Le refuge de Valrêve
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Description

« On lui avait expliqué que l’endroit ressemblait un peu à Wild Field, la réserve naturelle où ils avaient grandi. C’était un sanctuaire ; un refuge... Un lieu où les animaux sauvages étaient choyés et soignés en attendant de pouvoir retourner dans leur habitat d’origine. »

Tout juste arrivés du Kenya, Jawau et Izia emménagent au refuge de Valrêve avec leur père, vétérinaire. Habitués à être libres, les deux adolescents ont du mal à s’adapter à leur nouvelle vie. Mais ils aiment passionnément les animaux... Et ils se lient d’amitié avec les soigneurs qui s’occupent des lions, loups, éléphants et autres « résidents » de Valrêve. Ils se rendent utiles... D’autant plus qu’aucune bête ne les effraie. Peu à peu, Izia et son frère découvrent également certains secrets de Valrêve. Une lionne semble étrangement familière à Jawau ; une légende raconte qu’un trésor appartenant aux Templiers serait caché quelque part dans le parc... Et si c’était vrai ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 octobre 2017
Nombre de lectures 43
EAN13 9782215135388
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
PREMIÈRE PARTIE
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
SECONDE PARTIE
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
De Valrêve à la réalité
Notes
Page de copyright
Cette histoire est une fiction. Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels ne serait toutefois pas vraiment une coïncidence.
Le Refuge de Valrêve est aussi sur le Web : http://www.deslionsetdeshommes.com
« Elle avait parlé dans un souffle, mais King avait entendu sa voix. Il étendit sa patte, en glissa le bout renflé et sensible comme une éponge autour de la nuque de la petite fille, attira sa tête contre celle de Bullit et leur lécha le visage d’un même coup de langue. » Le Lion , Joseph Kessel
« Quand on a tissé un lien avec un animal, on veut entrer dans son monde et comprendre ce qu’il comprend. Alors on découvre d’autres univers mentaux qui, par comparaison, permettent de mieux comprendre le nôtre. » Dans sa préface de Sans les animaux, le monde ne serait pas humain , de Karine Lou Matignon, Boris Cyrulnik
Un grand merci à : Sébastien Pouvreau, soigneur animalier, secrétaire de l’AFSA (Association Francophone des Soigneurs Animaliers), pour ses précieux conseils ; Laurent Baheux, talentueux photographe animalier, qui partage mots et photos sur notre site et dans ce livre ; Mon éditeur, qui a soutenu la réalisation de cet ouvrage. Une pensée tendre pour ceux que j’aime, humains et animaux. Et il y en a beaucoup.
À l’attention du lecteur
Alors que j’effectuais des recherches pour écrire ce roman, un cirque animalier s’est installé non loin de chez moi. Un petit cirque familial, traditionnel, avec beaucoup d’animaux : dromadaires, vachettes, vache d’Écosse, chevaux, et lions. Un mâle et au moins trois femelles. La troupe exposait les fauves dans des camions grillagés. Les spectacles ont été assurés, très bon marché, presque bradés. Puis le cirque a cessé ses représentations, remballé son chapiteau…
Et est resté sur place une semaine. Deux semaines, trois, quatre… Les animaux étaient attachés au bout d’une corde trop courte, dans un pré dénué d’herbe. Les lions ? Enfermés.
Un jour, je suis passée devant le camion-cage du mâle. Sa crinière dépassait entre les barreaux, comme du crin desséché. Son regard était éteint.
Je me suis inquiétée du sort des femelles. Étaient-elles dans l’un des autres camions, mais sans fenêtres, donc sans lumière ?
J’ai commencé à me renseigner, à appeler çà et là, les organismes officiels ainsi qu’une association de protection animale réputée.
Ce cirque faisait déjà l’objet de signalements. J’ignore ce qui s’est passé ensuite… Je sais juste que l’une des seules solutions, lorsqu’on constate souffrance ou maltraitance animale, est de réussir à faire placer les animaux dans un refuge, un sanctuaire, comme celui qui est décrit dans ce roman.
Or on manque de sanctuaires.
Le regard du lion de ce cirque me poursuit encore.
Anouk Journo-Durey
PREMIÈRE PARTIE
Tourner la page
Retrouver un regard
Tenter d’être sage
Chapitre 1
Rattrapé par le passé
Ça tournait en rond, dans son esprit…
Peut-être parce qu’il avait l’impression d’être enfermé.
Oui, exactement… Comme les félins ici.
Les mêmes pensées tourbillonnaient en lui depuis leur atterrissage à Paris, sous un ciel gris, une semaine plus tôt.
Jawau mourait d’envie de s’enfuir, de retourner là-bas, au Kenya… Retrouver les étendues sauvages de Wild Field, la terre sèche, poussiéreuse – cette latérite rouge qui ne lui piquait même pas les yeux tant il s’y était habitué –, le soleil brûlant, ses amis massaïs… Sa liberté…
Tout ça lui manquait trop.
Mais je n’ai pas le choix. Je dois être ici avec papa et Izia.
Jawau continua à marcher de long en large dans la chambre rectangulaire aux murs blancs, impersonnelle malgré son plafond orné de poutres. La sienne, dorénavant. Bakota, son lémurien, se cramponnait bizarrement à ses épaules, sa longue queue pendant sur le côté. À croire qu’il craignait quelque chose. Quoi ? Leur nouvelle vie en France dans cette vieille maison humide de Normandie ? À côté d’un parc animalier ?
Non, dans le parc. C’était le seul point positif.
Non loin, à moins de 1 kilomètre, se trouvaient des éléphants, des lions, des ours, des zèbres, des chevaux, des reptiles, des loups, des chimpanzés… Les résidents du domaine de Valrêve.
Leur nouveau domicile.
Eux aussi étaient des habitants du refuge de Valrêve. Pour combien de temps ? Six mois ? Un an ? Plus ?
Jawau s’immobilisa devant la fenêtre et regarda dehors. Son père, le Dr Antoine Beaucaire, discutait dans la cour avec Nadia Holmes, la femme brune qui leur avait fait visiter la propriété à leur arrivée. Nadia gérait le secrétariat, l’accueil, les commandes de fournitures et de friandises pour la boutique… Elle faisait beaucoup, ici. « Y compris aider papa », songea-t-il, observant les deux adultes.
Son père venait d’être embauché comme directeur et vétérinaire associé. Il avait énormément à apprendre en peu de temps pour être opérationnel.
« On n’est pas près de repartir », pensa Jawau, réaliste. De toute façon, où iraient-ils ? À Wild Field, leur lodge avait été loué à une autre famille. La totalité de leurs affaires avaient été soit données soit vendues, et le reste stocké dans des cartons et des malles, transporté par bateau dans des containers jusqu’au port du Havre. Rien n’avait encore été déballé… ou si peu.
Le plus difficile avait été de choisir ce qu’ils emporteraient. Pendant trois mois, ils avaient trié leurs jouets, livres, vêtements, meubles… Le petit frère de Jim, son meilleur ami kényan, avait hérité de sa collection de mangas.
Le nez contre la vitre, Jawau souffla de la buée. Doucement avec l’index, il traça des cercles, laissant apparaître un bout de ciel bleu moutonné de nuages blancs. Midi approchait, et aujourd’hui, le soleil brillait. Ce n’était pas le même qu’en Afrique, il paraissait plus éloigné de la Terre, plus petit…
Soudain, une idée jaillit en lui. Une idée… solaire ; lumineuse.
En sept jours, il avait déjà parcouru plusieurs fois le domaine de Valrêve du nord au sud – 4,1 kilomètres –, et d’est en ouest – 5,5 kilomètres. Il en avait mesuré les distances pendant son jogging avec l’appli de son portable. Courir lui permettait d’évacuer son trop-plein d’énergie et de frustration. Mais cette idée-là valait un paquet de joggings !
Oui, c’est ce que je vais faire…
Il allait découvrir les animaux pour de bon, au lieu de se contenter de les regarder derrière les clôtures. Ce serait son programme au fil des jours, des semaines, des mois. Peut-être même pourrait-il aider les soigneurs !
D’abord, il rendrait visite aux lions…
Évidemment. Dès aujourd’hui.
Tout de suite.
Parce qu’il était temps qu’il vérifie ce qui le titillait depuis le premier jour. Un truc trop bizarre. Sans doute se trompait-il…
Mais peut-être pas.
– Yeah… That’s a really good idea 1 , murmura-t-il en effleurant la patte de Bakota.
Comme souvent, il pensait en anglais, qui avait fait partie de son environnement quotidien jusqu’à la semaine précédente. Au Kenya, on parlait anglais, swahili, sheng 2 et plus de soixante autres langues. ­Dorénavant, il n’entendait que des mots français, et malgré lui, ça lui semblait curieux.
Le lémurien maki catta – particulièrement menu pour son espèce – se cala plus confortablement sur ses épaules. Même s’il sentait les griffes de l’animal à travers son tee-shirt, Jawau sourit. Bakota se débrouillait toujours pour faire patte de velours, comme s’il savait que son jeune maître se détendait à son contact. Jawau adorait caresser son pelage noir et blanc. C’était tiède, doux et tellement réconfortant.
Il aimait Bakota, tout simplement. Une forte affection les liait, et le petit primate ne s’éloignait jamais beaucoup de lui. À croire que son territoire se limitait, maintenant, à celui de Jawau.
Tous deux avaient le même âge : quatorze ans. Bakota, originaire de Madagascar, avait été illégalement importé au Kenya par des touristes lorsqu’il était tout bébé, et confié au refuge dont s’occupaient les parents de Jawau. Non seulement il avait survécu, mais en plus, il s’était adapté d’une façon extraordinaire. En grandissant, il était devenu un merveilleux compagnon de jeu. Preuve de ses débuts chaotiques dans la vie, sa taille se montrait néanmoins inhabituellement réduite pour son espèce.
Réussir à l’emmener en France n’avait pas été une mince affaire. À la douane de l’aéroport de Nairobi, un agent zélé avait failli interdire la sortie du territoire de Bakota et Yakou, le chat tigré de sa sœur Izia. Leur père, qui avait bien sûr communiqué les carnets de santé et le certificat de capacité 3 pour Bakota, avait dû négocier avec force arguments. « Mes enfants ne vont quand même pas abandonner leurs animaux ? » avait-il lancé à la cantonade, apostrophant les gens qui faisaient la queue derrière eux. Une femme en boubou s’en était mêlée, soutenant la famille ; quelqu’un d’autre avait adopté un avis contraire… Et tout le monde s’était mis à palabrer et palabrer. Le décollage de leur avion avait été retardé d’une bonne vingtaine de minutes… Mais ils avaient eu gain de cause, regardant, avec un pincement au cœur, leurs animaux bien-aimés être embarqués sans ménagement dans les soutes de l’appareil.
Neuf heures plus tard, en France, les ennuis avaient recommencé avec les responsables de la sécurité sanitaire de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Des dizaines de papiers signés, d’impressionnantes prises de sang prélevées sur Bakota et Yakou… Et six jours de confinement pour les deux animaux, maintenus en observation dans des espèces de clapiers inhospitaliers au possible. Les services vétérinaires devaient s’assurer que les animaux ne souffraient d’aucune maladie tropicale contagieuse. Bon, ça se comprenait… Mais l’épreuve avait été rude, surtout pour Bakota. Il avait souffert de palpitations si fortes qu’on avait dû lui administrer un léger sédatif afin qu’il supporte un peu mieux son enfermement provisoire. Yakou, lui, s’était enroulé sur lui-même, le museau enfoncé dans son flanc.

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