Activité. Expressions et Langage. Entraînement et Fatigue - compte-rendu ; n°1 ; vol.20, pg 488-510

Activité. Expressions et Langage. Entraînement et Fatigue - compte-rendu ; n°1 ; vol.20, pg 488-510

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L'année psychologique - Année 1913 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 488-510
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Ajouté le 01 janvier 1913
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X. Activité. Expressions et Langage. Entraînement et Fatigue
In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 488-510.
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X. Activité. Expressions et Langage. Entraînement et Fatigue. In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 488-510.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1913_num_20_1_4375ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 488
férences générales importantes, en tenant compte bien entendu des
différences phonétiques marquées par des similitudes de signes
graphiques, une notation exacte étant fort difficile à réaliser.
H. P.
G. H. LUQUET. — Le problème des origines de l'art et l'art paléo
lithique. — R. Ph., XXXVIII, 5, 1913, p. 471-485.
L'auteur se demande ce que vaut la théorie magique des origines
de l'art, théorie essentiellement sociologique et actuellement adoptée
d'une façon générale.
Il montre avec raison qu'il n'y a là qu'une hypothèse, d'ailleurs
vraisemblable mais non démontrée, tous les arguments sur lesquels
elle s'appuie pouvant être utilisés par les théories opposées, plus
proprement psychologiques : Les animaux représentés (théorie
représentative) étaient pour les artistes des objets de désir
émotionnelle) et pouvaient donner lieu à des pratiques magiques
(théorie magique).
D'après l'auteur, l'intention esthéthique serait à son début « le
désir de perfectionner une ressemblance entrevue entre une
matière brute et la forme d'un objet réel ».
Il croit qu'un fait crucial serait fourni par l'existence de bar
bouillages de couleur sans représentation d'objets, et indiquant,
comme chez l'enfant, un goût de la couleur pour la couleur; il y
aurait là « la preuve décisive de l'existence, à cette époque, d'un
art entièrement désintéressé, inspiré par un sentiment purement
esthétique ».
Cette preuve serait-elle décisive, et les sociologues n'intégreraient-
ils pas ces barbouillages colorés dans leur interprétation magique?
C'est ce dont il est permis de douter. H. P.
X. — Activité. — Expressions et langage.
Entrainement et fatigue.
RAYMOND DOGDE. — Mental work : a study in Psycho-dynamics
(Travail, mental : une étude de psycho-dynamique.). — Ps. Rev., XX,
1913, p. 1-42.
Nous n'avons pas de bonne définition à donner du terme travail
A mental; l'activité cérébrale est trop différente de tout ce que nous
;' | dénommons c'est un fait travail; certain. mais Malheureusement qu'elle s'accompagne les méthodes d'un métabolisme, de mesure
i ordinaires du métabolisme, calorimètre respiratoire, analyse des pro
duits de combustion organique, sont pratiquement incompatibles
avec une expérimentation aussi délicate que l'expérimentation
psychologique. — EXPRESSIONS ET LANGAGE 489 ACTIVITÉ.
Cherchant à mettre en évidence un moyen pratique de mesurer
la dynamique mentale, l'auteur s'est adressé à l'étude du pouls dont
la périodicité est en corrélation étroite avec le métabolisme. Il pense
que, malgré les objections légitimes qu'on pourra soulever, en parti
culier la difficulté de l'analyse et de l'interprétation des
résultats, cette étude du pouls est un bon moyen d'obtenir des
mesures de psycho-dynamique, approximatives il est vrai, mais
que des perfectionnements de technique pourront préciser.
L'effet du travail intellectuel sur la périodicité du pouls est connu.
Zoneff et Meumann ont mal interprété les résultats de leur expéri
mentation sur l'attention, parce qu'ils n'ont pas tenu compte de la
relativité de l'état mental pendant l'expérience avec les états précé
dants et succédants. Cette notion de relativité des indications
fournies par l'étude du pouls pendant l'expérience, ne doit pas être
perdue de vue.
Le dispositif employé par l'auteur (téléphone, galvanomètre,
sphygmographe) se compose de sphygmographes fixés aux temporales
par l'armature d'un récepteur de téléphone, les vibrations sont trans
mises à un galvanomètre. Les tracés sont photographiés. Quand
l'expérimentation porte sur le travail mental, des dispositifs ingé
nieux enregistrent sur le même tracé que le pouls, les mouvements
expiratoires et ceux du corps, les mouvements de la main si le
sujet écrit, sans gêner pourtant la liberté de son action.
L'expérimentation a porté sur le travail musculaire et sur le tra
vail mental. Le métabolisme musculaire est réduit à son minimum
pratique quand le sujet est couché sur une chaise longue de paqueb
ot. Si on fait exécuter au sujet un mouvement donné, ouvrir et
fermer les paupières, s'agenouiller, l'accélération du pouls traduit
le métabolisme correspondant, suivant l'importance des mouve
ments effectués, mais il diminue à mesure que les mouvements sont
répétés.
Le travail mental (lire, apprendre des mots, faire une multipli
cation) se traduit par une accélération du pouls, par conséquent
par un métabolisme, bien plus faible, quoique évident. Quand les
sujets ont à traiter par écrit des questions d'économique, de philo
sophie, etc., le métabolisme se montre le plus grand au moment de
la lecture et de l'examen des questions posées. L'expérience termi
née, il ne revient au niveau qui la précédait que graduellement.
L'auteur interprète cette intéressante expérimentation en se
gardant à juste titre de rien affirmer. Nous imiterons sa réserve,
car, s'il est établi que la vitesse du pouls suit les indications du
calorimètre, il faudrait que la réciproque fût trouvée exacte un grand
nombre de fois et dans des circonstances très diverses, pour qu'on
puisse affirmer qu'on peut mesurer le métabolisme, en mesurant
l'intervalle de temps qui sépare deux pulsations.
Comme le reconnaît l'auteur lui-même, si instructifs que soient
les résultats qu'il apporte, ils ne doivent être tenus que pour des
approximations,
J. F. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 490
EDWARD L. THORNDIKE. — Ideo-motor action ( Action idéo-motrice).
— Ps. Rev., XX, 1913, p. 91-106.
Les partisans de l'action idéo-motrice, affirment que l'idée d'un
mouvement, par l'effet de quelque connexion mystérieuse, tend à
produire ce mouvement, et le produit en effet si une représentation
antagoniste ne vient l'empêcher.
Ils définissent cette idée motrice : « La représentation de sensa
tions visuelles, tactiles et kinesthésiques produites originellement
par le mouvement lui-même ». Rien n'est plus rare dit l'auteur
qu'une idée de mouvement possédant un contenu aussi complexe
et aussi exact. Mais de plus, réfutant les théories de Me Dougall,
James, Washburn et Calkins, il estime que la croyance en le pouvoir
mystérieux de l'idée déclanchant l'appareil moteur, doit être mise
au rang des croyances en l'envoûtement et en la magie.
Question mise à part des connexions établies par l'hérédité et
l'habitude, ou de l'utilité actuelle,|un; état mental quelconque n'a pas
plus le pouvoir de produire le mouvement, que la représentation
de dollars n'a le pouvoir d'en créer. J. F.
VARIA KIPIANI. — Ambidextrie. Étude expérimentale et critique.
— 103 pages, 28 figures dans le texte, Alcan 1912.
Ce premier fascicule des Travaux de la Faculté Internationale de
pédagogie de Bruxelles est un ardent réquisitoire contre l'inégale
éducation de la main droite et de la main gauche. « Tout l'enseign
ement actuel est basé sur le développement exclusif de Yhémi-être
droit ». Et pourtant le corps est symétrique : « Cette symétrie,
invoque l'auteur, me semble comme une des causes les plus impor
tantes de l'exaltation anthropomorphique de l'homme, ce centre et
axe vibrant de l'Univers en mouvement perpétuel, ce sur-homme de
demain, qui, par l'impulsion d» son cerveau tout entier et tout
puissant, par le dynamisme de ses mains créatrices, franchira peut-
être même les Océans célestes. »
Beaucoup de lyrisme dans ce travail, mais peu d'esprit critique.
Le chap, i, Bases scientifiques et théories de la droiterie et de la gau
cherie, est une vraie macédoine des thèses les plus dissemblables; il
y en a d'incompatibles entre elles, celles des sociologues et des
biologistes par exemple : à quelle opinion se range l'auteur? Croit-
il que « seules des nécessités religieuses » ont imposé aux peuples
primitifs le développement prépondérant du côté droit; et, tout à
la fois, que la présence du cœur à gauche a réduit ce côté à une
attitude purement défensive et passive; que celle du foie plus
pesant a favorisé le droit, soit par suite du décubitus plus fréquent
sur le flanc droit (d'où nutrition meilleure des tissus déclives), soit
en faisant porter le centre de gravité du corps sur la jambe droite?
Admet-il en outre, et concurremment, l'action des causes obsté
tricales, embryonnaires, circulatoires, qu'il énumère? Difficulté — EXPRESSIONS ET LANGAGE 491 ACTIVITÉ.
plus grave : le cerveau gauche est-il plus lourd, comme le soutien
nent Broca, Brown-Séquard, Bastian, Luys; ou plus léger, comme le
veulent Giacomini, Gaglio et Mattei, Morselli; ou plus développé et
moins lourd, comme le propose Van Biervliet?
Mais tant d'incertitudes dans nos connaissances positives justi
fient-elles l'hypothèse de l'auteur? « D'où vient, se demande-t-il,
cette asymétrie si générale et si frappante?... Peut-être elle vient
de la symétrie même, et sa cause réside en elle. Une des lois de la
physique la plus exacte est la loi de la réflexion de la lumière... » ;
l'égalité de l'angle d'incidence et de l'angle de réflexion déterminer
ait la symétrie du corps — et le rapport entre l'angle d'incidence et
l'angle de réfraction pour une substance déterminée « l'asymétrie
interne de l'organisme. » (Chap, n, le point de vue pédagogique
p. 26).
Bien surprenantes aussi, dans leur simplisme, les notions pro
posées ch. m (Le point de vue pathologique) sur l'étiologie de la neu
rasthénie, des tics, de la chorée, des crampes professionnelles,
d'accès épileptoïdes, d'obsessions : « A notre avis toutes ces
maladies ne sont produites que par le travail asymétrique, qui
déséquilibre le système nerveux » ; — sur l'origine du strabisme :
« ligoté de tous côtés, jeté dans un berceau, détourné asymétrique-
ment de la lumière, l'enfant dévie son regard, et au grand déses
poir de son entourage, devient strabique;... on le jette dans une
voiture de plaisir, on le promène à reculons et le petit être devient
indifférent ou bien strabise ses yeux pour voir ce qui se passe en
avant ». A marcher « comme l'écrevisse », l'homme risquerait
encore la tuberculose.
Le remède à tous ces maux est de ressusciter Yhémi-être gauche,
de réveiller le cerveau droit que l'inaction de la main gauche a
laissé tomber en léthargie. L'écriture s'offre comme un merveilleux
moyen de rééducation. Là-dessus, discussion sur l'écriture pédago-
giquement la meilleure, et cette remarque (paraît-il expériment
ale) « que l'écriture, comme les autres phénomènes de la nature,
suit passionnément les rayons dorés de l'Astre-Aimant. » II faut à
l'écriture droite préférer l'écriture oblique. « Les rayons du soleil
ne tombent-ils pas obliquement sur notre terre asymétrique et qui
a son axe de mouvement oblique aussi?... En outre la ligne droite
est une ligne pour ainsi dire statique, froide, une ligne de repos;
la ligne oblique est au contraire dynamique, chaude, vibrante,
animée... » Et les arguments de cet ordre abondent!
La tendance de nos membres aux mouvements symétriques par
rapport à l'axe du corps, fait que l'écriture normale de la main
gauche est en miroir. Nonobstant cette constatation, l'auteur pro
pose d'employer l'écriture boustrophède, alternativement droite et
renversée, la fin d'une ligne répondant au début de la suivante « à
la manière dont les sillons d'un champ sont tracés par les bœufs
qui labourent ». Les mains droite et gauche, chacune ayant sa
page, opèrent ensemble et tantôt convergent, tantôt divergent, l'une
écrivant en miroir quand l'autre écrit droit. D'où gros avantage de 492 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
lecture, car l'oeil évite d'une ligne â l'autre la grande saccade
oblique, de tous ses déplacements le plus fatigant.
La méthode aurait déjà reçu des applications satisfaisantes.
H. Wallon.
E. MANGOLD. — Willkürliche Eontraktionen des Tensor tympani
und die graphische Registrierung von Druckschwankungen im
äusseren Gehörgang (Contractions volontaires du tensor tympani, et
enregistrement graphique des variations de pression dans Voreüle
externe). — Pf. A., CXLIX, 11-12, 1913, p. 539-587.
Par enregistrement des oscillations de la colonne d'un mano
mètre à eau relié au conduit auditif externe, il a été possible de
noter, à côté des variations de pression dues au pouls, celles pro
venant d'une contraction du muscle tenseur du tympan que cer
taines personnes réalisent à volonté, contraction entraînant une
augmentation de pression de 6 à 9 mm. d'eau, en même temps
d'ailleurs qu'une augmentation de sécrétion salivaire.
Par exercice, des sujets sont parvenus à contracter isolément, et
avec plus ou moins d'intensité, les muscles droit ou gauche.
La répétition de la contraction permet d'obtenir sur les graphi
ques de variation de pression des courbes de fatigue ayant l'allure
classique. Le temps de réaction — provoquée par une excitation
auditive — pour cette contraction du tensor tympani, a été
de 0 sec 17. Malheureusement on n'a pas la comparaison avec le
temps de latence d'une réaction motrice banale provoquée par une
excitation identique, et qui eût été sans doute beaucoup plus court.
H. P.
C. S. YOAKUM et MARGUERITE GALFEE. — An analysis of the
mirror drawing experiment {Une analyse de V expérience du dessin
au miroir). — J. of ed. Ps., IV, 5, 1913, p. 283-292.
On connaît l'expérience qui consiste à faire repasser les traits
d'un dessin qu'on voit seulement dans un miroir : on arrive à
corriger les incertitudes et les erreurs du début par un apprentis
sage plus ou moins long.
L'auteur relate une série d'expériences faites avec ce test chez
des écoliers et de jeunes étudiants, au cours de six épreuves succes
sives, le temps pour effectuer le dessin total étant chaque fois noté
en secondes :
Moyennes. 1 2 3 4 5 6 Moyenne.
Écoliers 236,5 98,6 93,1 77,5 55,5 115,09 128,5
Étudiants 218,10 117,27 87,42 72,67 62,67 50,12 101,06
Étudiantes .... 121,06 81,37 55,70 46,95 46,30 34,5 64,41
Total 169,11 59,68 54,41 42,23 82,55 99,15 71,41 — EXPRESSIONS ET LANGAGE 493 ACTIVITÉ.
On note la supériorité féminine et celle de l'âge. Les limites
extrêmes des temps ont été de 752 secondes (étudiants) et 31,5
(étudiantes) pour la première épreuve, de 171 secondes (étudiantes)
est de 17 (étudiantes aussi) pour la sixième.
Les courbes moyennes d'apprentissage sont de forme classique;
dans les individuelles, les auteurs en trouvent où il y a
recul (temps plus long), au deuxième, au troisième, au quatrième,
au cinquième, au sixième essais, à côté d'autres où le progrès se
fait sans accrocs; mais, pour qu'on puisse parler de « types d'ap
prentissage différents », il faudrait être sûr que cette particularité
serait constante chez les divers sujets, ce qui est douteux, les
courbes individuelles d'apprentissage marquant souvent des reculs
accidentels du progrès, surtout quand les intervalles entre les
épreuves sont brefs. H. P.
H. ROSE. — Der Einfluss der Unlustgefühle auf den motorischen
Effekt der Willenshandlungen (L'influence des émotions désagréables
sur Veffet moteur des actions volontaires). — A. f. ges. Ps., XXVIII,
94-182).
Le problème ici étudié est celui dont Féré s'est occupé autrefois
dans Sensation et Mouvement. On provoque artificiellement des sen
tions désagréables, en fait des sensations gustatives, au moyen
d'une solution concentrée de sel de cuisine, ou de fort vinaigre, ou
parfois même d'un mélange des deux. Le caractère désagréable de
la sensation est apprécié par les sujets et gradué comme faible,
moyen, fort ou très fort. Puis les sujets, au nombre de sept (étu
diants ou professeurs, et parmi eux Störring), effectuent des mou
vements sur une sorte d'ergographe à ressort conçu par Störring,
et appelé par lui dynamographe. (Le dynamomètre est rejeté
comme inutilisable.) Il y a d'abord un avertissement verbal, puis,
deux secondes après, un timbre sonne, et le sujet doit alors
exercer, avec le majeur, une traction aussi forte que possible. Le
mouvement est enregistré sur un cylindre; il est exécuté trois fois,
à la suite d'une excitation gustative, ou bien, pour les comparaisons,
sans excitation désagréable.
Un détail important de la technique suivie concerne l'adaptation
motrice. On en distingue quatre formes : 1° l'adaptation simple,
dans laquelle la seule prescription est d'exercer une traction aussi
forte que possible; 2° l'adaptation sensorielle, dans laquelle il est
prescrit de réagir aussitôt que l'on aura entendu distinctement le
timbre, et où par suite l'attention est dirigée sur la perception du
signal; 3° l'adaptation motrice, où l'attention est dirigée principale
ment sur le mouvement; 4° l'adaptation musculaire, où il est pres
crit de tendre à l'avance les muscles qui doivent exécuter le mouv
ement.
Le graphique obtenu dans chaque cas permet de mesurer :
1° une longueur qui correspond au temps écoulé entre la product
ion du signal et le commencement du mouvement (c'est le temps ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 494
de latence) ; 2° une longueur qui correspond à la partie ascendante
de la courbe; c'est la montée {Anstieg); 3° la hauteur de la courbe;
4° la longueur qui correspond aux deux parties de la courbe- En
général, ces différentes longueurs sont plus grandes^pour les cas où
il n'y a pas de sensation que pour ceux où existe la sensation désa
gréable. En conséquence, on prend la moyenne des mesures
fournies par un groupe de trois tractions faites dans l'état émo
tionnel neutre, puis des moyennes analogues pour le cas où existe
l'émotion désagréable, on fait la différence, et l'on répète ces déter
minations pour avoir des dignes de confiance. On calcule
les écarts moyens, qui sont assez élevés : je crois qu'il aurait été
utile d'aller jusqu'au calcul des erreurs probables, qui aurait fourni
un moyen précieux de séparer les déterminations les plus sûres de
celles qui le sont le moins.
Les résultats sont donnés dans de nombreux tableaux. Voici les
principales indications générales qui s'en dégagent.
Le temps de latence est abrégé par l'émotion désagréable dans la
grande majorité des cas (73 p. 100 en moyenne) et quel que soit le
genre d'adaptation. Ce résultat se répète pour l'émotion faible,
moyenne et forte : les cas où l'émotion est très forte sont trop peu
nombreux pour qu'on en puisse tirer une conclusion, mais ils ne
sont pas de nature à faire croire à une influence opposée. — La
diminution du temps de latence varie avec les sujets, dont les uns
ont une réaction active, les autres une réaction passive. Elle varie
aussi avec les modes d'adaptation : elle est particulièrement
marquée pour l'adaptation sensorielle et l'adaptation motrice.
L'émotion produit aussi un accroissement dans la hauteur de la
courbe, et d'une façon d'autant plus nette que l'émotion est plus
forte. Le genre d'adaptation n'exerce pas d'influence, ni sur la
grandeur, ni sur la fréquence de l'accroissement.
La montée de la courbe, ou la vitesse avec laquelle la traction
atteint son maximum, est influencée aussi, mais d'une façon plus
complexe. Pour les sujets qui réagissent d'une façon active, la
montée est abrégée ; pour ceux qui d'une façon passive,
elle est allongée, quel que soit le genre d'adaptation, mais d'une
façon d'autant plus nette que l'émotion est plus forte.
Et le résultat semble être plus complexe encore en ce qui con
cerne la longueur de la courbe, ou la durée totale du mouvement.
Dans le cas de l'adaptation simple, la longueur est diminuée; dans
les autres adaptations, elle est accrue pour les sujets qui réagissent
passivement; quant à ceux qui réagissent activement, le résultat
n'est pas net pour les degrés inférieurs de l'émotion, mais, lorsque
l'émotion est forte, c'est une diminution de la longueur qui se
manifeste.
Dans l'ensemhle, l'effet moteur total est accru : la peine, au
moins la peine légère qui résulte des espèces de sensations ici pro
voquées, n'a donc pas l'action dépressive que l'on a si souvent
admise pour toutes les émotions pénibles depuis que Kant les a
désignées comme asthéniques. Foucault. — EXPRESSIONS ET LANGAGE 495 ACTIVITÉ.
V. VANEY.. — Le débit de la lecture aux divers âges. — B. S. E.,
XIII, 6, 1913, p. 165-175.
M. MORLÉ. — Le débit de l'écriture. — Ibid., p. 175-184.
M. Vaney a déterminé sur 120 enfants de l'école de la rue Grange-
aux-Belles, divisés en 6 groupes d'âge différent (de sept ans et demi
à douze ans et demi en moyenne) à raison de 20 par groupe, la vitesse
moyenne de lecture à première vue sans préoccupation de vitesse.
Voici les résultats obtenus :
Age. Mots lus à la minute. Gain.
7 à 8 ans 50
8 à 9 — 66 16
9 à 10 — 100 34
10 à 11 — 120 20
11 a 12 — 130 10
12 à 13 — 140 10
La courbe du progrès indiquée par M. Vaney marque une accélé
ration médiane comme les courbes de croissance ou les courbes
d'apprentissage *, nous pouvons le noter en passant.
Chez les adultes, la vitesse moyenne s'est montrée de 140 mots à
la minute chez deux professeurs de diction, de 154 chez dix insti
tuteurs, de 175 (avec extrêmes de 130 et 222) chez huit autres
personnes. L'appréciation serait plus exacte si la mesure concernait
le nombre de syllabes à la minute, la syllabe étant l'unité phonét
ique.
M. Morlé a étudié de son côté la vitesse de l'écriture dans des
expériences collectives de copie chez 415 élèves de différents âges.
La notation de l'achèvement de la copie ne comportait pas de
grandes garanties d'exactitude, faute d'un procédé précis (le maître
tachant de voir quand chaque élève avait terminé).
Lorsqu'il y eut des omissions dans la copie, on majora le temps
constaté d'une valeur proportionnelle au nombre des mots omis et
calculée d'après la vitesse moyenne de la copie.
Voici quels furent les résultats :
Nombre d'enfants Mots écrits Nombre d'enfants Mots écrits.
Age. (lre école). à la minute. (2e école). à la minute.
7 ans 21 5 14 3
8 — 25 6 21 4
9 — 36 8 30 4
10 — 41 9 35 7
11 — 41 10 41 7
12 — 42 12 36 9
13 — ..... 14 12 13 10
14 — 2 12 3 10
Chez des employés de commerce (élèves d'un cours commercial),
la vitesse d'écriture se montra de 16 mots à la minute.
1. Voir H. Piéron, Recherches expérimentales sur la Mémoire,
An. Ps., XIXe année. 496 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Pour ces recherches l'unité valable aurait dû être la lettre et
non le mot. Si l'auteur avait publié, ce qui eût été facile, les
15 lignes de son texte, on eût pu faire la traduction.
Les moyennes qu'il donne sont d'ailleurs approximatives jusqu'à
en être inexactes, mais comme on a les temps moyens d'écriture
pour le texte de 152 mots, on peut les calculer plus exactement.
On obtiendrait alors les moyennes suivantes près desquelles nous
indiquons entre parenthèses celles de M. Morlé.
Nombre
total
Age. lrc école. 2e école. Moyenne, d'enfants. Gain.
7 ans .... 4,66 (5) 3,53 (3) 4,09 35 —
8 — . . . . 5,71 (6) 4,88 46 0,79 4,06 (4)
9 — . . . . 7,68 (8) 5,96 66 1,08 4,25 (4)
10 — . . . . 8,33 (9) 7,74 76 1,78 7,16 (7)
11 — . . . . 9,51 (10) 8,45 82 0,71 7,39 (7)
12 — . . . . 11,03 (12) 78 9,18 (9) 10,10 1,65
13 — .... 11,74 (12) 9,68 (9) 10,71 27 0,81
14 — 11,92 (12) 10,36 (10) 11,14 5 0,43
Nous retrouvons encore des phénomènes d'accélération médiane
dans ces courbes du progrès collectif, tandis que les graphiques
nécessairement inexacts de l'auteur ne les révéleraient pas. Et les
considérations basées sur des chiffres arbitrairement arrondis ne
peuvent être valables. M. Morlé déclare que le progrès est plus
grand de huit à neuf ans, devient normal de neuf à onze et
augmente de onze à douze dans la même proportion que de huit à
neuf, et il explique cela par les changements de cours. Or les chiffres
moyens, exacts, montrent la plus grande accélération de neuf à
dix ans, à l'âge où elle se rencontre pour le débit de la lecture
dans les expériences de M. Vaney, à ce qu'il semble, bien qu'il soit
difficile de passer d'une notation d'âge à une autre : M. Vaney
indique que ses groupes d'enfants vont de tel à tel âge, M. Morlé
donne un âge précis comme s'il avait étudié des enfants de sept ans,
de huit ans, de neuf ans, etc., exactement! Il faudrait en réalité
donner, pour chaque groupe, l'âge moyen des enfants, en se basant
sur les âges exacts de ceux-ci, évalués en années et mois. Un
dernier point. M. Morlé croit qu'aucune méthode ne permet de
mesurer la vitesse propre de l'écriture sans employer un artifice
comme celui de la copie. Mais quand on se résigne à faire des
expériences individuelles, on peut fort bien dicter en réglant son
débit sur la vitesse d'écriture et mesurer alors cette vitesse dans
des conditions tout à fait satisfaisantes. H. P.
J. FROMENT et O. MONOD. — Existe-t-il à proprement parler des
images motrices d'articulation. — R. N. 1913, 1, p. 197-203.
J. et O. MONOD. — La rééducation des aphasiques mo
teurs et le réveil des images auditives. — (Soc. Neurol. , 8 mai 1913),
R. N. 1913, I, 718-723.
SEMI MEYER. — Die Lehre von den Bewegungsvorstellungen {La