Osons la France !
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Description

"Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays !"

John Fitzgerald Kennedy




Entrepreneure au flair incomparable, déterminée et intuitive, Aude de Thuin en appelle, dans cet hymne à l'audace, à la responsabilité et au talent de chacun.



Face à la crise, financière, économique, environnementale et sociétale, elle mobilise la société civile en montrant les forces et les réussites en matière de création et d'innovation dans tous les domaines : industrie, entreprise, science, recherche, éducation, arts...



Par ce récit d'initiatives de Français, connus ou non, aux parcours inhabituels ou plus classiques, elle met en lumière les ressorts psychologiques et les passages obligés de la réussite et propose un autre mode de développement et de vivre ensemble.



Car pour créer du nouveau, une seule possibilité : OSER. Oser se remettre en question, oser imaginer l'avenir, oser se lancer dans l'inconnu, oser voir grand, oser croire en des jours meilleurs, oser être français.




  • Une autre lecture des mutations actuelles


    • La crise, cette fameuse crise


    • La mondialisation


    • La révolution numérique et du féminin


    • La fin du cloisonnement




  • Osons la France, une France qui va de l'avant


    • Osons passer de l'idéologie à l'idéomotricité


    • Osons nous réapproprier l'esprit républicain


    • Osons être fiers de la France et être optimistes sur son avenir




  • Réussir en France, c'est possible !


    • Oser suivre sa vocation


    • Oser croire en son idée


    • Oser se lancer


    • Osre voir grand


    • Oser bien s'entourer


    • Oser prendre des risques


    • Oser accepter l'échec


    • Oser se dépasser


    • Oser l'optimisme



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 mars 2013
Nombre de lectures 21
EAN13 9782212234688
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

C4 OSONS LA FRANCE
Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays !
John Fitzgerald Kennedy
Entrepreneure au flair incomparable, déterminée et intuitive, Aude de Thuin en appelle, dans cet hymne à l’audace, à la responsabilité et au talent de chacun.
Face à la crise, financière, économique, environnementale et sociétale, elle mobilise la société civile en montrant les forces et les réussites en matière de création et d’innovation dans tous les domaines : industrie, entreprise, science, recherche, éducation, arts...
Par ce récit d’initiatives de Français, connus ou non, aux parcours inhabituels ou plus classiques, elle met en lumière les ressorts psychologiques et les passages obligés de la réussite et propose un autre mode de développement et de vivre ensemble.
Car pour créer du nouveau, une seule possibilité : OSER. Oser se remettre en question, oser imaginer l’avenir, oser se lancer dans l’inconnu, oser voir grand, oser croire en des jours meilleurs, oser être français.
Aude de Thuin a créé de nombreux salons (Semaine internationale du marketing direct, L’Art du jardin, Créations et savoir-faire...). En 2004, elle a fondé le Women’s Forum for the Economy and Society, premier forum mondial indépendant d’inspiration féminine, dédié à la construction d’un monde plus équilibré. Avec « Osons la France » elle se veut désormais le porte-drapeau de l’initiative à la française.
II Aude de Thuin
Osons la France
Et si le meilleur était devant nous ?
Avec la collaboration de Christine Delmar
IV
III Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de Copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2013 ISBN : 978-2-212-55588-2
V Sommaire Introduction Chapitre 1 Une autre lecture des mutations actuelles La crise, cette fameuse crise... La mondialisation La révolution du numérique et du féminin La fin du cloisonnement Chapitre 2 Osons la France , une France qui va de l’avant Osons passer de l’idéologie à l’idéomotricité Osons nous réapproprier l’esprit républicain Osons être fiers de la France et optimistes sur son devenir Chapitre 3 Réussir en France, c’est possible Oser suivre sa vocation Oser croire en son idée Oser se lancer VI Oser voir grand Oser bien s’entourer Oser prendre des risques Oser accepter l’échec Oser se dépasser Oser l’optimisme Conclusion Annexes Présentation des activités d’ Osons la France Livre d’or (extraits) Index des noms propres Remerciements
VII Introduction
Halte à la morosité, au défaitisme, à l’autoflagellation ! C’est de ce cri du cœur qu’a émergé l’idée d’ Osons la France en 2011. J’en avais tellement assez d’entendre des mauvaises nouvelles, laissant à penser que la France était obsolète, prédite à un avenir désastreux et, somme toute, bonne à rien, que je me suis révoltée. Mon âme de Française et d’entrepreneure n’a fait qu’un tour : pour reprendre l’injonction de Kennedy, je ne me suis pas demandé ce que mon pays pouvait faire pour moi, mais ce que moi, je pouvais faire pour mon pays. Les forums Osons la France sont nés ainsi, de cette volonté d’en finir avec un climat de plomb tout autant que d’une folle envie de rassembler la société civile autour de l’audace d’entreprendre, de créer, d’avancer. Car en France, il existe une multitude de porteurs d’énergie, de lueurs d’espoir. Ce sont ces hommes et ces femmes que j’ai voulu mettre en lumière afin que l’on voie ces pépites dont la France regorge. Cette autre France qui ne se perd pas dans la complainte et la critique systématique mais crée et croît parce que justement elle y croit, même dans un contexte défavorable.
Oui, nous vivons des temps de profondes mutations qui secouent nos certitudes, nos habitudes, nos conforts de pensée et de vie. Oui, les cartes du jeu sont aujourd’hui rebattues à la surface du globe. Oui, la course est aujourd’hui mondiale et nos compétiteurs de plus en plus nombreux et affamés. Oui, l’avenir est incertain VIII parce qu’il ne ressemblera en rien à notre présent. Oui, l’avenir est à inventer. Et c’est là que l’horizon s’éclaire. Car si nous considérons toutes les crises que nous traversons, sur les plans économique, financier, politique, social, écologique, nous pouvons nous réjouir d’avoir l’opportunité de redéfinir la société, le monde dans lesquels nous voulons vivre. Le génie français dont nous sommes tous individuellement porteurs peut entrer en jeu et apporter sa pierre à l’édifice. Une pierre ou tout un pan de mur voire le toit, tout dépend de nous, du ressort que nous aurons à embrasser les changements actuels et à les modeler à notre image.
La France est, certes, un tout petit pays à l’échelle de la planète, mais grâce à l’excellence française de ses entreprises – au sens large – et de ses ressortissants, elle brille de par le monde. En osant exprimer leurs idées, leur donner corps, les faire grandir et rayonner, ceux et celles qui osent se lancer portent un message d’espoir : oui, réussir la France, c’est possible ; oui, réussir en France, c’est possible. C’est ce dont ont témoigné en 2012 près de 150 speakers lors des forums de Paris et de Lille. Et ce dont témoigneront plus d’une centaine d’autres intervenants en 2013 et au cours des années à venir.
Osons la France ambitionne de fédérer les esprits libres et optimistes, les créatifs et créateurs, les audacieux, qui réinventent le modèle français. Comme l’audace ne peut se concevoir sans liberté, Osons la France est apolitique. Dans nos forums, nos hommes et femmes politiques sont interdits de parole, mais cordialement IX invités à écouter la société civile qui s’y exprime et à puiser les idées novatrices qui en émergent. Après le top-down, vive le bottom-up !
« Oser » est le maître mot de ces forums. Les idées, les expériences, les témoignages, les projets, les envies, les espoirs y foisonnent. On y sent que la France, cette France qui refuse la victimisation et l’assistanat, bouillonne et fera son chemin, avec ou sans le soutien des pouvoirs publics.
Oser, c’est prendre son destin en main et sa place dans le monde. Oser exige de vaincre sa peur, de se dépasser, de croire en soi et en son projet, de remettre en cause les présupposés, de casser les codes et de rejeter les tabous, de surmonter les difficultés, de repousser les limites. Oser, c’est le leitmotiv de ma vie, car c’est en osant que l’autodidacte provinciale que j’étais a pu devenir une entrepreneure à succès. Je sais par expérience qu’oser permet de s’épanouir, de prendre toute sa dimension et ainsi d’apporter sa part contributive à l’élaboration du monde.
Oser rêver est plus que jamais une nécessité dans notre monde en devenir, sur le plan individuel et collectif. En tant qu’homme ou femme, si nous ne portons pas un rêve, notre vie sera morne, routinière, sans saveur. Le poète Pablo Neruda affirmait ainsi : « Il meurt lentement, celui qui devient l’esclave de l’habitude, celui qui ne prend pas de risques, pour réaliser ses rêves. » Pour rester en vie et profiter pleinement de notre passage sur terre, nous devons oser rêver et donner corps à notre rêve, quel qu’il soit. Ce qui est vrai pour une personne vaut pour un peuple, un pays. Le rêve est le X propre de l’Homme et d’une Nation tout entière. De quel monde rêvons-nous aujourd’hui ? Quelle société voudrions-nous voir émerger dans nos rêves les plus fous ? Quels progrès, quelles utopies poursuivonsnous ? La question se pose.
Les Français vont-ils, à cause de leur déni de la crise, de leur défiance vis-à-vis de l’Europe et de leur phobie de la mondialisation, se fossiliser sur place ou bien analyser avec lucidité les mutations actuelles et s’adapter pour rester dans le wagon de tête ? La France va-t-elle s’éteindre lentement en voulant conserver ses avantages acquis, son confort de nation riche ou va-t-elle repartir à la conquête d’elle-même et du monde ? Pour que les Français redeviennent joyeux et se délectent de tous les bienfaits que leur offre leur patrie, il faut qu’ils cessent de courber l’échine, de regarder leurs pieds et d’avancer à petits pas, en craignant le pire, mais au contraire, qu’ils s’ouvrent, embrassent le monde des possibles et voient loin et grand.
Notre monde changera en fonction des possibles que nous aurons su rêver. En effet, l’Histoire nous apprend que ce qui a été imaginé un jour par l’être humain devient, tôt ou tard, réalité. Les objets volants dessinés par Léonard de Vinci se sont transformés, quatre siècles plus tard, en avions et hélicoptères. La République a été pensée préalablement par quelques intellectuels, avant de naître en prolongement de la Révolution française. Et le rêve d’égalité raciale de Martin Luther King est devenu partie intégrante de la Constitution américaine, un an seulement après son fameux « I have a dream » XI de 1963. Mais George Orwell, avec 1984 , était tout autant visionnaire, en négatif cette fois, le totalitarisme soviétique ayant donné vie à Big Brother. Bonne ou mauvaise, la pensée est créatrice, elle précède sa matérialisation car notre cerveau ne fait aucune différence entre imaginaire et réel. Prenons ainsi garde à avoir une vision positive de la France plutôt que celle d’une France impuissante et déclinante.
Contribuer au dynamisme de la France en suscitant un immense brainstorming national, telle est la raison d’être d’ Osons la France . Ce qui signifie concrètement, et en tout premier lieu, faire sauter les verrous de nos conditionnements et de nos habitudes, ne plus se laisser polluer par les clichés, les certitudes, les évidences dont nous sommes tant abreuvés, mais remettre de l’air dans nos cerveaux et dans nos vies, décloisonner, faire de la place au nouveau, laisser émerger toutes les idées surtout les plus audacieuses, développer des pensées alternatives. C’est en imaginant l’inimaginable, en pensant l’impensable, à partir de notre identité et de notre patrimoine, que nous inventerons l’avenir. C’est en prenant notre part de responsabilité et non en désignant l’autre, l’étranger comme le coupable, que nous reprendrons notre destinée en main.
Difficile, diront certains, toujours prêts à baisser les bras et à se lover dans l’immobilisme. Mais « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles », disait Sénèque. Alors, osons ! Car une fois dépassées, les barrières ne paraissent plus infranchissables, XII elles se transforment en simples éléments de parcours. Et que ceux et celles qui en doutent se rallient au pragmatisme de Winston Churchill qui affirmait déjà à son époque que « mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge » ! Le choix est, en effet, simple : bouger ou subir. À Osons la France , nous faisons le pari que la France va se réveiller de sa torpeur, retrousser ses manches, et s’appuyer sur ses nombreux atouts pour aller de l’avant. Il ne s’agit pas d’un pari fou : la France, comme tout autre pays dans le monde, a des faiblesses et des forces mais, dans l’ensemble, s’avère plutôt gâtée. Nous avons souvent peu conscience de la chance que nous avons de vivre dans un pays démocratique, laïque, riche, protecteur, en paix, au climat clément, à l’histoire et au patrimoine d’une richesse incomparable, à l’art de vivre admiré dans le monde entier... Ce n’est qu’en voyageant que l’on se rend compte que la France est une terre bénie des dieux et les Français de grands chanceux. Nos voisins européens le savent, comme en témoigne l’expression « vivre comme Dieu en France », c’est-à-dire heureux comme un pape ! Nous avons aussi peu conscience de nos points forts : ressources naturelles, excellentes infrastructures, développement technologique, démographie favorable, cartésianisme, « French touch »... En portant un regard lucide sur nous-mêmes et notre pays, en analysant, sans complaisance ou catastrophisme, nos fonctionnements et dysfonctionnements, nous saurons diminuer le poids de nos contraintes et jouer de nos atouts pour apprivoiser les grandes mutations actuelles et conserver notre place de grande puissance mondiale. Pour y arriver, nous aurons XIII besoin de bannir notre arrogance bien française – qui tend à nous laisser penser que notre mode de vie est supérieur à celui de tout autre pays du globe –, et en parallèle, notre complexe d’infériorité – notamment vis-à-vis des USA – et notre sentiment d’impuissance face au monde. C’est un de ces « French paradoxes » qui témoignent de la complexité de notre esprit tout autant que des freins inconscients qui nous empêchent d’avancer !
La période trouble et agitée que nous traversons exige de nous réalisme et confiance, lucidité et optimisme. Pour prendre à bras-le-corps les mutations de ce début du XXI e siècle, nous ne pouvons faire fi de volonté, d’allant, d’enthousiasme, « ce dieu intérieur qui mène à tout » selon Pasteur, qui donne l’énergie de foncer. Il faut que nous fassions le choix conscient de l’optimisme car, selon des études scientifiques menées en 2007, notre aptitude au bonheur dépend pour 40 % de notre attitude personnelle face aux événements de la vie et pour seulement 10 % de nos conditions de vie 1 ! Il suffit de regarder la joie des pauvres des favelas ou des bidonvilles pour s’en persuader. Tout est dans le regard que l’on porte sur soi et sur les autres. Les médaillés de bronze sont ainsi toujours plus heureux que les médaillés d’argent parce que ces derniers, s’en veulent d’avoir raté la première marche, tandis que les troisièmes, voyant tous les suivants sans récompense, se réjouissent d’être sur le podium. N’est-ce pas ce qui arrive aujourd’hui en France ? Il est temps d’arrêter nos râleries incessantes, nocives pour nous et incompréhensibles pour tout étranger, et de retrouver le moral ! Faire XIV le choix de l’optimisme est le pari pascalien que doit faire la France au XXI e siècle. Elle en sera gagnante à tous les coups, portée en avant par le souffle positif de ceux et celles qui imaginent des lendemains qui chantent.
Osons la France est ainsi un mouvement résolument optimiste et qui, par son enthousiasme, aspire à faire bouger les lignes dans le bon sens, à réenchanter la France. Cette vision positive portée par ceux et celles de la société civile qui ont l’audace comme moteur, nous voulons l’offrir à nos gouvernants afin qu’ils prennent conscience de cette France qui est en marche, entreprend, croit en son avenir. À l’opposé de l’assistanat, nous voulons faire remonter l’énergie de la base au sommet, participer de manière volontaire et responsable aux changements en cours, voire même les accélérer. Osons surmonter nos difficultés économiques, financières, sociales, faire face à la mondialisation, inventer le monde de demain, faire entendre notre voix et tracer notre voie ! De cette œuvre, nul ne doit être exclu. Ainsi, j’invite chaque Française, chaque Français, à rejoindre l’élan créatif initié par Osons la France pour qu’à nous tous, nous insufflions un vent de renouveau et d’espoir à notre beau pays et à nos concitoyens. « Lorsqu’un seul Homme rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais, si beaucoup d’Hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité », disait le peintre autrichien Hundertwasser. Alors, nous tous Français, rêvons ensemble, osons ensemble. Ensemble, OSONS LA FRANCE !
Aude de Thuin
Fondatrice d’ Osons la France

1 . L’autre moitié dépend de notre héritage génétique.
1 Chapitre 1
Une autre lecture des mutations actuelles
Notre monde est secoué : crises, mondialisation, remise en cause des hiérarchies, obsolescence de nos modes de pensée et de vie... Quelle attitude adopter ? Repli ou ouverture ? Complainte ou lucidité ? Peur ou confiance ? Défaitisme ou optimisme ?
La crise, cette fameuse crise...
La croissance est en berne, la consommation ralentit, les entreprises délocalisent, licencient, ferment leurs portes, la zone euro est au plus mal... Tous les jours, depuis plus de deux ans, nous entendons sans relâche ces mauvaises nouvelles. Elles tombent chaque jour comme des fruits pourris, nous enlevant ce qu’il reste de notre croyance en des jours meilleurs. La crise est là, elle nous englue et nous fait croire que le pire est à venir. Mais qu’en est-il vraiment ? L’avenir est-il si 2 sombre ? Allons-nous à la catastrophe ? Pour répondre à ces questions, il faut prendre du recul, de la hauteur.
Nous n’en sommes pas à notre première crise et certainement pas à notre dernière. Nous nous en sommes toujours relevés.
La crise, une nouveauté ?
Dans un article 1 paru dans Le Figaro économie du 27 septembre 2012, on peut lire, après une description alarmiste du chiffre d’affaires des PME estimé en baisse en 2012 et 2013, la réflexion suivante du président du directoire d’Euler Hermes France : « Nous n’avions pas connu ce phénomène depuis 2009. » Certes, cela signifie que la crise est loin d’être derrière nous, ce que nous savons tous fort bien, mais ne faut-il pas s’étonner d’une vision de l’économie si courte ? Force est de constater que nous avons le regard rivé sur le guidon, nous ne voyons plus le paysage, juste le mètre carré devant nous. « Nous sommes en train de subir la dictature du court terme, regrette Jean-Paul Delevoye, le président du Conseil économique, social et environnemental. On fait des coups, on réagit à des émotions, on n’essaye pas de construire des convictions. » On oublie que le XX e siècle a traversé des crises économiques aussi graves, voire plus graves : le grand krach boursier de 1929, la crise du pétrole de 1974, la crise de 1987, l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la crise financière de 2008... Certains experts disent même que, depuis 1974, nous les avons subies par vagues quasi ininterrompues. Nous n’en 3 sommes pas à notre première crise et certainement pas à notre dernière. Nous nous en sommes toujours relevés, certes souvent avec fracas et, après 1929, par des destructions massives humaines et matérielles. Mais, savoir que les crises vont et viennent a quelque chose de rassurant : la fin n’est pas forcément proche. « Lorsqu’on évoque la crise d’un point de vue philosophique, explique le paléoanthropologue Pascal Picq 2 , on a l’impression que c’est quelque chose d’anormal par rapport à ce qu’on a connu. Non, ça s’appelle des ruptures. En science, ça s’appelle des changements de paradigme. » Des ruptures, il y en a toujours eu. Elles sont inhérentes à notre vie humaine : équilibres et déséquilibres se succèdent tout comme hauts et bas, échecs et réussites. C’est la loi même de l’évolution qui nous fait créer des modèles que nous détruisons ensuite avant d’en créer de nouveaux. C’est par sa capacité d’adaptation à notre environnement et grâce à son inventivité que l’être humain a évolué. Et que nous évoluerons encore aujourd’hui.
Le court-termisme édifié en mode de pensée unique, chaque crise économique semble fatale, c’est celle qui mettra à bas notre système économique.
La crise, l’unique réalité ?
Deux mouvements se conjuguent aujourd’hui : d’une part, la vue à court terme qui nous empêche de nous replacer dans l’histoire et de nous inscrire dans la durée – ce qui nous permettrait de tirer profit des erreurs du passé et de relativiser –, et d’autre part, l’effet zoom des médias. Angoisse assurée.
Écoutons le bruit des arbres qui poussent et non celui des arbres qui tombent. Jean-Paul Delevoye
4 En effet, les médias font la pluie et le beau temps dans nos têtes, surtout la pluie car ils zooment sur les difficultés. Ce qui va mal s’expose. Par contre, le quotidien, ce qui va bien, qu’y a-t-il à en dire ? C’est un non-événement. Les médias ont repris à leur compte le vieil adage en inversant l’ordre : bonne nouvelle, pas de nouvelle. Les news sont ainsi généralement construites autour du conflit (guerre, attaque terroriste, grève, débat politique...), des catastrophes naturelles (tsunami, tempêtes, inondations...) ou technologiques (explosion d’usines, de la navette spatiale...). « L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse », dit un proverbe africain. Ce que l’on pourrait traduire en France par : « La multinationale qui licencie fait plus de bruit que la forêt de PME qui embauchent » ou « Les divergences politiques qui s’énoncent font plus de bruit que les consensus humains qui se développent (en faveur de la démocratie, des droits humains, du respect de la planète...). » À n’être exposé qu’aux drames, on finit par croire qu’ils embrassent toute notre réalité. « Dès qu’un secteur décroît, un autre croît ailleurs (la destruction est créatrice !). À chaque emploi perdu quelque part correspond un emploi créé ailleurs 3 », affirme ainsi l’ancien président d’Essilor, Xavier Fontanet avant de préciser : « En général, ce sont les grosses structures en fin de cycle de vie et visibles qui décroissent alors que la croissance se trouve dans des petites structures 5 plus difficiles à repérer, ce qui explique que l’on surcommunique sur ce qui décroît. ».
Pour capter notre attention, les chaînes d’infos en continu nous maintiennent dans une anxiété maximale. Ainsi, une chaîne d’infos diffuse sur son antenne un jingle anxiogène en bruit de fond – même sur des sujets positifs –, sans parler de son bandeau intitulé « alerte info » sous lequel sont aussi délivrés les faits divers et les résultats sportifs ! Ainsi, les médias distillent en nous l’idée que nous vivons dans l’urgence, l’urgence d’une catastrophe imminente. Peut-être faut-il, comme certains l’ont déjà fait, se mettre en grève des bulletins d’information pour constater que, débarrassé des mauvaises nouvelles quotidiennes, on se sent plus léger et plus heureux. Ou faut-il partir à l’étranger pour prendre conscience que vues de loin, vues d’ailleurs, les infos présentées comme capitales en France n’ont en fin de compte guère d’importance ? Contre ce climat délétère, des journalistes et des citoyens se sont élevés. « Reporters d’espoirs » est ainsi né en 2003 pour promouvoir dans les médias « une info qui, sans nier les difficultés, met en avant les initiatives porteuses de solutions concrètes ». Une vision positive et responsable du rôle des journalistes, qui s’éloignent du catastrophisme pour se faire le relais des lueurs d’espoir qui brillent dans le monde. Tout aussi las de l’info misérabiliste diffusée à tout-va, des citoyens se sont pris par la main pour créer le « Journal des bonnes nouvelles » dans un « esprit qui va bien : créatif, innovateur, généreux et heureux ! ». Une de leurs rubriques s’appelle « désastrologie », ce 6 qui en dit long sur le ras-le-bol des Français face au négativisme médiatique et leur désir d’abandonner les peurs et de voir le bon côté des choses ! « Écoutons le bruit des arbres qui poussent et non celui des arbres qui tombent », a exhorté Jean-Paul Delevoye, au forum de Lille 2012. Il suffit en effet de prêter attention aux paroles qui se libèrent, aux envies qui se manifestent, aux énergies qui se déploient, pour savoir que des multitudes de graines sont en train de donner naissance en France à une forêt verdoyante.
Il faut dédramatiser et, pour cela, voir la réalité dans son ensemble en France, mais aussi dans le monde. Car la crise atteint même ceux qui semblent nous y faire plonger. « On était trop optimiste sur la Chine. Aujourd’hui on est trop pessimiste, a déclaré Xuguang Zhang, le responsable des investissements de la China Development Bank, lors de son passage à Paris en septembre 2012. Ce pays, comme tous les autres, a ses problèmes et il est exact que la croissance y montre des signes de ralentissement. Même si ce phénomène s’intègre dans un cycle mondial, la Chine doit aujourd’hui faire face à un certain nombre de challenges spécifiques. Nous avons par exemple réajusté notre politique immobilière, un secteur où les structures et les investissements peuvent être optimisés. Plus généralement, la politique économique a été réorientée, il s’agit pour nous de moins dépendre de la composante extérieure tout en poursuivant l’effort d’urbanisation et d’industrialisation du pays 4 . » Tiens, 1 cela ressemble fort à notre problématique ! La Chine est-elle donc aussi en crise ? Nous ne sommes donc pas les seuls ? Sauf que l’investisseur chinois ne parle pas de crise, mais de « challenges spécifiques ». La différence est là.
Crise ou métamorphose ?
Crise économique, crise financière, crise de la presse, crise de la famille, crise de l’autorité, crise de la solidarité, crise des valeurs... Le mot « crise » est partout ! Qu’est-ce qui se cache derrière cette crise qui semble nous envahir, prendre possession de nous, nous engluer dans les différents domaines de notre vie ? Revenons à sa définition première pour comprendre ce qui est sous-entendu. Si l’on se réfère au latin crisis , la crise est la « phase décisive d’une maladie », nous dit Le Robert. On en guérit ou on en meurt. Si nous sommes en crise, de quelle maladie souffre notre système capitaliste, démocratique, social ? Un diagnostic s’avère nécessaire. Il faut être lucide sur le mal qui nous ronge, regarder la vérité en face, ne pas mettre un énième sparadrap sur une jambe atteinte de gangrène, mais traiter la maladie. Si on remonte au terme initial d’origine grecque, krisis signifiant « décision, jugement », se pose alors la question de la prescription. Quels remèdes ou quelles interventions chirurgicales doit-on prescrire pour sortir de la maladie et recouvrer la santé ? Il faut poser les bonnes questions, les questions de fond. Pouvons-nous encore fermer les yeux sur les dysfonctionnements criants de 8 nos systèmes qui augmentent les inégalités, qui nous déresponsabilisent, qui nous désolidarisent ? Pouvons-nous encore nous accrocher à ce que nous avons connu, en refusant de nous adapter aux mutations actuelles ? Pouvons-nous faire comme si le monde n’existait pas, comme si la France pouvait décider seule de sa destinée ? Pouvons-nous encore camper sur nos avantages acquis, travailler moins, refuser la flexibilité, taxer plus les entreprises, lorsque nous sommes en compétition avec des pays pour lesquels il s’agit de sortir de la misère, de survivre et non de vivre mieux ? Pouvons-nous continuer à augmenter les dépenses publiques ? Pouvons-nous construire une Europe unie et solidaire sans uniformiser les politiques fiscales des pays membres ? Pouvons-nous indéfiniment puiser les ressources de la Terre, diminuer la biodiversité et polluer ? Pouvonsnous encore fonder notre système économique sur la consommation à outrance et la croissance ? Pouvons-nous inventer l’avenir sans remettre en cause les structures de pouvoir existantes ? Pouvons-nous nous réinventer sans challenger nos certitudes, sans questionner les dogmes, sans penser autrement ?
Nous ne sommes pas en crise, nous sommes en métamorphose. Jean-Paul Delevoye
« La crise n’est pas un mauvais coup du sort, une vengeance des dieux que l’on subit sans pouvoir agir. La crise est au contraire l’opportunité qui nous est donnée de prendre conscience des rouages grippés ou obsolètes de nos systèmes et de mettre en œuvre les changements 9 nécessaires pour que la roue continue à tourner, pour que l’avenir redevienne plus radieux. Ce qui amène Jean-Paul Delevoye à dire : « Nous ne sommes pas en crise, nous sommes en métamorphose. Nous vivons une période passionnante, palpitante, à condition d’avoir le goût de l’aventure, le goût du risque. Il faut tout créer, tout inventer, tout remettre en cause. » Cette vision optimiste est partagée par Vianney Mulliez, le président du Groupe Auchan : « Nous, les entrepreneurs, nous savons que ce sont des périodes propices pour oser faire différemment quand ce qui a marché ne fonctionne plus. Nous savons que c’est en prenant des risques que l’on change les choses. Nous savons aussi que c’est par la création, l’innovation et le développement de nos entreprises (des entreprises autonomes et ne dépendant pas de subventions publiques !) que nos territoires s’en sortiront 5 . » Le modèle de progrès qui était le nôtre au XX e siècle est devenu obsolète, à nous d’en imaginer un autre pour le XXI e siècle. À chacun de nous d’être dans la cocréation et la coresponsabilité face à notre présent et à notre avenir. « Nous avons un devoir de responsabilité individuelle. Chacun peut être acteur, chacun doit s’engager en fonction de ses responsabilités, de sa marge de manœuvre », insiste Daniel Karyotis, alors président du directoire de la Banque Palatine et auteur de La France qui entreprend – Plaidoyer pour les entreprises à fort potentiel de croissance 6 .
10 La mondialisation
Cessons de tirer à boulets rouges sur la mondialisation : nos cris d’orfraie n’arrêteront pas ce mouvement débuté de longue date (dès que les populations se sont déplacées pour survivre ou commercer) et qui, depuis la fin du XX e siècle, s’est considérablement accéléré pour devenir la caractéristique majeure de notre monde. Fini le chacun pour soi, le marché est devenu planétaire. Aujourd’hui, le « made in... » n’a plus beaucoup de sens : on conçoit dans un pays, on fabrique dans un autre et on vend partout !

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