Réflexions critiques sur la thérapie comportementale - article ; n°1 ; vol.19, pg 67-76

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Actes de la recherche en sciences sociales - Année 1978 - Volume 19 - Numéro 1 - Pages 67-76
Kritische Uberlegungen zur Verhaltenstherapie Der Begriff der Geisteskrankheit steht heute im Zentrum der Auseinandersetzung zwischen jenen, die sich der modernen Wissenschaft im Namen der Anpassung und Normalisierung bedienen wollen, und jenen, die die «Therapie-Gesellschaft» und die Kontrolle im Namen der individuellen Freiheit ablehnen. In diesem Kampf der therapeutischen Einkreisung, dem Aufblühen verschiedenster Erzieher, hat die Verarztung der Abweichungen die Hilfe eines wertvollen Bundesgenossen bekommen : die Verhaltenstherapie. Mit einem eindrucksvollen Arsenal an aseptisierten Techniken stellt sie sich gerne als die effîziente Therapie dar, da ihr wichtigstes Argument ihr wissenschaftlicher Ursprung ist. Da sie sich auf experimentelle Verhaltensstudien stützt und auf die von Behavioristen formulierten «Gesetzte», kann sie fur geringe Kosten jene neurotischen Symptome «beseitigen», die fur die Verhaltenstherapeuten die Krankheit darstellen. In Wirklichkeit muss dièse Effizienz auf die Herkunft der «Klienten», die sie heilt, bezogen werden und auf den vorübergehenden Charakter der erzielten «Heilungen». Skinner, dem Vorläufer der behaviorustischen Bewewung auf den viele Korrekturmethoden zurückgehen, kommt das Verdienst zu, klar die ideologische Berufung dieser Verhaltensexperimente ausgedrückt zu haben. Der von den herrschenden Klassen zur Schau gestellte Liberalismus fîndet in ihnen diskrete Instrumente zur Aufrechterhaltung der Ordnung, die ihre « wissenschaftlichen» Voraussetzungen unangreifbar machen.
Critical Reflections on Behavior Therapy. The notion of mental health is currently the subject of a lively debate. The parties involved are, on the one hand, those who claim to employ modem science for the purpose of rehabilitating people and allowing them to lead normal lives and, on the other hand, those who reject, in the name of individual liberty (the nature of which is itself problematical), the «therapeutic society» and its tendency towards ever-increasing control. In this debate, the panoply of therapeutic methods, the rapid increase in the number of educators of all sorts, and the «medicalization» of deviant practices have recently been strongly re-inforced by a new ally : behavior therapy. With an impressive arsenal of aseptic techniques, it confidently presents itself as the efficient therapy, its principal argument residing in its scientific origins. Since it is, in fact, founded upon the experimental study of behavior and the «laws» that the behaviorists have formulated, it enables its practioners, at little cost, to make neurotic symptoms «disappear». And for the behavior therapists, these symptoms are the disease. In reality, this efficacy must be examined in a way which brings to light the background of the «clientele» treated by these therapists and the ephemeral nature of the «cures» they obtain. The head of the behaviorist movement, Skinner, who has inspired numerous methods for aiding people to readapt to normal life, deserves credit for clearly voicing the ideological aim of these experiments on human behavior. The cosmetic liberalism by which the dominant classes seek to preserve their power has been quick to adopt such experiments. For they provide it with unobtrusive instruments for maintaining the social order which, thanks to their scientific basis, are virtually immune to attack.
Réflexions critiques sur la thérapie comportementale La notion de santé mentale est aujourd'hui l'enjeu d'un combat qui oppose ceux qui prétendent se servir de la science moderne pour réadapter et normaliser à ceux qui refusent la «société thérapeutique» et le contrôle au nom d'une problématique liberté individuelle. Dans ce combat, le quadrillage thérapeutique, la floraison d'éducateurs de tout acabit, la médicalisation des déviances bénéficient de l'apport récent d'un auxiliaire précieux : la thérapie comportementale. Avec un impressionnant arsenal de techniques aseptisées, elle se présente volontiers comme la thérapie efficace, son principal argument résidant dans son origine scientifique. En se fondant en effet sur l'étude expérimentale du comportement et sur les «lois» que les behavioristes ont formulées, elle permet de faire à peu de frais «disparaître» les symptômes névrotiques qui, pour les thérapeutes comportementalistes, sont la maladie. En réalité, cette efficacité doit être rapportée à l'origine de la «clientèle» que redressent ces thérapeutes ainsi qu'au caractère éphémère des «guérisons» obtenues. Skinner, chef de file du mouvement behavioriste et inspirateur de nombre de méthodes de rectification, a le mérite d'exprimer clairement la vocation idéologique de ces expérimentations sur le comportement. Le libéralisme de façade par lequel les classes dominantes tentent de conserver leur pouvoir trouve en elles, pour le maintien de l'ordre social, des instruments discrets que des fondements «scientifiques» rendent inattaquables.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Publié le

01 janvier 1978

Nombre de lectures

48

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Madame Françoise Parot-
Locatelli
Réflexions critiques sur la thérapie comportementale
In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 19, janvier 1978. pp. 67-76.
Citer ce document / Cite this document :
Parot-Locatelli Françoise. Réflexions critiques sur la thérapie comportementale. In: Actes de la recherche en sciences sociales.
Vol. 19, janvier 1978. pp. 67-76.
doi : 10.3406/arss.1978.2588
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arss_0335-5322_1978_num_19_1_2588Résumé
Réflexions critiques sur la thérapie comportementale
La notion de santé mentale est aujourd'hui l'enjeu d'un combat qui oppose ceux qui prétendent se servir
de la science moderne pour réadapter et normaliser à ceux qui refusent la «société thérapeutique» et le
contrôle au nom d'une problématique liberté individuelle.
Dans ce combat, le quadrillage thérapeutique, la floraison d'éducateurs de tout acabit, la médicalisation
des déviances bénéficient de l'apport récent d'un auxiliaire précieux : la thérapie comportementale.
Avec un impressionnant arsenal de techniques aseptisées, elle se présente volontiers comme la
thérapie efficace, son principal argument résidant dans son origine scientifique. En se fondant en effet
sur l'étude expérimentale du comportement et sur les «lois» que les behavioristes ont formulées, elle
permet de faire à peu de frais «disparaître» les symptômes névrotiques qui, pour les thérapeutes
comportementalistes, sont la maladie. En réalité, cette efficacité doit être rapportée à l'origine de la
«clientèle» que redressent ces thérapeutes ainsi qu'au caractère éphémère des «guérisons» obtenues.
Skinner, chef de file du mouvement behavioriste et inspirateur de nombre de méthodes de rectification,
a le mérite d'exprimer clairement la vocation idéologique de ces expérimentations sur le comportement.
Le libéralisme de façade par lequel les classes dominantes tentent de conserver leur pouvoir trouve en
elles, pour le maintien de l'ordre social, des instruments discrets que des fondements «scientifiques»
rendent inattaquables.
Abstract
Critical Reflections on Behavior Therapy.
The notion of mental health is currently the subject of a lively debate. The parties involved are, on the
one hand, those who claim to employ modem science for the purpose of rehabilitating people and
allowing them to lead normal lives and, on the other hand, those who reject, in the name of individual
liberty (the nature of which is itself problematical), the «therapeutic society» and its tendency towards
ever-increasing control.
In this debate, the panoply of therapeutic methods, the rapid increase in the number of educators of all
sorts, and the «medicalization» of deviant practices have recently been strongly re-inforced by a new
ally : behavior therapy. With an impressive arsenal of aseptic techniques, it confidently presents itself as
the efficient therapy, its principal argument residing in its scientific origins. Since it is, in fact, founded
upon the experimental study of behavior and the «laws» that the behaviorists have formulated, it
enables its practioners, at little cost, to make neurotic symptoms «disappear». And for the behavior
therapists, these symptoms are the disease. In reality, this efficacy must be examined in a way which
brings to light the background of the «clientele» treated by these therapists and the ephemeral nature of
the «cures» they obtain.
The head of the behaviorist movement, Skinner, who has inspired numerous methods for aiding people
to readapt to normal life, deserves credit for clearly voicing the ideological aim of these experiments on
human behavior. The cosmetic liberalism by which the dominant classes seek to preserve their power
has been quick to adopt such experiments. For they provide it with unobtrusive instruments for
maintaining the social order which, thanks to their scientific basis, are virtually immune to attack.
Zusammenfassung
Kritische Uberlegungen zur Verhaltenstherapie
Der Begriff der Geisteskrankheit steht heute im Zentrum der Auseinandersetzung zwischen jenen, die
sich der modernen Wissenschaft im Namen der Anpassung und Normalisierung bedienen wollen, und
jenen, die die «Therapie-Gesellschaft» und die Kontrolle im Namen der individuellen Freiheit ablehnen.
In diesem Kampf der therapeutischen Einkreisung, dem Aufblühen verschiedenster Erzieher, hat die
Verarztung der Abweichungen die Hilfe eines wertvollen Bundesgenossen bekommen : die
Verhaltenstherapie. Mit einem eindrucksvollen Arsenal an aseptisierten Techniken stellt sie sich gerne
als die effîziente Therapie dar, da ihr wichtigstes Argument ihr wissenschaftlicher Ursprung ist. Da sie
sich auf experimentelle Verhaltensstudien stützt und auf die von Behavioristen formulierten «Gesetzte»,
kann sie fur geringe Kosten jene neurotischen Symptome «beseitigen», die fur die
Verhaltenstherapeuten die Krankheit darstellen. In Wirklichkeit muss dièse Effizienz auf die Herkunft der
«Klienten», die sie heilt, bezogen werden und auf den vorübergehenden Charakter der erzielten«Heilungen».
Skinner, dem Vorläufer der behaviorustischen Bewewung auf den viele Korrekturmethoden
zurückgehen, kommt das Verdienst zu, klar die ideologische Berufung dieser Verhaltensexperimente
ausgedrückt zu haben. Der von den herrschenden Klassen zur Schau gestellte Liberalismus fîndet in
ihnen diskrete Instrumente zur Aufrechterhaltung der Ordnung, die ihre « wissenschaftlichen»
Voraussetzungen unangreifbar machen.:
parot-locatelli francoise
reflexions critiques
sur la thérapie
dieuses, moins «inhumaines». L'intervention des
behavioristes se présente volontiers comme l'appli
cation de la Science dans l'univers thérapeutique
Dans (1), riste et nécessaire compalemenlale désormais ont rapides, on été (comportementaliste) les se repérées laboratoires d'approfondir plaît et à l'histoire. de montrer à répéter et de dépassées, Il ces que psychologie que serait a affirmations vécu, la le psychologie indiscutablement courant qu'il que scientifique ses appartient bruyantes behavio- erreurs expé et donc, comme telle, sans danger : «Avant l'avèn
ement de la thérapie comportementale, la médecine
psychologique était un mélange de systèmes spé
culatifs et de méthodes intuitives. La thérapie
rimentale contemporaine est encore profondément comportementale est une science appliquée en tous
points parallèle aux technologies modernes» marquée par l'option behavioriste (2). Mais ce
(Wolpe, 1975, p. IX, cf. bibliographie en fin serait l'objet d'un long débat sur les possibilités
d'article). Jusqu'à présent, l'introduction de la mêmes d'une psychologie scientifique non behavior
behavior therapy dans les institutions de contrôle, iste. Ce débat ressortit à la philosophie.
dans les hôpitaux psychiatriques, s'est faite sans Mais dans certains domaines, il est facile de
publicité, en douceur, en silence presque. L'invaconstater que, par ses prolongements, ses appli
sion est feutrée. Pour mieux lui faire obstacle, il cations pratiques, le behaviorisme n'est pas mo
faut commencer par bien en connaître les fonderibond ; il y est au contraire en plein essor , tant
ments. il répond parfaitement à des exigences «venues
d'ailleurs». On voit par exemple se développer,
malgré des résistances variées, les procédures
d'enseignement programmé qui sont fondées
sur les principes du behaviorisme ; de même, des
innovations plus récentes comme les «contrats Les présupposés du behaviorisme de contingence» (cf. entre de multiples autres Comme pour tout autre domaine de la connaistravaux, ceux de Mann (1972) pour réduire l'a
sance, les conditions historiques de l'émergence bsorption excessive de nourriture) ou les techniques du behaviorisme fournissent un éclairage révélade self control (dans le même registre, cf. les teur de sa fonction et de son insertion dans les travaux de Stuart (1967) sur l'obésité). domaines scientifique et philosophique. A la fin Ces mesures de contrôle ne pouvaient évidem
du XIXe siècle, le positivisme a pris possession des ment «manquer» l'univers thérapeutique. Et là, sciences de la nature. La psychologie reste en le behaviorisme n'en est peut-être qu'à ses premiers
arrière, dominée par le courant mentaliste dont pas. La contestation de l'univers psychiatrique, la l'influence se fait surtout sentir dans le mode remise en cause des «camisoles», chimiques ou
d'appréhension du réel, qui demeure introspe

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