3 7 1
Transports Télécommunicat
ions 1 1 1
Services marchands 9 11 2 3 5 1 4 1 11 2 43 6 49 6
437 Totaux 65 2 124 50 19 11 24 17 6 2 17 13 72 15 327 110 115
* 14,8 0,5 28,4 11,4 4,3 2,5 5,5 3,9 1,4 0,5 3,9 3 16,5 3,4 74,8 25,2 26,31
39,8 9,4 6,9 19,9 100 15,3 ,8 1,9
Légende : RI = Restructuration interne ; CE = Croissance externe ; Cl = Croissance interne par création de filiale ex-nihilo ;
(1) Opérations réalisées en France ; (2) Opérations faisant intervenir un partenaire étranger ou effectuées à l'étranger ; (3) Opérations faisant intervenir au
moins une entreprise du secteur public ;
a = Opérations conjointes égalitaires ; b = opérations conjointes avec domination de l'un des partenaires (les opérations conjointes correspondent exclus
ivement aux créations de filiales communes). tructuration de la construction navale, des matériels électriques et électroniques
professionnels, de la chimie, parachimie et pharmacie, de la sidérurgie et de la
construction mécanique notamment.
d) Le faible nombre d'opérations de diversification majeure ;
1,5% des opérations identifiées peut être considéré comme des diversifications
majeures pour les entreprises qui les ont réalisées. Il s'agit notamment de la prise
de participation par Moet-Hennessy (champagne, cognac, parfums) dans le capi
tal de la maison Georges Delbard (un des premiers pépiniéristes français et euro
péens, 150 millions de F de chiffre d'affaires). Le but de cette opération consist
ait à appliquer sur une échelle importante le procédé original mis au point par
Delbard pour la multiplication des rosiers par clonage et non par greffe. Cette
technique permet un gain de temps de l'ordre de 3 à 4 mois, supprime les aléas de
la reprise des plantes, exige des surfaces de culture plus réduites et de ce fait faci
lite la réduction des prix de vente. Pour favoriser le développement de l'innova
tion Delbard, Moet-Hennessy a pris le contrôle du 2e fabricant américain de
roses : Armstrong-Nursery qui va adopter le procédé français. Le cours de
l'action a augmenté de plus de 48 % durant l'année 1982 grâce
notamment à cette stratégie.
Le groupe Bouygues s'est également diversifié en prenant le contrôle du groupe
Drouot-Vie Nouvelle (7e groupe français d'assurances) mais s'est rapidement
retiré en vendant sa participation aux Mutuelles Unies.
De son côté, le groupe Epeda-Bertrand Faure (industrie légère ; sièges d'auto
mobiles et matelas) a pris une participation majoritaire (75 97o) dans Delsey (n°l
du bagage rigide en France ; 200 millions de chiffre d'affaires). Cette stratégie de
diversification d'Epeda dans une activité à bonne rentabilité doit permettre à
Delsey de continuer son expansion aux E.U. et en Asie notamment.
La SCEMD — Société Centrale d'Etudes Marcel Dassault — est devenue un
véritable petit conglomérat avec son rachat en 1982 de l'imprimerie Georges
Lang qui confectionnera Jours de France, et son acquisition de 20 % du capital
de la « Société Europe 1 -Images et son » auprès de S. Floirat (5,8 %) et en
Bourse (14,2 °7o) (1). Enfin, Jeumont-Schneider s'est diversifié dans la bureauti
que en prenant 10 % du capital de Microfive, petite société de matière grise amér
icaine spécialisée dans la fabrication de micro-ordinateurs professionnels à logi
ciel avancé. Avec cette opération, J-S entend devenir un constructeur ensemblier
de systèmes bureautiques par un déplacement progressif de la téléphonie vers la
bureautique.
e) La poursuite de l'internationalisation de l'appareil productif français : plus
d'une opération sur 4 a été réalisée à l'étranger, ou avec un ou plusieurs partenai
res étrangers, confirmant ainsi la tendance observée au cours des dernières
années en ce qui concerne le choix des stratégies internationales par les entrepri
ses françaises. Environ une opération internationale sur deux (45,2 %) est effec
tuée par CE, alors que la création ex-nihilo de filiales à l'étranger explique 10 °/o
(1) Rappelons que la SCEMD possède notamment 10 % de Gaumont, 10 % de Gaz et Eau, 10 °/o de
l'Institut Mérieux, 30 °/o d'Intertechnique, des actions de Motobécane...
66 REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n° 24, 2ème trimestre 1983 des opérations internationales, les prises de participation 13,5 %, les créations de
filiales communes et les accords avec des partenaires étrangers 29 % . Les secteurs
les plus touchés par les stratégies internationales des groupes qui les composent
sont : les I.A. A, la chimie, parachimie, pharmacie, TAS, les productions de
matériels électriques et électroniques professionnels, d'équipements ménagers, de de transport terrestre (y compris l'automobile), la presse, l'imprimerie
et l'édition, les services marchands, qui constituent ensemble les 2/3 du total des
opérations internationales.
II. — LES PRINCIPALES RESTRUCTURATIONS SECTORIELLES DE
L'ANNÉE 1982
Nous ne ferons aucun commentaire sur les opérations qui ont eu lieu dans les
secteurs caractérisés par moins de cinq restructurations car elles sont d'ampleur
relativement limitée. Les autres secteurs seront analysés en deux points suivant
que leur restructuration a été fortement ou peu influencée par les décisions des
pouvoirs publics.
1°/ La des secteurs les moins touchés par les décisions des pou
voirs publics.
Il s'agit des secteurs dans lesquels les entreprises privées sont à l'origine de la
totalité ou de la quasi-totalité des opérations de restructuration les plus import
antes.
a) Les LA. A. :
En plus de son entrée dans le capital de Germe (Production d'enzymes, d'hor
mones pures, de protéines) et de la création d'un centre en liaison avec le
C.N.R.S. et FI.N.R.A. (pour la culture in vitro de plantes aromatiques), le
groupe Pernod-Ricard a pris le contrôle de la Société Grande Limonade de
Vichy-Ets Ancel, de William Whiteley (société écossaise exploitant les marques
de scotch whisky : House of Lords, King's Ransom, Glenforres Glenlivet, et pos
sédant la distillerie d'Edradom-Highlands), de Fieldcrest (E.U.), et surtout de
SIAS-MPA (2), société qui a mis au point un procédé original pour ses préparat
ions aux fruits permettant aux producteurs de yoghourts, de desserts lactés
notamment, d'incorporer dans leurs produits des fruits en morceaux ayant les
caractéristiques des fruits frais. Cette croissance externe consacre l'entrée de P-R
dans un domaine d'activité d'avenir car les consommateurs préfèrent désormais
les fruits au simple arôme dans les produits laitiers. Le groupe BSN-GD a réalisé
trois opérations de croissance externe dont la prise de contrôle de Wuhrer (3e
brasserie italienne) et de Alken (4e brasserie belge). Mais il a surtout repris les
filiales alimentaires de Brooke Bond (GB) en France, au Bénélux et en Italie (coût
environ 80 millions de F.). Grâce à ces opérations, BSN-GD a acquis des parts de
marchés importantes dans les domaines des potages en boîte et des épices (Liebig
(3) : 450 millions de chiffre d'affaires dont 250 en France), des extraits de viandes
(2) SIAS-MPA a été racheté au groupe Lafarge Coppée. C'est le 1er producteur mondial dans les pré
parations aux fruits ; son chiffre d'affaires représente environ 300 millions de F.
(3) La filiale française de BB possède 80 % du marché français des potages en boites et 75 % de celui
des extraits de viande (Viandox).
REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n° 24, 2ème trimestre 1983 67 et des cubes à bouillon (45 °/o du marché des cubes à bouillon en Belgique et
50 °/o en Italie ; Oxo : 93 °7o du marché belge des bouillons liquides, 50 °/o en Ita
lie), des confitures et compotes (marques Materne et Viva-Villard Vasselot).
Cette stratégie de BSN-GD possède au moins deux avantages : d'une part, le
groupe gère des marques leaders et fait des métiers complémentaires ce qui per
met à la ménagère d'acheter (sans le savoir...) de plus en plus de produits du
groupe, et d'autre part, la reprise des filiales françaises du groupe britannique va
dans le sens des recommandations des pouvoirs publics qui veulent franciser les
activités françaises des sociétés étrangères.
Le groupe Bong rain Gérard a également utilisé la CE pour s'accroître en pre
nant le contrôle des conserves Lenzbourg (confitures, fruits au sirop), d'Acme
Packing (E.U.), et de Lactos Pty (Australie).
Les principales autres opérations ont été effectuées par Pain Jacquet (contrôle
de « Croissant Show »), Banania (gr. Poulain) (contrôle de Colibri-Sodibis), Est-
Lait (prise de participation et création d'une société commune), Piper Heidsieck
et Rémy Martin (création par chaque société d'une filiale aux E.U.), Générale
Biscuit (renforcement de sa position aux E.U. par la prise de contrôle de
Salerno), Maison Calvet, négoce des vins de Bordeaux et de Bourgogne, qui
passe sous le contrôle de Whitbread (brasseries britanniques), Lesieur Sa et St-
Louis Bouchon (qui acquièrent chacun 5 °/o du capital de l'autre afin notamment
de développer les programmes de diversification (en France et à l'étranger) entre
pris par ces deux groupes de l' agro-alimentaire), Cointreau et Izarra (liés finan
cièrement) qui prennent le contrôle de Schneider Import de Bingen (R.F.A.),...
b) Electricité, gaz, eau :
Le groupe Lyonnaise des Eaux a poursuivi sa stratégie d'exportation de son
savoir-faire dans le monde en prenant le contrôle de General Water Works (3e
société américaine de distribution d'eau) et en créant une filiale commune avec la d'investissements Desjardins pour développer les activités de gestion de
réseaux d'assainissement et d'eau potable au Québec et au Canada. Le groupe
Cie Générale des Eaux s'est également implanté aux E.U. en rachetant la société
Hinckley Schmidt Water, spécialisée dans la distribution d'eau potable, et a pris
20 °7o (comme Amrep) dans Valorga, société travaillant dans le domaine de la
méthanisation. Enfin, SGPM, Total et le Crédit Agricole ont pris une participa
tion dans Solems, société appartenant à la filière photovoltaïque de l'énergie
solaire.
c) Matériaux de construction
Le groupe Lafarge a pris 35 % dans Chryso SA (fabrication d'adjuvants du
béton), constitué une entité commune avec Valéo, créé une nouvelle société par
apport de sa filiale Exteral tandis qu'Imetal apportait Sarca (Production de cha-
mottes, de charges minérales utilisées dans les industries réfractaires, céramiques
et chimiques) (4), et, enfin, réorganisé sa filiale Lafarge Réfractaires (résultat de
la fusion fin 80 de CEC et Sepr-Filiale de SGPM) qui a subi les effets du net
ralentissement de l'activité sidérurgique (son client a plus de 50 %) et de la con-
(4) Imetal aura 55 °/o du nouvel ensemble et Lafarge Fondu International 45 %
68 REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n° 24, 2ème trimestre 1983 currence allemande et japonaise (entreprises beaucoup plus modernes). Les
autres opérations proviennent de Villeroy et Boch (RFA-premier producteur
mondial de revêtement de céramique) qui a créé une unité de production en
France, de la CGE et T-B qui ont regroupé leurs activités dans les céramiques
techniques de leurs filiales respectives Ceraver et LCC-CICE, et d'Origny-
Desvroise qui a pris le contrôle de Fourmaintraux-Delassus (carreaux cérami
ques) dont Lafarge possédait 44 % du capital par sa filiale Allia Doulton.
d) Fonderie, travail des métaux :
Une importante restructuration s'est poursuivie dans le domaine de l'outillage
par les prises de contrôle par Facom de Bost (pincerie industrielle), de Garnache-
Chiquet et fils (tournevis), et son entrée dans le capital de Virax (outillage pour le
travail du tube dans le bâtiment). I2L a repris Adam (perceuses moyennes) qui
emploie 104 salariés, Alcoa a obtenu le contrôle des activités fonderie de Merlin-
Gerin tandis que le groupe Lafarge cédait à Ideal Standard Europe sa participa
tion dans Queroy (robinetterie sanitaire-mitigeurs), Eclair Prestil était rattaché
au groupe suisse Petrotec Systems, et la cie Primagaz et Gallay créaient une filiale
commune (Liotard Robine).
e) Le textile et l'habillement :
Le groupe Prouvost a absorbé sa filiale SID (société pour la diversification) et
pris une participation (par l'intermédiaire de sa filiale la Lainière de Roubaix)
dans Vitos qui dégage une bonne rentabilité du fait de ses fabrications et ventes
d'articles de bonneterie et de sa filiale Gravograph (fabrications et distribution
dans le monde entier des machines à graver). Diverses opérations de CE ont été
réalisées par Kindy (rachat des Ets Agofroy), et Liberty (G.B.) (reprise d'ETIT-
Ets d'Impression de Tain-Tournon du groupe Bianchini-Ferrier). DMC a cédé le
contrôle de Zeil Schönau et Möwe (R.F.A.), spécialisé dans le linge de maison, et
passé un accord avec Cannon Mills (E.U.) aux termes duquel Cannon Mills fabri
quera et commercialisera la collection luxe de Descamps (filiale DMC) aux E.U.
et au Canada. Enfin, l'Idi est intervenu pour 51 °/o dans la société mixte qui avec
les banques créancières du groupe Boussac St-Frères, a pris en location-gérance
les activités de BSF. La nouvelle entité créée (la cie de l'Union Industrielle Bous-
sac St-Frères) aura un capital de 200 millions. Cette opération est une véritable
nationalisation de fait étant donné l'absence de preneurs capitalistes privés. Les
grandes lignes du plan de redressement consistent à renforcer le noyau textile-
habillement (marques Boussac, Dior, Ted Lapidus), à développer des activités
périphériques (articles d'hygiène, de loisirs...), à créer de nouvelles branches
(ameublement, Hifi...), et à abandonner les productions condamnées (tapis, jute,
emballage, filets de pêche...).
f) Bois, meubles et industries diverses.
Outre l'arrêt de deux unités de fabrication de skis aux E.U. par Rossignol, la
reprise par Berchet de la société Bella, le rachat par Dumontier de l'Angevinière,
de Jamet par la Cie Générale Industrielle, l'absorption par la Société Parisienne
des Sciures de sa filiale SAMS, et de la création de l'Omnium Financier du Meub
le par Lafa et Ranger (deux spécialistes du tube ménager) avec l'appui des pou
voirs publics, diverses opérations ont été entreprises par le groupe Bic, n°l de la
planche à voile grâce à son acquisition de Tabur Marine qui est devenu Bic
REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n" 24, 2ème trimestre 1983 69 avant de prendre le contrôle de Windglider (R.F.A.). Le groupe Bic a Marine
encore cédé la majorité du capital des Chantiers Navals de Plaisance Dufour à un
groupe de cadres qui effectuera la restructuration nécessaire de la société, et
absorbé sa filiale Diroco qui détient 52 °/o de Dim.
g) Papiers-Cartons :
La Cie Française de Développement des Entreprises a repris la société Gallia
spécialisée dans les articles scolaires tandis que les Papeteries de Gascogne et la
Rochette Cenpa se réorganisaient chacune de leur côté par absorption de filiales
notamment.
h) Presse, imprimerie, édition :
Un grand nombre d'opérations ont eu lieu en 1982 dans ce secteur. Insistons
sur les plus significatives. Le groupe Hachette (5) a procédé à diverses opérations
de restructuration interne par apports partiels d'actifs et absorption de filiale,
cédé Le Point à Gaumont, revendu la Maison d'Edition Taillandier (Revue His
toria) et sa participation dans Moto- Journal, acquis 40 °/o du groupe media
(Jacinthe, Biba, Enfants magazine, 20 ans) dans le but de se rapprocher d'une
équipe jeune et dynamique, 48,75 °/o de Loisirs n° 1 (Tennis magazine, Planche
magazine, Neptune Nautisme, Planche à voile magazine, Ski, Flash magazine),
et 50 % de la société d'édition Edireg. Divers accords ont encore été signés par
Hachette avec les Editions Mondiales (création à 50/50 d'une société de product
ion audiovisuelle), Publicis (création de magazines sur vidéocassettes), Fox
(création d'une structure de production et de distribution), Matra (création d'un
GIE micro-informatique). Enfin, Hachette a lancé Micro 7 (mensuel de micro
informatique), créé Nuggets (Nouvelle chaîne de magasins de soft audiovisuel) et
Hachette Première (Production de films long métrage), et pris une participation à
50/50 avec Warner Filipacchi dans Films Office (distribution de Vidéo cassettes).
Les Editions Mondiales (gr. Révillon frères) ont lancé Tilt, racheté Vidéo-News,
pris 34 °/o de RCV (premier distributeur français de vidéocassettes), signé avec
SFPC (Producteur de cinéma) un accord de co-production et de co-distribution
de films long métrage, et procédé à une restructuration interne. Le groupe Gau
mont a conclu divers accords avec Columbia et RCA (création de GCR pour dis
tribuer des vidéocassettes en France), avec Columbia de nouveau (création de
Triumph-distribution de films français et européens aux E.U. et au Canada),
avec Publicis (création d'une régie commune pour exploiter la télévision par
câbles aux E.U.), et séparé ses activités cinématographiques des autres activités
du fait de sa diversification croissante dans la communication. Europe 1 -Image
et Son a acheté 40 °7o du Nouvel Economiste, 65 % du groupe Giraudy (aff
ichage), la majorité du groupe éditant Télé-ciné-vidéo et aussi acquis le mensuel
Vidéo International, créé Fréquence Services (fournitures pour radios indépen
dantes) et conclu un accord avec la RAI. RTL (cie luxembourgeoise de télédiffu
sion) a pris 25,2 °7o dans Consolidated Productions (G.B.), 42,7 °/o dans Paris
Studios Billancourt et créé PI Audiovisue en Belgique (commercialisation de pro-
(5) Ses actionnaires sont actuellement pour 47 % des investisseurs instituionnels et des personnes pri
vées et pour 53 °/o Mariis qui est une société contrôlée avec 73 % des actions par Floriat-
Lagardère, le groupe Filipacchi et MMB (participations de Matra dans les médias) ; le Crédit
Lyonnais possède le reste des actions de Mariis soit 27 % du capital.
70 REVUE D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE — n° 24, 2ème trimestre 1983