Crush, caramel et beurre salé
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Description

Jasmine et Kiara sont amies, mais Kiara délaisse bientôt Jasmine pour des filles plus populaires. Alors que Jasmine se fait de nouveaux amis par le biais du club théâtre, Kiara tente de renouer avec elle. Jasmine pourra-t-elle lui pardonner ?

Sasha, Maddie, Jasmine, Sully, quatre héroïnes, quatre histoires différentes, émouvantes et attachantes, à découvrir dans Crush, la série à boire frappée !

Titre original : Salted Caramel Dreams


Informations

Publié par
Date de parution 26 octobre 2018
Nombre de lectures 185
EAN13 9782215171416
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières

1. Le secret
2. Sur invitation seulement
3. Trois, c’est une de trop
4. Désastre de mode
5. Seule
6. Le flyer
7. Casse-toi une jambe
8. Mystère résolu
9. Au centre de la scène
10. Un doux succès
11. Une tablée élargie
12. Chaises musicales
13. Il faut qu’on parle
14. Costumes en fumée
15. Premiers émois
16. Une heureuse surprise
17. Prête ou pas
18. Oui à la robe ?
19. Que le spectacle commence !
20. Le rendez-vous

Dans la même collection
Page de copyright
À Ceci et Bo : puissiez-vous toujours poursuivre vos rêves.
Chapitre 1
Le secret

La brise fraîche de l’automne, qui annonce déjà la morsure de l’hiver, me chatouille la peau au moment où je sors de chez Dolce en compagnie de Kiara. Les mains serrées autour de nos boissons tièdes, nous tentons d’assurer notre équilibre le long des trottoirs de Southfield, fendillés et fissurés par les racines des érables qui ont viré au rouge et or. Compte tenu de nos éclats de rire et de nos stupides chaussures à semelles compensées, la tâche n’est pas facile.
Kiara est la première à se tordre la cheville ; je ne tarde pas à faire pareil.
– Gaffe aux boissons ! s’exclame Kiara. Ne les laisse pas se renverser !
– Hors de question. De toute manière, entre une cheville et un Onctueux au caramel salé, le choix est vite fait !
Nous sautons par-dessus une autre lézarde en nous retenant l’une à l’autre, sans cesser de blaguer. La journée de cours a été interminable – les journées semblent bien plus longues en 5 e qu’en 6 e , avec toutes leurs fiches d’exercices, leurs leçons, leurs rédactions – et je savoure le plaisir de me retrouver à l’air libre en train d’écouter les histoires de Kiara. Le soleil brille, j’ai peu de devoirs, et on arrive au Club des loisirs créatifs, mon endroit préféré au monde. Bref, la vie est belle ! Devant le passage piéton de Main Strient, je respire profondément, grisée par le parfum de nos boissons sucrées. Je me tourne vers Kiara :
– Alors, prête à finir ton sac aujourd’hui ? Je me dis que le mien pourrait faire un bel ajout à JKDesigns.
– Ça, c’est vrai.
Quand on n’est pas en train de parler de l’école, du Club de loisirs créatifs ou du coup de foudre de Kiara pour Carter, nos discussions tournent autour de JKDesigns, la boutique de mode en ligne qu’on prévoit de lancer pendant les vacances d’hiver. Toutes les deux, on partage un rêve qui est source de dialogues sans fin : devenir des stars du stylisme, célèbres avant d’avoir soufflé nos treize bougies. Aujourd’hui, pourtant, Kiara me lance un regard fatigué à l’évocation de ce nom. Je m’en étonne :
– Eh, tout va bien ?
– Ouais, bien sûr. C’est juste que…
Elle s’interrompt en voyant Mike, l’agent de la circulation, nous faire signe de stopper à l’angle de la rue. D’habitude, Kiara aime le taquiner sur l’une des centaines d’équipes de sport dont il est fan, mais aujourd’hui, elle ne pipe pas mot. Inquiète, je décoche un sourire à Mike, histoire qu’il ne nous croie pas fâchées contre lui. Il me rend ce sourire et on ­s’engage sur le passage.
Une fois de l’autre côté, Kiara se remet à parler.
– Alors, bon, tu sais, il y a un truc que je voulais te dire. Je pensais attendre demain, mais puisque tu parles de JKDesigns et que c’est notre dernier cours de loisirs créatifs de l’automne, je devrais peut-être te mettre au courant…
Je bois une gorgée d’Onctueux.
– Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?
Ça ne ressemble pas à Kiara de me taire des choses. Surtout sur un sujet important.
Les joues encore écarlates d’avoir tant ri, Kiara se mord la lèvre.
– Eh bien… Je ne suis pas sûre de continuer les loisirs créatifs cet hiver. Je pensais me mettre au basket pour changer.
Je me force à déglutir.
– Basket… Vraiment ? Waouh. C’est cool.
Je fais ce que je peux pour parler d’un ton naturel. Comme si ma meilleure amie ne venait pas de larguer une bombe en lâchant ce secret qu’elle mijotait depuis qui sait combien de temps.
Kiara détourne la tête, ce qui fait danser ses longs cheveux bruns sur son visage orné de taches de rousseur. Ses doigts se crispent sur son Onctueux au caramel salé, et je me demande si elle se rappelle le jour où on a créé cette boisson, l’été dernier, après avoir essayé toutes les combinaisons d’arômes possibles au salon de thé. Lait fumant, crème caramel, sirop de chocolat noir salé, et éclats de noix de coco, tous ces ingrédients ensemble. La noix de coco avait été la touche finale signée Kiara. À mes yeux, c’est cet ultime raffinement qui a valu à notre boisson de se tailler une place sur le menu permanent du salon, même si Kiara soutient que nos commandes fréquentes y sont pour quelque chose. Quoi qu’il en soit, je suis toujours fière de voir notre boisson inscrite à la craie rose sur l’ardoise.
Je me demande si on pourra continuer à la commander aussi souvent une fois que Kiara se sera mise au basket. Combien de temps prennent les entraînements ?
Elle se retourne vers moi avec un sourire, et me regarde pour la première fois depuis qu’elle m’a annoncé sa défection.
– Maman me dit qu’il faudrait que je m’engage dans quelque chose de neuf, et j’ai toujours aimé marquer des paniers avec mon frère. Alors j’ai pensé que le basket pourrait m’amuser.
Elle ajoute avec un clin d’œil :
– En plus, il paraît que tu-sais-qui veut intégrer l’équipe des garçons.
Bien sûr. Carter. J’aurais dû me douter que ce garçon était derrière l’affaire. Je ne peux pas en vouloir à Kiara – elle n’est pas la seule fille à craquer pour le sourire ensorcelant de Carter – même si personnellement, au-delà de ce sourire, je considère le personnage comme plutôt banal. Il me semble que pour être digne d’un coup de foudre, un gars devrait avoir quelque chose de plus, disons, spécial.
Mais il faut bien le dire aussi, je suis la fille qui n’a pas eu de coup de foudre depuis Connor O’Neil en CM1. À cette époque-là, il avait cette extraordinaire tignasse blonde, il prenait des cours de guitare, et il se retournait souvent sur sa chaise pour me dévisager comme s’il avait envie de mieux faire ma connaissance. J’étais trop timide pour l’aborder, mais au bout d’un moment, je me suis rendu compte que je l’aimais bien. C’est alors qu’il a fait un esclandre auprès de Kiara et moi, parce qu’on se faisait passer des messages. Je suppose que c’était pour ça qu’il m’avait tant dévisagée. Après cette mésaventure, j’ai laissé tomber les garçons. Ce qui veut dire que je n’ai aucun conseil à donner dans ce domaine.
Du coup, même si je me fais du souci à l’idée que Carter soit un peu barbant pour une fille aussi rigolote et douée que ma meilleure amie, je n’ai qu’une chose à souhaiter à Kiara : que ses sentiments soient réciproques. Qui sait, le basket sera peut-être sa chance. À condition qu’elle puisse entrer dans l’équipe, bien sûr. Ce qui ne devrait pas être trop difficile : dès nos douze ans, elle a poussé comme une asperge, et me surplombe d’une bonne quinzaine de centimètres.
– Eh, tu sais quoi, tu devrais essayer aussi, Jas, me lance Kiara, interrompant le fil de mes pensées.
Je me contente de secouer la tête.
– Merci, mais je crois que le basket, ce n’est pas pour moi.
– Ouais, je comprends, me répond-elle sans même tenter de me faire changer d’avis.
J’aurais été étonnée qu’elle essaie. Ma taille d’un mètre cinquante doit être un héritage de ma famille colombienne – aucune femme, du côté de chez maman, ne dépasse le mètre soixante. Donc, même si j’étais intéressée, j’aurais du mal à me faire admettre dans l’équipe.
Et ça vaut mieux comme ça, sans doute. J’ai assez à faire avec le Club des loisirs créatifs. Le professeur qui s’occupe de nous, Mme Chloe, est une amie de ma mère. Elle crée et vend des vêtements, et a ouvert ce cours aux enfants intéressés par le design au sens large. On y crée des colliers et des boucles d’oreilles, des accessoires de coiffure et un tas d’autres choses. Mes cours préférés sont ceux qui portent sur le design de mode. En deux ou trois ans, partie du stade où je ne savais pas passer du fil dans une aiguille, j’ai appris à créer mes propres sacs, et j’espère m’attaquer bientôt à la création de vêtements. Tout le processus me plaît – dessiner le modèle, choisir les matériaux, coudre, peaufiner mon œuvre. À chaque fois que je crée un nouvel objet, j’ai l’impression d’avoir gravi une montagne. D’où mon impatience à l’idée de lancer JKDesigns avec Kiara. À travers cette boutique, j’espère me constituer un portfolio qui me facilitera l’accès à des études universitaires dans le domaine de la mode.
Je souris en pensant aux articles dont on a déjà fait la liste pour notre site. Kiara aura une page où elle présentera ses accessoires de coiffure en fil métallique, des créations superbes. Moi, je proposerai une gamme de sacs « Jasmine Originals » munis d’une foule de poches intérieures, avec ces coutures extérieures cool qui ajoutent des contrastes de couleurs. J’espère les voir devenir célèbres, mais mon rêve ultime est de vendre un jour des vêtements personnalisés, dès que je serai capable de transformer mes dessins en véritables patrons. Jusqu’à présent, toute création nécessitant le design d’un tour de taille dépasse mes compétences, mais chaque soir, je fais des essais pendant au moins une heure. Avec un peu d’espoir, bientôt j’en réussirai un et je pourrai me mettre à vendre mes créations.
– Je sais.
Nous montons l’escalier en silence. Je me concentre sur les marches jusqu’au moment où je commence à humer les huiles de cannelle et de clous de girofle que Mme Chloe fait brûler pour « favoriser le flot des humeurs créatives ». Je respire ces senteurs à pleines narines dans l’espoir qu’elles me détendent. Miracle : c’est le cas. Lorsque nous pénétrons entre les murs orange vif et bleu canard de l’atelier, me voilà prête à peindre.
– Bonjour, mesdemoiselles, nous dit Mme Chloe à notre arrivée.
– Bonjour madame.
Nous passons devant une table d’élèves de 6 e pour rejoindre nos places habituelles au fond de la pièce.
– Très bien, vous êtes toutes là. Prêtes à finir vos sacs aujourd’hui ? demande Mme Chloe.
– Ah, oui ! s’exclame Kiara en se débarrassant de son manteau. Même si je pense avoir besoin d’un peu d’aide pour me servir de la machine. La dernière fois, c’était raté.
Kiara soulève son sac pour en montrer les imperfections. La couture n’a jamais été son fort, et je devine que la fin de l’ouvrage l’angoisse.
– Bien sûr ! répond Mme Chloe. Elle entraîne Kiara vers l’une des machines à coudre, en s’arrêtant pour allumer la radio au passage.
L’heure qui suit se déroule à merveille. La musique me détend, je me laisse aller à chantonner sur les Top 40 tandis que mes points de couture deviennent encore plus serrés qu’hier soir, et mes perles mieux alignées. J’ai hâte de m’en servir à l’école, heureuse d’avoir une excuse pour mettre à la retraite le sac à dos violet pratique mais moche que j’ai depuis l’âge de dix ans. La création que je suis en train de fignoler est une sacoche. C’est la copie parfaite d’un modèle que j’ai vu en ligne et qui coûte plusieurs centaines de dollars – mais avec ma touche déco personnelle. J’espère qu’un jour j’en vendrai un semblable sur notre boutique.
– Quelle allure phénoménale, me dit Mme Chloe, qui s’est placée derrière moi par surprise. Tu as vraiment un don, Jasmine. L’œil d’une artiste.
Je baisse les yeux avec un sourire.
– Merci, Madame.
– Merci à toi , plutôt. J’ai hâte d’acheter l’un de tes Jasmine Originals, ajoute mon professeur avec un clin d’œil.
À la fin du cours, je suis à deux doigts d’avoir terminé. Je rêverais de pouvoir rester une heure de plus. Mais on dîne à dix-huit heures à la maison ; donc, pas question de m’attarder.
– On s’est bien amusées, me dit Kiara au moment où on sort dans la rue. Je n’arrive pas à croire que c’était peut-être mon dernier cours.

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