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Psychologie clinique et pathologique - compte-rendu ; n°2 ; vol.78, pg 577-586

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L'année psychologique - Année 1978 - Volume 78 - Numéro 2 - Pages 577-586
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Psychologie clinique et pathologique
In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°2. pp. 577-586.
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Psychologie clinique et pathologique. In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°2. pp. 577-586.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1978_num_78_2_28267CLINIQUE ET PATHOLOGIQUE PSYCHOLOGIE
Jaccard (R.). — Freud, jugements et témoignages. — Textes pré
sentés par R. Jaccard, Presses Universitaires de France, « Perspect
ives critiques », 1976, 279 p.
Etrange anthologie ! Le titre Jugements et témoignages donne le ton :
il s'agit d'un procès, mais d'un procès ambigu, car on ne sait qui est
jugé. Est-ce Freud, la psychanalyse, les psychanalystes actuels, les
mass-media qui digèrent tout ce matériel ? Il semble que R. Jaccard,
qui rappelle dans sa présentation les deux formes de résistance à l'analyse
décrites par Abraham, le rejet massif ou l'acceptation tout aussi massive,
utilise à la fois ces deux formes de résistance. Pour lui, la psychanalyse
peut être considérée comme une mystique, mais elle appartient aussi à la
science. Comme il n'est pas encore temps d'écrire une histoire psychanalyt
ique de la psychanalyse, Jaccard a rassemblé ces documents pour aider
« à mieux comprendre et mieux situer la révolution psychanalytique ».
Des noms prestigieux, J.-P. Sartre, L. Wittgenstein, T. Mann,
M. Robert, etc., philosophes, historiens, écrivains, poètes, figurent au
sommaire, mais aucun psychanalyste pratiquant la psychanalyse et la
théorisant. Le seul auteur présenté comme psychanalyste est T. Szasz,
dont la virulence des attaques vise tout autant la psychiatrie que la
psychanalyse ; on peut aussi se demander s'il est reconnu comme
psychanalyste par ses pairs.
Depuis l'éloge quasiment funèbre de Thomas Mann, en passant par
l'anecdote sur Freud collectionneur ou encore la rencontre d'un jeune
poète avec Freud clinicien, jusqu'aux philosophes qui n'arrivent pas à
intégrer la psychanalyse dans leurs théories, on est toujours en dehors
de la psychanalyse. L'article de Carl E. Schorske est exemplaire à cet
égard. « Politique et parricide dans Y Interprétation des rêves de Freud »
opère un renversement total de perspective : à travers l'interprétation
du sens manifeste des rêves de Freud il construit ses options politiques
en court-circuitant l'analyse du sens latent. Une étude de cette anthol
ogie, celle de Guy Vogelweith sur « Strindberg et Freud » est extrême
ment attachante : sans chercher de preuves, elle montre la vérité de la
théorie psychanalytique.
Rapportant ses entretiens avec Freud, Bruno Gœtz, un jeune poète,
en a retenu cette phrase : « Et ne vous faites jamais analyser. » Est-ce
cela qu'il faut retenir de cette anthologie ?
R. Menahem. 578 Analyses bibliographiques
Gill (M. M.), Holzman (P. S.) (Eds.). — Psychology versus Meta-
psychology. — Essays in Memory of George S. Klein, Psychological
Issues IX, 4, 36, 1976, 376 p.
Les directions de recherche et de travail des psychanalystes améri
cains et européens sont bien différentes. Les Américains ont développé
le côté physiologique et expérimentaliste des théories freudiennes et,
pour un lecteur européen, il sera souvent difficile de garder à l'esprit
que les auteurs de ce livre se réclament aussi de Freud.
Ils ont tous les onze pour objectif d'éclaircir les rapports entre la
science et la psychanalyse et de vérifier expérimentalement la théorie
psychanalytique.
Aussi, vu l'évolution actuelle de la psychanalyse en France, ce livre
n'a, semble-t-il, qu'un intérêt assez limité.
E. Koskas.
La Caractérologie : Caractères et Maladies. — Paris, Presses Univers
itaires de France, 1976, 120 p.
Ce 19e volume de la Revue internationale de Caractérologie rassemble
les contributions suivantes : Féraud (C), Solitude — et privilège — du
malade ; Aubin (H.), Caractérologie et médecine ; Rivière (J.), Présence
et variations de la formule caractérologique au cours des maladies ;
Mucchielli (R.), Les maladies du caractère ; Le Gall (A), Signification
caractérologique du médicament ; Sarrô (R.), Les délires schizophré-
niques et leurs expressions artistiques.
Le trait commun des articles ainsi rassemblés est de caractériser
l'attitude du médecin caractérologue en présence de la maladie ainsi
que son mode d'intervention sur celle-ci.
L'objectif est d'acheminer le patient vers un profil caractérologique
plus normal pour lui.
Dans les comptes rendus divers qui complètent ce volume on trouve
notamment une caractérologie des trois mousquetaires qui sont bien
entendu quatre.
R. A. V. Mallet.
La Caractérologie : L'Humeur ou la Thymie. — Paris, Presses Uni
versitaires de France, 1976, 127 p.
Ce 20e volume de la collection est présenté par A. Le Gall et ra
ssemble 11 contributions dues aux collaborateurs habituels et convaincus
de la revue. C'est à partir d'états pathologiques ou prépathologiques
que ces articles reprennent en termes de thymies et de syntonie et
dystonie des descriptions soulignant la continuité du normal et du
pathologique et ouvrent des perspectives d'éducation de la bonne
humeur non sans faire penser à certaines thérapies comportementales.
R. A. V. Mallet. Psychologie clinique ei pathologique 579
Sami-Ali (M.). — Corps réel, corps imaginaire. — Paris, Dunod,
1977, 160 p.
Visant à dépasser la dichotomie psyché-soma, l'auteur est engagé
depuis plusieurs années (De la projection, 1970 ; L'espace imaginaire,
1974), dans une réflexion appuyée sur son expérience clinique et psycha
nalytique, qui prend pour thème général la genèse des représentations à
partir du corps propre, dont le pouvoir structurant médiatise le processus
de projection où s'opère la rencontre entre l'espace réel et l'espace
imaginaire.
Selon l'humeur et la conjoncture, on peut être rétif à l'hermétisme et
aux approximations qui caractérisent une littérature néo-psychanal
ytique ; ou bien l'on peut, s'adonnant soi-même à l'attention flottante,
se faire réceptif à ce que le texte charrie de remarques pénétrantes et
d'interprétations éclairantes, dans une investigation qui, pour le présent
ouvrage, porte successivement sur les relations entre le corps et l'espace,
le temps, la parole, le mouvement, la somatisation et le narcissisme. De
même, ne saurait-on écarter à la légère la position de l'auteur lorsqu'elle
se fait offensive, par exemple dans le chapitre « corps et mouvement »,
où est montrée l'insuffisance d'un abord de la psychomotricité qui, tout
en se référant seulement à des concepts dérivés d'une nosographie
neuropsychiatrique, se situerait dans un champ expérimental évacuant
le contexte relationnel.
S. Netchine.
Marchais (P.). — Magie et mythe en psychiatrie. — Paris, Masson,
1977, 214 p.
C'est une suite cohérente à une série de travaux de méthodologie
psychiatrique du même auteur et dont nous rappelons les principaux
titres : Les processus névrotiques (1968), Psychiatrie et méthodologie (1970),
Introduction à la psychiatrie théorique (1971), de synthèse (1973)
et Métapsychiatrie (1974).
L'univers psychiatrique envisagé ici comprend les malades, les psy
chiatres et les psychiatries. Les références sont faites à la clinique
psychiatrique, mais aussi à Bachelard et à l'ethnologie.
Les analyses proposées reposent sur le constat que conjointement aux
deux « mondes » mythique et rationnel existent deux niveaux différents
de pensée : l'un alliant le sacré à la science, l'autre, le profane au
scientisme.
Cet ouvrage de psychiatrie peut être utile à tous ceux que préoccupent
les interrelations de la magie et du mythe avec les démarches rationn
elles, les leurs en particulier.
R. A. V. Mallet. 580 Analyses bibliographiques
Korchin (S. J.). — Modem clinical psychology. — Principles of
Intervention in the Clinic and Community. — New York, Basic
Books, Inc., Publishers, 1976, 672 p.
Ce livre offre un panorama complet de la psychologie clinique
actuelle aux Etats-Unis.
Le but de l'auteur est d'ailleurs clairement donné : « La mise en
valeur des concepts et des méthodes — de l'intervention — , les choses
que font les cliniciens pour aider les gens en détresse psychologique. »
Après avoir décrit les perspectives et l'historique de la psychologie
clinique et brièvement exposé les concepts de normalité et de patho
logique, ainsi que les modèles de l'intervention clinique, l'auteur, dans
la partie centrale de cet ouvrage, décrit les principales modalités de
l'évaluation clinique. Ces techniques sont rapportées de façon remar
quablement claire. Elles sont suivies d'un exposé des différentes formes
de psychothérapies individuelles et de groupes et des problèmes posés
par l'évaluation de leurs résultats. Une part équivalente est donnée, ce
qui devient la règle aux Etats-Unis, à la psychanalyse, à la thérapie
comportementale et aux psychothérapies humanistes et existentielles.
Les exposés en sont simples, trop peut-être. Les psychothérapies (col
lectives, thérapie familiale, de groupe, groupes de
rencontre) sont elles aussi présentées simplement, sans pour autant
qu'une volonté de schématisation vienne masquer la complexité des
techniques données. Dans une large partie de ce livre sont abordés sous
le registre de la psychiatrie communautaire, des problèmes aussi divers
que l'intervention en crise, le rôle des « non-professionnels », l'écologie,
ou l'épidémiologie. C'est la partie de l'ouvrage qui à nos yeux représente
le plus d'intérêt en révélant le souci de l'auteur de toujours se situer à
un niveau pratique sans pour autant négliger le point de vue théorique.
Un dernier chapitre consacré à la profession de psychologue clinicien
donne une représentation passionnante de la pratique américaine et de
ses perspectives à venir. Une très large bibliographie termine cet ouvrage
qui par son absence de sectarisme et la richesse de sa documentation
mériterait une large diffusion en France.
B. Samuel-Lajeunesse.
Lezak (M.). — Neuropsychological assessment. — New York, Oxford
University Press, 1976, 549 p.
Le principal intérêt de ce livre est d'offrir à un large public une
approche pratique des techniques neuropsychologiques. Les 180 pre
mières pages présentent un aperçu des concepts de base en neuropsyc
hologie, quelques éléments d'anatomie, et surtout une étude détaillée
des techniques d'examen employées chez les malades avec lésions céré
brales (buts, moyens et problèmes d'interprétation).
Dans la seconde partie de l'ouvrage, l'auteur a sélectionné les tests
les plus fréquemment utilisés en neuropsychologie et il donne pour Psychologie clinique el pathologique 581
chacun d'eux des renseignements sur la procédure, l'analyse des résultats
et leurs utilisations particulières.
Tous les tests sont regroupés selon les troubles étudiés : troubles
dans les fonctions intellectuelles, verbales, perceptives, praxiques,
mnésiques, cognitives, d'orientation, attention et autorégulation.
Les deux derniers chapitres sont consacrés aux batteries de tests
composites pour lésions cérébrales et aux tests de personnalité. La valeur
de cette compilation est renforcée par la présence d'une longue biblio
graphie et par de nombreux index : index des auteurs, des sujets et sur
tout index des tests permettant une consultation plus efficace de ce livre.
On peut regretter toutefois l'inégale importance des chapitres ; si les
fonctions intellectuelles sont étudiées en profondeur, en revanche, les
désordres du langage sont condensés en 20 pages. De plus, il faut noter
que la description des tests est quelquefois beaucoup trop brève pour
qu'un lecteur non spécialisé puisse avoir une bonne compréhension de
la technique.
J. Ruel.
Levitt (E. R.) et Lubin (B.). — Depression. Concepts, controversies
and some new facts. — New York, Springer, 1975, 171 p.
Ce petit livre commence par un poème de John Ford sur la mélancolie
et se termine par une phrase bien prosaïque : « En dernière analyse, la
thérapie de certaines formes de dépression c'est l'argent. » Cette conclu
sion est le fruit d'une importante étude d'épidémiologie analytique
réalisée à l'aide de la technique de la liste à cocher (Depression adjective
chacklist) appliquée à un grand nombre de sujets, bien échantillonnés
sur la population des Etats-Unis. Cette enquête nationale a permis de
montrer un certain nombre de relations entre l'humeur dépressive (et
non l'état dépressif pathologique) et certaines variables. C'est ainsi que
l'âge et à un moindre degré le sexe (les femmes seraient légèrement plus
déprimées que les hommes) sont positivement reliés à la dépression, alors
que le niveau culturel serait inversement relié. Les liaisons les plus
systématiques paraissent être celles qui relient la tristesse et le niveau
socio-économique, mieux encore le revenu annuel. La plupart des données
convergent pour montrer que en dessous de 6 000 $ par an et au-dessus
de 25 000, les sujets, quelle que soit leur religion ou la couleur de leur
peau, sont plus déprimés que ceux qui ont un revenu annuel intermédiaire.
Que ces résultats intéressent des instances gouvernementales, on ne
le contestera sans doute pas ; il est moins certain que les données de
cette enquête puissent avoir un intérêt plus général.
M. de Bonis.
Shagass (C. H.), Gershon (S.), Friedhoff (A. J.). — Psychopa-
thologyand brain dysfunction. — New York, Raven Press, 1977, 385 p.
Compte rendu sélectif de la réunion annuelle de « L'American Analyses bibliographiques 582
Psychopathological Association » (1976) ce volume est centré sur certains
problèmes à la mode ou sujets de recherche de pointe dans le domaine
de la psychopathologie. Les six chapitres qui le composent et qui sont
respectivement consacrés à : 1) l'organisation cérébrale ; 2) la neuro-
chimie ; 3) les crises épileptogènes ; 4) l'étude de la sociopathie ; 5) la
maladie d' Huntington et 6) l'électro physiologie, fruit de la collaboration
de plus de 50 spécialistes font clairement apparaître le caractère pluri
disciplinaire des approches qui ont été mises en œuvre pour répondre à la
question : « Qu'est-ce qui ne va pas dans le cerveau des malades men
taux ? » On peut trouver plusieurs réponses à cette question trop générale
suivant que l'on distingue les entités nosographiques suivantes : schizo
phrénie, désordres affectifs, dépression, psychopathie, ou que l'on
s'intéresse à différents comportements pathologiques comme le suicide
ou les conduites agressives. Quelles que soient les motivations cliniques
ou de recherches qui conduiront à parcourir ce livre on ne manquera
pas d'apprécier la contribution de Shagass « twisted thoughts, twisted
brain waves ? » qui tente de donner un point de vue synthétique des
différentes approches, même si l'on ne partage pas son optimisme quant
aux liens explicatifs entre eeg, Potentiels Evoqués et diagnostics
psychiatriques.
M. de Bonis.
Reiss (S.), Peterson (R. A.), Eron (L. D.), Reiss (M. M.). —
Abnormality, experimental and clinical approaches. — New York,
Macmillan, 1977, xiii, 662 p.
L'approche offerte ici est essentiellement scolaire. Il s'agit d'un
manuel destiné à des étudiants au seuil de la psychologie. Une impor
tante bibliographie rend sans doute ce livre encore utile à un stade
ultérieur.
L'ouvrage est divisé en trois parties : I. Qu'est-ce que l'anormalité ? ;
II. Comment étudie-t-on et traite-t-on l'anormalité ? ; III. Que savons-
nous de l'anormalité ?
Chaque question est abordée avec clarté. Le souci des auteurs
d'échapper à tout dogmatisme est évident.
Parmi les objectifs majeurs, il y a celui de contribuer à éduquer les
futurs psychologues au niveau de leurs attitudes plus que de leur
savoir. Les auteurs attachent dans ce sens un grand prix à la présence
d'un chapitre consacré à l'étude des comportements anormaux chez
les normaux.
Il y a aussi le souci de relativiser les innovations. L'importance donnée
à l'histoire de la thérapeutique depuis l'Antiquité permet d'atteindre
cet objectif.
R. A. V. Mallet. Psychologie clinique et pathologique 583
Savage (R. D.), Gaber (L. B.), Britton (P. G.), Bolton (N.),
Cooper (A.). — Personality and adjustment in the aged. — London,
Academic Press, 1977, 188 p.
La première partie consiste en une revue critique des recherches de
langue anglaise ayant pour objet l'étude de la personnalité des per
sonnes âgées, ceci dans quatre directions : définition et mesure des
caractéristiques de la personnalité, maladie mentale, perception de soi
et adaptation. Outre les multiples inconvénients de ces recherches
éparses, les auteurs soulignent le retard pris par la psychogérontologie
dans l'exploration de la personnalité, du point de vue théorique et psy
chométrique en regard de ce qui a été entrepris dans le domaine cognitif.
D'après les auteurs on se serait plus intéressé au vieillissement (processus)
qu'aux personnes âgées elles-mêmes.
Dans la deuxième partie ils exposent les résultats obtenus par dif
férents groupes de gens âgés (normaux, malades : organiques et fonc
tionnels et vivant dans la communauté ou institutionnalisés) à diverses
épreuves : mmpi, 16 pf (Gattell), dérivés de ces tests, lsis (Life Satis
faction Inventory Scale de Havighurst), tscs (Tenessee Self Concept
Scale de Fitts)... Les différents groupes sont tous issus de la même
ville : Newcastle upon Tyne, Royaume-Uni. Il faut préciser aussi que
les travaux exposés ici ont eu lieu sur une période de temps relativement
longue : de 1963 à 1973 et qu'ils s'insèrent dans un ensemble de recherches
très vaste, dont la bibliographie est donnée. A ce propos, on peut regretter
avec les auteurs l'absence d'étude longitudinale, d'autant plus que
celle-ci était possible.
Le livre a le mérite de montrer les difficultés auxquelles les cher
cheurs se heurtent : problèmes d'échantillonnage, des procédures
d'examen à appliquer selon les groupes, d'interprétation des résultats
(par ex. problèmes posés par l'utilisation de tests qui, comme le mmpi,
n'ont pas fait l'objet d'un étalonnage précis pour les sujets plus âgés.
Les résultats obtenus par un groupe de personnes de plus de 65 ans
diffèrent significativement des normes pour presque toutes les échelles).
Tout ceci retentit sur la validité des résultats. Autre grand problème :
celui de la comparativité avec d'autres études, en effet, les concordances
ou discordances trouvées peuvent avoir de multiples causes et être
attribuées aux différences de méthode.
Pour les auteurs, avant de décrire les changements, voire les alté
rations de la personnalité qui sont susceptibles de se produire avec
l'âge, il faut d'abord décrire et expliquer les caractéristiques de cette
personnalité, les modalités d'équilibre et d'adaptation individuelles.
Ils tranchent par là avec tout un courant qui ne faisait que comparer
jeunes et vieux. De fait, les auteurs essaient de faire coïncider leur
problématique avec une contribution au bien-être des personnes, vu
comme le but de la gérontologie. Leur conclusion est intéressante, tant
par certains traitements des résultats (analyse discriminante multiple, Analyses bibliographiques 584
par ex.) que par ce désir d'implication dans la réalité : la population des
gens âgés qui vivent dans la communauté n'est pas homogène (ils di
fférencient 4 groupes) et la meilleure compréhension des différents sous-
groupes qui la composent en termes de traits de personnalité, de désirs
et de besoins devrait permettre une meilleure acceptation, un plus grand
succès des programmes destinés aux personnes âgées.
D. Ludwig.
Ellis (N.). — International review of research in mental retardation,
vol. 8. — New York, Academic Press, 1976, 259 p.
C'est en 1966 que Ellis a publié le premier volume de cette série, dont
voici le huitième. D'emblée le rédacteur responsable, car il s'agit tou
jours, jusqu'à présent, d'ouvrages collectifs, s'est fixé plusieurs objectifs :
apporter les données les plus récentes et les mieux fondées ayant trait,
de près ou de loin, à la débilité mentale, présenter des panoramas à jour
des activités concernant la débilité (dans un pays donné, p. ex.), pré
senter, enfin, les données de recherche à la fois dans leurs perspectives
fondamentales, théoriques, et dans leurs applications, lorsqu'elles sont
possibles.
Ces objectifs, ambitieux dans leur ensemble, nous ont valu jusqu'à
présent des ouvrages remarquablement documentés et souvent pas
sionnants. Le présent volume s'inscrit dans cette lignée avec autant de
bonheur que les précédents, malgré des inégalités, inévitables lors d'ou
vrages collectifs. L'accent est mis cette fois avec, peut-être, plus d'acuité
qu'auparavant, sur les aspects comportementaux étant à l'origine de
certaines recherches ainsi que sur le degré de sophistication des travaux
présentés.
Quatorze auteurs participent au présent volume : onze Américains,
deux Canadiens et un Indien.
A. Baumeister et J. Rollings présentent le problème des conduites
automutilantes, dont la proportion est particulièrement élevée dans le
groupe des débiles mentaux par rapport à d'autres sujets et qui semblent
être en corrélation directe également avec le niveau intellectuel. Ce pro
blème, relativement peu connu malgré sa fréquence clinique, soulève
d'intéressants problèmes théoriques quant à son étiologie et à sa « fina
lité ». Aucune des explications avancées actuellement n'est entièrement
satisfaisante pour comprendre la genèse de ces conduites ; il apparaîtrait
toutefois assez certainement que les conduites automutilantes sont
maintenues par le biais d'un conditionnement.
Parmi les approches thérapeutiques envisagées, la thérapie compor
tementale semblerait la plus efficace, tout en soulevant des interrogations
quant à l'efficacité à long terme de ce traitement et au renforcement
éventuel d'autres conduites.
H. Spitz aborde le problème d'une « psychologie relative » de la
débilité mentale dans une perspective évolutionniste, d'inspiration Psychologie clinique et pathologique 585
darwinienne. Dans cette perspective l'évolution qui a abouti à Vhomo
sapiens se caractériserait notamment par l'apparition de conduites
logiques de planification et de raisonnement, elles-mêmes tributaires de
l'évolution cérébrale. Cette dernière se caractériserait notamment par
un aspect d'organisation négentropique.
Aussi ici la débilité mentale, envisagée surtout comme une difficulté
de la pensée (thinking disability), est utilisée une expériment
ation indirecte permettant de mettre en évidence, par comparaison à
d'autres groupes de sujets, les données évolutionnistes et nous permettre
donc d'avancer, notamment sur un plan théorique, dans la compréhens
ion des conduites en général, et de la débilité en particulier.
Cet abord est peu commun et semble, jusqu'à un certain point,
enrichissant par la tentative de réflexion qu'il soulève. Toutefois les
données de recherche présentées pour étayer ces essais théoriques sont
loin d'emporter la conviction du lecteur, la généralisation étant parfois
hâtive.
J.-P. Das et E. Pivato traitent des données concernant la malnut
rition et le fonctionnement cognitif. D'après une revue générale de la
littérature dans ce domaine, il ressort notamment d'une part, que la
malnutrition précoce a des effets négatifs sur le développement cognitif,
et ce à des degrés divers, selon le moment de sa survenue et de sa gravité,
d'autre part, que la malnutrition est inextricablement mêlée à des aspects
sociaux et culturels. Autrement dit la malnutrition n'est pas un facteur
causal unique dans la genèse de certains retards intellectuels, de gravité
variable.
Afin de mieux comprendre et illustrer son poids relatif, les auteurs
présentent les premiers résultats, partie d'une recherche plus vaste,
portant sur une population dans l'état d'Orissa, en Inde. En étudiant
des enfants issus tous de milieux défavorisés économiquement, le plan
d'expérience combine données nutritionnelles et culturelles. Il en ressort,
provisoirement, que les sujets ont des performances plus influencées par
les variables culturelles que seulement nutritionnelles. Autrement dit,
la malnutrition est un des aspects d'un état de carence plus généralisé,
partie d'un tableau, et ne constituant pas, comme on a pu le penser
encore récemment, un facteur étiologique parfois unique du retard
intellectuel.
Ces trois chapitres commentés ici de façon plus détaillée rendent
compte de la diversité des aspects et problèmes abordés dans cet ouvrage.
Les autres chapitres traitent du rôle de l'agent social l'acquisition
du langage : implications pour une intervention dans ce domaine
(G. Mahoney et P. Seely), de la théorie cognitive et le développement
mental (E. Butterfield et D. Dickerson), d'une décade de recherche
expérimentale dans le domaine de la débilité mentale en Inde (A. Sen),
du conditionnement des réponses squelettiques et autonomes : compar
aison normal-débile (S. Ross et L. Ross) ou bien encore d'une éva-