Le caractère interdisciplinaire des recherches sur l'administration - article ; n°3 ; vol.6, pg 13-28

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Revue d’études comparatives Est-Ouest - Année 1975 - Volume 6 - Numéro 3 - Pages 13-28
The Interdisciplinary Character of Research on Administration.
In a study of the interdisciplinary problems of administration, the author is interested in the activity of teams elaborating limited syntheses on essentiel problems and not on universal ones. He presents what he considers are essential topics based on his personal experience in the practical working in this field.
The problem of methodology is the first to confront the researcher, the need existing for different members of the team to use different methods, despite supposedly comparative results. The same method cannot be used indifferently by the Jurist, the Sociologist, the Psychologist and the Economist even when the team's research work bears on a common project.
The second problem is that of vocabulary and common comprehension. Legal terms have a certain ascendancy over other scientific terminology, since they are invested with the authority of the Law. Teams should therefore be versed in legal terminology and Jurists should assimilate notions proper to other sciences and techniques, such as Sociology or Computerization. To render the language of comparative research adequate, a larger spectrum of terms, common to several sciences, would be useful although total identity seems impossible.
The third problem is in the composition of the team. Qualitative disproportions in the capacities of team members does not necessarily disqualify the team, as long as the central creative guideline of the research is assured by able specialists, particularly since the other participating disciplines only exploit the data and are not expected to propose new conceptions.
The fourth problem is exploiting the material, especially that which has already been collected by the administration, concerning its activity and its social effects. This material is often unpublished and it would be useful if research had access to it. In other words, the team should be allowed to practice independently even when the documents belong to the administration. For the best results people having a practical knowledge of the functioning of the administration should also be integrated into the team.
The fifth problem is that of deriving conclusions. The team's composition and the subjects of the research should already give some indications regarding the conclusion, the question on which the conclusion should bear having already been decided when the team was created. Only the contents remain unknown, although hypothetically foreseen. There is, therefore, not only the case of the contents of the conclusions but also of their efficiency or social value. The measure of this value is their present or future use in bettering society. From this point of view the criticism of the conclusions often leads to mutual accusations between theory and practice. The author of this article who is a professional theoretician admits his own tendency to lend an ear to practice and concludes:
Although the detailed solution of administrative problems is part of the activity of different sciences, interdisciplinary research teams have another job to fulfill. Over the past 20 years, analysis of the development and needs of science indicates that the important needs, and possibilities for discoveries and new propositions lie at the crossroads of the different scientific branches. Thus, the best way to generate new answers to the same questions concerning the administration is by studying fronteer problems via interdisciplinary teams.
L'auteur procède à l'étude des problèmes interdisciplinaires de l'administration ; il s'intéresse à la formation et à l'activité des équipes interdisciplinaires qu'il est possible de créer, c'est-à-dire d'équipes élaborant des synthèses limitées et non une synthèse universelle. Ainsi, il présente les thèmes essentiels en partant de l'expérience acquise dans le fonctionnement pratique de ce genre d'équipes.
L'organisation de l'activité de ces équipes pose un premier problème : la nécessité, pour chacun des membres de l'équipe, d'user de méthodes différentes qui, pourtant, sont toutes destinées à donner des résultats comparables. Une seule méthode ne peut servir indifféremment au juriste et au sociologue, au psychologue et à l'économiste, bien que l'objet de leurs recherches soit, dans le cadre de l'équipe, constitué par les problèmes de fonctionnement de l'administration.
Le deuxième problème se rapportant à l'intégration relative de leurs recherches est celui de l'emploi de vocabulaire et de notions communs et de leur compréhension. Les termes juridiques ont cette supériorité sur les termes admis par les autres sciences, qu'ils jouissent de l'autorité de la norme de droit, que leur emploi est formellement admis. Il est donc du devoir des juristes de faire connaître le sens des notions juridiques dans ce genre d'équipes. Mais les juristes doivent encore assimiler les notions élaborées par les autres sciences, ne serait-ce que par la sociologie et l'informatique. Pour arriver à un certain degré d'adéquation de comparaison des recherches, l'élargissement de la liste des termes communs à plusieurs sciences paraît nécessaire, bien qu'une identité totale des termes semble impossible.
Le troisième problème réside dans la composition de l'équipe. Les « disproportions qualitatives » entre les membres ne disqualifient pas forcément l'équipe, à condition que la ligne de son activité — le but des recherches collectives — soit représentée par des savants garantissant un développement créateur du thème, étant donné que les représentants des autres sciences ont moins pour tâche de créer des conceptions nouvelles que d'assurer l'exploitation de l'acquis existant, dans un secteur donné et à des fins particulières.
Le quatrième problème est celui de l'exploitation du matériel, et tout particulièrement du matériel déjà recueilli par l'administration, qui dispose généralement de nombreuses observations et de documents concernant aussi bien les effets sociaux de son activité que les rapports au sein de l'administration. Il s'agit bien souvent de matériaux inédits et le droit d'y accéder serait d'une grande aide pour les recherches. En utilisant les documents conservés par l'administration, l'équipe doit être en mesure de poursuivre des recherches indépendantes. L'intégration à l'équipe de personnes possédant la connaissance pratique des problèmes du fonctionnement de l'administration, peut parfois donner de bons résultats.
Le cinquième problème est représenté par la formulation des conclusions. La composition de l'équipe et le but pour lequel elle a été formée en préjugent. A quoi la conclusion doit-elle se rapporter — c'est ce qu'il faut établir lors de la constitution de l'équipe. Seul le contenu du résultat des recherches demeure inconnu quoique hypothétiquement prévu. Dans ce cas, il ne s'agit pas du seul contenu des conclusions mais de leur efficacité, de leur valeur sociale. La mesure de cette valeur ne peut être qu'une : leur exploitation présente ou future pour améliorer la vie sociale. De ce point de vue, la critique des conclusions conduit souvent à des accusations mutuelles entre la théorie et la pratique. L'auteur, lui-même, « théoricien professionnel », est plutôt prêt à écouter la voix de la pratique.
« Bien que la solution détaillée des problèmes administratifs fasse partie du domaine de l'activité des différentes sciences, les équipes vouées aux recherches interdisciplinaires ont une tâche importante à remplir outre celles dont il était question. En effet, aussi bien l'appréciation de l'histoire du développement de la science pendant les vingt années qui viennent de s'écouler que l'observation des besoins indiquent que les plus grands besoins en même temps que les plus grandes possibilités de découvertes et de propositions nouvelles se trouvent au point de jonction des différentes branches de la science. Ainsi, à l'heure actuelle, la meilleure voie pour susciter des réponses nouvelles à des questions sans cesse posées sur l'administration, par la pratique sociale, passe par l'étude des problèmes « limitrophes », entreprise par des équipes interdisciplinaires ». Telle est la conclusion du professeur Starosciak.
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1975
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