Les méthodes de calcul des prix de revient agricoles - article ; n°2 ; vol.1, pg 40-61

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Bulletin de la Société française d'économie rurale - Année 1949 - Volume 1 - Numéro 2 - Pages 40-61
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1949
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Langue Français
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M. Jean Tugault
Les méthodes de calcul des prix de revient agricoles
In: Bulletin de la Société française d'économie rurale. Volume 1 N°2, 1949. pp. 40-61.
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Tugault M. Jean. Les méthodes de calcul des prix de revient agricoles. In: Bulletin de la Société française d'économie rurale.
Volume 1 N°2, 1949. pp. 40-61.
doi : 10.3406/ecoru.1949.1145
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_1146-9374_1949_num_1_2_1145LES MÉTHODES DE CALCUL
DES PRIX DE par M. REVIENT Jean TUGAULT • AGRICOLES •
Chef de la Division de la Rentabilité de la C.G.A.
INTRODUCTIONS
les principales précisions nécessaires et suffisantes soient l'intérêt Les économistes que pourrait sentent susciter mieux la publication que quiconque de la nouvtout données sur le mode de calcul de ce chiffre. C'est sur ce
elle suivante : « Le prix de revient du lait a été cet hiver sujet, je pense, que le bureau de la Société Française
d'Economie Rurale m'a demandé de faire un rapport, de 19 fr. 50 le litre clans telle région, dans telle ferme ».
malheureusement fort incomplet. Encore faudrait-il pour des économistes que toutes
PREMIÈRE PARTIE
DÉFINITIONS
1. — Prix de revient en agriculture. — La pre économique générale et parce qu'il ne s'est pas élevé,
mière question pourrait être :'« Quelle est la définition à ma connaissance, d'objections majeures à cette défi
du prix de revient en agriculture » ? nition. Cette définition d'apparence précise, est cependant
sujette à de nombreuses difficultés d'application tant
Une définition du prix de revient dans l'industrie et dans l'industrie que dans l'agriculture. C'est seulement le commerce est donnée dans le plan comptable de 1947 dans le cas de monoculture qu'elle n'en soulève pas
page 67 : Prix de revient (d'un objet, d'un service, d'un trop.
groupe d'objets ou de services) « Tout ce qu'a coûté,
2. " Prix de revient d'un produit isolé. — ■ Soit cet objet, ce service, ce groupe d'objets ou de services,
un seul produit agricole. Selon la définition du plan à un moment donné et dans un état déterminé ». Cette
comptable on peut distinguer toute une série dé prix définition paraît pouvoir, être étendue telle quelle à
l'agriculture pour des raisons de bonne coordination de revient relatifs à ce seul produit.
a) Le prix de revient sur une parcelle
b) Le prix de sur un ensemble de terres assolées (2),
c) Le prix de revient sur une exploitation (2). d'une récolte.
d) Les prix de revient des diverses exploitations d'un groupe d'exploitations « comp
arables » (1)
et le prix de revient moyen qui en résulte de plusieurs récoltes successives
e) Les prix de en France et le prix de revient moyen qui en résulte
f) Les prix de revient à l'étranger et le prix de revient moyen qui en résulte
Eléments de prix de revient Pour un seul produit il y a ainsi, non pas un prix de
revient, mais au moins 10 à 12 prix de revient et leurs Exemple : éléments. Ce n'est pas tout. En plus des prix de revient
constatés, il y a les prévisions de prix de revient Ce ne sont — La rémunération du travail actuel et différé dans pas de véritables prix de revient au sens du plan comptable. le prix de revient d'un produit.
3. - Comptes spéciaux relatifs au: prix de ce* — Les frais de différentes natures (labour...) dans le revient des produits agricoles. — II y a aussi, et
peut-être. pas inutile de les distinguer des prix de prix de revient d'un produit. n'est
[]) Reste à définir la comparabilité.
'2) b) et c) peuvent se confondre pratiquement. •
revîent> des- comptes spéciaux, dans dérer non plus un seul produit, mais des ensembles proprement dits,
lesquels on rapporte les charges « réelles » d'une récolte de produits et de services, par exemple :
(il ne s'agit donc pas en cela de prévision) à une quantité
a) - Le grain et la paille (nous y reviendrons longuement). récoltée « moyenne » (moyenne de plusieurs années)
qui n'est pas la récolte « réelle » de l'année. b) - Un produit vendu (ventes de poulains et jeunes
chevaux) et un service non vendu (heures de travail C'est le cas du compte spécial établi pour la fixation
des juments poulinières et des jeunes chevaux). du prix du blé en France (1). Mais, pour qu'un tel mode
de calcul serre de près la réalité, il faut calculer la quantité c) - Le groupe des produits d'un assolement déterminé
récoltée « moyenne » à partir des chiffres de récoltes à l'exclusion des autres produits de l'exploitation.
« réelles » de plusieurs campagnes. Par exemple : les
d) - L'ensemble des autres produits de l'exploitation etc.. deux récoltes précédentes, la récolte en cours, les deux
récoltes suivantes (2), et non utiliser des chiffres tout
Un nouveau tableau, identique au précédent, peut être à fait « théoriques ».
dressé ; chaque terme a un contenu si différent du terme
4. - Prix de revient d'un ensemble de produits correspondant du premier tableau, qu'il a paru utile
et de services agricoles. — On peut maintenant de le dresser séparément pour éviter toute confusion :
Le prix de revient sur une parcelle \
Le prix de revient d'exploitation d'une récolte (3)
Les prix de revient d'un ensemble d'exploitations comparables
Les prix de en France de plusieurs récoltes.
Les prix de revient à l'étranger
Eléments de prix de revient Ainsi, parmi les charges incorporables figurent :
Exemple : — les amortissements des immobilisations d'exploi
tation, — La rémunération du travail actuel et «différé» dans
le prix d» revient d'un enssmbb de prodiits. —— les les frais fonds d'acquisition de renouvellement de ces des immobilisations, immobilisations
— Les frais de différentes natures (labour...) dans le prix corporelles d'exploitation,
de revient d'un ensemble da produits. — les provisions pour risque de dépenses futures à
supporter (4), ... 5. - Coûts de production. — L'expression « coût — les intérêts (payés et non payés) des capitaux engagés. de production » est sensiblement équivalente à celle de Parmi les charges non incorporables : prix de revient. Le mot coût (très voisin de l'anglais — les fonds de retraite bénévoles, « cost ») est particulièrement expressif. Le mot production
— les impôts sur les bénéfices agricoles, est un peu restrictif, puisqu'il exclut en principe les
frais de distribution qui sont, en agriculture, surtout — les provisions pour risque de litiges et d'amendes,
des frais de transport. — les pertes de change,
— les provisions pour créances douteuses, 6. "Charges incorporables et non incorporables
— la dépréciation des terrains (5) et du portefeuille agridans le prix de revient, d'après le plan comptable
1947. — Le plan comptable 1947 propose les solutions cole,
suivantes à des difficultés relatives à l'incorporation ou — l'amortissement des frais de constitution, de premier
non de certaines charges dans les prix de revient. établissement et d'augmentation de capital.
(1) Ce compte spécial paraît un moyen de stabiliser le prix du quintal de blé, donc le prix de la vie.
(2) Comme une part serait ainsi laissée à la « prévision » dans la notion de récolte moyenne ci-dessus définie, les soldes du compte définitif
du prix de revient d'une récolte pourraient être établis deux ans après et seraient dès lors intégrés dans le prix de la récolte correspondante. En sorte
que les prix fixés chaque année ne seraient que des « acomptes ». _
p Jîtique de stabilisation des prix, ne faudrait-il pas, dans le calcul du prix provisoiie d'une « bonne De plus, si l'on voulait accentuer encore la
récolte », et en cas d'augmentation sensible des charges au cours de la campagne (cas de la récolte française en 1948), tenir compte d'un supplément
de récolte par rapport à la récolte moyenne ci-dessus définie. L'important est que « au total » le prix paie les frais pour chaque produit, et que la
politique de production, fixée après avoir été justifiée, soit assurée.
Remarque. — Avec ces comptes spéciaux, nous avons « pbngé » intentionnellement dans le domaine de l'interprétation économique des prix
de revient. C'est la tentation de tous ceux qui abordent le sujet. Le calcul des prix de revient est un tout autre problème : un problème de mathé
matiques, un problème « d'erreurs ». # .....
(3) Une récolte peut comprendre deux ou plusieurs produits « conjoints ». Ex. : grains et paille.
(4) Beaucoup de prudence et de sagacité est requise sur ce point (Entretien différé).
(5) Cette disposition devrait sans doute être revue. La diminution de fertilité de la terre est charge incorporate. Elle correspond à une con-
• «animation. ' ,
.
DEUXIÈME PARTIE
LE CALCUL DES PRIX DE REVIENT
D'UN PRODUIT PAR LA MÉTHODE DIRECTE
ET DÉTAILLÉE, DITE «ANALYTIQUE»
duit net en agriculture ». Il est même allé jusqu'à penser
que, peut-être par souci du détail, de tels phénomènes du revient celles Les prix rencontrées difficultés de revient l'un des rencontrées dans d'un produits ensemble le cas d'une de dans recherche, de le récolte produits calcul comprennent plus du de l'exploiprix simple, de d'ensemble échappaient au comptable. Nous pensons que
le comptable peut toujours arriver à exploiter les obser
vations de l'agronome et de l'économiste à partir du tation.
moment où des évolutions, qui tiennent de si près à la
Notons cependant que la comptabilité dite générale biologie, sont cependant « chiffrables ».
donnant simplement, avant répartition, le prix de revient
de l'ensemble d'une récolte,, met mieux en relief l'idée Peut-être n'était-il pas tout à fait inutile de faire cette
remarque car la notion de prix xle revient d'un ensemble de variation d'inventaire entre le début et la fin de l'exer
de produits, si elle figure bien au plan comptable, n'est cice. Le calcul de cette variation est, nous le verrons,
cependant pas tout à fait classique. Par ailleurs notons particulièrement délicat, tout au moins en pratique, pour
que la notion de « variation du potentiel » prendrait les terres. Pour des raisons diverses la fertilité, sorte de po-
de plus en plus d'importance si la notion d'assolement tentiel des terres, peut varier dans le même sens pendant une
série d'années. M. Cépède en a donné de nombreuxex emples en perdait. •
dans son intéressante thèse « Du prix de revient au
A. — Premières erreurs à éviter
Pour déceler les premières erreurs possibles dans un sur 10 ans, il n'a pas été possible de déceler comment
calcul de prix de revient, nous avons eu recours à la étaient répartis les frais de fermage- ! Il y a là un défaut
mauvaise, parce que particulière, méthode d'un exemple. de présentation très grave.
Nous avons choisi un exemple typique de l'agriculture.
Il est d'abord utile de savoir l'importance relative du Il s'agit de calculer la part des frais du fermage à imputer
fermage dans l'ensemble des chargés. Sa très faible imporà une parcelle. Ce sera l'occasion de dégager des règles
tance justifierait une répartition un peu grossière : l'imsur l'imputation des charges incorporables dans les prix
portance relative du fermage est fonction de bien des de revient.
facteurs. Elle est très variable d'un pays à l'autre. On
peut situer approximativement sa valeur à 10 % du renIndiquons d'abord diverses solutions proposées :.Pour
dement brut.de l'exploitation en moyenne. Elle atteint les uns, le fermage fait partie avec les engrais et proba
30 à 40 % dans quelques pays très peuplés et où la terre blement au même titre qu'eux des frais dits « généraux »
est rare. C'est donc une très grave erreur « systématique » et - ceux-ci sont répartis d'une façon imprécise ; pour
(c'est-à-dire due au système employé) que de ne pas d'autres, il est réparti au prorata de la surface ; pour
tenir compte du fermage dans les charges. il fait partie des frais directs de la parcelle;
d'autres omettent les frais de fermage, dans le cas d'un Essayons de prouver que c'est encore une erreur,
propriétaire exploitant, parce que, disent-ils, le fermage non négligeable, que de le mal répartir. Pour cela regarne constitue pas alors une charge réelle « payée » par dons de plus près ; le prix du fermage représente :
l'entreprise.
a) Le prix de location des terres, D'autre part, dans une étude d'ensemble de 40 pages
sur les prix de revient annuels et comparés d'une ferme, b) Le prix de location des bâtiments. -43-
Le premier est l'intérêt d'un capital engagé dont on en outre qu'il y a autant de prés que de terres labourables
suppose que la fertilité est maintenue ; le second repré et que le fermage des prés est 1,5 fois celui des terres
sente en outre la contre-partie du .prix des grosses répa labourables, nous avons abouti à la répartition suivante
rations et de l'amortissement des bâtiments. Supposant (il s'agit naturellement d'un cas particulier) :
Fermage total — 100
10 90
- 22.5 67,5 Habitation
privée
• Bâtiment d'exploitation Terret
7,5 40.5 27 . 10 5
Anim* * Veg» Prés Mixtes Terres labourables
Voyons l'erreur qu'introduit une répartition du fe parcelle supportera 2 % du fermage total, soit : 5.750 fir,
rmage global au prorata des surfaces dans le calcul du prix par exemple sur un fermage total de. 287.500 francs.
de revient sur la plus mauvaise parcelle supposée d'un
b) Si, ail contraire, on fait la répartition détaillée hectare dans une ferme de 50 hectares.
ci-dessus, elle ne supportera que :
a) Dans une répartition au prorata de la surface cette
d'une part, 100 X 0,27 X -rr X 0,54 % directement (I).
d'autre paît, 100 (0,05 X + 0,075 X y) X — X 0,5 0,10 % au titre des bâtiments poui végétaux et des bâtiments mixtes. .
Vég. T.L Mixte T.L Surf. Rend. 0,64 %
parc parc
Si l'on suppose que le fermage moyen est égal à 10 % reviendrons longuement à propos de la répartition des
du rendement brut et que le rendement brut de la plus frais communs à plusieurs spéculations. Un mode de
mauvaise parcelle soit % du moyen (ce qui répartition raisonnable, quel qu'il soit, n'eut pas infirmé
la conclusion ci-dessus). est vraisemblable en terres peu homogènes), dans une
répartition au prorata de la surface le fermage repré Cette erreur de 13,6 % du total du prix de revient sentera 20 % du rendement brut, tandis que, ainsi que a été introduite à l'occasion de la répartition d'une charge nous venons de le voir, il ne représentera que 6,4 % représentant en réalité approximativement 6,4 % du prix selon le 2e mode de répartition proposé. de revient : cela incite très sérieusement à se méfier de règles
simplistes de répartition des charges. En supposant en outre, que le prix de revient sur cette
parcelle soit égal à son rendement brut (ce qui semtlî Note 1. — II serait sans doute nécessaire de préciser un maximum pour la continuation de la culture sur cette ces chiffres par plusieurs calculs sur des exemples conparcelle) l'erreur introduite par une mauvaise répartition crets, afin de les contrôler. du fermage est de 13,6 % du prix de revient des produits,
' Note 2. — Le raisonnement ci-dessus n*est valable que autrement dit, plus de 10 % pour un seul poste d'imput
ation : le fermage. s'agissant du prix de revient sur une parcelle. Pour un
ensemble de parcelles assolées, seul le raisonnement (Nous n'avons pas insisté sur le mode de répartition isoler' : consistant à à cette parcelle du fermage des bâtiments réservés aux
productions végétales et des mixtes. Nous y a) la maison d'habitation.
(1) Le fermage à l'hectare de la plus mauvaise parcelle est supposé égal à la moitié du fermage moyen des terres labourables. On suppose ici
avoir tenu compte des « rendements » et des « situations » respectives, ce qui n'est pas facile en réalité. ,

les bâtiments 'spéciaux aux spéculations animales Note 4. — Nous pouvons tirer un autre enseignement b)
et aux transformations de produits, . de cet exemple. Ne faut-il pas se méfie* de l'expression
« Frais généraux » ? Elle ne figure ni dans le plan compt
able de 1942, ni dans le plan comptable de 1947, mais c) les prés et les parcelles autres que celles assolées
on la trouve un peu partout avec le contenu le plus varié. ci-dessus demeure valable. On voit très facilement que
Outre qu'elle crée dans l'esprit des ouvriers une confusion, les chiffres de l'exemple deviendraient alors respect
elle parvient à grouper des frais de nature hétéroclite, ivement 0,2 et 0,12 = 0,1 +0,02. L'erreur est encore
notable s'agissant du prix de revient « d'une culture » donc très difficiles à répartir. Nous venons de constater, par
un examen tout à fait élémentaire, que des frais indiqués sur une exploitation.
comme tels, n'étaient en réalité pour leur plus grande part,
Note 3. — L'exemple ne donne qu'un « avant-goût ». pas généraux, ni même communs à plusieurs productions. Pra
tiquement, il semble préférable d'employer l'expression des difficultés que l'on rencontre dans le calcul des prix
« frais communs à telle et telle production ». C'est une de revient agricoles. Il s'agissait des erreurs que l'on
façon de préciser à quels produits ils sont « communs ». commet souvent au nom de je ne sais quel esprit de simpli
fication qui ne paraît pas être le vrai esprit de synthèse.
Les frais généraux ne seraient alors que ceux communs Il ne serait peut-être pas inutile de mettre en garde les
à « tous » les produits de l'exploitation, un peu de la jeunes étudiants contre ces erreurs-là. Cela leur éviterait
même façon qu'un général commande « toute » la troupe. bien des inconvénients ou des découragements.
B. — Premières difficultés
1. - Fermage et travail impayé. — Revenons sur il semble très intéressant de calculer cette différence pour
le cas du propriétaire exploitant dont nous avons parlé. l'interprétation des prix de revient, pour faciliter des
Nous proposons qu'un fermage « calculé » d'après les comparaisons d'entreprises, de salaires, etc., pour
juger de l'élasticité de fonctionnement des exploitations prix de fermage en vigueur pour des terres comparables,
soit . incorporé dans le prix dé revient. en cas de crise, etc.. (2)
De même pour l'évaluation du travail « impayé » de 3. - Prix liés.. — Puisque nous avons abordé le do
l'exploitant et de- sa femme. Il y a quelques difficultés maine des « compensations», disons en passant un mot
« pratiques » d'application, probablement pas de diff d'une compensation plus savante que nous décrirons
d'après un ; exemple. Les pulpes sont mises presque icultés théoriques. (Voir annexe, notamment en ce qui
concerne le calcul de l'indemnité de gérance ou de direc gratuitement par la sucrerie à la disposition des culti
vateurs livreurs de betteraves. Elles constituent ainsi tion de l'exploitant et celle de surveillance de sa femme
une nourriture qui ne coûte que le prix de transport. s'ajoutant à leur travail manuel).
Mais le prix des betteraves est en réalité diminué d'autant.
2. - Fermage, intérêt de dettes et travail « partiel" Il serait mieux probablement, dans le calcul des prix
lement » payés. — Supposons en effet qu'il ne s'agisse de revient des betteraves et de l'engraissement des bœufs
plus d'un propriétaire exploitant, mais d'un fils de pro au moyen des pulpes, de rétablir un prix de betteraves
priétaire qui exploite et paye à son père un fermage normal. seulement « partiel » et un intérêt des dettes (qu'il a vis-à-
Ainsi, à propos du fermage (et du travail et des intérêts vis de ses parents), seulement partiel. Les parents s'en
de dettes impayés qui se compensent parfois avec lui) contentent. C'est ainsi en France..., dans beaucoup de
des difficultés mineures du calcul du prix de revient familles (il paraît qu'il y a des villages qui font exception).
ont été rencontrées : charges calculées et prix liés. Mais de l'autre côté l'exploitant ne paye pas à ses enfants
travaillant sur l'exploitation un salaire « normal ». Ils 4. " Amortissements. — Les amortissements sont sont nourris évidemment (1). La question est : Faut-il nous l'avons vu, incorporables dans les prix de revient. prendre en charge dans les prix de revient la différence Ce n'est pas le lieu de dire ici comment ils sont calculés entre le fermage, l'intérêt et les salaires « normaux » en période de hausse de prix. (Nous renvoyons à ce sujet d'une part, et « réellement payés », d'autre part. La à un article sur les amortissements dits « techniques » question paraît délicate. Tant du point de vue juridique dans la revue Fermes de France, mai 1949). qu'économique, il semble qu'il ne faut pas prendre en
Une charrue s'use plus dans une terre lourde que dans considération cette différence dans les prix de revient.
Les prix dé revient sont diminués d'autant. Par contre, une terre légère, dans une terre caillouteuse que dans une
(1) Les parents payent peu à leurs enfants, puis les enfants payent peu à leurs parents. Il peut y avoir compensation à l'intérieur de la famille.
• Mais le problème se pose différemment quand il s'agit de calculer le prix de revient.
(2) Reste alors à calculer cette différence et le comptable vous dira que ce n'est pas si facile^ II s'établit encore d'autres instinctives compensat
ions : les vieux parents ne reçoivent pas un montant de loyer ordinaire, mais sont soignés, nourris au besoin, etc..» les enfants ne reçoivent pas de
salaire, mais sont habillés et il arrive qu'ils parient gros aux boules le dimanche, etc.. Nous arrivons aux limites « psychologiques » de ce que M. Danty
Lafrance appelle le « Pouvoir séparateur comptable». Et puis le comptable risque de perdre si non son « client » du moins son « bénéfice » à de telles
distinctions, car il y a aussi, et c'est important, des limites « économiques » au pouvoir séparateur comptable. Quand elles sont dépassées, la production
comptable disparaît ; en l'occurence, le prix de revient agricole n'est plus calculé. -45-
terre non caillouteuse. Il faudrait en tenir compte dans par sa valeur vénale dans les comptes de la vacherie
les règles d'amortissement. D'autre part, une charrue pour savoir si, dans le cas particulier d'un marché réel
s*use plus vite quand on s'en sert plus souvent. Enfin, du foin, le cultivateur aurait eu intérêt à vendre son
une charrue s'use d'autant moins vite quand on l'entre foin ou à le transformer.
tient mieux. Ces constatations conduisent à faire durer Sur ce problème de l 'autoconsommation voir plus loin : une charrue, plus ou moins longtemps. Ainsi, pour un Frais communs : fumier. matériel donné, il n'y a pas « une », mais « des » durées
d'amortissement. (1) 6.' ~ Consommation d'engrais et amendements,
reliquats de travaux, etc.. — Les matières qui se
5. - Consommation par l'exploitation de produits répartissent entre deux cultures successives ne sont pas
de l'exploitation. — Foin, avoine, etc.. Faut-il les des frais communs à ces deux cultures. Une grave diff
évaluer au prix de revient ou à leur valeur vénale ? Au iculté de répartition d'ordres agronomique, biologique.,
prix de revient sans aucun doute. Sans quoi le prix de existe ; sa solution dépend de la science, mais ce f n'est
revient des produits animaux en résultant ne serait pas pas «une de ces difficultés foncières, essentielles, qui ri
« ce qu'a coûté », mais plus ou moins, selon. la différence squeraient de durer toujours si on ne s'entendait pas sur
entre le prix de revient et cet'e valeur vénale des produits ce point. De même des amendements transformateurs
intermédiaires. Cela n'est pas méconnaître tout l'intérêt de matières fertilisantes (chaux par exemple) agissent
que certains économistes et exploitants ont trouvé à séparément sur deux récoltes. De même, le reliquat des
travaux effectués pour une première* culture et agissant considérer les divers ateliers de la ferme comme se ven
dant l'un à l'autre : Lecouteux raisonnait ainsi ; M. Lafite sur la suivante peut sans doute être considéré comme
(Ferme des Anglais à Reims) fait de même. Une fois une sorte de sous-produit et, théoriquement du moins,
encore nous voyons ici la nuance qu'il y a entre l'établi être chiffré. Peut-être mieux par la suite avec les progrès
ssement de prix de revient et leur interprétation. Ce sera, de la sciences qui parviendra, espérons-le, à renieigner
en effet, un jeu de remplacer le prix de revient du foin les comptables.
C. — Difficulté essentielle :
Frais indiscernablement communs à deux ou plusieurs produits ou services
ou sous-produits
1. - Frais de transport communs à plusieurs A noter que les premières difficultés, même si elles
approvisionnements. — C'est encore à l'aide d'exemp introduisaient des « erreurs relatives assez importantes »,
les que nous allons maintenant aborder le centre du n'étaient principalement dues qu'à l'insuffisance « actuelle »
de nos moyens d'investigations, par exemple, typiquement, débat La* meilleure sur les excuse méthodes que j'en de calcul ai trouvée des est prix de de me revient. référer le partage d'un engrais ou du fumier entre les différentes
à l'exemple célèbre et combien instructif proposé par le cultures qui se succèdent sur une même terre. On peut
regretté Auguste Detoeuf, Président de la C.E.G.O.S imaginer que plus tard, à la manière des photographes,
au seuil des études qui ont donné lieu aux résultats si l'analyseur des terres donnera une photographie fidèle
intéressants que tous les spécialistes connaissent sous et symbolisée par des chiffres de la composition d'un sol...
le nom de « Calcul des prix de revient par la méthode et même de son état physique et de son aptitude à recevoir
des Sections homogènes ». Laissant délibérément de côté une certaine culture, etc..
ce mot savant, il n'est sans doute pas inutile de rappeler
Des trois conventions envisagées par M. Detoeuf nous brièvement le fameux exemple. Le voici :
proposons d'en éliminer une, sinon deux, » du calcul
Je vais au marché, j'achète 5 kg. de choux pour 10 francs des prix de revient proprement dits. Sans doute il n'était
et 5 kg. de carottes pour 20 francs. Je dépense à l'aller pas prévu de rapporter des carottes, mais l'acheteur en
et au retour 3 francs d'autobus. Quel est le prix de revient a rapporté, donc on peut leur imputer des frais ; d'autre
de mes carottes et celui de mes choux ? Dois-je répartir part, il paraît plus naturel de partager les frais totaux
mes frais de transport à raison de 1/3 aux choux et 2/3 de transport au prorata des poids que des valeurs; Cette
aux carottes, ou à raison de % aux choux et /4 aux carottes? " convention nous paraît la plus raisonnable, encore qu'on
Mais si j'ai acheté les carottes en plus parce qu'elles puisse arguer que l'achat et le transport des carottes
m'ont paru avantageuses, ne dois-je pas attribuer aux n'ont eu lieu que parce qu'ils s'ajoutaient à un transport
choux le total de ma dép.nse d'autobus ? prévu de choux. Et alors il pourrait paraître justifié qu'il
ait lieu à un tarif de « 2e tranche » mais, par contre, les
tarifs de transport sont souvent pratiquement « ad valorem*», La difficulté évoquée ici est essentielle et permanente.
or le kilo de carottes vaut plus cher. Elle est liée à la définition même du prix de revient.
(1) S'il y a plusieurs catégories de terres sur l'exphitation et que chacune ait son cycle d'assolement il pourra ne pas être inutile d'en tenir
compte dans la répartition des amortissements et fraÎ3 d'entretien du matériel de culture non spécialisé (de préparation du sol, etc.). Il est utile de
calculer, pour une exploitation donnée, l'erreur que provoquerait telle ou telle règle de répartition. -46-
- Sur ce dernier point, indiquons une fois de plus qu'il Conventions de répartition des frais communs aux produits
et sous-produits. — La convention habituelle est de ne semble y avoir intérêt à ne pas confondre le calcul des
prix de revient (qui doit tenir le plus grand compte pos pas calculer de prix de revient pour les sous-produits.
sible de leur définition), et l'exploitation de ces mêmes L'exploitant est considéré comme ne faisant sur eux
prix de revient qui aboutit à telle ou telle tarification ni bénéfice; ni perte. En d'autres termes le bénéfice, à
commerciale. La distinction entre le calcul des prix de supposer que parfois il existe, est reporté sur le produit
revient et leur exploitation (ou interprétation) paraît principal : la valeur vénale du sous-produit vendu ou celle
fondamentale pour éviter à l'avenir bien des confusions. d'usage, du sous-produit -transformé, est déduite du prix
de revient du produit principal. Mais il faudra être prudent
2. " Produits conjoints. Sous-produits. Produits dans l'emploi de la notion de sous-produits :
partiellement conjoints. Conventions habituelles
de répartition des frais qui leur sont communs. — a) parce # que .la notion de bénéfice • s'efface pour les
Quelques définitions très approximatives paraissent utiles : sous-produits,
b) parce que, ce qui apparaît être un sous-produit Produits : Objets, travaux ou services qui sont le résultat
de l'exploitation à l'échelon de l'exploitation (aviculture de l'activité de l'entreprise et qui sont destinés à être
fermière) ne l'est pas à d'autres échelons (l'aviculture « transformés », vendus, loués ou fournis. (Plan compt
fermière représente une part importante de la production able de 1942) (1)
nationale).
Sous-produits : Produits qui, dans une fabrication, sont
Une liste des sous-produits étant établie, les conditions obtenus accessoirement avec le produit principal, objat
particulières qui en permettraient l'emploi pourraient être de cette fabrication. (Plan comptable de 1942).
à titre complémentaire précisées.
Produits conjoints : des produits sont conjoints quand Conventions de répartition des frais communs à deux une même production donne non pas un produit, produits conjoints. mais deux ou plusieurs produits. (Professeur Fromont).
a) La convention habituelle est de répartir l'ensemble On peut tenter une généralisation : au cours d'un cycle des frais communs à des produits conjoints au prorata de production certains frais sont communs à deux ou des valeurs, vénales (quantité multipliée par prix) de plusieurs produits, par exemple : A et B ; d'autres sont, ces produits. les uns particuliers à A, les autres particuliers à B, On
peut alors dire que A et B sont partiellement conjoints. b) On peut tenter de généraliser cette convention aux
produits « partiellement » conjoints, en répartissant les
frais communs au prorata des valeurs vénales de ces deux
produits, après au on en a déduit les frais particuliers à
chacun d'eux.
Dépenses
c) N'y aurait-il pas lieu d'assouplir cette règle du partage particulière»
àÂetB au prorata des valeurs vénales en définissant un rapport
« normal » des dites valeurs vénales. Une étude spéciale
des rapports de prix constatés et les facteurs de leur
variation permettrait de fixer ledit rapport et de le modifier
en fonction des variations des marchés de l'un et l'autre
produits conjoints.
(Voir 3e partie, Office du Soissonnais). Frais commun
àAetB
S'agissant de produits conjoints, on comprendrait mal
en effet que la convention de partage subisse, dans son
application, des variations d'une récolte à l'autre difficiles
à justifier.
3. - Quelques exemples pour montrer les prin
Rendement brut : Produit du croît, de l'échange et de la cipaux cas pratiques de frais indiscernablement
réévaluation (E. Laur). Tient compte de la variation communs dans l'agriculture. Essai de classification.
A vouloir « analyser » le problème des frais communs du stock entre le début et la fin de l'exercice sauf en
ce qui concerne les amendements, engrais semences en étudiant des exemples nombreux et pratiques, il y a
et façons en terre. les risques de se perdre dans le détail, de ne pas parvenir
(I) II n'est pas nécessaire qu'un produit ou un service soit vendu pour qu'il ait le caractère de produit» par opposition à celui de sous-produit
(Ex. : fumier de certaines étables de Beauce). — -^47
à dégager une théorie générale des frais communs (1), paille et, d'autre part, la production totale. annuelle en
mais les exemples pris plus haut (relatifs au fermage quantité d'éléments fertilisants du fumier varie assez peu.
et aux frais communs de transport) ont paru fructueux L'attribution à' la paille (utilisée à la vacherie comme, et nous allons nous risquer à essayer de continuer à utiliser litière, matière première de l'humus du fumier, moyen cette^» mauvaise » méthode. de fabrication de ce dernier, et accessoirement nourriture)
de la valeur d'usage du fumier produit est-elle raisonnable Pour en limiter les mauvais effets nous allons essayer
et presque justifiée ? Voilà probablement une des prinde « sérier » ces exemples, d'une certaine façon toute
cipales questions à se poser au moment où la politique provisoire, dans l'espoir qu'ils ne .soient pas que des
du Gouvernement en matière de prix du blé et du lait pierres éparses mais des éléments d'une construction.
est également basée sur leurs prix de revient respectifs (2). Voici d'abord des exemples relatifs à des produits,
Pour résumer tout cela il a semblé utile de dresser, services et sous-produits pratiquement conjoints.
le tableau d'ensemble des principales conventions « pos
Frais communs à deux produits. Exemple : grain et paille. sibles », de façon à être mieux à même de choisir la meil
leure en connaissance de cause et en fonction dés cas D'abord la paille est-elle un produit conjoint ou un
particuliers. sous-produit et à combien l'évaluer ?
Partage des frais communs :
a) La paille ne paraît pas avoir en général le caractère Au prorata des valeurs vénales du « accessoire » d'un sous-produit. Le maintien du potentiel Paille = grain et de la paille ou au prorata de de l'exploitation exige, en effet, souvent la non-exportation Produit conjoint la valeur vénale du grain et de la hors des terres de la paille produite. En conséquence, du grain valeur d'usage de la paille, qui peut le marché de la paille a un caractère très particulier qu'il à son tour être chiffrée à la valeur faudrait préciser. d'usage du fumier correspondant ou
b) Tant dans le cas où on appliquerait au grain et à la à une autre valeur d'usage.
paille les règles en matière de sous-produit que les règles Des frais communs, la valeur de la'
en matière de produits conjoints (règles que nous avons Paille = paille est alors déduite à sa valeur
vues), l'évaluation de la paille à sa valeur vénale aurait, Sous-produit vénale ou à une valeur, d'usage
en raison des grandes variations de cette valeur vénale chiffrée comme ci-dessus. •
d'une récolte a l'autre des incidences qui paraissent La comparaison systématique du résultat de tous ces injustifiées sur le prix de revient du blé et, par voie de modes de calcul serait extrêmement intéressante pour conséquence, sur le prix de revient du lait, puisqu'une avoir une idée des marges de définition qui en résultent. grande partie de la paille est prise en charge par la vacherie. Laissant de côté la convention « paille = sous-produit »
c) D'où l'idée (notamment dans' le but de stabiliser qui, de l'avis des spécialistes n'est certainement pas le
le prix de revient du lait, mais est-ce une bonne raison ?) cas général, MM. Vinchon et Henri ont amorcé la réso
de fixer la valeur de la paille utilisée par la vacherie à lution de ce problème en considérant successivement,
dans l'application de la convention « paille = produi celle du fumier correspondant produit. Cette valeur est
plus stable que la valeur vénale de la paille car on la chiffre conjoint », les récoltes blé 1947 et 1948. Dans chacunet
en général à celle de « l'engrais-hùmus » correspondant, de ces • deux expériences, le total des frais communs
dont les variations sont moins amples que celles de la était considéré comme égal à 100.
(1) Parmi les problèmes théoriques concernant les frais communs apparaissent déjà : _
a) L'établissement des conventions les plus raisonnables de partagedes frais (après avoir étudié et éliminé certaines conventions).
b) Le calcul» en valeur relative» pour chaque produit dans le cas particulier d'un nombre suffisant de fermes de la « marge de définiti nition » due
au choix d'une convention raisonnable plutôt que d'une autre convention raisonnable.
c) L'imposition d'une convention chaque fois que la liberté de choix conduirait à une trop grande marge.
Marge de définition
(après élimination des
t conventions
inacceptables)
l l
Prix de revient conventionnel
résultant d'un ensemble de
conventions particulières Erreur
relative
de calcul du p. de t.
d) La justification de méthodes simplifiées (calculs et comparaisons d'erreurs).
(2) D'autres valeurs d'usage de la paille pourraient être envisagées» notamment» par comparaison avec le cas de production de litière indépen"
dante (ajonc en Bretagne). '

.
.
AQ mmm
s'agit d'un sous-produit ou, au contraire, si son imporPaille grain = en poich 1,3. Prix du Mauvaise récolte 1947 : tance justifie de le traiter comme un service principal
(cas d'espèce). quintal de blé : 1 .833 francs.
Exemple 2 : Beurre, lait écrémé et babeurre. Les sous- Paille chiffrée à sa valeur vénale (5.000 fr.-T.). Le prix de
produits pourraient être évalués d'après leur valeur d'usage revient du quintal de blé est symbolisé par le coefficient 74;
par comparaison avec des nourritures de remplacement
Paille chiffrée à sa valeur d'usage (1.500 fr.-T. basée données aux porcs.
notamment sur un rendement — rn — = 3,5, chiffre à pré" Frais communs à un service et à deux sous-produits.
paille
Exemple : Travail des chevaux, fumier, ventes de tiser, voir en annexe le calcul proprement dit). Le prix « vieux » chevaux. Observations : de revient du quintal de blé est alors symbolisé par le
coefficient 89. a) A défaut de valeur vénale véritable, le fumier sera
évalué à sa valeur d'usage, par exemple à la valeur des Marge due à la différence de définition du prix de revient engrais et de l'humus qu'il contient (voir le calcul en
N O7 -""" /4 = lo,5 1 0 C 0/% environ * annexe). Il y a un élément difficile à évaluer pratiquement :
ce sont les propriétés physiques de l'humus (voir à ce 81
sujet l'ouvrage de M. Cépède. Du prix de revient au Paille == 1,6. Prix du quintal de produit net en agriculture). Les services de la recherche Bonne récolte 1948
grain agronomique pourraient être orientés vers la
blé : 2.275 francs. des différentes évaluations possibles dans les différents
cas. Paille chiffrée à sa valeur vénale (2.000 fr.-T). Le prix de
revient du quintal de blé est symbolisé par le coefficient 88. b) Par ailleurs, les chevaux mangent de l'avoine et
du foin produits par l'exploitation et qui ont leur prix Paille chiffrée à sa valeur d'usage (2.500 fr.-T. basée
de revient propre, mais c'est une toute autre question
notamment sur un rendement — paille ^j— = 2,5, (chiffre à que celle des frais communs (voir 2e partie. Application
comptable, les inconnues à déterminer). préciser). Le prix de revient du. quintal de blé est alors
Il y a « en plus » production de poulains, d'où un service symbolisé par le coefficient 85. Marge due à la différence
et un produit « principal » qu'il faut tous deux évaluer de définition du prix de revient
pour le partage des frais.
88"~"85 — KTc — = 4 j % n/ environ. .
a) Lé travail des chevaux est un service « non vendu ».
On pourra se référer comme première approximation pour ^
Ce calcul illustre les réserves faites ci-dessus en ce qui le calcul d'une valeur de ce service, soit aux tarifs d'en-
concerne le fait de chiffrer la paille à sa valeur vénale. tr'aide locaux, soit au prix de revient dans les exploitations
Nous proposons d'éliminer cette convention. comparables ne produisant pas de poulains. Un ajustement
.systématique pourrait être fait par la suite en cas de Reste la paille chiffrée à la valeur d'usage ci-dessus
besoin entre le prix supposé et le prix calculé. prévue (1), qui nous conduit en première approximation
et sous réserve d'autres, expériences à un . rapport de b) Montant du rendement brut « chevaux ». Il est
parfois un peu délicat de calculer le produit brut « chevaux » partage de frais de 87 = ~ ' Ce sont presque exac car dans l'écurie il y a à la fois croît et décroît. En première
tement les propositions de certains auteurs anglais qui approximation; le rendement brut serait le produit des
ventes de chevaux autres que «^ vieux ». S'il y a des achats proposent le rapport =— = 85,7 (2). de chevaux pour la revente, examiner le cas d'espèce.
Frais communs à un produit, un service (assimilé à un Autre exemple : Foin de luzerne et nodosités résultant sous produit) et un 2e sous-produit. de la fixation de l'azote de l'air.*
Exemple : Betteraves, préparation du sol pour la culture Frais communs à 3 produits, dont zéro, un ou deux sous~ . suivante, collets. La du sol pourra en première produits, selon les cas d'espèces. approximation, être évaluée d'après les frais de prépa
Exemple 1 : Lait d'hiver, fumier, viande. ration du sol « évités » ; on pourra même les augmenter
d'une valeur tenant compte du *< supplément de produits » a) La valeur du fumier peut conventionnellement être
(sous déduction de certains frais) dû à la culture de betteconsidérée comme égale à celle de la paille, ainsi que nous
raves précédente. . l'avons vu.
Frais communs à un produit de début de saison et à un b) Attention au cas où le fumier deviendrait le produit
service (préparation du sol pour la culture d'arrière saison). principal de la vacherie.
Exemple 1 bis : Un service « travail des vaches » s'ajoute II pourra être tenu compte du caractère épuisant
(si les produits de la 2e récolte .sont exportés du sol), aux produits ci-déssus. Il conviendra d'examiner s'il
(1) II y aurait à perfectionner cette valeur d'usage. "
(2). Coût de production des céréales, racines et récoltes fourragères dans les fermes galloises en 1942. .W.. Thomas, Department of Agricultural
Economies, University College of Wales, Aberystwyth. 1943. '