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Pour l'amour du multilinguisme

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Description

Résumé
« Ne parler qu’une langue… c’est comme vivre dans une maison avec une seule fenêtre », c’est ce que dit Tomson Highway. Dans son livre A Tale of Monstrous Extravagance : Imagining Multilingualism, l’auteur s’interroge sur la force avec laquelle les mots peuvent illuminer notre monde. Depuis sa naissance légendaire dans un banc de neige dans le nord-ouest du Manitoba à son illustre carrière artistique, il démontre que le cri, le déné, le latin, le français, l’anglais, l’espagnol, le brésilien, le portugais et le langage universel de la musique ont élargi les horizons de sa vie.
Échos de presse
« Conteur incomparable avec un talent pour l’exagération si grand que vous croirez qu’il dit toujours la vérité, Highway explique comment il a ajouté le déné, l’inuktitut, le latin, l’anglais, le français et un peu d’espagnol à son lexique. Apprendre de nouvelles langues tard dans sa vie est difficile, mais Highway nous encourage à laisser le pouvoir du langage élargir notre monde. »
Dianne Meili, Alberta Views
« Une lecture délirante. »
CBC Books
« Une tournée humoristique à travers les langues et les communautés qui ont formé ce dramaturge, romancier et musicien en tant que personne. »
Quill & Quire
L’auteur
Tomson Highway est dramaturge, écrivain, compositeur et pianiste de réputation internationale. Né en 1951 dans le nord du Manitoba, il est considéré comme l’un des créateurs autochtones les plus importants au Canada. Deux de ses ouvrages ont fait l’objet d’une traduction française : son roman Champion et Oneemeetoo (2004) et sa pièce de théâtre Dry Lips devrait déménager à Kapuskasing (2009), parus aux Éditions Prise de Parole.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 mars 2019
Nombre de lectures 22
EAN13 9782897126186
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

du même auteur
Dry Lips devrait déménager à Kapuskasing , Éditions Prise de parole, 2009.
Champion et Ooneemeetoo , Éditions Prise de parole, 2004.
Mot du traducteur
E n 2017, par une chaude journée de juin, Tomson Highway a présenté une conférence au centre d’artistes OBORO 1 , à Montréal, dans le cadre d’une série d’activités consacrées aux artistes et penseurs autochtones. Il avait un petit livre à la main, un essai intitulé A Tale of Monstrous Extravagance : Imagining Multilingualism , qu’il avait rédigé en vue d’une conférence prononcée au Centre de littérature canadienne de l’Université de l’Alberta, à Edmonton, en 2014.
L’événement à OBORO, où il a fait la lecture de ce livre en parlant très, très vite, en adaptant son propos pour le public montréalais et en faisant un nombre incalculable de blagues, autant en français qu’en anglais, m’a donné l’idée de proposer à Mémoire d’encrier de le traduire. Depuis le collectif Aimititau ! Parlons-nous ! en 2008, cette maison d’édition a publié plusieurs autrices et auteurs autochtones, dont des traductions de livres signés Rita Joe, Thomas King, Katherena Vermette, Wab Kinew et Leanne Betasamosake Simpson. À cela s’ajoute la récente anthologie Nous sommes des histoires : Réflexions sur la littérature autochtone , dans laquelle on trouve un texte de Tomson Highway, qui nous explique « Pourquoi le cri est la plus sexy de toutes les langues ».
Profondément drôle et intelligente, la parole de Tomson Highway trouve un écho particulier dans le contexte montréalais. Au-delà de la dualité linguistique entre le français et l’anglais, Montréal est une ville profondément multilingue, avec 21 % de sa population parlant au moins trois langues 2 . C’est là quelque chose qu’on met assez peu de l’avant. Montréal pourrait constituer une capitale mondiale de la traduction, mais il semble que seule l’industrie du jeu vidéo a compris cela pour l’instant. Cet essai de Tomson Highway pourra certainement aider Montréal à « imaginer son multilinguisme ».
Deux livres du dramaturge, écrivain et pianiste cri ont été traduits en français : son roman Champion et Oneemeetoo (The Kiss of the Fur Queen , 1998) et sa pièce de théâtre Dry Lips devrait déménager à Kapuskasing ( Dry Lips Oughta Move to Kapuskasing , 1989). Ils sont tous deux parus chez Prise de Parole, en 2004 et 2009 respectivement. Bien que leurs traductions françaises n’aient pas été publiées, deux autres pièces de celui qu’on a décrit comme « le Michel Tremblay du Nord 3 » ont été jouées en français à Montréal. Les reines de la réserve ( The Rez Sisters , 1986) fut montée au Théâtre populaire du Québec en 1993, et Une truite pour Ernestine Shuswap ( Ernestine Shuswap Gets her Trout ), à l’Espace Go en 2009.
Invité d’honneur du Festival Voix d’Amériques en 2006, Tomson Highway a récemment signé le livret d’un opéra créé par l’Orchestre symphonique de Montréal : Chaakapesh, le périple du fripon . Celui-ci est disponible en cinq langues : innu-aimun, anglais, cri, français et inuktitut. Une belle façon, non seulement d’imaginer le multilinguisme, mais de le mettre en pratique, autour d’une importante figure de la mythologie innue.
Je souhaite que ce livre, dans la foulée de ces différentes initiatives, contribue à renforcer la présence de l’oeuvre de Tomson Highway dans l’espace montréalais, le territoire québécois et les communautés autochtones, chez les lectrices et lecteurs francophones ou francophiles. Je remercie OBORO d’avoir organisé cette conférence et de m’avoir permis d’en visionner la vidéo, Mémoire d’encrier de m’avoir fait confiance, ainsi que Tomson Highway pour sa générosité et sa gentillesse légendaires.
Je souhaite également à toutes les personnes qui liront cet essai la meilleure des chances dans l’apprentissage de la langue (ou des langues) que vous êtes en train d’apprendre ou que ce livre vous donnera envie d’apprendre.
1 OBORO est un centre dédié à la production et à la présentation de l’art, des pratiques contemporaines et des nouveaux médias : www.oboro.net .
2 C’est le pourcentage calculé par Statistique Canada en fonction du recensement de 2016.
3 C’est le titre d’un article que lui consacre Nathalie Petrowski dans La Presse du 5 septembre 2009, où Tomson Highway évoque l’influence qu’a eue la pièce Les belles-soeurs sur sa propre pratique.
Tansi , bonjour, hello 4
( Je vais vous lire quelque chose que j’ai écrit il y a six ans, sept ans, quelque chose comme ça, mais ça continue à marcher parce que c’est très intéressant. Pourquoi c’est très intéressant, c’est parce que je l’ai écrit... It’s about language. It’s in English. It’s called A Tale of Monstrous Extravagance : Imagining Multlilingualism . Je vais adapter mon propos pour Montréal, parce qu’ici vous avez un mélange d’anglais et de français...)
Tansi, niweecheewaaganuk, tansi . (« Tansi » ça veut dire « bonjour », ou « hello », ou « good day », ou « how are you ». C’est le message de salutation, dans ma langue maternelle. Niweecheewaagan , ça veut dire mon ami, mon copain. Niweecheewaaganuk , c’est le pluriel. There is no gender in Cree, there’s no « his », there’s no « her », there’s no « la », there’s no « le »... Everybody is... bisexual... En tout cas, ça c’est dans ma langue maternelle. It’s a very musical langage. If you look at my tongue, you’ll see that it moves very quickly when I talk. And my lips, they go like this... En anglais, ça marche pas comme ça. La langue anglaise avance beaucoup plus lentement que la langue crie. La langue crie est probablement la langue la plus rapide du monde. C’est pour ça que j’ai tendance à aller trop vite dans toutes les langues que je parle…)
Tansi, niweecheewaaganuk, tansi. Kinanaaskoomitinaawow 5 kaagithow keethawow eetasee-eek oota kaapee-ik eepeen’toomijeek tapeeaachimoostaatag’wow oomsi isi anooch kaageesigaak. Niweecheewaaganuk , Claudine Hubert igwa Stephen Lawson, at’wayitha meena ooma iskool OBORO kaa-iseetheegaateek, meena ooma ooteenow Montréal kaa-ichigaateek, keetheewow meena kinanaaskoomitinaawow. Kinanaaskoomitinaawow kaagithow kaaitasee-eek oota kaageepeen’toomiyeek tapee-gee-oogaatag’wow saasay meena oomsi isi. Kwayus nimeeth’weetheeteen.
Bonsoir à tous, bonsoir à tout le monde. (C’est pas le soir, c’est l’après-midi. Pardon, c’était le soir quand j’ai écrit ce discours. Mais quand même... Je suis allé à Haïti pour la première fois de ma vie en 2015, et là-bas, ils commencent à dire bonsoir à midi...)
La première chose que je voudrais vous dire avant de véritablement commencer ma conférence c’est de vous remercier de m’avoir invité à présenter cette conférence ici à OBORO, ici dans la belle ville de Montréal, ici dans la belle province de Québec. Je voudrais remercier surtout la belle et super gentille Claudine Hubert et le beau et super gentil Stephen Lawson qui ont travaillé tellement fort à organiser cet événement, un événement tellement spécial, tellement intelligent, tellement sensible... La ville de Montréal a de la chance d’avoir des gens comme Stephen et Claudine parmi ses citoyens. Merci à Claudine, merci à Stephen. Merci également à OBORO. (Qui d’autre devrais-je remercier ? Le maire de Montréal ? Non ? Ok, on va oublier le maire de Montréal. Pour cet après-midi, le maire de Montréal n’existe pas.)
Good afternoon my friends.

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