Le fantôme de la maison Scott
42 pages
Français

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Le fantôme de la maison Scott , livre ebook

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Description

Billy Stuart et ses amis ne rigolent pas quand leur honneur de scouts est en jeu. Pas question de refuser l'épreuve que leur soumettent leurs rivaux, les Zaventuriers. C'est entendu, les Zintrépides passeront la soirée dans la demeure abandonnée des Scott. Et ce, même si on raconte que l'endroit est hanté...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 janvier 2020
Nombre de lectures 11
EAN13 9782897624033
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Éditrice : Colette Dufresne
Directrice artistique : Marie-Ève Boisvert, Éditions Michel Quintin
Adaptation numérique : Studio C1C4



La publication de cet ouvrage a été réalisée grâce au soutien financier du Conseil des arts du Canada et de la SODEC.

Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC

Tous droits de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par procédé mécanique ou électronique, y compris la microreproduction, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.

ISBN 978-2-89762-403-3 (ePub)
ISBN 978-2-89762-393-7 (papier)

Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2019
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada, 2019

© 2019, Éditions Michel Quintin inc.

Éditions Michel Quintin
Montréal (Québec) Canada
editionsmichelquintin.ca
info@editionsmichelquintin.ca
PROLOGUE
En apparence, c’était la maison idéale que l’agent immobilier Lincoln House allait faire visiter à ses clients, les Lancaster. La demeure centenaire avec sa spectaculaire tourelle à l’avant gauche était encore habitable, en dépit du fait qu’elle était abandonnée depuis des années.
Protégée de chaque côté par d’immenses arbres, la maison à deux étages avait été construite au début du XX e siècle, dans la rue Charles-Dickens, par le riche homme d’affaires Walter Ivanhoe Scott. Au fil des décennies, les générations de Scott s’y étaient succédé.
De l’extérieur, malgré le passage du temps, elle avait su conserver son charme et sa superbe de l’époque. Il était cependant évident, une fois à l’intérieur, que personne n’y vivait. Des housses protégeaient les meubles de la poussière. Régulièrement, des gens venaient s’occuper de l’entretien. Les policiers faisaient des rondes dans le quartier pour prévenir le vandalisme.
Monsieur House, homme à la coiffure poivre et sel impeccable et au sourire parfait, avait obtenu le contrat de vente de la part d’une collègue. Après bien des années d’insuccès, il était persuadé que cette fois-ci était la bonne.
Cette journée de juillet serait peut-être LE jour, avec la visite des Lancaster. Quand ce couple de jeunes retraités avait découvert la maison sur le site Web de l’agence immobilière, il avait eu un véritable coup de foudre.
Madame Lancaster raffolait des vieilles demeures aux plafonds élevés; monsieur Lancaster adorait bricoler. Le terrain était immense. De plus, le prix demandé, anormalement bas à leurs yeux, était à la portée de leur bourse. La maison Scott, rue Charles-Dickens, correspondait en tous points à leurs rêves.
Le cœur joyeux, le trio est entré dans la résidence. Un froid humide a accueilli les visiteurs, ce qui n’a pas suffi à entacher la bonne humeur de madame Lancaster. Son attention était monopolisée par l’instrument de musique qu’elle venait d’apercevoir dans le grand salon.
— Oh! Le beau piano! s’est exclamée madame Lancaster, ravie. Je peux jouer une pièce? La maison est si silencieuse…
Dix minutes plus tard, les Lancaster sortaient de la résidence en hurlant de terreur et prenaient leurs jambes à leur cou. Ils en avaient oublié leur propre voiture, garée en face.
Devant ce nouvel échec dans sa tentative de vendre la maison Scott, l’agent a poussé un soupir de découragement. Puis il s’est ressaisi. Brandissant le poing, Lincoln House a crié, à l’intérieur de la demeure :
— Un jour, tu vas payer pour ça, Fannie-Phillips Scott!
Il a claqué la porte derrière lui pour essayer de rattraper les Lancaster qui couraient toujours.
Un observateur attentif aurait aperçu à la fenêtre du salon la silhouette translucide d’une petite fille…

Oh! Pas une seule trace de Billy Stuart, de FrouFrou ni des Zintrépides? Vous vous êtes trompés de livre? Mais non, rassurez-vous! C’est seulement l’entrée en matière. On situe l’action dans la ville de Cavendish, où habitent Billy Stuart et compagnie. N’ayez crainte, nos amis sont au rendez-vous dès le premier chapitre.
La forêt des Kanuks, qui borde la coquette ville de Cavendish, n’est pas hantée. De toute manière, si elle l’était, les fantômes trouveraient que ça grouille de vivants!
C’est le rassemblement annuel des scouts du comté de MacTavish, dont nous faisons partie, nous, les Zintrépides.

Voilà, comme promis : nos héros sont au rendez-vous.
Une voix grinçante comme la fraise du dentiste dans une dent cariée m’apostrophe :
— Hé, Billy Stuart! Je ne savais pas que Biveur Jovial avait pensé à la garderie pour tes Zinzins! Yurk! yurk! yurk! rigole un gros carcajou.
Je ris de façon ironique :
— Ha! ha! ha! C’est très drôle, Dévil. On vous a laissés sortir de prison, toi et tes Zaventuriers?
Yéti explose en un éclair :
— Qu’ils y viennent! Non, mais qu’ils y viennent, lui et ses horribles démons!
Un dragon de Komodo s’avance en faisant siffler l’air avec sa langue.
— Calme-toi, petit rat! se moque Gromodo.
Muskie, la mouffette, s’interpose :
— Va donc secouer les intestins d’un gnou dans ta cuisine!
— Pouah! Ça sent mauvais tout à coup! dit l’ours Bébère en reniflant.
Nos deux clans se font face, cinq de chaque côté, à un mètre de distance. Je n’aime pas les Zaventuriers, menés par le carcajou Dévil. Ils sont provocateurs et veulent montrer qu’ils sont supérieurs dans tout, alors qu’on sait que les meilleurs, c’est nous, les Zintrépides.
— Euh… Bébère. T’as un truc au museau, lui signale Galopin, le caméléon.
L’ours brun se tourne vers ses compagnons en quête d’une réponse.
— C’est vrai, ça? C’est vrai? Quelqu’un a un miroir?
Foxy, la renarde, éclate de rire, ce qui génère des réactions dans le groupe adverse.
— Eh bien! ricane Féline, le lynx. La renarde est toujours près de son Billy Stuart à jupe.
Je la corrige :
— Ce n’est pas une jupe, c’est un ki…
La louve Milouve me coupe la parole.
— Sans intérêt! Foxy, tu lui as dit à ton raton laveur à jupe que tu étais en amour avec lui?
Cela engendre un « ooooooh! » railleur chez les Zaventuriers et un horrible malaise du côté des Zintrépides.
Subitement, j’ai très chaud.
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! »
Voilà que s’amène le chien FrouFrou. Foxy s’empresse de l’accueillir. Bonne manière de faire diversion.
— Oh! Mon beau FrouFrou d’amour chéri que je t’aime! Tu t’es sauvé de la maison pour venir nous rejoindre?
Nouvelle charge de la part de Féline :
— Hé, Billy Stuart, elle te parle comme ça, ta Foxy? « Mon beau Billy Stuart d’amour chéri… »
— Ouais, ajoute Milouve. Tu dois être jaloux de ton chien? Bisou. Bisou.
— Ce n’est pas mon chien! dis-je, dans un grondement.
Chaque échange nous rapproche, les Zaventuriers et les Zintrépides. Nous sommes maintenant presque nez à nez. Il faut l’intervention du castor à culottes courtes, Biveur Jovial, pour mettre un terme à notre discussion.
— C’est l’heure du jeu de l’orientation! annonce-t-il.
Il nous sépare les uns des autres avec ses petits bras étirés au maximum.
— Je veux voir de la bonne humeur, de l’entraide, de la solidarité, de l’amitié. On est ici pour s’amuser!
Chacun des Zintrépides et des Zaventuriers produit un genre de grimace souriante, qui paraît satisfaire l’organisateur de la journée.
— Ce n’est que partie remise, grince Dévil, le carcajou, entre ses dents.
Dans la grande clairière, Biveur Jovial réunit autour de lui une dizaine de troupes. En raison de sa petite taille, il doit grimper sur une table de pique-nique pour que tous puissent le voir.
— Voici les règles du jeu…
Mais le brouhaha des conversations noie ses paroles. Avec sa queue, il tape fort à trois reprises sur la table afin d’attirer l’attention de son auditoire, qui se tait aussitôt.

Les castors, c’est connu, s’avertissent de la proximité d’un danger en frappant de leur queue plate le sol ou l’eau. Ce signal alarme toute la colonie et peut être entendu dans un rayon de deux kilomètres.
L’organisateur de l’activité explique aux scouts que le but du jeu de l’orientation est de découvrir un trésor. Il y a un objet caché pour chaque groupe.
— Il suffit de trouver son trésor le plus vite possible, selon les instructions reçues, conclut le castor.
C’est Dévil, le carcajou, qui nous remet notre feuillet. Il nous rejoint avec sa garde. Le chien FrouFrou grogne à leur approche. Muskie retient Yéti par le collet. La belette veut s’attaquer à l’ours Bébère.
— Qu’il y vienne! Non, mais qu’il y vienne, le Winnie l’ourson! Je vais lui botter les grosses fesses jusqu’à la forêt des Rêves bleus!
Dévil me fait face.
— Je vous propose un défi, Billy Stuart, à toi et à ton groupe de Zinzins. Yurk! yurk! yurk!
Une cloche d’alerte sonne dans ma tête. Dévil et ses Zaventuriers n’ont jamais accepté que nous, les Zintrépides, décrochions le titre de la troupe de l’année au dernier rassemblement des scouts de la région de MacTavish. Toutefois, je ne souhaite pas perdre la face devant eux.
— Je t’écoute, Dévil.
Il brandit le feuillet d’instructions à quelques centimètres de mon museau, ce qui me fait loucher.
— Il n’y a vraiment pas d’enjeu ici. Que dirais-tu si on faisait un pari? Le groupe qui trouve son objet et le rapporte le plus vite possible dans la clairière gagne…
Foxy est perplexe.
— Il gagne quoi?
Dans mon esprit, je vois déjà des prix : une douzaine d’écrevisses en chocolat ou le gazon coupé chez mes parents pour le reste de l’été.
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! » jappe FrouFrou, comme s’il craignait qu’on l’oublie.
Ah! j’imagine aussi : quelqu’un qui s’occupe de garder ce sale cabot pour toute l’année, et l’an prochain, et l’année suivante…
— Pourquoi tu souris, Billy Stuart? chuchote Foxy.
Dévil me ramène à la réalité :
— Les vainqueurs pourront imposer une épreuve aux perdants. Ça vous va?
Je consulte mes amis du regard. Tous sont d’accord, à une précision près.
— Tu n’inclus pas mon beau FrouFrou d’amour dans l’enjeu, Billy Stuart, annonce Foxy à mi-voix. Je te connais trop. Je ne veux pas que ces brutes s’en occupent…
Je croise les bras sur ma poitrine et je boude.
— Tu m’enlèves tout le plaisir, Foxy…
— Franchement, Billy Stuart! me blâme la renarde.
— Une chicane, rigole Féline en nous observant.
— Ouais, ajoute Milouve. Une chicane d’amoureux…
Dévil perd patience.
— Assez bavardé! tranche le carcajou. C’est oui ou c’est non?
— C’est oui! lui dis-je, déterminé. Parole de scout.
Pour sceller notre pacte, nous nous crachons dans la main pour ensuite serrer celle de l’autre. Eurk! De la salive de carcajou, c’est visqueux…
Témoin de notre échange, Biveur Jovial est touché.
— Ah, la belle camaraderie! Bonne chance, les amis!
Si les Zaventuriers prennent la direction du nord pour s’enfoncer dans la forêt, nous virons les talons et filons vers le sud, comme indiqué sur notre feuillet.
Chemin faisant, nous entonnons la chanson des Zintrépides :
« Nous marchons tous

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