De si charmants bambins
68 pages
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De si charmants bambins

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Description

Dans leur château normand, monsieur et madame de Grandville sont désespérés : leurs charmants bambins, Godefroy et Charlotte, multiplient les bêtises et font fuir les gouvernantes. Heureusement, la célèbre école de nurses anglaises, la prestigieuse Perfect Children’s Academy, a promis de leur envoyer une demoiselle à la hauteur de la situation, l’excellente Daisy Dashwood. Avec ses diplômes flambant neufs et son réputé flegme britannique, Daisy Dashwood semble dotée de toutes les qualités requises. Mais il ne faut jamais sous-estimer l’incroyable résistance des enfants français….
Caprices en pleine rue, batailles de mottes de terre, odeurs de camembert, pianiste myope et dressage de marcassin réussiront-ils à déstabiliser la jeune nurse anglaise ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 octobre 2016
Nombre de lectures 27
EAN13 9782215134220
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Chapitre un
Chapitre deux
Chapitre trois
Chapitre quatre
Chapitre cinq
Chapitre six
Chapitre sept
Chapitre huit
Chapitre neuf
Chapitre dix
Chapitre onze
Chapitre douze
Chapitre treize
Chapitre quatorze
Épilogue
À paraître
Page de copyright
Pour mon si charmant Choubidou
Chapitre un

– M iss Dashwood ! Miss Dashwood !
On tambourinait à la porte. Daisy Dashwood alla ouvrir, non sans curiosité. Elle était très étonnée : on était le premier jeudi du mois, c’est-à-dire le free Thursday , jour de congé pour toutes les élèves de la célèbre école de nurses londonienne : la Perfect Children’s Academy . Qui donc pouvait bien frapper à la porte de sa chambre ce matin-là à dix heures ? Daisy était un peu contrariée. Elle avait beau être l’une des meilleures élèves de l’académie, l’une des plus sérieuses et des plus assidues, elle espérait bien pouvoir s’échapper quelque temps des murs de l’école pour profiter un peu de ses heures de liberté mensuelles. N’importe quelle autre élève un peu rusée ou un peu moins sérieuse se serait tue, aurait fait la « morte ». Mais Daisy Dashwood était consciencieuse : elle ouvrit.
Une servante rougeaude et essoufflée se tenait sur le seuil :
– Miss Dashwood ! Mrs Stenford a demandé à vous voir.
– Comment ? s’écria Daisy. Mrs Stenford veut me voir ?
– Oui, elle dit que c’est très urgent ! Elle vous attend dans son bureau ! ajouta la servante, qui détala aussitôt dans le couloir.
Daisy demeura un instant sur le seuil, fort déconcertée par cette apparition. Mrs Stenford était la directrice très respectée de la Perfect Children’s Academy . Il ne lui était pas coutumier d’envoyer chercher ses élèves dans leur chambre, encore moins un jour de congé. Qu’est-ce que cela signifiait ?
Tandis qu’elle parcourait les longs corridors qui menaient au bureau de la directrice, Daisy chercha quels motifs de mécontentement elle avait pu donner à ses professeurs. Elle n’en vit aucun. Lundi, elle avait parfaitement réussi le test « Je me fais obéir des enfants les plus insupportables sans crier ni user d’instruments comme le fouet ». Mardi, elle s’était révélée l’une des meilleures à l’atelier « J’invente des jeux de plein air pour aérer les poumons des enfants des villes en évitant de maculer leur toilette de taches d’herbe ». Mercredi, elle avait montré une inventivité sans pareille pour « Enseigner les bonnes manières en s’amusant, sans passer pour une affreuse rabat-joie », cours réputé pour être un des plus difficiles du cursus des nurses. Non, vraiment, Daisy avait beau passer et repasser dans sa tête les occupations des derniers jours, elle ne trouvait rien qui expliquât sa convocation soudaine dans le bureau de Mrs Stenford.
Néanmoins, ce ne fut pas sans trembler un peu qu’elle frappa à la porte.
– Entrez, Miss Dashwood, je vous attendais !
Mrs Stenford était une directrice exemplaire. Fondatrice de la Perfect Children’s Academy , elle avait longtemps travaillé au service des rejetons du duc de Cornouailles, cousins éloignés des enfants de la reine Victoria elle-même. Quoiqu’elle fût naturellement modeste, personne n’ignorait sa prestigieuse expérience au sein de la famille royale et on murmurait dans les couloirs qu’elle avait été décorée par la reine pour services rendus à l’Empire britannique. Mais surtout, ce qui impressionnait les élèves de l’académie, c’était sa parfaite connaissance de l’éducation et ses qualités pédagogiques hors pair. Mrs Stenford maîtrisait tous les types d’enfants : les désobéissants, les coléreux, les maniérés, les hypocrites, les paresseux, les menteurs, les gourmands, les agités : il n’était pas un seul bambin dont elle ne venait à bout, pas une colère qu’elle ne savait désamorcer, pas une dispute qu’elle ne pouvait apaiser. Et tout cela dispensé sur un ton toujours égal, avec le sourire, sans jamais montrer le moindre signe d’impatience ni d’exaspération. Elle avait rédigé un ouvrage remarquable que chacune des élèves recevait en cadeau d’adieu à la fin de ses études : Le guide de l’éducation parfaite à l’usage des nurses qui veulent se faire obéir et aimer des enfants, tout en satisfaisant leurs parents . On pourra objecter que le titre était un peu long et difficile à mémoriser, mais cet ouvrage était une mine, une véritable bible ! Il répondait à toutes les questions que pouvaient se poser les nurses débutantes, résolvait tous les problèmes rencontrés et dispensait de merveilleux préceptes. Cela justifiait largement qu’il eût un titre long comme le bras et qu’il pesât le poids d’une enclume.

– Miss Dashwood, depuis combien de temps êtes-vous élève à la Perfect Children’s Academy ? demanda Mrs Stenford en observant son élève par-dessus ses lunettes.
– Bientôt trois ans madame.
– C’est cela, trois ans… Cela signifie qu’il ne vous reste plus que quelques mois d’étude à accomplir chez nous…
– Oui, madame. Je quitterai l’école en juin, si vous me jugez apte à devenir nurse.
– Voyez-vous, Miss Dashwood, il est des situations où les études demandent à être un peu… raccourcies, dirons-nous.
Elle adressa à son élève un large sourire. Daisy était dubitative : elle ne voyait vraiment pas où Mrs Stenford voulait en venir.
– Vous ne voyez pas ? demanda Mrs Stenford, comme si elle pénétrait dans les pensées de son élève.
– Non, madame.
– Eh bien voilà, expliqua la directrice en dépliant une lettre manuscrite. J’ai reçu hier une demande bien particulière. Il s’agit d’une famille très respectable qui a un besoin urgent de nurse diplômée. Jugez vous-même.
Et, ajustant ses lunettes, Mrs Stenford lut :
« Je connais suffisamment la réputation de votre très prestigieuse école, réputation qui s’est répandue bien au-delà de la Manche, pour ne pas douter que vous saurez nous envoyer au plus vite une gouvernante à la hauteur de la situation. Cette demoiselle devra avoir les nerfs solides, de l’autorité, un certain sens de l’humour ; mais je vous sais assez experte en la matière pour sélectionner la nurse la plus à même de dresser… (ici Mrs Stenford toussa, se racla la gorge et reprit) d’éduquer nos charmants bambins. Croyez que nous vous serons éternellement reconnaissants de la rapidité de votre réponse… »
– Il semblerait qu’il y ait urgence, effectivement, remarqua Daisy, décontenancée.
– N’est-ce pas ? C’est pourquoi j’ai décidé d’accélérer votre formation, déclara Mrs Stenford.
Puis, fixant son élève dans les yeux, elle ajouta sur un ton solennel :
– Miss Dashwood, vous êtes un de nos meilleurs éléments. Vous avez obtenu d’excellentes notes dans toutes les matières. Cette famille a besoin de vous.
– Certainement, mais…
– Dès demain, vous quitterez votre classe. Pendant trois semaines, je vous dispenserai des cours particuliers pour vous permettre d’acquérir les dernières connaissances qui manquent à votre formation. Si vous êtes aussi vive et intelligente que je le suppose, vous pourrez partir accomplir votre mission à la fin du mois.
Daisy Dashwood demeurait interdite. Bien sûr, elle ne voulait pas décevoir Mrs Stenford. Mais enfin, tout cela lui semblait très précipité. Elle avait encore beaucoup de choses à apprendre, par exemple comment combattre la peur du noir ou des fantômes, comment maîtriser un enfant qui se roule par terre dans une boulangerie, et que faire si deux enfants se battent à coups de maillet pendant une partie de croquet. Mais Mrs Stenford semblait considérer que la situation de la famille qui s’était adressée à elle était plus urgente que le cours sur « les probabilités de dérapage au cours des jeux de plein air ». Et Daisy ne voulait surtout pas la décevoir. Après tout, Mrs Stenford savait tout. Elle était la plus à même d’apprécier ce qu’il fallait faire.
– Eh bien, qu’en dites-vous, Miss Dashwood ? demanda la directrice avec un sourire engageant.
– Je… je ne sais pas trop. Je ne m’attendais pas à cette proposition… Naturellement, je ferai ce que vous me demanderez, bredouilla-t-elle, confuse de ne pas éprouver plus de reconnaissance.
– Allons, allons ! Pas de fausse modestie, Miss Dashwood ! Le devoir vous appelle ! Songez que si je vous ai choisie c’est parce que j’ai toute confiance en vos capacités. Et puis, ajouta la directrice, je n’oublie pas que vous avez obtenu les meilleures notes au cours de français ce trimestre…
Daisy ouvrit des yeux ronds.

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