Parlons Luo
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Description

Le luo, de la famille des langues nilotiques, est l'une des trois langues les plus importantes du Kenya. Il est parlé par plus de 3 millions de locuteurs, dans la région du lac Victoria ainsi qu'en Tanzanie dans la région de Mara. C'est la langue du père de Barack Obama. Le lecteur trouvera une description de la langue, des éléments de conversation courante, de nombreuses informations de nature culturelle ainsi que deux lexiques.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2009
Nombre de lectures 357
EAN13 9782296221413
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Parlons luo
Langue du Kenya@
L'Harmattan, 2009
5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairiehannattan.com
diffusion.hannattan@wanadoo.fr
hannattan] @wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-07945-8
EAN:9782296079458Neddy Odhiambo et Michel Malherbe
Parlons luo
Langue du Kenya
L'HarmattanParlons...
Collection dirigée par Michel Malherbe
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DONYOROV,2008.
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MALHERBE.
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Parlons lobiri, Fané MAÏMOUNA LE MEN, 2007. pijin, Christine JOURDAN, 2007.
Parlons maori, Michel MALHERBE, 2007. soundanais, Viviane SUKANDA-TESSIER, 2007.
Parlons oromo, Christian BADER, 2006. karen, Julien SPIEWAK, 2006.
Parlons ga, Mary Esther DAKUBU, 2006. isangu, Daniel Franck IDIA TA, 2006.
Parlons kuna, Michel MALHERBE, 2006. boulou, Marie-Rose ABOMO-MAURIN, 2006.
Parlons kami, Yves AVRIL, 2006. zarma, Sandra BORNAND, 2006.
Parlons citumbuka, P. J. KISHINDO et A. L. LIPENGA, 2006.Remerciements
A mon père, sans ton soutien, je n'aurais rien fait de ma
vie. Tu es et tu resteras ma seule et unique encyclopédie
sans qui je n'aurais jamais réalisé cet ouvrage.
A ma mère et Gaya ma grand-mère paternelle, des
femmes Luo par excellence, courageuse et gardiennes de
notre famille.
A mes frères, Achieng, Oluoch, Anyango et Gaya, merci
pour votre soutien.
A mon amie Nasira, merci pour tout,. tu as changé mon
destin. Grâce à toi, j'ai osé réaliser mes rêves etje suis
devenue la personne que je suis aujourd'hui.
A tous mes amis Luo qui résident en France,. Schola
Jagona, Judy Ngao, Doreen Jagona, Catherine
OtienoStrandberg, Hellen Oluoch-Hiver et Jacqueline
OchiengBonnard, sans oublier les luophilles comme Susan
Ongachi, Francis Ndung 'u et Jane Jacobsen j'espère
que cet ouvrage vous aidera à garder la langue luo
vivante même si vous vivez loin du pays.
A Jerim Obure and Judy Ngao, merci pour vos précisons
utiles sur le vocabulaire.
A Grace Sicard, c'est grâce à toi qui j'ai pu participer
au projet de cet ouvrage. Je te remercie beaucoup. A
Michel Malherbe, travailler avec vous a été un très
grand plaisir.Acknowlegments
To my father, I would never have done anything with my
life without your support. You are and will always be my
one and only walking encyclopaedia, without which I
would never have written this book
To my mother, name, and mypaternal grandmother,
Gaya, - two exceptional Luo women- you are extremely
hardworking women and you are the keepers of our
family. I profoundly appreciate all that you dofor our
family.
To my siblings,. Achieng, Oluoch, Anyango and Gaya,
thank you for your support.
To myfriend Nasira, thank you for everything, you
changed the course of my life. It is because of you that I
dared to live my dreams and to become the person that I
am today.
To all my Luo friends living in France,. Schola Jagona,
Doreen Jagona, Catherine Otieno-Strandberg, Hellen
Oluoch-Hiver and Jacqueline Ochieng-Bonnin, not
forgetting friends of Luo like Susan Ongachi, Francis
Ndung'u and Jane Jacobsen, I hope that this book will
help you keep Luo language alive despite livingfar from
Luo-land
To Jerim Obure and Judy Ngao, thanks for all the useful
explanations and precisions that you helped me with on
Luo vocabulary.
To Grace Sicard, it is because of you that I managed to
participate in the writing of this book Thank you so
much. To Michel Malherbe, it was a great pleasure
working with you on this book.LE PAYS LUn DANS LA PRPVINCE Of NYANlA~KENYA
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1DUELDUES CLANS LUD DU KENYA
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Légende
. UneVille
100kmo
Gem: Nom d'nn Clan
II
N. Odhiambo 2009Introduction
Les Luo du Kenya sont environ 3,5 millions selon le
dernier recensement de population réalisé en 2009. Ils
constituent environ 12% de la population kenyane et
habitent majoritairement la province de Nyanza au bord
du lac Victoria à l'ouest du pays, près des frontières de la
Tanzanie et de l'Ouganda. La ville principale est Kisumu
(environ 330.000 habitants) principal port kenyan sur le
lac Victoria.
Les Luos, au sens strict, constituent la troisième ethnie
du Kenya par ordre d'importance numérique, soit
environ 12% de la population du pays qui atteint les 33
millions d'habitants.
Le peuple luo est originaire d'une région au sud du
confluent du Nil el du fleuve Bahr-el-Ghazal dans
l'actuel Soudan. Ils ont habité cette région jusqu'au
XVème XVlème siècle lorsqu'ils ont commencé leurou
migration vers le sud, leur habitat actuel. Les taisons de
cette migration ne sont pas totalement connues à l'heure
actuelle. C'était un peuple de cultivateurs et d'éleveurs
de bétail.
La migration se fit en quatre temps et par petits groupes.
Elle s'étendit sur une IOhgue période. Chaque groupe
s'est installé dans une région d'uti des Etats actuels de
l'Afrique orientale. Les Luos du kenya font partie du
quatrième et dernier groupe de migration. Ce groupe
5avait comme chef un guerrier appelé Ramogi Ajwang'.
A leur arrivée au Kenya, ils se sont installés à un endroit
qui s'appelle Got Ramogi (les collines de Ramogi) aux
alentours de Imbo au nord de la province. Cette
migration par petits groupes explique la présence des
Luo au sud du Soudan, au nord de l'Ouganda, à l'est du
Congo, à l'ouest du Kenya, au nord-ouest de la Tanzanie
et à l'ouest de l'Ethiopie.
Ce n'est qu'au cours du XIXèmesiècle qu'ils ont occupé
des terres plus hautes ce qui leur a permis de compléter
leur activité traditionnelle d'éleveurs par l'agriculture. Il
en est résulté des échanges économiques et culturels plus
nombreux avec les populations bantoues voisines. Leur
langue est nilotique, du même groupe que celle des
Massaïs.
Aujourd'hui, les Luos se trouvent principalement dans la
province de Nyanza aux alentours du Lac Victoria à
l'ouest du pays. Cette province est une des huit provinces
du Kenya. Comme dans la majeure partie du pays,
Nyanza bénéficie d'un climat tropical marqué par deux
saisons de pluie dans l'année. Sa superficie est de 12 547
km2 avec une population d'environ 4,4 millions
d'habitants et une densité de 350 par km2.
Jusque dans les années 1990, la province était divisée en
quatre districts administratifs. Aujourd'hui, on en compte
dix-huit. Cependant parmi les Luos, une frontière
socioculturelle existe entre les habitants du nord de la
6province (ce qu'on appelait anciennement Central
Nyanza) et le sud de la province (South Nyanza). Cette
frontière imaginaire est marquée par la rivière Sondu
dans la région de Nyakach.
Il est important de noter que la province n'est pas habitée
uniquement par les Luos, les Luos partagent cette
province avec les Kisii et les Kuria, deux ethnies
bantoues. Ces deux ethnies habitent la partie sud-est de
la province.
Les voisins proches des Luos sont les Masai, les Kipsigis
et les Nandi à l'est de la province et les Luyias au nord
de la province. Le Luo est la troisième ethnie la plus
nombreuse du Kenya après les Luyias et les Kikuyus qui
parlent des langues bantoues.
Les langues officielles du Kenya sont l'anglais et le
kiswahili. Au total, on parle dans le pays une quarantaine
de langues différentes.
7Première Partie
Description de la langueDescription de la langue
Le luo fait partie du groupe de langues nilotiques comme
le Maasaï et le Kalenjin. Le groupe nilotique se divise en
sous-groupes et le luo se trouve dans le sous-groupe de
l'ouest. Au sens large, il existe un ensemble de langues
appelées luo qui compte une quinzaine de langues. Celles
du nord se parlent au Soudan, souvent par des groupes
très peu nombreux. La plus connue est le shilluk. Les
langues luo du sud se parlent en Ouganda (achoU, alur,
lang' 0, padhola etc.), au Kenya (Iuo proprement dit,
appelé aussi dholuo ou kavirondo) et même en
république démocratique du Congo (alur) ou en Ethiopie
(anuak / anywak). C'est la langue dholuo qui est l'objet
de ce livre.
Malgré leur proximité, un Luo ne comprend pas
forcément le shilluk ou l' acholi.
Alphabet
Le luo emploie l'alphabet latin, à l'exception des lettres
q, v , x et z qu'on ne trouve que dans des mots étrangers.
Les voyelles sont a, e, i, 0 et u (prononcé ou). Les
consonnes sont:
b, ch, d, dh, f, g, h, j, k, I, m, n, ng', ny, p, r, s, t, th, et
w.
La lettre c n'existe jamais sans être accompagnée de h ;
ch se prononce à l'anglaise, comme tch en français; dh
se comme th dans le mot anglais that et th se
prononce th dans le mot anglais think. Le j se prononce à
11l'anglaise, cij comme dans John. Les groupes de lettres
ng' et ny sont considérés comme des sons à part et sont
classés à part dans les lexiques.
Le son sh (ch du français) n'existe pas en luo.
Attention, le luo distingue nettement:
ringo courir
de
ring' 0 viande
Le premier mot est perçu comme ayant une coupure
entre les deux syllabes: rin-go alors que ng' est très
nasalisé et se prononce d'une seule émission de voix.
Pour acquérir une bonne prononciation, nous
recommandons au lecteur de se rapporter au CD Rom qui
accompagne ce livre.
Phonétique
Le luo comporte des voyelles longues et courtes. Les
voyelles longues sont souvent redoublées. Ainsi l'eau
s'écrit pii.
Les tons jouent un rôle non négligeable en luo. De
nombreux mots ont la même orthographe et ne se
distinguent que par leur ton, haut ou bas. Il faut
cependant noter qu'il existe aussi de nombreux cas de
mots se prononçant identiquement mais de significations
différentes.
Exemples:
apuoyo lapin / merci (en luo-acholi)
12bor loin / nuage / graisse animale
chak lait / début
chieo lait frais (non traité) / matin
chogo os / benjamin de la famille
chwe aiguille / gros
ik âge / funérailles
kendo à nouveau / épouser
keyo moissonner / disperser
kich abeille / orphelin
koko bruit / monstre
kor poitrine / côté
kue paix / se refroidir
kwoyo coudre / sable
le hache / animal
1er lumière / muscle (pluriel: leche)
mondo que (conjonction) / arriver tôt
neno voir / faire l'éloge d'un défunt
nyaka devoir (verbe) / il faut / jusqu'à
oganda tribu / haricots
piny pays / bas
pong' plein / moulin
romo assez / rencontrer
sende argent / assiettes (pluriel de san)
tik menton / mauvaise odeur
œuf / frontièretong'
13On constate aussi des modifications de consonnes qui
apparaissent notamment pour distinguer la possession de
type aliénable du type inaliénable. Pour illustrer cette
notion, donnons un exemple.
L'expression chogo guok signifie l'os du chien, dans le
sens de l'os que le chien a pris pour manger. En revanche
chok guok signifie l'os du chien en tant que partie de
son squelette. La forme Ch020 est aliénable car le chien
peut s'en séparer alors que la forme chok est
évidemment inaliénahle_
Nous verrons plus loin que des modifications de
consonnes se produisent également lors de la formation
des pluriels (très irréguliers en luo) et de la formation des
compléments de noms.
Fixation de l'orthographe
Le luo s'écrit encore peu et son orthographe n'est pas
encore complètement stabilisée. L'un des points qui pose question est le choix entre u et w, par exemple on
peut écrire le mot mois due ou dwe et la préposition au
sujet de kuom ou kwom. Pour les voyelles longues, on
emploie parfois le redoublement, parfois pas.
14

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