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Technologie (Tests. Psychographie. Appareils). - compte-rendu ; n°1 ; vol.21, pg 491-509

De
20 pages
L'année psychologique - Année 1914 - Volume 21 - Numéro 1 - Pages 491-509
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Henri Piéron
XV. Technologie (Tests. Psychographie. Appareils).
In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 491-509.
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Piéron Henri. XV. Technologie (Tests. Psychographie. Appareils). In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 491-509.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1914_num_21_1_8038TECHNOLOGIE 491
les conceptions des physiologistes sur les localisations cérébrales,
l'école de Munk a insisté sur le facteur spécifique, celle de Goltz sur
le facteur général.
La démence, proprement dite, relève d'une atteinte globale du
cortex, d'une diminution de l'intelligence générale.
H. P.
MILDRED E. SCHEETZ. — The sensibility of the nipple area with
reference to mental disease [La sensibilité mamelonnaire, en rapport
avec les maladies mentales). — Am. J. of I., LXXII, 4, 1916, p. 611-621.
Graves a considéré que l'anesthésie hyperalgésique du mamelon était
pathognomonique de l'hystérie. L'auteur, chez dix aliénées (démence
sénile, confusion, délires, etc.), a trouvé le même phénomène avec, en
outre, pour les excitations douloureuses, une localisation dans les
organes sexuels profonds, ce que l'auteur pense être dû à une relation
étroite d'innervation.
Toutes ses malades avaient des préoccupations sexuelles, et il pense
que cela peut être dû à une atteinte des organes, révélée par le trouble
sensitif, mais en admettant qu'on pourrait aussi soutenir le point de
vue opposé, à savoir que les troubles sensitifs étaient dus aux troubles
mentaux, aux préoccupations sexuelles.
H. P.
ALBERT DESGHAMPS. — Les maladies de l'esprit et les asthénies. —
In-8°de 740 pages, 1919, Paris, Alcan.
Il est impossible de donner, même une idée générale, du contenu de
ce livre, dont l'auteur est connu pour son intéressant volume sur les
maladies de l'énergie. On y trouve en effet une doctrine philoso
phique, une psychologie, une psycho-pathologie, une psycho-théra
peutique surtout qui tend à devenir une véritable pédagogie. On voit
toute l'étendue du domaine parcouru par l'auteur dans le but de
définir, d'analyser, et de soigner la « méiopragie » psychique à laquelle
se ramènent les états névropathiques.
H. P.
XV. — Technologie (Tests. Psychographie. Appareils).
ROBERT M. YERKES. — Methods of exibiting reactive tendencies
characteristic of ontogenetic and phylogenetic stages {Méthodes pour
mettre en évidence les tendances caractéristiques des stades ontogéniques
et phylogéniques). — J. of an. B., VII, 1, 1917, p. 10-28.
L'auteur décrit un appareil permettant d'utiliser les trois méthodes
essentielles pour l'analyse du comportement des animaux et des
hommes : la méthode d'Hamilton du quadruple choix et du problème
insoluble; la de Hunter, delà réaction différée; et la méthode
de R. Yerkes lui-même, des choix multiples. Cet appareil, dont il 492 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
prévoit des modèles de trois grandeurs différentes, comporte 12 compart
iments disposés en arc de cercle devant le box où se trouve introduit
l'animal chez lequel on suscite le choix.
H. P.
ED. GLAPARÈDE. — Tests de développement et tests d'aptitude. —
Ar. de Ps., XIV, 53, 1914, p. 101-107.
La méthode des tests de Binet et Simon a une très grande valeur
pratique, mais elle comprend à la fois des tests de connaissance
générale, des tests scolaires, et des tests d'intelligence naturelle dont
on peut se demander si ce sont des de développement ou d'apti
tude individuelle.
Par exemple examinerait-on l'état de mental d'un
enfant de 12 ans en s'adressant à son talent pour le dessin ou le
chant? Quand il s'agit de lecture, de calcul, etc., la question est plus
difficile, de déterminer si des différences individuelles tiennent à un
développement inégal, ou à des aptitudes distinctes. A cet égard,,
l'auteur propose une méthode permettant de résoudre la question,
c'est de déterminer la variabilité dans les résultats d'un test chez des-
enfants de même âge ; si les différences individuelles dominent les
différences d'âge, il s'agit d'un test d'aptitude, et, si c'est l'inverse,
d'un test de développement. Comme critère, l'auteur pense qu'il
faudrait que la différence des moyennes par âge fût au moins égale à
quatre fois l'écart probable, pour qu'on puisse accepter un test comme
épreuve de Mais il laisse ouverte la question de
quotation exacte.
H. P.
S. L. PRESSEY et L. W. PRESSEY. — A group point scale for measuring
general intelligence {Une échelle de points collective, pour la mesure
de l'intelligence générale). — J. of appl. Ps., II, 3, 1918, p. 250-269.
Les auteurs ont constitué une série de tests applicable à des groupes
d'enfants, et évitant l'examen individuel; ils fournissent les premiers-
résultats obtenus chez plus de 1 000 enfants. Cette méthode permet
facilement la comparaison de groupes ethniques et sociaux.
Des cahiers sont préparés pour les sujets, avec indication, pour les
expérimentateurs, des explications à donner afin de faire comprendre
ce qu'on attend de chaque écolier, les tests étant applicables entre 8
et 16 ans.
Il y a 10 tests, comportant chacun 20 réponses : 1° mémoire brute
(mots associés); 2° sélection logique (indication de 2 mots ayant une
connexion déterminée avec tel objet donné, dans 10 listes plus ou
moins longues); 3° arithmétique (problèmes); 4° associations par
opposition; 5° mémoire logique (20 réponses à donner à propos d'un
texte lu); 6° mots à compléter; 7° classification morale (de 20 mots);
8° dissection de phrases (phrases dont les mots ne sont pas en ordre, à
reconstituer) ; 9° connaissances pratiques (indiquer par exemple dans
une liste d'objets le plus lourd et le plus léger); 10° test des analogies.
Les données obtenues ont montré une cohérence très satisfaisante 493 TECHNOLOGIE
«ntre les différentes épreuves et avec d'autres procédés de classement.
La corrélation avec les classements par ordre d'intelligence établis par
i es maîtres a atteint +0,65.
H. P.
HELEN THOMPSON WOOLLEY. — A new scale of mental and physical
measurements for adolescents and some of its uses {Une nouvelle
échelle de mesures mentales et physiques pour les adolescents, et quel
ques-uns de ses emplois). — J. of éd. Ps., VI, 9, 1915, p. 521-550.
H. T. WOOLLEY et CHARLOTTE R. FISHER. — Mental and physical
measurements of working children. — Ps. Mon., XVIII, 1, 247 p.
Les échelles de mesure du niveau mental sont actuellement nomb
reuses, et largement appliquées en Amérique, ce qui permettra sans
doute une unification prochaine.
La directrice du « Vocation Bureau » de Cincinnati a mis sur pied
la sienne, avec recherches, pour son étalonnage, sur 1 430 jeunes gens
de 14 et 15 ans et quelques autres de 16 à 18 ans.
Si nous laissons de côté les épreuves respiratoires et dynamométr
iques, les tests comportent la stabilité et la vitesse motrice (tapping),
avec mesure de l'indice de fatigabilité, pour la main droite et pour la
main gauche; le classement des cartes; le barrage de lettres (vitesse et
exactitude); la mémoire immédiate de nombres de 7, 8 et 9 chiffres;
la substitution acquise de chiffres à des formes géométriques; les
phrases à compléter (étendue et exactitude); le temps d'association; et
l'exactitude dans l'association à des mots donnés de leurs opposés; le
test du puzzle de Healy et Fernald.
L'échelle de l'auteur a évidemment le mérite de faire appel à des
épreuves psychologiques et non scolaires. Mais elle ne serait pas
applicable aux jeunes enfants; elle ne vise que les adolescents.
H. P.
ROBERT M. YERKES et J. W. BRIDGES. —The Point Scale : A method
of measuring mental capacity (L'échelle de points : une méthode de
mesure de la capacité mentale). — Boston médical and surgical
Journal, t. CLXXI, 1914, p. 857-865.
R. M. YERKES et HELEN M. ANDERSON. — The importance of social
status as indicated by the results of the point scale method of
measuring mental capacity [V importance de la situation sociale,
indiquée par les résultats de la méthode de mesure de la capacité mentale
par V échelle de points). — J. of ed Ps., VI, 1915, p. 137-150.
R. Yerkes et Bridges ont mis sur pied une échelle de mesure de
l'intelligence basée sur l'évaluation en points, suggérée par le regretté
Huey. Ils ont indiqué 20 tests, tous utilisés chez les enfants compris
entre 4 et 15 ans, mais plus ou moins bien exécutés, et de difficulté
croissante.
L'étalonnage de l'échelle fut fait expérimentalement.
Test 1 : 3 phrases à répéter; 2 points pour chaque répétition cor
recte. 6 points au maximum. 494 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Test 2 : 3 images de Binet; rémunération des objets vaut i point,
la description 2, et quand il y a interprétation, 3. Maximum : 9 points.
Test 3 : Chiffres prononcés (2 par seconde); répétition immédiate y
1 point pour chaque groupe correct. Maximum 5 points :
Test 4 : Test de comparaisons (1 point). Maximum : 3 points. 5 : Copie du carré et du losange de Binet (1 point pour copie
suffisante, 2 pour bonne copie). Maximum : 4 points.
Test 6 : Définition de 4 mots. 1 point pour la définition par l'usage,
2 pour les autres (description par exemple). Maximum : 8 points.
Test 7 : Jugement de préférence esthétique sur les trois couples de
figures de Binet. Maximum : 3 points.
Test 8 : Découverte de lacunes dans les dessins de Binet. 1 point par
réponse correcte. : 4 points.
Test 9 : Associations libres à vitesse maxima. D'après le nombre de
mots, évaluation de 1 à 4 points;
Test 10 : Comparaison de couples d'objets (2 points pour chaque
comparaison où les deux différences correctes sont indiquées). Max
imum : 6 points.
Test 11 : Numération à l'envers de 20 à 1. Maximum : 4 points. 12 : Réponses adaptées à 4 questions (1 ou 2 points pour chaque}.
Maximum : 8 points.
Test 13 : Élaboration d'une phrase contenant 3 mots; s'il y a 2 phrases,
2 points; pour la réussite, 4 points.
Test 14 : Mise en ordre par poids croissants de 5 objets de même
grandeur (3, 6, 9, 12 et 15 grammes). Pour la réussite complète,
2 points. Deux essais.
Test 15 : 5 phrases contenant une absurdité à découvrir. Maximum :
5 points.
Test 16 : Test de suggestion par les lignes de Binet; 1 point pour
chaque cas de résistance. Maximum : 3 points.
Test 17 : Définition de 3 mots abstraits. Maximum : 6 points.
Test 18 : Analogies à compléter; 1 point pour chaque réussite. Max
imum : 6 points.
Test 19 : Reproduction après 15 secondes des deux dessins de Binet.
Maximum : 4 points.
Test 20 : Reconstruction de phrases dont les mots ne sont pas à
leur place. 2 points pour chaque réussite complète. Maximum : 4 points.
Le maximum de points est de 100.
Un examen de 468 enfants fournit le nombre moyen de points à
chaque âge, depuis 17 à 4 ans jusqu'à 86 à 15 ans.
En comparant des enfants appartenant à des milieux sociaux favo
risés et d'autres à des milieux pauvres, Yerkes et Helen Anderson trou
vèrent que les premiers avaient, d'après le nombre des points, aux
mêmes âges, un niveau intellectuel plus élevé, c'est-à-dire plus avancé.
(Au total, la moyenne générale est de 37,2 et 41,0 chez les garçons et
filles aisés, 29,5 et 32,6 chez les autres.)
H. P.
J. E. EVANS et MARGARET CASTLE. — The relation1 of mental age
to chronological age as determined by certain individuals and " 495 TECHNOLOGIE
group tests (Le rapport de Vâge mental à Vâge réel déterminé par cer"
tains individuels et collectifs). — J. of appl. Ps., II, 4, iyi8,
p. 308-322.
Les auteurs comparant, dans un groupe de 400 enfants examinés
avec l'échelle de Yerkes-Bridges, deux petits groupes, l'un normal et
l'autre anormal, sont amenés à distinguer, dans les épreuves utilisées
par les échelles de classement, des tests de signification différente,
les uns ayant une réelle valeur au point de vue de l'habileté mentale,
d'autres une signification de « maturité », de développement,
dans un sens organique, en particulier des tests à participation motrice
(tapping, barrage, etc.). Ils voudraient que les tests s'adressent moins
à l'habileté scolaire, davantage à l'habileté innée.
Il est certain que les mesures globales des « échelles» sont gros
sières et qu'il y aurait intérêt à analyser davantage. Mais, dans cette
analyse tout dépend de l'usage qu'on veut faire des mesures.
H. P.
ROBERT M. YERKES et LOUISE WOOD. — Methods of expressing
results of measurements of intelligence : coefficient of intelligence
(Méthodes pour exprimer les résultats des mesures de l'intelligence : le
coefficient d'intelligence). — J. of ed. Ps., VII, 10, 1916, p. 593-606.
Avec l'échelle d'âges de Binet-Simon, on emploie le quotient d'intel
ligence, rapport de l'âge mental, évalué par les tests, à l'âge réel.
Avec de points (Yerkes-Bridges), on peut déterminer de
même un rapport qui donnera le coefficient d'intelligence, rapport
des points obtenus par le sujet aux points obtenus, au même âge, par
la moyenne des normaux, la comparaison étant encore valable pour
les adultes, à partir de 18 ans.
Les auteurs donnent la répartition de groupes d'individus d'après la
valeur du coefficient d'intelligence. Voici par exemple le résultat,
pour des normaux, de 4 ans jusqu'à l'âge adulte :
Coefficient. Désignation de la classe. Fréquence p. 100.
Jusqu'à 0,50 . . . Dependent » 1,25
0,51-0,70 Inferior » 6,96
0,71-0,90 Subnormal » 23,09
0,91-1,10 Normal » 40,48
1,11-1,30 Super-normal » 19,27
1,31-1,50. ... . . Superior • 6,47
A partir de 1,51. Genius » 2,73
Cette détermination de coefficients ne vaut que si les normales
par âge sont exactement déterminées.
Les auteurs donnent une échelle revisée des valeurs normales de
4 à 18 ans, qui constitue une courbe de croissance de l'intelligence,
fort intéressante à ce titre, et que nous reproduisons ici.
Notons que, pour les âges élevés, et en particulier chez les adultes,
l'échelle permet — c'est d'ailleurs son but essentiel — de mesurer *&6 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
toutes les déficiences vis-à-vis de la normale, mais non toutes les
supériorités. Pour celles-ci il faudrait des épreuves assez difficiles pour
que le maximum de points des normaux ne dépasse pas 50 au lieu
Joints
'its. 4
d'atteindre près de 90; le coefficient d'intelligence pourrait alors tou
jours varier de 0 à 2 au moins, tandis qu'ici, pour les adultes, il ne
peut pas même atteindre 1,14 au maximum.
H. P.
M. E. BICKERSTETH. — The application of mental tests to children of
various ages (L'application de tests mentaux à des enfants d'âges divers).
— Br. J. of Ps., IX, 1, 1917, p. 23-73.
L'auteur, sous la direction de Mac Dougall, a cherché à réaliser un
ensemble de tests qui puisse être appliqué aux enfants à tous les âges,
et qui vise à explorer psychologiquement le champ complet del' « habi
leté mentale », en évitant les épreuves scolaires.
Ces tests comportent : deux motrices (la capacité d'effort
soutenu avec le tapping, la précision et promptitude de mouvement
avec un appareil de Mac Dougall, le « plunger » comportant pour le
sujet la tâche de plonger une tige dans des séries de trous) ; trois tests
de choix (barrage de lettres, de nombres, et à la fois de lettres et
nombres) ; trois tests de mémoire (texte logique avec reproduction des
idées, séries de mots ayant des relations, et séries de mots sans rela
tion) ; un test d'aperception analytique et synthétique (reproduction,
sur papier quadrillé, de dessins irréguliers) ; deux tests d'attention,
(attention soutenue, par pointage des taches, de Mac Dougall, et atten
tion divisée, avec un autre test de Mac Dougall, consistant à classer
des .disques noirs et blancs et, en même temps, à compléter des
phrases) ; enfin un test de raisonnement (test des analogies de Wood-
worth et Wells). TECHNOLOGIE 497
Les recherches ont été faites sur 6 groupes d'enfants, 2 S00 garçons
et filles, de 5 à 17 ans.
Le résultat principal n'est pas la standardisation par âge que visent
surtout à fournir les auteurs américains, mais au contraire une ana-
. lyse qui s'oppose à cet étalonnage. L'auteur donne quelques « profils
psychologiques » d'enfants, en traduisant graphiquement leur âge
mental pour chaque test, qui montrent que les différences qualitatives
sont dominantes.
Voici, par exemple, pour deux enfants de même âge (9,3 et 9,2 ans),
auxquels on devrait attribuer un âge mental très analogue (11,7 et
10,9 ans), les âges respectifs d'après les épreuves, montrant l'hétéro
généité des mesures.
ÂGE PAH ÉPREUVE
Épreuves. A. T. M. D.
« Plunger » 10 8,8
« Tapping » . 9,3 8,5
Barrage de lettres 14 13
— de chiffres 11 13,5
— combiné 12 9
Mémoire logique 9,5 8 de mots 16 9
Pointage . 12 11
Attention divisée 1 8,5
Dessin reproduit 16 16
Analogies. c 12 15
En particulier les tests moteurs ne sont pas en corrélation avec les
autres tests, montrant que l'habileté motrice est largement indépen
dante de l'habileté mentale, et les diverses corrélations entre les tests -
varient selon les âges. Dans certains tests, pour certaines habiletés
mentales, il n'y a pas de corrélation étroite avec l'âge (raisonnement,
mémoire). Et l'on trouve des différences très notables suivant les écoles,
les régions, dans la valeur moyenne, à un âge donné, de telle ou telle
habileté mentale, qui a, ici ou là, une prédominance qu'elle n'a pas
ailleurs.
Ces données sont importantes pour empêcher qu'on accorde une foi
trop aveugle aux échelles globales, nécessairement grossières, pour la
mesuré du niveau intellectuel, et pour préparer leur perfectionnement
dans leur constitution et surtout dans leur emploi.
H. P.
J. E. WALLACE WALLIN. — Age norms of psycho-motor capacity (Les
normes par âge de la capacité psycho-motrice). — J. of. ed. Ps., VU, 1,
1916, p. 17-24. — Psycho-motor norms for practical diagnosis (Normes
psycho-motrices pour une diagnose pratique): — Ps. Mon., XXII, 2,
101 p.
L'auteur a appliqué à un grand nombre d'enfants normaux et anor
maux — plus de 4 000 — un test d'adresse motrice fourni par un
appareil de Seguin pour l'enseignement des anormaux, dans lequel le
sujet doit insérer, dans des cavités d'une planchette, des fiches corres
pondantes de différentes formes.
l'année psychologique, xxi. 32 498 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le temps nécessaire pour accomplir cette tâche a été mesuré pour
722 garçons et 758 filles de 4 à 18 ans — tous normaux — divisés
par âges en demi-années (28 groupes). Ce temps, qui est de 33
à 36 secondes pour les enfants les plus jeunes, tombe à 9 ou iO secondes
pour les plus âgés. Les temps, étalonnés ainsi par âge, fournissent
des points de repère qui permettent l'utilisation du test chez les
anormaux.
H. P.
E. L. THORNDIKE. — Â standardized group examination of intelligence
independent of language {Un examen collectif étalonné de i
indépendant du langage). — J. of appl. Ps., III, 1, 1919, p. 13-32.
Dans le bel effort pour l'examen psychologique des recrues de
l'armée américaine, ont été utilisées deux échelles mentales, l'une était
celle de Binet revisée à Stanford (échelle alpha), et l'autre une échelle,
très réduite, indépendante du langage (échelle bêta).
Thorndike propose une série de tests, qui ont été comparés à ceux
des autres échelles et ont montré une corrélation étroite avec eux, et qui
sont utilisables de façon réellement internationale, en tant qu'ils sont
tout à fait indépendants du langage, et impliquent, chez les sujets, la
seule connaissance des chiffres et la compréhension des dessins. Il y a
là un effort intéressant pour la réalisation d'une échelle unique detests
universellement applicable. Mais les tests de Thorndike, qui impliquent
des problèmes d'arithmétique, ne sont naturellement pas applicables
à des illettrés.
H. P.
F. J. KELLY. — The Kansas silent reading tests {Les tests de lecture
silencieuse du Kansas).
WALTER S. MONROE. — A report on the use of Kansas silent reading
tests with over one hundred thousand children [Rapport sur
l'emploi des tests de lecture silencieuse du Kansas sur plus de cent mille
enfants). — Monroe's standardized silent reading tests (Tests de lecture
silencieuse standardisés de Monroe). — J. of. ed. Ps., VII, 2, 1916,
p. 63-80; VIII, 10, 1917, p. 600-608; IX, 6, 1918, p. 303-312.
Au point de vue de l'appréciation des effets de l'éducation, du savoir
scolaire, l'habileté de la lecture a une importance incontestable, si on
entend par là, non la traduction des signes graphiques en langage
oral, mais la compréhension plus ou moins facile, plus ou moins
rapide, d'un texte en lecture silencieuse. Pour apporter la précision de
la mesure dans cette appréciation, Kelly, à l'Université du Kansas, a
établi 3 séries de 16 tests pour trois niveaux scolaires, dans lesquels un
texte dactylographié comporte une question à laquelle l'enfant répond
par écrit, ce qui prouve qu'il a compris. Un coefficient, en rapport avec
la difficulté du texte à comprendre, est donné dans chaque cas. On
donne toute la série à la fois, et l'on arrête au bout de 8 minutes, pour
déterminer le nombre des réponses correctes dans ce temps, et,
chaque réponse correcte, on compte, non pas 1, mais une valeur
variable qui est justement celle du coefficient. Un nombre unique est TECHNOLOGIE 49$
obtenu, qui est une résultante dé l'exactitude et de la vitesse de
compréhension. Ces tests ont été appliqués dans de nombreuses écoles
par les soins de Monroe, directeur du Bureau des mesures pour
l'éducation au Kansas, et les résultats ont été comparés avec ceux des
tests de Gray (Studies of elementary school reading from standardized
tests. Suppl. Educational Monographs, Univ. of Chicago, 1, 1917) qui
distinguent la vitesse et l'exactitude de compréhension.
La méthode de Kelly n'est en effet pas satisfaisante : un enfant qui
s'obstinera sur un texte difficile et perdra son temps aura une note
très inférieure à celle d'un enfant qui fera le plus vite possible tout ce
qui est facile sans faire effort pour le reste.
Monroe, dans les tests qu'il propose à son tour, compte à part le
temps nécessaire et à part l'exactitude des réponses, avec emploi de
coefficients, également, suivant la difficulté des questions.
En ce qui concerne le choix des tests, ceux de Kelly avaient de réels
défauts; s'il y en avait de satisfaisants, la plupart faisaient appel à
des raisonnements, à des opérations arithmétiques, à des observations
complexes, toutes choses qui dépassent beaucoup la simple "ompréhen-
sion de la lecture. Évidemment la compréhension de\ombreux
textes implique du savoir; si l'on faisait lire du Kant, du Plotin, ou
de l'Henri Poincarë on n'aurait pas de très bons résultats dans les
écoles élémentaires. Mais on pourrait se limiter à la compréhension de
textes faciles. Il n'est pas admissible qu'on demande, comme test de
compréhension de lecture, à combien de degrés Fahrenheit correspond
une élévation de 5° C, étant rappelé que l'eau bout à 100° C. et 212°
Fahrenheit.
Quand on étudiera les problèmes arithmétiques, que fera-t-on d'autre?
Les tests de Monroe paraissent plus satisfaisants; il y en a encore qui
ressemblent bien à des tests de logique (par exemple l'huile nage sur
l'eau parce qu'elle est plus légère; le lait se mélange à l'eau parce
qu'il est du même poids. Qu'est-ce qui est plus léger, le lait ou
l'huile?) Mais la plupart donnent à choisir entre plusieurs mots, dont
un correspond au texte, comme dans quelques tests de Kelly (par
exemple, voici quelques noms d'objets ; entourez d'un trait le nom de
celui qui est arrondi comme une balle : soucoupe ; tasse à thé; orange;
poire; bras). Les tests de Monroe ont été appliqués à plusieurs milliers
d'enfants d'école, et étalonnés — standardisés — d'après la réussite
moyenne suivant les degrés, réussite qui croît continuellement tandis
que la vitesse augmente aux degrés inférieurs, puis tend à devenir
stationnaire. Voici, pour les dix degrés examinés, les rapports de
compréhension :
V. VI. VII. VIII. IX. III. IV. X. XI. XII.
1,92 3,44 4,16 4.65 5,40 6,06 1,00 6,29 7,10 8,85
Étant bien entendu que ces tests de lecture silencieuse impliquant
la compréhension représenteront toujours des tests complexes, à la
différence de la lecture orale, et constitueront des tests de niveau
intellectuel éducatif, ils pourront être utilisés avec fruit pour l'appré
ciation de résultats pédagogiques et la comparaison de méthodes
d'enseignement. H. P.