L'évolution des salaires et de la rente foncière en France (1450-1940)

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DEA Analyse et PolitiquÉecs onomique s
École des HauteÉst udes en Sciences Soc iales       L’évolution des salaires et de la rente foncière en France (145-01940 )
Progrès technique, commerce international ou dém?ographie        Dorothée ROUZET Sous la direicotn de M. Thomas PIKETT Y    200-4200 5
Résumé   Entre 1450 et 1790 en France, les salaires baissent de près de 90% relativement à la rente
foncière. Puis dans les 150 ans qui suivent, le rapport salaire / rente remonte et fait plus que quadrupler, retrouva nt à la veille de la Seconde guerre mondiale son niveau de 1530.
Comment expliquer des mouvements de telle ampleur, et le retournement qui s’opère au tournant du 19ecette étude, inspirée des travaux de O’Rourke et siècle C’est le sujet de  ?
Williamson sur l’Angleterre.
 Nous étudions ainsi l’évolution de la rémunération des facteurs en France dans le long terme.
En contraste avec l’Angleterre, nos résultats ne donnent, au mieux, qu’un rôle mineur à l’intégration au commerce international dans la croissance des salaires réels au 19e Le siècle.
fonctionnement de type malthusien et la rareté de la terre, qui rendent bien compte de la
décrue du pouvoir d’achat des salariés jusqu’à la Révolution, ne sont pas invalidés par la suite d’après nos estimations départementales, du moins dans le secteur agricole. Mais c’est le
ralentissement de la croissance démographique, couplé avec l’accumulation du capital industriel, qui agissent à long terme sur l’offre et la demande de travail. Avec ces deux
phénomènes, qui favorisent les salaires et nuisent à la rente du sol, nous expliquons de
manière satisfaisante le renversement de tendance qui se produit autour de 1800, et ce sans intervention décisive des marchés internationaux.
 
 
1
 
2
8 
2. FONDEMENTS THÉORIQUES ET EXEMPLE ANGLAIS 2.1. 2.2. 2.3. 
3.1. LA DÉMOGRAPHIE........................................................................................................15.... 3.2. LA POLITIQUE COMMERCIALE ET LES ÉCHANGES............................................................. 16 3.3. UNE ÉCONOMIE QUI RESTE AGRICOLE.............................................................................. 19 
3. LES SPÉCIFICITÉS DU CAS FRANÇAIS
RIELS........................................................................... 21 USTRIELLE................................................................... 22 ......................................................................................23 
4. DESCRIPTION DES DONNÉES 4.1.  PRIX AGRICOLES ET PRIX INDUST 4.2. PRODUCTIVITÉ AGRICOLE ET IND 4.3. SALAIRES ET RENTE FONCIÈRE...
5.1. QUELS DÉTERMINANTS DU RAPPORT SALAIRE/RENTE? .-1.8.01550.......................0........ 5.2. QUELS DÉTERMINANTS DES SALAIRES ET DE LA RENTE FONCIÈRE? 1815-1938 ................ 5.3. ANALYSE DES DISPARITÉS DÉPARTEMENTALES................................................................
5. ANALYSE ÉCONOMÉTRIQUE : LA FIN DU MALTHUSIANISME ?
6. EXAMEN DES QUATRE HYPOTHÈSES
26 27 33 
38 40 42 43 
L TRIELLEA PRODUCTIVITÉ INDUS.................................................................................... L’INTÉGRATION AU COMMERCE INTERNATIONAL............................................................ LE RALENTISSEMENT DÉMOGRAPHIQUE........................................................................... LES BOULEVERSEMENTS DE LARÉVOLUTIONFRANÇAIS E................................................
7. LUSICONCON 
6.1. 6.2. 6.3. 6.4. 
15 
21 
26 
38 
47 
1. INTRODUCTION 
5 
3 
1 
RÉFÉRENCES ET TRAVAUX CITÉS
TABLE DES MATIÈRES
49 
RÉSUMÉ
Table des matières   
 
3
 
LE MODÈLE MALTHUSIEN ET SES PRÉDICTIONS.................................................................. 8 L ET SES PRÉDICTIONSE MODÈLE DE COMMERCE À FACTEURS SPÉCIFIQ UES..................... 10 O’ROURKE ETWILLIAMSON:LE CAS DU COMMERCE TRANSATLANTIQUE....................... 12 
ANNEXE A : LES SÉRIES DE REVENUS
ANNEXE B : LES SÉRIES DE PRIX
ANNEXE C : LES SÉRIES DE POPULATION
ANNEXE D : LES AUTRES SÉRIES NATIONALES
ANNEXE E : DONNÉES DÉPARTEMENTALES, 1862 ET 1892
53 
60 
64 
67 
71 
ANNEXE F : HECTARES PAR ACTIF ET SALAIRE DU JOURNALIER EN ÉTÉ EN 1892 SELON LES DÉPARTEMENTS 73 
 
 
4
1. Introduction  Après plusieurs siècles d’évolutions erratiques du salaire réel, le 19e siècle est le lieu d’une amélioration nette de la condition des salariés en France (figure 1). Le salaire réel connaît une remontée qui s’accélère dans la seconde moitié de ce siècle, tandis que la part de la masse salariale dans le produit total de l’agriculture, en baisse continue au cours des siècles précédents, s’affirme dès la fin de la Révolution au détriment de la rente foncière.
 Comment expliquer ce grand basculement du début du 19e siècle, et l’inversion d’une tendance séculaire à la paupérisation relative des ouvriers et des journaliers ? Le problème est de taille et doit être relié aux grandes mutations qui touchent l’économie et la société françaises, au premier rang desquelles l’essor lié à la révolution industrie lle et l’ouverture commerciale. Dans le cas anglais étudié par O’Rourke et Williamson (2002), les auteurs mettent également en évidence une rupture structurelle dans l’évolution relative du salaire et de la rente foncière. Concernant la période postérieure à 1840, ils l’attribuent dans des proportions similaires à l’accroissement sans précédent de la productivité industrielle et aux effets distributionnels du commerce international avec les pays du Nouveau Monde.  
300
250
200
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1775
1800
1825
1850
Figure 1: Salaire en termes de biens agricoles en France, 1450-1935 (Sources : Annexe A, tableau A.1, colonne 1 ; Annexe B, tableau B.1, colonne 1)
1875
1900
1925
 
 Nous essaierons de rendre compte de l’expérience française à la lumière de cette étude de O’Rourke et Williamson –que nous présenterons plus en détail –, mais aussi d’après les traits spécifiques de l’évolution politique, démographique et économique de la France aux 18e et 19e siècles. Nous cherchons ainsi à étudier la formation de la rémunération des différents facteurs de production dans une perspective de long terme. Plus précisément, plusieurs hypothèses doivent être examinées et seront confrontées :  e
 
· 
La révolution industrielle, qui débute en France vers le milieu du 19 siècle avec la diffusion des chemins de fer et des machines à vapeur. Deux effets peuvent en être
5
 
 
 · 
· 
· 
attendus. D’abord, l’augmentation considérable de la productivité apparente du travail dans l’industrie, dont un modèle microéconomique simple prédit qu’elle entraîne dans son sillage une hausse des salaires réels. Ensuite, la diffusion des avancées techniques au secteur agricole, via la sophistication du capital d’exploitation, qui permettrait de compenser la fixité de l’offre de terre par l’amélioration du rendement du sol. Si le rapport entre offre de terre effective (quantité de terre´ du sol) et productivité population active agricole cesse de diminuer, l’évolution de leurs rémunérations respectives (rente foncière et salaires) peut s’inverser.
Le ralentissement de la croissance démographique, qui s’opère en France dès le tournant du 19e aux autres pays européens. Combiné à contrairement – siècle l’amélioration de la productivité agricole, ce ralentissement contribuerait à sortir l’économie française du piège malthusien où la raréfaction de l’offre de terre par travailleur maintient les salaires à le ur niveau de subsistance. Ce phénomène est spécifique à la France, dont la population augmente de seulement 38% entre 1820 et 1914, tandis que l’accroissement de la population anglaise au cours de la même période dépasse 200%. On peut en attendre un effet de rareté relative de l’offre de travail en comparaison du 18e siècle. Dans le même temps, l’industrie, plus intensive en travail que l’agriculture, représentant une part croissante du produit national, la demande de travail est orientée à la hausse. Les facteurs démographiques induiraient donc une tendance à la hausse des salaires réels.
Le commerce international, dont l’expansion est favorisée par la diminution drastique des coûts de transport internationaux mise en évidence par Harley (1988) ; le commerce extérieur, qui ne représentait que 8% du PIB français en 1830, atteint 34% en 1880. Dans le cadre du commerce transatlantique, ainsi qu’avec la Russie, les importations françaises sont en majeure partie agricoles. Dans un modèle à facteurs spécifiques, où l’industrie emploie du travail et du capital et l’agriculture de la terre et du travail, on attend de tels flux commerciaux qu’ils bénéficient à la rémunération du capital et soient préjudiciables à la rente foncière. La réaction de la rémunération du travail est plus ambiguë, mais les salaires réels profitent d’autant plus de l’importation de biens agricoles peu coûteux que ceux-ci représentent une part importante de la consommation des salariés –c’est le cas pour la quasi-totalité de la période étudiée.
Enfin, des facteurs relevant davantage du domaine politique et conjoncturels, liés à la Révolution française, doivent être pris en compte. On s’intéressera en particulier aux effets de la vente des biens nationaux sur la structure de la propriété et, partant, sur les rapports de forces entre catégories sociales : y a-t- il eu une sédimentation des conséquences de la «redistribution » des terres induite par la mise en vente des biens nationaux ? Également, dans un horizon plus court, on s’interrogera sur l’influence de la mobilisation massive et de la contraction de l’offre de travail qui s’ensuit.
 Nous présentons donc une étude de la validité de ces différentes hypothèses et un essai de quantification de leur contribution à l’évolution relative des salaires et de la rente foncière. En particulier, nous avons cherché à discerner l’existence ou non, en France, d’un effet de
 
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