Profession iconographe
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Description

L'iconographe est un spécialiste de l'image, un professionnel dont le métier est de chercher des images fixes ou animées, mais pas seulement. Il fait le lien entre les producteurs et les diffuseurs d'images dans des secteurs variés (presse, édition, publicité, communication, Web...). Qu'on le nomme chercheur d'images, rédacteur photo, acheteur d'art, documentaliste audiovisuel..., sa mission va bien au-delà de la recherche et de la production d'images.



Gérer les coûts, les plannings, le suivi administratif, faire respecter le droit des auteurs et le droit à l'image sont de son ressort. Depuis quelques années, la profession a beaucoup évolué ; de nouvelles pratiques ont émergé. À l'ère du numérique, peut-on s'improviser iconographe ? Qu'est-ce qu'être iconographe aujourd'hui et comment exercer dans les meilleures conditions possibles que l'on soit indépendant ou salarié d'une entreprise ? Quand faire appel à un iconographe et comment le trouver ? Ce livre répond à toutes ces questions.




  • Toutes les facettes du métier, aujourd'hui


  • Les mutations d'un métier


  • Devenir professionnel et savoir le rester


  • Le salariat


  • Exercer en indépendant


  • Annexes...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 septembre 2011
Nombre de lectures 177
EAN13 9782212008869

Informations légales : prix de location à la page 0,0135€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Profession
ICONOGRAPHE

Chez le même éditeur (Éditions Eyrolles et VM)
Dans la même collection É. Delamarre, Profession photographe indépendant , 2 e édition, 2011, 280 p. J. Moya et É. Delamarre, Profession graphiste indépendant , 2010, 256 p.
Dans la collection « Asfored » B. Prost, XML pour l’édition – Structurer, saisir, publier, 2011, 224 p. M. Dournes, L’image et le droit – Créer, protéger, reproduire, diffuser, 2010, 224 p. É. Bacquet, Préparer des images numériques, 2009, 200 p.
Dans la collection « Maîtriser les reflex numériques » V. Luc, Nikon D200 – Nikon D80 – Nikon D50 – Canon EOS 500D – Canon EOS 350D – Canon EOS 5D Mk II – Canon EOS 550D – Canon EOS 7D – Canon EOS 60D – Nikon D7000 (à paraître). V. Luc, M. Ferrier, Nikon D300. V. Luc, M.-P. Albert, Canon EOS 450D. V. Luc, B. Effosse, Canon EOS 40D – Canon EOS 400D.
Dans la collection « Découvrir les reflex numériques » A. Santini, Nikon D60. M. Ferrier, C.-L. Tran, Nikon D3000 – Nikon D5000 – Nikon D90 – Canon EOS 1000D – Pentax K-x.
Techniques de la photo – Prise de vue J. Carlson, Photographier avec son Canon PowerShot G12 (à paraître). C. Milet et S. Farges, Photographier et filmer avec son Lumix DMC-GH2 (à paraître). P. Barret, Photo culinaire, 2011, 160 p. J.-M. Sepulchre, Apprendre à photographier en numérique, 3 e édition, 2011, 160 p. A.-L. Jacquart, Composez, réglez, déclenchez ! 2011, 168 p. E. Balança, Photographier la nature, 2011, 160 p. S. Devaud, Tourner en vidéo HD avec les reflex Canon, 2010, 392 p. G. Blondeau, Photographier la nature en macro, 2 e édition, 2010, 232 p. G. Aymard, Photo d’architecture, 2010, 144 p. S. Makda, Organiser une expo photo, 2010, 126 p. J. Easterby, 150 exercices pour se lancer dans la photo, 2010, 128 p. J. Carlson, Photographier avec son Canon PowerShot G10/G11, 2010, 220 p. R. Bouillot, Pratique du reflex numérique, 3 e édition, 2009, 470 p. F. Hunter, S. Biver, P. Fuqua, Manuel d’éclairage photo, 2009, 240 p. E. Siegel, Cours de photo de mode, 2009, 144 p. L. Berg, Photo de portrait, 2009, 164 p. S. Dosda, Apprendre à photographier en noir et blanc, 2009, 168 p. C. Domens, R. Fasseur, S. Lacroix, Photographie de voyage, 2009, 176 p. E. Balança, Photographier les animaux, 2 e édition, 2009, 192 p. C. Lamotte, S. Zaniol, Photojournalisme, 2007, 200 p.
Traitement de l’image numérique V. Gilbert, Camera Raw par la pratique, 2010, 200 p. M. Evening, Photoshop CS5 pour les photographes, 2010, 726 p. M. Evening, Lightroom 3 pour les photographes, 2010, 570 p. P. Krogh, Catalogage et flux de production pour les photographes, 2010, 460 p. P. Ricordel, Capture NX2 par la pratique, 2010, 192 p. J.-M. Sepulchre, DxO pour les photographes, 2 e édition, 2010, 226 p. D. Hennemand, Gérer ses photos numériques, 2009, 156 p. J. Delmas, Gestion des couleurs pas à pas, 2009, 160 p. V. Gilbert, Développer ses fichiers RAW, 3 e édition, 2009, 516 p. G. Théophile, Les nouveautés de Lightroom 2.0, 2008, 190 p. P. Ricordel, Capture NX2 pour les photographes, 2008, 304 p. L. Alsheimer, Le noir et blanc pour les photographes avec Photoshop CS3 et Lightroom, 2008, 230 p. B.Fraser, J. Schewe, Camera Raw et Photoshop CS3, 2008, 350 p. J. Delmas, La gestion des couleurs pour les photographes, 2 e édition, 2007, 448 p. B. Fraser, Netteté et accentuation avec Photoshop CS2, 2006, 376 p.
Profession ICONOGRAPHE
A. Lacouchie – S. Mechta – E. Sourdillat
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Aux termes du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle de la présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, microfilmage, scannérisation, numérisation...) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS.
© Groupe Eyrolles, 2011, ISBN : 978-2-212-12837-6.
Sommaire Introduction 1 P ARTIE 1 Toutes les facettes du métier, aujourd’hui 5 Chapitre 1 Au cœur du métier : les images 7 Qu’est-ce qu’une image ? 8 Définition 8 Importance des aspects techniques 9 Variété des types d’images et des genres 12 Champs d’intervention 13 Que fait un iconographe ? 13 Un maillon indispensable 14 Diverses tâches 15 Divers secteurs d’activité 16 Cadres d’exercice et appellations 18 Une association : l’ANI 28 Chapitre 2 Le rôle de l’iconographe : rechercher des images et au-delà 29 Avant d’aller plus loin... 30 Avant la recherche 30 La chaîne éditoriale 31 Recevoir une requête iconographique 33 Les sources d’images 34 Les sources commerciales 37 Les autres sources 41 Prudence avec certaines sources 43 Organiser ses sources : une question de survie ! 43 Comment trouver la bonne image ? 45 Chercher des images existantes 45 Faire produire des images 48 Après la recherche 52 Proposer les images : editing et choix final 52 Avant la diffusion des images 53 Chapitre 3 Autour des images : les coûts, le suivi administratif et les droits 55 Quel budget pour quelles images ? 56 Qu’y a-t-il à  payer ? 56 Quel est le coût d’une production ? 58 Qu’en est-il des images d’archives ? 58 Gestion administrative des images 59 Justificatifs de publication et retours 59 Savoir archiver 60 Mener une veille permanente 61 Faire respecter le droit des images 62 Protéger le droit des auteurs 63 Faire respecter le droit à  l’image 68 Le droit et le quotidien de l’iconographe 71 Les crédits à  indiquer 72 Et si l’on ne trouve pas l’auteur ? 73 L’illusion des images « gratuites » 75 Savoir utiliser les moteurs de recherche d’images 78 Les sites collaboratifs 78 Chapitre 4 La gestion documentaire des fonds iconographiques 81 Gérer un fonds d’images 82 Numériser un fonds 83 Alimenter un fonds 84 Conserver ses données 85 Créer une base de données 86 Choisir un logiciel 86 Choisir et paramétrer les champs 87 Définir les besoins des utilisateurs 89 Prévenir les erreurs les plus fréquentes 90 Les informations liées à  l’image 90 Comment bien légender 90 Bien indexer 92 Bien renseigner les métadonnées 93 Indexation automatique ? 95 Thesaurus et listes d’autorité 96 Désherber une base de données 97 Former les utilisateurs 98 Transmettre des images aux utilisateurs 98 P ARTIE 2 Les mutations d’un métier 101 Chapitre 5 Quel avenir pour les chercheurs d’images ? 103 Nouvelles technologies 104 Récents progrès techniques 104 Récents progrès informatiques 108 Trouver des images 110 Des amateurs dans un monde de professionnels : l’émergence de nouveaux usages 111 Amateurs : des apports à  différentes échelles 112 L’image produite ou recherchée, au cœur d’une profession 114 Irréprochable professionnalisme 116 Chapitre 6 Quels métiers aujourd’hui ? 119 Recherches et au-delà  120 Trouver plus vite et mieux 120 En amont de la recherche 121 En aval de la recherche 122 Enseigner l’image 124 Auprès des jeunes 125 Auprès des adultes 127 Auprès des professionnels 128 Innover 129 Créer son emploi 129 Autres pistes à  explorer 130 Chapitre 7 Démarcher pour travailler 131 Qui contacter ? 132 Avec quels arguments ? 133 La plus-value des iconographes 133 Faire face aux préjugés 134 Montrer ses compétences 135 Étendre son réseau 137 P ARTIE 3 Devenir professionnel et savoir le rester 139 Chapitre 8 À qui s’adresse le métier ? 141 Aimer l’image... mais pas seulement 142 Maîtriser les technologies 143 Être doué de compétences variées 144 En matière juridique 144 En matière de gestion de budget 145 En matière linguistique 145 Des savoir-faire et du... savoir-être 145 Chapitre 9 Se former à un métier 149 Choisir sa voie 150 Une passerelle : la VAE 151 Formations longues 152 Une formation spécialisée « iconographe » 153 Documentaliste audiovisuel 154 Formations généralistes 156 Formations courtes 157 Recherches d’images 157 Gestion d’un fonds d’images 158 Droit 159 Compétences périphériques 159 Se former chaque jour, toujours 160 P ARTIE 4 Le salariat 163 Chapitre 10 L’iconographe salarié : les types de contrats 165 L’engagement de longue durée : le CDI 166 Des règles strictes 166 Le lien de subordination 167 Qui est responsable ? 168 La rupture du contrat 169 Les contrats courts 169 Le CDD 170 Le TAD ou travailleur à  domicile 173 La pige 177 Le portage salarial 180 L’iconographe de la presse est un journaliste 183 Chapitre 11 Protection sociale et régime fiscal 185 Protection sociale des salariés 186 Les charges sociales, c’est quoi ? 187 Les organismes 187 Questions liées aux prestations sociales de l’iconographe 189 Les cotisations réduites en presse 190 La fiscalité des iconographes salariés 190 L’iconographe salarié de « droit commun » 190 L’iconographe salarié de la presse 193 P ARTIE 5 Exercer en indépendant 195 Chapitre 12 Les formes de l’indépendance 197 L’entreprise individuelle 198 Les formalités : la déclaration de création 198 Le formulaire P0 PL 199 Le nom, le local, les assurances et le reste 202 Siren, Siret, APE 204 Créer une personne morale séparée 206 Comparatif des types de sociétés 207 Les diverses structures unipersonnelles 209 Chapitre 13 Fiscalité de l’indépendant 211 Fiscalité de l’iconographe entrepreneur individuel 212 Les revenus de l’iconographe non salarié : les BNC 212 Fiscalité de l’iconographe en société 217 Régime fiscal des sociétés : IS ou IR 218 La fiscalité de ceux qui travaillent dans la société 218 La TVA, cette grande énigme 218 Comment ça marche ? 219 Les trois régimes de TVA 219 Chapitre 14 Les régimes sociaux de l’iconographe indépendant 223 L’entrepreneur individuel 224 Inscription 224 Cotisations 226 Le dirigeant d’entreprise 227 Salarié ou indépendant 228 En début d’activité 229 Chapitre 15 Auto-entrepreneur : un régime fiscal et social 231 Les formalités 232 Constitution 232 Pendant la vie de la société 232 Régime micro-social 234 Paiement 234 Prestations 236 Régime fiscal 236 Prélèvement libératoire 236 Rester au régime général 237 TVA 238 Chapitre 16 Parlons d’argent 239 Évaluer son tarif à  la journée 240 Calculer les besoins du quotidien 240 Estimer ses frais de fonctionnement 241 Ajouter les charges sociales 241 La marge 242 Évaluer le prix d’une mission 243 Éléments s’ajoutant au « prix plancher » de journée 244 Calculer le temps à  y consacrer 245 Établir un document écrit : le devis 248 La négociation 252 La facturation 252 Contenu de la facture 252 Mentions obligatoires 253 Quand envoyer la facture ? 256 Le règlement et ses aléas 257 Retard de paiement 257 Chèque sans provision 257 Action en justice 258 Prévenir le risque 259 Conclusion 261 P ARTIE 6 Annexes 263 Annexe 1 : petit guide des bonnes pratiques... 264 Annexe 2 : modèle d’autorisation de prise de vue de personne 267 Annexe 3 : modèle de contrat de reportage photographique 268 Annexe 4 : conditions d’accès à  la photothèque de l’XXXXX par Internet 270 Annexe 5 : extrait de la convention collective nationale de l’édition relative aux TAD 271 Annexe 6 : lexique français-anglais 274 Bibliographie et ressources en ligne 277 Organismes professionnels et associations 282
Introduction
Les images d’aujourd’hui sont plus que jamais polymorphes. Qu’elles soient fixes ou animées, elles fleurissent désormais très vite et partout. Leur production s’est tout à la fois accélérée et mondialisée. Il faut à peine quelques minutes pour découvrir les photos d’un événement qui vient de se produire de l’autre côté du globe. Les images ont envahi notre quotidien et notre vie professionnelle, elles nous sollicitent en permanence. Les trouver doit donc être aisé ! N’y a-t-il pas qu’à se baisser pour récolter une phénoménale moisson d’images ? Que deviennent donc les iconographes, ces professionnels de la recherche visuelle ?

Étymologiquement, un iconographe doit savoir écrire avec les images. Il peut donc traduire visuellement un projet, une idée, un concept, des mots, des textes. Ce terme a pris avec le numérique une connotation un peu désuète, à part dans les secteurs de la presse ou de l’édition. Nouveaux supports, nouvelles appellations ! On parle aujourd’hui beaucoup de « rédacteur photo » : cette expression se rapproche de l’anglais photo editor (ou picture editor ) et de l’allemand, Bildredakteur . On entend parfois « éditeur photo » mais ce terme s’applique davantage à des logiciels qu’à des personnes ! L’expression « journaliste de l’image », comme rédacteur photo, fait référence à l’essence du métier, la capacité d’écrire en images. Enfin, il existe des noms divers pour préciser un niveau hiérarchique (directeur photo, responsable de photothèque, chef photo) ou une spécialité (documentaliste audiovisuel, indexeur, recherchiste). Nous employons plusieurs de ces appellations dans l’ouvrage : aucune ne fait vraiment l’unanimité dans la profession. Ce qu’il faut retenir avant toute chose, c’est que l’iconographe est bien plus qu’un simple chercheur d’images ; son domaine de compétences s’étend bien au-delà.
Dans un premier temps, nous allons présenter le métier : ce qu’il est, ce qu’il pourrait devenir. Les tâches de base sont donc expliquées, ainsi que les aspects – administratifs, juridiques, documentaires – inaliénables à cette pratique. Dans un second temps, nous nous interrogerons sur ce qui fait un iconographe professionnel aujourd’hui : à quels profils s’adresse ce métier, quelle carrière peut-on espérer, quelle formation devrait-on avoir. Enfin, nous détaillerons de façon concrète les statuts, que l’activité soit exercée en tant que salarié ou en indépendant, et la question des tarifs.
Écrit par des iconographes aux parcours différents mais dont les pratiques se rejoignent, cet ouvrage est destiné à leurs confrères : les chevronnés qui se posent toujours des questions précises sur les modes de facturation, les nouveaux qui ne savent pas quel statut choisir pour se lancer, et les futurs qui ont besoin de comprendre tous les aspects du métier (domaines d’intervention, compétences, cadres d’exercice, etc.). Ce livre a, cependant, une portée bien plus large, car il intéressera les employeurs potentiels qui se demandent s’il est bien utile d’avoir recours à un spécialiste à l’heure de Google Images – les directeurs artistiques, éditeurs et autres secrétaires de rédaction qui cherchent seuls leurs visuels sans maîtriser les aspects juridiques ou financiers inhérents à l’exploitation des images – ; en un mot, toute personne qui a besoin de cerner cette profession souvent mal connue.
Afin d’être le plus complet possible, nous nous sommes appuyées sur de nombreux témoignages de professionnels en poste, en particulier des membres de l’Association nationale des iconographes (voir page 28 ) qui a été un réseau efficace pour répondre aux questions récurrentes, sur la pratique au quotidien, les évolutions du métier, et les inquiétudes de ceux qui ont ou vont embrasser la profession.
Cet ouvrage raconte ce métier au matin de l’ère numérique. La révolution a eu lieu, elle continue. L’iconographe voit son métier remis en question, bouleversé, interrogé – comme presque tous les métiers liés à l’image aujourd’hui.
P ARTIE 1


Toutes les facettes du métier, aujourd’hui
Pour commencer cet ouvrage, nous allons expliquer ce qu’est un iconographe et voir que ses compétences ont vocation à s’appliquer dans des métiers d’une grande diversité et dans des secteurs très variés. Le point commun entre un rédacteur photo dans la presse, un acheteur d’art pour la publicité et un responsable de photothèque numérique dans un musée ? Tous sont iconographes ! Nous détaillerons donc son quotidien afin de bien faire comprendre les diverses tâches qui lui incombent et constituent son savoir-faire. En effet, ce métier est souvent mal connu, car l’iconographe est un professionnel de l’image, mais il n’est ni photographe, ni illustrateur, ni graphiste. Son rôle consiste essentiellement à trouver des images pour illustrer tous types de supports et de sujets ; il est capable de dénicher le(s) visuel(s) le(s) mieux adapté(s) au message à faire passer. Enfin, nous aborderons les spécificités des iconographes spécialisés dans les techniques documentaires.
Pour comprendre le cœur du métier, nous prendrons le temps de définir ce que sont les images. Leur omniprésence dans nos vies est désormais indiscutable ; face à ce flux infini, les iconographes sont les professionnels les plus à même de faire le lien entre ceux qui créent et ceux qui diffusent les images. Les missions de l’iconographe ne se limitent pas à la recherche, mais passent aussi par la connaissance des aspects juridiques et financiers liés à l’utilisation des images.

Chapitre 1
Au cœur du métier : les images
Dans ce court chapitre préliminaire, nous reviendrons sur quelques notions de base afin de bien comprendre le travail d’un iconographe. Qu’entendons-nous par « image » ? À quels types d’images est confronté un iconographe ? Quel est le rôle de ce professionnel de l’image ? Les réponses à ces questions vont nous permettre de mieux appréhender son quotidien.

Qu’est-ce qu’une image ?
Nous vivons tous et toutes aujourd’hui dans une profusion d’images. Consommateurs avides de découvertes iconographiques, nous courons – pour notre métier et notre plaisir – les festivals de photographie ou les expositions de peinture. Tel le commun des mortels, nous sommes en outre abreuvés sans répit de vidéos ou d’illustrations par les médias ou la publicité. Même les murs se couvrent d’images fixes comme animées – tags ou affiches, panneaux publicitaires numériques. Et nous avons potentiellement toujours une foultitude d’images à notre portée, diffusées via Internet ou notre téléphone portable. Ces visuels, qui viennent de nos proches ou d’inconnus, ont vu leur production grandement facilitée par les nombreux outils et canaux informatiques désormais à notre disposition.
Définition
Comment définir une image en ce début de XXI e siècle ? Plus que jamais les représentations graphiques sont protéiformes. Le XX e siècle avait déjà été témoin des formidables développements de la photographie et du cinéma. Les hommes pouvaient désormais s’approprier leur image et la diffuser de plus en plus simplement et rapidement. Aujourd’hui, chacun peut fixer en un clic ce qui l’entoure ou s’exprimer, traduire ses pensées en image. Et en quelques secondes, il peut transmettre ses clichés à l’autre bout du monde. L’image, fixe ou animée, est aujourd’hui plus que jamais d’une extraordinaire richesse : les arts traditionnels (peinture, dessin, gravure, etc.) sont toujours bien vivants et nous voyons émerger de nouveaux courants artistiques. Les images anciennes comme les enluminures côtoient des images nouvelles (bandes dessinées, tags ou graphs, logos, etc.). Les progrès techniques nous permettent d’obtenir des photographies aériennes ou satellites, des clichés ou des films montrant l’intérieur de notre corps. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, tout ou presque peut être vu en image. Les technologies numériques ont permis d’accroître encore les possibilités avec les images virtuelles ou de synthèse, la 3D, l’infographie... Et bien sûr, les images animées ne sont pas en reste : films, vidéos, clips, web-documentaires, petites œuvres multimédias, etc.
Importance des aspects techniques
Les images sont des œuvres de création mais nous allons voir que, pour l’iconographe, l’aspect technique est primordial. Il est essentiel de comprendre que nous choisissons une image en fonction bien sûr de ce qu’elle représente et du style de son auteur, mais aussi en fonction de caractéristiques techniques : il nous faut une image verticale ou horizontale pour des raisons de mise en pages, une image en noir et blanc, un format carré... Nous avons besoin d’une image numérique ou d’un tirage papier. Le choix du type de papier par l’éditeur d’un ouvrage oblige l’illustrateur à utiliser certaines techniques compatibles avec ce papier en particulier. Le passage à une application iPad ou iPhone rend obligatoire le recours à des images qui sont lisibles en taille vignette... Pour pouvoir proposer la bonne image, celui qui ne connaîtrait rien à la technique des œuvres qu’il doit chercher se trouverait bien démuni.
Pour bien saisir en quoi ces critères (qui sont tantôt perçus comme des contraintes, tantôt comme un champ immense de liberté créative) interviennent au quotidien dans la pratique de l’iconographe, surtout si celui-ci doit faire réaliser des images, nous prendrons l’exemple de la photographie ; chacun pourra ainsi se référer à sa propre expérience. Et pour éviter de tomber dans le précis de photographie, nous nous contenterons de lister quelques points qui éclairent nos propos.
• Les supports : ils sont de deux types. On distingue les photos « argentiques » (de la plaque de verre aux diapositives en passant par les tirages papier) des photos « numériques ». L’iconographe pourra avoir à décider s’il est préférable d’utiliser des images numériques ou des photos argentiques tirées à partir de négatifs, des films positifs (ekta, diapositives) ou bien encore des Polaroïd... Dans le premier cas, il doit, notamment, savoir faire la différence entre les divers types de formats qui existent (RAW, JPEG, TIFF, etc.) et vérifier que la qualité (ou définition) proposée sera suffisante pour l’usage prévu (voir plus bas), et dans le second cas, il doit s’assurer du type de films utilisé, de la qualité de la reproduction après scan, etc.

À noter En argentique, l’image est insolée sur des films ou des diapositives ; en numérique, l’image est enregistrée sur une carte mémoire sous forme de fichier. Que l’on récupère des fichiers RAW ou JPEG, que les images soient destinées à l’impression, au Web ou à un fonds documentaire, elles ne nécessiteront pas le même traitement ; pour en savoir plus, consultez Préparer des images numériques, par É. Bacquet, Eyrolles, 2009.

Si l’on sait que le rendu des images (et que le coût de leur traitement – scan, conversion, éventuelles retouches) dépend aussi du type de supports utilisé, on comprend mieux que le choix n’est pas anodin.
Ce choix concerne aussi les appareils utilisés (un travail à la chambre ou au moyen format donnera un résultat très différent du même travail au 24 × 36) et reste pertinent encore aujourd’hui : un travail à la chambre a été choisi, par exemple, par Raymond Depardon pour sa série sur la France réalisée entre 2004 et 2010.
• Les procédés et le cadrage : qu’est-ce qui va convenir le mieux pour un portrait, plutôt un portrait en pied, un plan moyen, un plan rapproché voire serré, ou un plan américain ? Et ce paquet de gâteaux, faut-il le montrer en gros plan, en très gros plan, en plan rapproché ? Pour cette usine, une vue panoramique serait-elle la plus appropriée ? Pour cet aménagement urbain, que souhaite le client : un plan d’ensemble ou un plan large ?
Trancher entre ces différentes options se trouve, en partie, lié à la taille finale de l’image publiée (une petite vignette sur un site Web ou une grande image d’ouverture sur une double page de magazine) mais aussi à ce que l’on souhaite « raconter » – dans le cadre du portrait, doit-on présenter la personne dans son environnement ou préfère-t-on gommer tout ce qui l’entoure pour mettre l’accent sur sa pose, son visage, ou un détail. La décision n’appartient pas uniquement à l’iconographe, mais dépend du désir de son client et du message qu’il veut faire passer ; un portrait du président de la République, d’une star de cinéma ou d’un petit enfant ne sera pas traité de la même façon. Un portrait du même président en visite officielle à l’étranger ou en vacances, dans son intimité familiale, n’aura pas non plus le même traitement. Parler le même langage, pouvoir utiliser le même vocabulaire, permettra ainsi de mieux définir la recherche.
• Les angles de prise de vue sont eux aussi loin d’être anodins : plongée, contre-plongée, vue aérienne ou satellite, vue sous-marine, représentation de face, de dos, de profil, de trois quarts, etc.
• Le format : dans le même ordre d’idées, on n’utilise pas pareillement une image horizontale ou verticale, pour des contraintes de mise en pages, mais aussi en raison de ce qui est représenté ou exprimé (il peut sembler difficile de bien décrire un paysage de Brière en verticale). Une photo carrée n’aura pas non plus le même impact qu’une photo en 24 × 36 ou en 6 × 9. Demandez-vous pourquoi les portraits illustrant la quatrième de couverture du journal Libération sont toujours au format carré.
• La chromie : couleur ou noir et blanc, sépia ou monochrome ? Des questions encore une fois dans lesquelles la forme et la technique rencontrent le fonds, la narration. On s’en rend parfaitement compte, par exemple, au moment des rétrospectives sur des célébrités, ou si le même personnage fait simultanément la couverture de plusieurs journaux : le portrait en noir et blanc de Claude Chabrol à la une de Libération lors de son décès n’évoquait pas du tout les mêmes facettes du personnage que son portrait en couleurs en couverture d’un magazine à plus grande diffusion.
• Les effets spéciaux : la solarisation, la polarisation et l’utilisation de filtres sont plutôt du ressort de l’auteur de l’image, mais l’iconographe peut et doit savoir demander à un auteur d’utiliser telle ou telle technique selon le résultat attendu, l’effet recherché.
• L’objectif : un grand-angle, un fish-eye (ou « œil de poisson »), un 20 mm... Certains choix sont dictés par le sujet à représenter (un insecte en macro, un événement sportif pris de très loin), d’autres se trouvent liés à la narration. Ainsi, Henri Cartier-Bresson est connu pour son objectif 50 mm qui l’obligeait à être au plus près de son sujet, tout comme William Klein est célèbre en particulier pour son travail sur New York au 20 mm. Ces détails techniques de prise de vue font aussi partie de la culture visuelle que doivent avoir les iconographes, afin de mieux comprendre comment sont réalisées les images.
• La définition et la résolution : sont elles aussi pertinentes pour d’évidentes raisons techniques. Il s’avérera impossible de réaliser une affiche à partir d’un petit fichier pris avec un téléphone portable. À l’inverse, un négatif grand format présentera un excellent piqué qui se prêtera sans problème à un grand tirage, tout comme le fichier RAW d’un appareil numérique professionnel.

Rappel CNRS : Centre national de la recherche scientifique.

Pour terminer ce petit tour d’horizon des notions photographiques fréquemment rencontrées dans la profession, sachez qu’un niveau de technicité autre peut être requis pour certaines images. Si vous recevez des visuels de la photothèque du CNRS ou du Muséum national d’histoire naturelle, la technique peut vous échapper. Saisir des nanoparticules fait, en effet, appel à une technologie particulière qui, sans que vous en compreniez tous les tenants et les aboutissants, nécessite que vous ayez assimilé ses contraintes afin de pouvoir expliquer ce que montre l’image et pourquoi les choses sont représentées de cette façon (des colorants permettent de figurer ce que les scientifiques ont cherché à décrire).

Autres images

Comme nous l’avons dit précédemment, ces précisions sur la photographie n’étaient qu’un exemple pour vous montrer en quoi il est important de maîtriser des rudiments techniques. Il serait trop long de tout détailler ici, mais bien sûr tous les types d’images sont concernés, qu’il s’agisse de peinture ou d’illustrations créées par informatique : connaître un peu la technique vous aidera à mieux dialoguer avec les créateurs d’images.
Rappelons juste que pour les images animées, il faut notamment connaître les formats et être sensibilisé à la pérennité des supports, qui évoluent très vite avec le développement des technologies et de l’informatique. Il faut souvent retrouver le support béta pour avoir une meilleure qualité ; en numérique, le choix du format pivot fait toujours débat aujourd’hui. Pensez à la production pour extraire des images, mais aussi à la diffusion. Là aussi les genres sont à étudier : en particulier, les genres hybrides (infotainment, docufiction, téléréalité) et de nouveaux genres comme les web-documentaires (voir page 106 ).
Pour les tableaux ou les dessins d’artiste, il faut être capable de différencier les approches (par exemple, savoir ce qu’est une lithographie, ou pouvoir apprécier la qualité des couleurs). La différence entre les originaux et les reproductions diffusées peut être considérable : il existe des scanners adaptés pour numériser des tableaux, mais il faut être le plus familier possible des originaux pour juger de la qualité du rendu.
Il est à noter qu’il n’y a pas de « normalisation », de typologie fixée pour décrire ces procédés.
Variété des types d’images et des genres
L’iconographe se doit de connaître des visuels extrêmement divers, de la collection de boîtes de camembert aux tableaux sur iPad réalisés par David Hockney. Nous pouvons avoir à traiter de tout, et pas seulement les travaux d’artistes renommés. Tantôt, nous jubilons à l’idée de pouvoir travailler sur des reproductions de peintres primitifs italiens et tantôt il s’agira de se « colleter » des images macro d’acariens. Dans la presse, vous pouvez être amené à travailler sur des reportages d’actualité, parfois très violents (âmes sensibles s’abstenir !) ; on ne sait pas toujours à l’avance en commençant une mission ce qu’elle va nous amener à voir. Dans tous les cas, l’iconographe qui possède une bonne culture générale et une véritable curiosité d’esprit saura se sortir de toutes les situations. Les images sont d’une variété infinie, et il faut se tenir prêt à parer à toute demande !
Les genres sont extrêmement nombreux : de la photo de mode à la photo animalière, en passant par les images de plateau ou encore la photo culinaire... La liste serait trop longue. Mais retenez que chaque genre a ses spécificités et donc ses auteurs. L’iconographe fera, en effet, aussi une distinction selon la nature des documents visuels qu’il doit traiter ou chercher. On ne peut pas utiliser de la même façon, par exemple, des documents destinés à la communication interne d’une entreprise, des photos de travail, des images documentaires. Certaines sont destinées à un public de spécialistes et ne peuvent être comprises des non-initiés (par exemple, des photos de moteurs issues de la photothèque d’un constructeur de voitures). Mais attention, l’image ne se résume pas qu’au support photographique : croquis, peintures, bandes dessinées, sont également porteurs de sens et peuvent tout à fait répondre à un besoin d’illustration.
Champs d’intervention
On met des images partout ! Un iconographe va travailler pour que des images apparaissent sur des supports d’une infinie variété, qui collent à l’inventivité humaine. Si l’on se représente parfaitement l’iconographe collaborant à l’illustration d’une page de journal ou d’un site Web, l’édition d’un livre ou la publication de cartons d’invitation, il ne faut pas oublier non plus qu’il pourra participer – même si cela peut surprendre certains – à la création d’un mug ou d’une jaquette de disque.
Publicités télévisuelles, films d’archives, flyers, cartes postales, affiches, programmes d’événements, paquets de biscuits... Le champ d’intervention de l’iconographe est vaste ! Si vous êtes à la recherche de missions ou que vous êtes en train de forger votre expérience, restez ouvert à toutes ces propositions. On peut se demander pourquoi faire intervenir un iconographe dans tel ou tel domaine. Les contraintes techniques évoquées précédemment sont valables pour tous les supports ; grâce à votre expérience, vos savoir-faire et compétences, vous aurez pour tâche d’opérer l’adéquation entre la demande formulée, le support visé et le visuel fourni.
Que fait un iconographe ?
Étymologiquement, l’iconographe « écrit avec des images ». Le terme « rédacteur photo » est d’ailleurs parfois utilisé pour le nommer. Les images sont votre matière première ; une matière abondante, comme nous l’avons vu, et riche car les images ne sont pas de simples représentations mais peuvent être des vecteurs d’idées et/ou d’émotions.

L’aube d’un métier

En 1957, Jacques Ostier fonde le premier bureau d’études indépendant de recherche et de conseils en illustrations. Il se spécialise dans l’illustration d’ouvrages nécessitant d’importantes quantités d’images. Ce bureau avait trois fonctions :
• analyser les besoins du commanditaire ;
• rechercher, sélectionner et obtenir les illustrations appropriées pour les transmettre ensuite à l’utilisateur ;
• et enfin négocier et gérer au nom du commanditaire les droits de reproduction.
Voici son témoignage :
« On dit que je suis le premier à avoir utilisé le terme “iconographe”. J’ai effectivement été l’un des fondateurs de ce métier qui m’a fait vivre des expériences professionnelles très contrastées. Chez Flammarion en 1950, j’ai été horrifié par le mépris dans lequel étaient tenus les documentalistes. Mais ensuite, chez Arthaud, on pratiquait l’amour de l’image et des photos, je travaillais avec les photographes, on imprimait en héliographie, ce qui m’a conforté dans l’idée que “l’image était noble”. En 1956-57, je suis entré chez Plon. J’ai rencontré et travaillé avec des gens étonnants. Je suis toujours passé à l’extérieur des circuits. À 27 ans, j’ai monté mon bureau en indépendant et j’ai présenté mon premier contrat. On n’avait jamais vu un type présentant quelque chose qui ressemblait à un contrat d’auteur. Mais on reconnaissait que la documentation-photo était un gros travail. En tant que “documentaliste” ou “conseil en illustration”, on faisait des trouvailles, mais il n’y avait aucun référencement. On décortiquait toutes sortes d’imprimés de toutes sortes d’époques. Je travaillais en tant que “directeur d’images” et j’ai toujours voulu que mon nom soit indiqué sur les ouvrages que je faisais. L’iconographie, j’en suis un porte-drapeau, j’écris en images. Tout, tout, tout est illustrable ! »
Propos recueillis en 1997 par Béatrice Austin pour L’Œil et la souris, mémoire de DESS Médias électroniques interactifs, 1996-1997, université Paris VIII.
Un maillon indispensable
L’iconographe fait le lien entre les producteurs et les diffuseurs d’images. Mais qui sont-ils ? Les producteurs d’images sont des dessinateurs, des photographes, des vidéastes – la liste des créateurs est longue ! Les diffuseurs sont tout aussi nombreux et variés : presse, édition, Web, services de communication d’entreprises, etc.
L’iconographe sait traduire visuellement des idées ou des textes. Nous touchons ici à une spécificité de ce métier : il faut savoir trouver une écriture visuelle qui corresponde aux attentes des commanditaires. Une image peut venir en appui d’un texte, pour simplement égayer une mise en pages ou interpeller un lecteur. Mais une image peut aussi parler pour elle-même, car elle est pleine de sens et porteuse d’information. On oublie parfois qu’une image raconte toujours quelque chose : cette narration a une forme, un style qui lui est propre et influe sur la façon dont le lecteur (spectateur, internaute, etc.) reçoit le message. Et il faut prendre en compte la polysémie de l’image, qui peut être source de malentendus.

Combien d’iconographes ?

Il est très difficile de trouver des chiffres sur le métier et de savoir quel secteur emploie le plus. Le métier apparaît très féminisé, mais au-delà de ce constat, nous ne disposons pas de données précises permettant de cerner avec plus de clarté le profil des iconographes, de classer les secteurs dans lesquels ils évoluent, de présenter des grilles de salaires... Tout cela est largement dû au fait que la profession est très dispersée, et finalement assez peu « organisée ». Il n’y a pas de convention collective ni de syndicat spécifique, on peut simplement noter l’existence de l’ANI (Association nationale des iconographes), fondée en 1997 (voir page 28 ).
Diverses tâches
Quel que soit votre secteur d’activité, vous aurez notamment à chercher des images, fixes ou animées. Votre mission principale est d’apporter la réponse visuelle la plus adaptée à la requête iconographique qui vous est faite. Comme nous le verrons en détail dans la partie suivante, le travail ne se limite pas à de simples recherches sur le Web ! En amont, il vous faudra sans doute vous renseigner sur le sujet que l’on vous demande de traiter. Vos propositions visuelles pourront être pertinentes dès lors que vous aurez bien analysé la demande et, pour ce faire, il vous faut connaître le contexte d’utilisation des images. C’est ce contexte qui orientera votre sélection de sources iconographiques car il est directement lié à la ligne éditoriale et artistique du diffuseur. L’environnement immédiat dans lequel seront diffusées les images que vous proposez peut être rédactionnel, sonore (texte, mots ou sons) et/ou visuel (les autres images fixes ou animées). En aval, des tâches administratives, juridiques et budgétaires vous attendent.
Lorsque vous recherchez des images pour répondre aux requêtes de vos commanditaires, vous vous inscrivez dans une chaîne de production avec des processus mis en place pour les traitements successifs des images ; vous garantissez la reproduction et la diffusion paisibles des documents visuels. Vous conseillez les utilisateurs en indiquant les possibilités et les limites d’utilisation des images proposées. Vous êtes au cœur des processus de création car votre travail est au carrefour de différentes équipes éditoriales, publicitaires, rédactionnelles, audiovisuelles, etc. Par conséquent, vous devez avoir une grande capacité d’écoute et de force de proposition.

Responsable photo en agence de presse

Témoignage de Sandrine Sauvin, responsable du service photo à l’agence Relaxnews.
« Dans ce métier, il faut savoir travailler en équipe, être à l’écoute des demandes du directeur artistique (DA) et du rédacteur en chef (RC)... Et aimer fouiner pour trouver l’image qu’il faut et qui sera cohérente visuellement et éditorialement.
Mon travail consiste à gérer un service photo de trois iconographes à plein temps et ponctuellement de quelques iconographes indépendantes en plus. Je dois aussi organiser la production photo, faire appel à des photographes selon les suppléments. Je fais travailler des photographes de reportages, des portraitistes mais aussi des photographes de studio ou des illustrateurs. L’intérêt de mon poste réside dans la diversité des recherches iconographiques et des productions photo. Je peux travailler un jour sur un supplément “Gastronomie” et le lendemain sur un supplément “Haute joaillerie” avec des productions de photos en studio, et un supplément à base d’archives.
Une grande partie de mon travail est aussi liée, malheureusement, à la recherche de photos “libres de droits” ou des microstocks . La difficulté est d’assurer une prestation de qualité avec très peu de moyens budgétaires.
Mon poste me permet de coordonner le service photo et de travailler en équipe (DA, RC, journalistes, maquettistes...). Intervenir sur plusieurs supports en même temps m’évite la routine et développe mon carnet d’adresses de photographes et d’agences. Ici, il y a une vraie diversité des tâches contrairement à un magazine où le travail de l’iconographe se limite principalement à la recherche en agence. Les iconographes qui sont dans mon service travaillent comme moi : production, recherche. Ils ont une certaine liberté sur les projets que je leur confie, sur le choix des photographes. Ils constituent aussi force de proposition, mais j’ai bien sûr un œil sur l’ensemble de la production. Il me semble utile pour un iconographe de passer par une expérience en maquette pour en avoir une meilleure compréhension. L’iconographe doit travailler en étroite collaboration avec le DA et avoir une bonne vision graphique des pages. Il faut aussi bien connaître la chaîne graphique, la chromie... »
Propos recueillis par SM – 2010.
Certains iconographes sont amenés à effectuer d’autres tâches que des recherches iconographiques. Citons entre autres la création et le paramétrage d’une base de données iconographiques, la gestion d’une photothèque ou d’une vidéothèque, l’archivage, l’indexation (voir page 92 ), l’organisation de prises de vue(s), ou encore la mise en valeur de fonds d’images, qui passe de plus en plus par leur numérisation et leur intégration dans des bases en ligne. L’iconographe va aussi organiser la production de visuels, avec des prestataires (studio, laboratoire). Il travaille pour des expositions, des livres d’entreprise, fait du conseil à l’achat.
Divers secteurs d’activité
On insistera sur la diversité des « clients » (nous utiliserons ce terme pour désigner les personnes qui font appel à l’iconographe) ou des commanditaires. Il y a des secteurs traditionnels, qui sont tous les médias, la presse écrite et audiovisuelle, les sites Web avec maintenant les déclinaisons multisupports (sur tablettes numériques ou téléphones portables), les éditeurs de livres (édition multimédias ou print), les agences de presse et agences photographiques, ainsi que les fonds photo.
Mais on trouve également :
• la publicité commerciale ;
• la communication institutionnelle, print ou numérique ;
• l’enseignement ;
• la documentation ;
• l’événementiel, les expositions ;
• la gestion de fonds et de banques d’image, par exemple pour des photographes indépendants.
Du plus petit au plus grand, dès qu’il y a utilisation d’une image, l’iconographe peut intervenir, et encore plus lorsque l’image doit être reproduite dans un cadre commercial. Mais un iconographe peut aussi ordonner un fonds photographique privé ou une collection qui n’a pas vocation à produire des revenus mais que son inorganisation rend tout simplement inexploitable.

Les frontières du métier

Certes, l’iconographe est polyvalent, mais il doit savoir poser des limites : où s’arrête son métier, où commence celui de ses collègues ? Trois tâches en particulier ne sont pas de votre ressort :
• la retouche d’image requiert des connaissances très spécifiques (maîtrise de la colorimétrie, du graphisme, etc.) qui ne s’apprennent pas en quelques heures (!), ainsi qu’un matériel adéquat (logiciels, écran calibré, etc.). C’est à l’iconographe, en revanche, de s’assurer que le droit moral de l’auteur de l’image est respecté, c’est-à-dire que l’œuvre originale n’a pas été dénaturée (sans que l’auteur ait donné son accord écrit, voir page 71 ) ;
• la maquette : la mise en pages nécessite aussi des compétences précises, qui ne sont pas les vôtres. Lorsque l’on vous soumet le BAT d’un magazine ou d’un livre, vous n’avez pas à commenter le choix de mise en pages, de polices, de couleurs, etc. ; par contre, vérifier que l’image est bien au format prévu au contrat, qu’elle n’a pas été recadrée ni retouchée abusivement, que la légende et le copyright sont corrects, fait partie de vos attributions ;
• la prise de vue(s) est également un métier à part entière. En dépit des apparences, on ne s’improvise pas photographe, ni vidéaste : il ne suffit pas d’appuyer sur le bouton, il faut maîtriser la lumière, le cadrage, la composition, etc. Savoir exprimer clairement la demande du client pour guider efficacement le photographe ou le vidéaste dans la réalisation de la commande sera entièrement de votre ressort.
Dans tous les cas, il faut bien définir son poste et le faire savoir... C’est la base du professionnalisme ! Cette question est d’autant plus importante à une époque où l’on semble oublier l’importance du savoir-faire. Et, bien sûr, la réciproque est vraie : ne laissez par les autres faire votre métier (ou vous l’apprendre !).
Cadres d’exercice et appellations
Certains iconographes travaillent dans un seul et même secteur : peut-être est-ce votre cas ? D’autres dans plusieurs ; certains sont salariés ou exercent en indépendants : peut-être avez-vous déjà testé les deux statuts ? Cet état de fait est, en partie, lié aux compétences, aux réseaux, aux centres d’intérêts, aux domaines d’exercice ou aux statuts professionnels choisis ou imposés.
Il semble que le statut de travailleur à domicile (TAD) soit de moins en moins proposé aux iconographes : ceux-ci évolueraient plutôt en tant que salariés, indépendants ou intermittents dans des secteurs très variés.

À noter Certains iconographes épousent même un double statut de salarié et de free-lance.

• Les secteurs de l’édition et de l’audiovisuel semblent enclins à recourir aux prestations iconographiques des indépendants ou des intermittents du spectacle.
• Mais les secteurs d’activité qui ont des besoins iconographiques permanents et/ou ponctuels font aussi bien appel à des iconographes salariés qu’à des indépendants. C’est le cas pour les agences de communication et de publicité, le Web, les institutions et le monde de l’entreprise, les structures artistiques et culturelles ainsi que pour les photographes indépendants.
• Enfin, les agences photographiques et la presse auraient plutôt tendance à salarier leurs iconographes.

À noter Les différents régimes de cette profession sont détaillés dans les parties 4 et 5 de l’ouvrage.

Les cadres d’exercice (ou le choix du statut) de l’iconographe sont souvent déterminés par la nature et la durée de la mission confiée, mais aussi par la réglementation du travail de l’employeur.
Pour des raisons de simplicité évidentes, nous utilisons dans le présent ouvrage le terme « iconographe » de façon générique. Nous verrons cependant qu’il désigne différents métiers. Nous présentons ci-dessous une liste, non exhaustive et surtout évolutive, qui vous donnera une idée de la diversité des termes parfois utilisés selon les secteurs. Attention, ces appellations ne constituent pas des normes, encore moins une règle absolue.
L’édition
Dans l’édition, on parle d’« iconographe », d’« assistant iconographe », de « responsable d’illustration », parfois même de « contributeur visuel ».
Certaines maisons d’édition font appel à des iconographes indépendants pour des missions ponctuelles, d’autres ont un service ou un pôle illustration à demeure, géré par un responsable d’illustration salarié. Les maisons d’édition qui emploient un ou plusieurs iconographes leur confient l’iconographie des publications régulières et la gestion de leur fonds iconographique le cas échéant ; certaines salarient également un assistant iconographe chargé des tâches administratives liées à la gestion des documents et de leur facturation.

À noter « L’édition avec éditeurs » en référence aux conférences d’André Schiffrin, « L’édition avec éditeurs, histoire et actualité de l’édition indépendante », qui se sont tenues dans le cadre des rencontres de l’édition européenne indépendante, en 2007.

L’iconographe répond aux requêtes iconographiques du responsable éditorial chargé du projet et du responsable du service illustration quand il y en a un. Les iconographes recherchent généralement des œuvres existantes ; dans de rares cas, ils peuvent être conduits à faire réaliser des visuels.

Contributeur visuel

Témoignage de Eve Zheim, iconographe indépendante et contributrice visuel spécialisée dans l’iconographie de beaux livres et travaillant pour divers éditeurs (éditions de La Martinière, Le Chêne, Imprimerie nationale, éditions Solar...).
« Je suis iconographe, contributrice et parfois rédactrice. Je travaille avec un statut d’auto-entrepreneur. Il s’agit d’effectuer une lecture des textes, de rechercher des photos ou des reproductions d’œuvres d’art, de participer aux réunions et d’intervenir en tant que conseillère en image... Je contribue aussi à la sélection définitive des visuels, à la recherche des légendes et à leur vérification. Je gère la transmission des éléments, après vérification technique des documents, la communication des fichiers haute def, des crédits et légendes, et parfois l’envoi des justificatifs de parution.
Aux éditeurs avec qui je travaille régulièrement, je peux faire des propositions de sujets à partir de l’image. Et quand le projet est accepté, l’éditeur mais aussi l’iconographe peut amener l’auteur de son choix. Nous travaillons en dialogue constant. C’est plus intéressant et plus créatif car nous sommes, davantage encore, partie prenante du livre. Il y a un travail iconographique d’application – comme il y a les arts appliqués – et un travail iconographique de création.
L’iconographe est alors considéré comme auteur aux côtés de l’écrivain. Ce type de démarche est souvent la mienne, c’est peut-être un “privilège” que je me suis créé moi-même... car ce que j’aime dans ce métier, c’est sa partie créative justement, avoir et développer des idées et les traduire en images.
Le changement majeur entre hier et aujourd’hui est l’importance prise par l’argent, les négociations, dans le travail d’iconographe. Avant toute recherche, il y a des éditeurs qui nous demandent de négocier les droits, contrairement à la grande époque de l’iconographie – par exemple, celle des premiers “Gallimard Découvertes” : des collègues me disaient qu’on leur payait le voyage et le temps passé pour aller fouiller les archives de particuliers ou de petits musées de province...
Certaines maisons d’édition exigent désormais des documents de moins en moins coûteux. Elles confondent “libres de droits” avec “gratuits” ; elles ont des forfaits avec des agences ou photothèques (parfois même bas de gamme) que nous sommes tenus de privilégier, d’où un certain formatage de l’iconographie d’aujourd’hui... Quelques-unes n’hésitent pas à faire appel à des iconographes non professionnels, et l’on doit trop souvent rattraper leurs erreurs in extremis...
“L’édition avec éditeurs” [clin d’œil à André Schiffrin] est un travail sur le long terme. Elle permet la réflexion et donne un rôle de coauteur à l’iconographe.
Je me suis formée “sur le tas” à une époque (fin des années 1970, début des années 1980) où c’était encore possible. J’ai commencé par faire du secrétariat de rédaction dans une agence de publicité très créative et j’ai ensuite suivi un apprentissage de la photographie en Suisse avec, en parallèle, le développement de ma culture photographique en autodidacte. Ma proximité avec le travail des graphistes et la lecture assidue de la presse (avec une attention particulière portée à la politique photo de Caujolle à Libération ) m’ont beaucoup enrichie. J’ai aussi assisté et remplacé une chef photo dans un mensuel avant de prendre des responsabilités dans divers services photo de presse magazine, et je continue à effectuer des missions iconographiques en free-lance et en remplacement, etc. »
Propos recueillis par SM – 2010.
Les rares contributeurs visuels sont les iconographes qui réalisent l’iconographie de projet dont ils sont eux-mêmes porteurs. Ils ont le statut de contributeurs voire d’auteurs lorsqu’ils participent aussi à la rédaction d’une publication dont ils sont à l’initiative.
La plupart des iconographes en édition ont suivi une formation (universitaire ou empirique) artistique et littéraire.
La presse écrite
Dans la presse, on peut rencontrer, au sein d’un service photo, un rédacteur en chef photo, un rédacteur photo et un assistant rédacteur photo.
Leur mission est d’assurer la recherche, la sélection et la mise à disposition de documents visuels destinés à illustrer un contenu rédactionnel. Ils sont donc impliqués dès la définition des sommaires des numéros à paraître et constituent une force de proposition en termes d’illustration visuelle.

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