Art et création chez Théophile Gautier
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Art et création chez Théophile Gautier , livre ebook

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Description

Admiré par Baudelaire et Mallarmé, Théophile Gautier n'est plus vu aujourd'hui comme le « génie limité » dont l'affubla Lanson au début du XXe siècle. L'effervescence des études critiques de ces dernières décennies a bien rendu justice à l'oeuvre d'un écrivain à la fois idolâtré et marginalisé par ses contemporains. La présence de Théophile Gautier au Portugal, du fait soit du nombre de traductions, soit de l'impact de son imaginaire sur les artistes lusophones justifie pleinement que l'on s'y attache et que l'on accorde à cet écrivain une place au sein de la collection Exotopies. Les études présentées ici portent aussi bien sur des écrits romanesques notamment les récits fantastiques et quelques récits de voyage, que sur d'autres facettes de l'oeuvre de Gautier moins retenues par la critique, tels que les rapports de la création gautierienne avec d'autres manifestations artistiques : avec la peinture, le théâtre ou la danse. Elles éclairent les contours de sa vision du monde et de ce qu'il appela la « transposition de l'art ». Oui ! Gautier assume son temps. Mais il l'assume en s'évadant.

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2021
Nombre de lectures 1
EAN13 9782304240832
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ana Clara Santos, Maria de Jesus Cabral
Art et création chez Théophile Gautier
Collection « Exotopies »
Éditions Le Manuscrit Paris


© Éditions Le Manuscrit, 2013
EAN : 9782304040821 (livre imprimé)
EAN : 9782304240832 (Epub)


Collection « Exotopies »
Sous la direction de Maria de Jesus Cabral, Ana Clara Santos et Jean-Baptiste Dussert, Lumières d’Albert Camus. Enjeux et relectures (2012)


« Exotopies »
Collection dirigée par Ana Clara Santos et Maria de Jesus Cabral
La collection « Exotopies » est issue de travaux de l’APEF (Association portugaise d’études françaises) qui siège à l’université de Coimbra, au Portugal. Elle est née de la volonté de divulgation des activités scientifiques (colloques, journées de réflexion) menées par l’APEF et qui, à la croisée d’horizons disciplinaires, critiques et géographiques variés, contribuent à la vitalité des études en langue française selon une perspective transfrontalière. Privilégiant le patrimoine littéraire et artistique, cette collection se veut une interface scientifique ouverte à d’autres domaines de recherche – linguistique, traduction, didactique – dont ce patrimoine ne saurait être dissocié. Ayant pour objet les études françaises et le questionnement des frontières, cette collection propose de nouveaux éclairages sur diverses perspectives concernant l’écriture, l’art et la langue. Elle privilégie une approche comparatiste mettant en valeur le dialogue entre langues et cultures dans l’espace européen, avec une préférence particulière pour l’Europe du sud.
Membres du comité scientifique :
Marta Teixeira Anacleto (Université de Coimbra, Portugal)
Kelly Basílio (Université de Lisbonne, Portugal)
Maria Graciete Besse (Université de Paris-Sorbonne/Paris IV)
Cristina Robalo Cordeiro (Université de Coimbra, Portugal)
Joëlle Gleize (Université d’Aix-Marseille, France)
Karen Haddad (Université Paris Ouest – Nanterre La Défense)
Ute Heidmann (Université de Lausanne, Suisse)
Jean-Nicolas Illouz (Université de Paris 8, France)
Francisco Lafarga (Université de Barcelone, Espagne)
Maria Hermínia Amado Laurel (Université d’Aveiro, Portugal)
Maria de Fátima Marinho (Université de Porto, Portugal)
Daniel-Henri Pageaux (Université de Paris 3, France)
Isabel Pires de Lima (Université de Porto, Portugal)
Franc Schuerewegen (Université d’Anvers, Belgique et Université de Nimègue, Pays Bas)
Béryl Schlossman (Université de Boston, Etats-Unis)


Introduction
Nul ne saurait aujourd’hui contester la richesse de la pensée comme de l’œuvre de Théophile Gautier, dans ses soubassements historiques, théoriques, esthétiques, développée tout autant en vers qu’en prose, en littérature comme en peinture, en pages de critique littéraire aussi bien qu’artistique et musicale. Né en 1811, à l’apogée de l’empire napoléonien, et disparu soixante et un ans après, dans une France déchirée par des guerres extérieures et des conflits internes, Théophile Gautier n’est pas un écrivain politique à l’instar d’un Hugo ou d’un Lamartine ; il avait toutefois conscience du rôle public de l’artiste, comme le montre son engagement au sein de la troupe hugolienne contre l’académisme, lors de la célèbre bataille d’ Hernani (1830). Il gardera la nostalgie de ces premiers élans, écrivant, à la fin de sa vie : « ce gilet rouge ! Je ne l’ai mis qu’une fois et je l’ai porté toute ma vie ! ».
Fidèle à l’esprit romantique par ses inquiétudes, par sa hantise du mystère et ses thèmes les plus significatifs, il a dépassé le mouvement et impose à son siècle cet art « magnifique, total et solitaire » , célébré par Mallarmé dans « Toast funèbre » (1873), composé à sa mémoire. En vérité, dès 1833, le poète du beau artistique à qui Baudelaire dédiera ses Fleurs du Mal , en 1857 – à la croisée de chemins avec la modernité de Madame Bovary –, faisait la satire des excès romantiques, de leur lyrisme déchaîné, comme plus tard il raillera l’exacerbation des Jeunes-France . Adhérant à « l’art pour l’art » et en dépit des sympathies clairement manifestées envers les parnassiens tels que Leconte de Lisle ou Théodore de Banville, Gautier abhorre l’esprit d’école. Indéniablement rétif aux doctrines réalistes ou naturalistes, c’est la coexistence de plusieurs tendances qui retentit de son œuvre, plus que les querelles idéologiques ou littéraires.
Pris, dès son adolescence, dans le double mouvement de la peinture et des lettres, le poète est avant tout fasciné par la magie des formes et des couleurs, essentielles au processus créatif. Ce sont elles qui se glisseront dans son œuvre, maniées avec la sorcellerie évocatoire de celui qui s’affronte aussi bien aux lumières du jour qu’aux errances de la nuit, qui sait donner la parole aux mythes et aux légendes, mais aussi aux spectres ou autres esprits muets ou animés, nous rappelant, en tout cas, qu’« en littérature, les œuvres ne sont rien sans la grâce ». C’est peut-être le la de sa création entière ; c’est sans conteste un de ses principaux défis : (re)lire l’œuvre dans son ensemble, même si la postérité aura surtout reconnu l’auteur du Capitaine Fracasse ou sa vocation de voyageur. Dans des pages célèbres de sa Recherche , Proust avouait n’avoir lu, enfant, que ce seul récit de « Théo », comme l’appelaient ses amis, et n’estimait pas qu’il pût découvrir un jour sa « pensée entière ».
Les études que l’on va lire ont pour principal dessein de passer outre cette image originale et paradoxale à la fois. L’engouement du Portugal pour la culture française du xix e siècle justifierait à lui seul que l’on consacre ce deuxième volume d’« Exotopies » à Théophile Gautier, dont les œuvres, celles en particulier du nouvelliste et du voyageur, ont suscité l’intérêt de ses congénères. Dans le sillage des commémorations du bicentenaire de la naissance de l’auteur de Mademoiselle de Maupin , et du colloque international « Art et création chez Théophile Gautier » organisé par l’ APEF à la Faculté des Lettres de l’université de Porto, c’était sans conteste un défi stimulant de se mettre à l’écoute d’un auteur qui a ouvert les portes d’un temps neuf, des premières heures du romantisme aux filiations symbolistes.
La représentativité des contributeurs, de l’Europe aux Etats Unis, passant par l’Australie ou le Canada est à elle seule significative de la portée actuelle de l’artiste et du poète, du prosateur et du voyageur, du dramaturge et du critique. Sans être exhaustives, les études ici réunies portent aussi bien sur ses théories esthétiques que sur sa proclamation de la complicité des arts, dans ses manifestations multiples, de la littérature à la danse, de la peinture ou théâtre, réhabilitant, sans préjugés, ses créations, ses ferveurs et montrant leur efficience pour la critique contemporaine.
C’est ce que propose notamment Paolo Tortonese interrogeant le paradoxe de la théorie de l’autonomie de l’art romantique se voulant à la fois dégagé de l’histoire et conscient du caractère historique de tout phénomène humain, le rôle nouveau conféré à l’expérience esthétique se retrouvant au cœur de ce paradoxe. Son étude nous invite ainsi à sortir des schémas traditionnels pour découvrir un Gautier emblématique du dilemme entre l’histoire et l’absolu au plus profond de lui-même, puisque c’est dans le microcosme de son esprit que le poète et l’artiste installent cette contradiction pour la réfléchir à même ses écrits et, par ce geste, la partager avec le lecteur.
La lecture sociologique de Bertrand Bourgeois confirme ce culte à la fois paradoxal et dynamique que Gautier voue à l’art, donnant à voir les objets dans leur valeur fonctionnelle outre leur valeur esthétique, à l’avènement de la révolution industrielle. Par la médiation artistique, « Le Roi Candaule », où la femme est transformée en objet de collection en même temps que le texte devient bibelot, devient l’espace de cette expérimentation moderne.

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