L'évolution des antiques mosquées rurales de la région d'Ispahan - article ; n°1 ; vol.26, pg 65-112

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Arts asiatiques - Année 1973 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 65-112
48 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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01 janvier 1973

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26

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

5 Mo

Maxime Siroux
L'évolution des antiques mosquées rurales de la région
d'Ispahan
In: Arts asiatiques. Tome 26, 1973. pp. 65-112.
Citer ce document / Cite this document :
Siroux Maxime. L'évolution des antiques mosquées rurales de la région d'Ispahan. In: Arts asiatiques. Tome 26, 1973. pp. 65-
112.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arasi_0004-3958_1973_num_26_1_1058L'ÉVOLUTION DES ANTIQUES
MOSQUÉES RURALES DE LA RÉGION D'ISPAHAN
par Maxime SIROUX
Quelques zones du vaste plateau iranien se prêtent mieux que d'autres à la
recherche de ruines antiques. Les abords de la longue dépression où serpente la
rivière Zayandeh-roûd ainsi que les rives de celle-ci, en donnent l'illustration (1).
A l'extrémité nord-ouest de ce bassin alluvionnaire, le visiteur eût vainement
cherché, au vne siècle de notre ère, la ville d' Ispahan. A son emplacement, des villages
rapprochés, de belles résidences aussi — parfois royales — étaient répartis dans les
cultures et les vergers, ourlant les bords de la rivière (2). En effet, l'endroit déjà
privilégié par l'abondance des eaux et la salubrité de son climat était — depuis
l'origine des temps — le carrefour des plus importantes pistes.
C'est là, qu'après l'irrémédiable désastre de Nehavend (642 A.D.), le dernier roi
sassanide, Yezdeguerd III, vint, accompagné de sa cour, regrouper ses forces, jusqu'au
moment, où, par une sanglante bataille, les conquérants arabes le contraignirent,
en 644, à une retraite vers Istakhr.
(1) Ces zones sont principalement les franges Nord et Sud des déserts centraux. Les étendues autrefois
cultivées entre Semnan et Méched d'une part, entre Kâchan-Yezd et Kerman de l'autre, faisaient vivre une
nombreuse population.
(2) Voici l'impression que sept siècles plus tard, ces riches campagnes laissèrent au géographe Hamd
Allah Mustawfl (Nuzhat-al-Qulub, trad. Guy Le Strange, 1919, p. 57) : « ... and in truth all this district is
like a single garden from the mass of adjacents orchards and villages which lie one beyond the other. » Cependant
Creswell [Early Muslim architecture, Pelikan book, p. 173) commentant les premières villes circulaires, mentionne
qu'elles profitèrent d'exemples antérieurs (Darabgird, Firouzâbad, Takht-e-Soléiman, etc.). Parmi ceux-ci,
il cite Ispahan qui d'après Ibn Rusta « était également circulaire et mesurait 6 000 cubics » (soit 3 000 m —
3 270 yards en diamètre). On sait que le site actuel de la ville était occupé par plusieurs villages distincts et
que par ailleurs lors de constructions nouvelles on rencontre parfois des vestiges de murs à 2,00 m de profondeur
(personnellement le cas s'est présenté deux fois). Néanmoins, si dans l'état actuel des recherches rien ne permet
de localiser une agglomération circulaire à Ispahan même, il est frappant de constater que l'Atesh-Gah
d'Ispahan, jadis support d'une énorme résidence sassanide, était ceinturé de deux remparts ovoïdes dont l'un
garni de tours. Une troisième défense protégeait un bourg étalé au pied de l'éminence (cf. Atesh-Gah, près
d'Ispahan, par M. Siroux, in Iranica Anliqua, vol. V, f. 1, 1965). 66 MAXIME S I ROUX
Du site d' Ispahan, les envahisseurs poursuivirent leurs raids et, avec eux, le
jeune Islam parcourut les pistes rayonnant à travers proches campagnes, déserts et
montagnes. Les populations rurales qu'ils rencontrèrent, composées de sédentaires,
héritiers d'une vieille civilisation, n'eurent guère de considération pour ces frustes
et rapaces envahisseurs : de nombreux îlots de résistance l'ont démontré. Toutefois,
le désarroi général était alors si grand que les conversions, plus ou moins sincères,
à une religion assez voisine de la leur et à l'ordre nouveau qu'elle impliquait, se multi
plièrent rapidement (1).
C'est donc le long des chemins, dans les hameaux et lieux d'étapes les jalonnant,
que l'Islam s'implanta. De ces endroits, quelques-uns subsistent, mais la plupart ne
sont qu'amas de ruines ou informes monticules. Parmi les uns ou les autres, nous
aurons la chance de découvrir des vestiges expressifs et quelquefois des édifices mieux
conservés : ils sont les derniers et rares témoins d'une multitude de monuments des
premiers siècles de l'Hégire (2). Ces œuvres n'ont pas l'ampleur des grandes mosquées
citadines, fruits de remaniements profonds ou de reconstructions totales, lors d'époques
brillantes mais tardives. En revanche, elles ont le mérite d'être demeurées en leur
état initial ou, si elles ont été modifiées, de laisser apparaître clairement les étapes
de leur transformation — donc de leur évolution.
En cette relation, qui s'étendra jusqu'au vme H. (xive A.D.), nous suivrons,
dans la présentation des monuments, la discrimination, désormais classique, qu'André
Godard fit entre les mosquées de tradition architecturale iranienne et celles dites
« arabes » édifiées en Iran sous les Gouverneurs des Califes abbassides (3).
(1) Lors de l'assaut arabe les structures de l'empire étaient en désagrégation. De 632 à 642 A.D. on ne
compta pas moins de onze monarques ou prétendants. L'armée lourdement organisée pour une stratégie
traditionnelle fut désemparée devant l'impétuosité non classique des gens du désert. Les courageuses résistances
provinciales, mal coordonnées, ne compensèrent pas la perte du « tablier de Kavagh », symbole de l'empire
tombé aux mains de l'ennemi en 636 à Qâdisiya. La confiance du peuple s'en ressentit. Le zoroastrisme, religion
d'État, était également en crise, miné par les dissensions théologiques auxquelles le peuple n'entendait rien.
La rénovation tendant à rétablir le pur monothéisme d'Ohrmazd n'était pas parvenue à son terme. Le tiers-
monde ne connaissait que la paralysie de la vie quotidienne par un culte aux rites multiples et abusifs. Après
le désastre de Nehawand, Yezdeguerd III séjourne à Ispahan, d'où, chassé par les arabes en 644, il se réfugie à la
ville sainte de Stakhr. De là nombre de grands personnages de la cour furent envoyés à Suse où ils capitulèrent
en embrassant l'Islam. L'exemple de ces conversions — parmi lesquelles celles de membres du clergé — fut
d'autant plus contagieux que la nouvelle foi, monothéiste, tout en apportant une simplification de la vie, ne
s'écartait pas de l'ancienne morale et procurait à ceux qui l'adoptaient l'exonération des taxes frappant les
infidèles. Outre les zoroastriens d'autres communautés, chrétiennes et juives, suivirent la même voie.
(2) Des variations climatiques minimes, qui ne laisseraient pas de souvenirs durables en Occident,
ont sur le plateau iranien des conséquences accentuées. L'optimum du ixe-xe A.D. incita à une grande extension
des cultures et à la création de villages : c'est ainsi que l'on note sur les lianes desséchés du Kouh-e-Tchoum,
près d' Ispahan, les traces d'anciennes terrasses cultivées et plus bas des amas argileux figurant les habitations.
(3) Cf. « Les anciennes mosquées de l'Iran », par A. Godard, in Arts Asiatiques, t. III, f. 1, 1956, p. 48
et sq. Les monographies détaillées des édifices cités en cette étude figurent dans « Anciennes voies et monuments
routiers de la région d' Ispahan, suivis de plusieurs autres édifices de cette province », par M. Siroux, t. LXXXII
des Mémoires de l'I.F.A.O. du Caire). Cf. également « Kouh-payeh. La mosquée Djum'a et quelques
du bourg et de ses environs », par M. Siroux, t. VI des « Annales Islamologiques » de l'I.F.A.O. Le Caire 1966. DES ANTIQUES MOSQUÉES RURALES D' ISPAHAN 67 L'ÉVOLUTION
Sans modifier cette classification, il convient de la compléter par deux groupes
importants et méconnus d'autres prototypes iraniens dont quelques remarques
préliminaires explicitent l'utilisation :
— Quand l'envahisseur pénétra en Iran, il n'y introduisit aucune formule
architecturale née de son génie ou adaptée à la nouvelle foi. Suivant ce phénomène
très universel, les lieux du culte de la religion nationale furent largement réutilisés
ou copiés par les néo-musulmans iraniens. Ceux-ci marquèrent donc leur

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