LE Revenant baie sainte marie
362 pages
Français

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Description

En Nouvelle-Écosse, sur les rives de la Baie Sainte-Marie, le fantôme d’un sorcier malfaisant revient hanter une communauté acadienne... qui n’en est pas à un mystère près ! Les Trois Mousquetaires, Gabriel, Ania, Mamadou, sans oublier leur fidèle chien Dali, quittent donc le Nouveau-Brunswick pour cette huitième aventure palpitante. Avec l’aide de mamie Georgette, du professeur Jarnigoine et d’un sosie un peu ridicule d’Indiana Jones, cette petite équipe réussira-t-elle à vaincre un revenant maléfique ? Et ce, avant que les malheurs ne se multiplient ?
lien video: https://www.youtube.com/watch?v=azsop8d7nHQ

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 février 2018
Nombre de lectures 10
EAN13 9782897501020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Une lettre intrigante ............................ 9
Un appel à l’aide ................................... 15
Mamie et papi ......................................... 19
En route pour la Nouvelle-Écosse ............................... 23
Une leçon d’histoire acadienne ............................ 27
Le revenant de la Baie Sainte-Marie ............................. 31
L’Inconnu de la Baie Sainte-Marie ................................. 35
LE HAVRE DU CAPITAINE ........................... 41
AMÉDÉ ROBICHEAU ................................... 47
L’enquête commence ............................ 55
Le revenant de l’Église Sainte-Marie .......................................... 59
Une vieille connaissance ........................................ 63
Harrison Ford ....................................... 67
Madame Églantine ................................. 75
Un petit ennui mécanique .................. 83
CHEZ MONSIEUR ROBICHEAU ................... 85
CY À LA RADIO ......................................... 93
LES DÉTECTEURS D’EMF ........................... 99
DÉDOUBLEMENT ...................................... 105
AU BUREAU De Harry ............................ 109
AU CAFÉ LISA T. ....................................... 115
LE GROS CHIEN NOIR .............................. 119
DALI À LA RESCOUSSE ............................ 123
DE RETOUR CHEZ MONSIEUR ROBICHEAU .................. 127
À LA CUISINE ROBICHEAU ........................ 131
CY S’ENVOLE ........................................... 135
RÉCAPITULATION .................................... 139
LES FOULARDS D’ALMA ........................... 143
Harrison Ford est de mauvaise humeur .............................. 147
Ania A UN PLAN ...................................... 151
Cy à Mateur se révèle ............................................... 155
TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE .... 163
La grande tromperie de Harrison Ford ................................ 167
De Célestin Trahan à Harry Ford .... 175
le secret de Jérôme ............................................. 179
Épilogue ................................................ 183



LE REVENANT DE LA BAIE SAINTE-MARIE


UNE AVENTURE DES TROIS MOUSQUETAIRES



Du même auteur
Série Les Trois Mousquetaires :
Le monstre du lac Baker
Les soucoupes de la Péninsule
La prophétie de la Terre creuse
La vengeance de Groroth
Le bateau fantôme de Petit-Rocher
L’Île-au-Crâne de Shediac
Le colosse des neiges de Campbellton
Hors série :
Un extraterrestre à l’école
Une sorcière à l’école
Frayeur à l’école



Denis M. Boucher
Roman
Illustré par Paul Roux



LE REVENANT DE LA BAIE SAINTE-MARIE


UNE AVENTURE DES TROIS MOUSQUETAIRES



Titre : Le revenant de la Baie Sainte-Marie
Texte : Denis M. Boucher
Illustrations : Paul Roux
Conception graphique : Denis M. Boucher
Direction littéraire : Marie Cadieux
ISBN papier : 978-2-89750-100-6 ISBN PDF : 978-2-89750-101-3
ISBN ePub : 978-2-89750-102-0
Dépôt légal : 3 e trimestre 2017
Bibliothèque et Archives Canada
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Impression : Friesens
Diffuseur au Canada : Prologue
Courriel : prologue@prologue.ca
Distributeur en Europe : Librairie du Québec/DNM
Courriel : direction@librairieduquebec.fr
© Bouton d’or Acadie
Case postale 575
Moncton (N.-B.), E1C 8L9, Canada
Téléphone : (506) 382-1367
Télécopieur : (506) 854-7577
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Ce livre est également disponible en format numérique.
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Créé en Acadie — imprimé au Canada
www.boutondoracadie.com
Pour ses activités d’édition, Bouton d’or Acadie reconnaît l’aide financière de :





« Mon nom c’est Cy à Mateur J’ai un nom qui sème la peur Les lignes de ma paume Parlent de tchômes et de fantômes » Mon nom c’est Cy à Mateur
– Michel Thibault, interprété par Grand Dérangement, album Tournons la page







Chapitre 1
Une lettre intrigante
C e matin-là, les Trois Mous- quetaires revenaient d’une partie de soccer âprement disputée entre leur équipe, les Aigles de Dieppe, et leur éternel rival, le Zeus de Moncton.
La joute s’était déroulée sur le terrain de leur école et les amis s’y étaient rendus en vélo. Ils arrivaient au coin du chemin Gauvin et de la rue Thomas, quand Gabriel se tourna vers ses amis.
– C’était quand même une très belle partie, dit-il. Avec un peu de chance, nous aurions pu gagner.
– Oh, oui, acquiesça Mamadou, qui avait marqué deux buts. C’était très serré jusqu’à la toute fin.
– Ça aurait été une bien plus belle partie si tu n’avais pas littéralement donné un but à l’autre équipe ! lança Ania en regardant Gabriel, qui était le gardien des Aigles.



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– Ce n’est pas de ma faute, se défendit ce dernier. Un oiseau est passé au-dessus de moi quand le tir est arrivé ! C’est la pre- mière fois de ma vie que j’en voyais un comme ça.
– Tu n’as jamais vu un tir comme ça ? s’étonna Ania.
– Euh... je parlais de l’oiseau, répondit Gabriel. Il était noir et il avait deux taches rouges sur les ailes...
Ania pinça les lèvres.
– Comme d’habitude, ça ne prend pas grand-chose pour te distraire. C’est comme quand tu es en classe, si tu étais juste un peu plus attentif...
– Hé ! intervint Gabriel en montant le ton. J’ai fait plusieurs beaux arrêts, ne l’oublie pas. Et s’il te plaît, ne parle pas de l’école pendant qu’on est en vacances, ça me donne mal au ventre.
– Allez, les amis ! dit Mamadou, qui était habitué à être l’ar- bitre attitré entre ses deux amis. Pas besoin de vous disputer, on joue pour le plaisir, ne l’oublions pas.
– Je sais, je sais... concéda Ania. C’est juste que je déteste perdre.
– Moi aussi, j’aime mieux gagner, avoua Gabriel, mais dans la vie, il y a bien pire que de perdre une partie de soccer. Parfois, il faut prendre ce genre de choses avec un grain de sel.
– En parlant de sel, dit Mamadou, j’ai faim, soudainement.
Ania ne put s’empêcher de sourire. Manger était l’activité préférée de Mamadou et peu importe le moment de la journée, il avait toujours faim.
– Ça me fait penser, dit Gabriel. J’ai laissé Dali avec mes grands-parents ce matin et...
– Tu aurais pu l’inviter à voir notre partie, coupa Ania à la blague. C’est un grand fan de soccer, tu sais.
Dali était le chien de Gabriel et il faisait partie de toutes les aventures des jeunes détectives.



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– C’est vrai, mais il préfère se faire gâter par mamie Georgette, plaisanta Gabriel. Mais ce que j’allais dire, c’est qu’elle m’a invité à dîner... et elle a fait son fameux macaroni à la viande. Je suis certain que ça lui ferait plaisir si vous veniez aussi.
Les yeux de Mamadou s’arrondirent.
– Mmm... le macaroni de mamie, fit-il en se frottant le ventre. Il n’y en a pas de meilleur. Et comme tout le monde sait que jouer au soccer, ça donne faim, je ne dirai pas non !
– Ah ? fit Ania d’un ton faussement surpris. Parce que ça t’est déjà arrivé de dire non à une invitation à dîner, Mamadou ?
– Je suis trop bien élevé pour ça, répondit ce dernier. Dans certaines cultures, c’est vraiment impoli de refuser de la bouffe. Allons, dépêchons-nous.
– Avant, on va devoir faire un petit détour, annonça Gabriel. J’ai promis à mamie de lui apporter son courrier.
Les trois amis traversèrent la rue Thomas et se dirigèrent vers la boîte postale communautaire de la rue Chardonnay.
– Parfois, je me demande pourquoi les gens envoient encore des lettres par la poste, philosopha Gabriel quand ils furent devant la boîte. Avec les textos, les courriels et les médias sociaux... sauf pour envoyer des paquets, ce n’est plus très utile.
– En plus, c’est mauvais pour l’environnement, enchaîna Ania. On coupe des arbres pour nous envoyer des publicités qui nous font acheter des choses dont on n’a pas besoin. Et une fois qu’on les a vues, on les jette à la poubelle !
– Ben, parfois, ça peut aussi être bon, dit Mamadou. Pas plus tard qu’hier, on a reçu par la poste un coupon pour une pizza à moitié prix...
Gabriel pouffa de rire et commença à fouiller dans ses poches pour trouver la clé que lui avait confiée sa grand-mère. Ania quant à elle se contenta de secouer la tête. Mamadou était déci- dément incorrigible.



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Quand il eut trouvé ce qu’il cherchait, Gabriel descendit de son vélo, déverrouilla la serrure et ouvrit la petite case.
– Une offre incroyable d’un câblodistributeur, marmotta-t-il en sortant un feuillet bigarré. Pour quelques mois seulement, j’en suis certain. Mais après, sortez votre portefeuille parce que ça va vous coûter cher !
Il regarda ses amis avec un sourire en coin.
– Si je dis ça, c’est parce que papa est toujours en train de grogner contre ces compagnies.
Il prit les autres pièces et les examina une à une.
– Quelqu’un qui veut qu’on vote pour lui et qui promet de faire mieux que son adversaire ; une facture d’électricité – mmm... je devrais montrer à mamie comment s’abonner à la facturation électronique.
Il passa à l’enveloppe suivante et s’arrêta.
– Ah ? Voilà qui est intrigant...
– Quoi ? demanda Ania.
– Une lettre adressée aux Trois Mousquetaires, répondit Gabriel en levant les sourcils.
Le quartier général des jeunes détectives était situé au sous- sol de la maison de ses grands-parents, mais c’était la première fois qu’ils y recevaient une lettre à leur intention.
– C’est bizarre, continua-t-il. Habituellement, mes admira- trices communiquent avec moi sur Instagram...
– Tes admiratrices ?!? s’écria Ania, qui faillit s’étouffer. Arrête de dire des niaiseries et montre-nous cette lettre.
Gabriel fit une grimace, mais lui tendit quand même l’enveloppe.
– C’est écrit à la main, fit-elle remarquer. Ce n’est donc pas une réclame publicitaire.



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– Peut-être que quelqu’un a besoin des Trois Mousquetaires, se hasarda Mamadou.
– Tu as sûrement raison ! s’écria Gabriel avec fébrilité. Allez, ouvrons-la tout de suite !










Chapitre 2
Un appel à l’aide
A nia déchira l’enveloppe en vitesse et en sortit une feuille lignée soigneusement pliée. Elle la déplia et l’examina sans rien dire pendant quelques instants, puis ses sourcils prirent la forme de deux accents circonflexes.
– Mmm... fit-elle. Très intéressant.
– Alors, c’est quoi ? demanda Gabriel en sautant sur place.
– C’est une lettre, répondit son amie avec un sourire narquois.
– Je sais ça, gronda Gabriel.
– Ben, tu m’as demandé « c’est quoi ? », alors j’ai répondu à ta ques- tion ! continua-t-elle d’un ton coquin.
Gabriel poussa un soupir.
– Tu sais très bien que ce n’est pas ce que je voulais dire...
– C’est comme Mamadou l’avait prédit, dit Ania en tendant la feuille de papier à ses amis. Voici notre pro- chain mystère.
Gabriel prit la feuille et la montra à Mamadou. En lettres cursives



16



soigneusement écrites à l’encre bleue se trouvait un court texte que les deux amis entreprirent de lire en silence.
Chers Trois Mousquetaires,
Je m’appelle Alma et je vous écris parce qu ’ un terrible
malheur s ’ est abattu, comme un grand feu, sur
la Baie Sainte-Marie.
Celui qu ’ on appelait le sorcier acadien est de retour pour
épouvanter les habitants de Clare et pour une raison que je
ne connais pas, il a décidé de s ’ en prendre à mon pauvre
grand-père Robicheau, un homme qui n ’ a jamais fait de mal
à une mouche.
Si rien n ’ est fait, pépére va perdre sa maison, et c ’ est tout
ce qui lui reste. Je ne peux pas tout vous raconter, mais
sachez qu ’ il y a un revenant à la Baie Sainte-Marie, et
je crois sincèrement que vous êtes les seuls à pouvoir le chasser.
Si vous acceptez de nous aider, j’ai réservé des chambres
pour vous à l’hôtel Au Havre du Capitaine, à partir
du 15 juillet. Je serai là pour vous accueillir. Je sais que vous
ne voyagez jamais sans Dali et nous acceptons les animaux.
Si vous ne pouvez pas venir, je comprendrai.
En espérant vous voir à la Baie sous peu,
Alma Comeau.
– Ça alors... fit Gabriel quand il eut terminé.



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– Si je ne me trompe pas, un revenant, c’est un fantôme, dit Mamadou. Ça, c’est cool.
– Un fantôme ? s’écria Gabriel. Mais alors, qu’est-ce qu’on attend ?!? Allons aider ce pauvre monsieur tout de suite !
Il allait monter sur son vélo, mais s’arrêta quand il réalisa qu’il ne savait pas où il allait.
– Euh... c’est où, la Baie Sainte-Marie, encore ?
– C’est en Nouvelle-Écosse, Gabriel, déclara Ania. On ne peut pas y aller en bicyclette...
– On va donc avoir besoin de mamie, dit Mamadou.
Non seulement le quartier général de l’agence de détectives des Trois Mousquetaires était établi chez les grands-parents de Gabriel, mais mamie Georgette était aussi leur conductrice attitrée.
– Allons-y tout de suite, dit Gabriel. Je suis certain qu’elle va dire oui.










Chapitre 3
Mamie et papi
Q uand les amis arrivèrent à destination, ils aperçurent papi Réginald, qui se trou- vait dans le garage, au milieu d’un fouillis d’outils et de tuyaux de toutes sortes.
– Salut, les Moustiquaires ! lan- ça-t-il en les voyant.
Papi aimait faire des farces et il avait pris l’habitude d’appeler leur agence de détectives les « Moustiquaires ».
– Bonjour, Papi, dit Gabriel. Qu’est-ce que tu fais ?
– J’installe un nouveau système d’échangeur d’air, répondit fièrement ce dernier.
– Mais... je croyais que vous en aviez déjà un, fit remarquer Gabriel.
– Oui, oui... répondit son grand- père en dépliant un diagramme grand comme une carte routière, mais celui-ci, c’est le dernier modèle.
– Tu ne ferais pas mieux de faire appel à un expert ?



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– Et payer un prix fou ? ronchonna papi. Non, merci ! Je peux très bien faire ça tout seul...
Il examina le capharnaüm qui l’entourait.
– Bon, je dois raccorder le conduit de distribution au... mais où est passé le caisson d’extraction d’air vicié... ?
– Je crois qu’on ferait mieux de te laisser travailler, dit Gabriel. On va rester à dîner, ça fait qu’on se verra tantôt.
– D’accord, mon garçon, dit distraitement son grand-père en se grattant la tête. J’étais pourtant certain d’avoir laissé mon chasse-goupille sur l’établi...
Les trois amis entrèrent dans la maison et furent immédiate- ment accueillis par les joyeux jappements de Dali, qui arrivait en courant.
– Allô, mon beau chien ! lança Gabriel. J’imagine que mamie t’a bien traité pendant mon absence.
« Ouaf ! » acquiesça Dali.
La grand-mère de Gabriel arriva quelques secondes plus tard.
– Ah ! quelle belle visite, lança-t-elle en voyant Ania et Mamadou. Voulez-vous rester à dîner ? J’ai fait du macaroni et il y en a assez pour tout le monde.
Les deux amis hochèrent vigoureusement la tête.
– Très bien, et quel bon vent vous amène ? demanda mamie, qui aimait bien colorer ses propos de proverbes, de citations et d’expressions populaires.
– Euh... il ne vente pas, Mamie... dit Gabriel.
– C’est une expression, Gabriel, soupira Ania. On dit ça quand on est content de voir quelqu’un, tout en lui demandant la raison de sa visite. Tu devrais le savoir, on a étudié ça en cinquième année, les expressions idiomatiques.
Mamadou et Gabriel se regardèrent en levant les épaules. Ania avait sûrement raison, mais ni l’un ni l’autre ne s’en souvenait.



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– Moi, j’aime ça, les expressions de mamie, déclara Gabriel. Je crois que moi aussi, je vais commencer à utiliser des expres- sions idio... euh... idio... tiques.
– Oui, avec toi, ça risque en effet d’être des expressions plus « idiotiques » qu’idiomatiques, lança Ania.
– Ho ! s’écria Gabriel. Pas besoin de monter sur tes grands cheveux, Ania. Je trouve ça amusant, c’est tout. Et ça ne prend pas la tête à Bobineau, quand même...
– On dit « monter sur ses grands chevaux », répliqua son amie. Et c’est Papineau, pas Bobineau. Mais puisque tu aimes ça, les expressions, j’en ai une qui s’applique très bien à ton cas, peut-être la connais-tu ? Ça va comme ceci : les cornichons ne sont pas tous dans des pots !
Gabriel se tourna vers Ania en plissant les yeux.
– Toi, tu ne perds rien pour entendre, dit-il, et Ania ne put s’empêcher de pouffer de rire.
Gabriel allait protester quand Mamadou intervint.
– Allez, les amis, on n’est pas venus ici pour se chicaner, dit-il sagement.
– Désolée, dit Ania à l’endroit de Gabriel. Je ne voulais pas t’insulter. C’est bon que tu essaies d’apprendre de nouvelles expressions...
– C’est bien vrai, déclara Gabriel. Et on dit bien que c’est en bûchant qu’on devient forgeron, alors je vais continuer d’essayer.
Ania allait dire que c’était plutôt en forgeant qu’on devenait forgeron, mais elle ne voulait pas froisser son ami de nouveau et décida de laisser tomber.
Gabriel se tourna vers sa grand-mère.
– On s’est arrêtés à la boîte postale comme tu l’avais demandé, Mamie, dit-il en déposant le courrier sur la table. Mais regarde ça... il y avait une lettre adressée aux Trois Mousquetaires.





Curieuse, mamie Georgette prit la feuille que lui tendait Gabriel et la lut avec intérêt.
– On dirait que ce pauvre vieillard a besoin d’aide, dit-elle quand elle eut terminé.
– Surtout qu’un sorcier-fantôme est après lui, ajouta Gabriel.
– Je ne suis pas prête à dire que c’est un sorcier ou un fan- tôme, dit Ania. Mais il y a certainement quelque chose qui se passe.
– Il n’y a pas de fumée sans feu, déclara mamie.
– Oui, il y a sûrement aiguille sous roche, enchaîna Gabriel, sans réaliser qu’il venait encore de déformer une expression populaire. Alors, Mamie, qu’en dis-tu ?
– Mmm... je n’ai jamais vu la Baie Sainte-Marie, répondit-elle. Avant qu’on soit mariés, papi et moi, on est allés dans cette région, mais on avait seulement visité la vallée d’Annapolis et Grand-Pré...
Elle pinça les lèvres avant de continuer.
– Papi vous a-t-il mentionné son nouveau projet d’échangeur d’air ? Imaginez-vous qu’il va devoir faire des trous partout dans les murs et les plafonds pour installer cette machine. En attendant que ce soit terminé, je crois que c’est moi qui vais devoir changer d’air.
– Youpi ! cria Gabriel.
– Alors, c’est réglé, annonça mamie. Comme l’auteure de cette lettre parle du 15 juillet, on va partir samedi. Préparez-vous pour un grand voyage à la Baie Sainte-Marie.






Chapitre 4
En route pour la Nouvelle-Écosse
À sept heures le samedi matin, les Trois Mousquetaires étaient installés dans la fourgonnette de mamie, prêts à prendre la route pour la Nouvelle- Écosse. Dali se prélassait sur le siège arrière, Ania avait choisi le siège du passager avant, alors que Mamadou et Gabriel occupaient les sièges du milieu.
– Ça va être un long voyage, les amis, annonça mamie. Environ cinq heures en tout : trois heures de route et deux sur le traversier qui part de Saint-Jean et qui se rend à Digby, en Nouvelle-Écosse.
– Mmm... Digby, fit rêveuse- ment Mamadou. Saviez-vous que les pétoncles de Digby sont les meilleurs et les plus juteux qui existent ?
– Mamadou... on vient tout juste de déjeuner, fit Ania avec une grimace, ça ne me tente pas de parler de bouffe...



24



– Bof, moi, je trouve qu’il n’y a jamais de mauvais moment pour ça, fit Mamadou en haussant les épaules.
– Pour moi, dit mamie avec un sourire, le matin est un moment parfait pour un latté. Nous allons nous arrêter au café Clémentine avant de prendre la route, c’est mon préféré.
Quinze minutes plus tard, mamie avait fait le plein de caféine et ils remontèrent la promenade Elmwood jusqu’à la bretelle menant à la route 2 en direction ouest.
Dès qu’ils furent sur l’autoroute, mamie alluma la radio, où jouait la nouvelle émission d’Anne Gobelin, Samedi pas ! , pendant que Mamadou et Gabriel sortaient leurs iPad.
Ania les regarda et fit une grimace.
– Qu’est-ce que c’est que ça ? s’exclama-t-elle en voyant le jeu qui figurait sur la tablette de Gabriel.
Sur l’écran se trouvait ce qui ressemblait à un monde en 3D entièrement construit en blocs Lego. Tout était fait de gros pixels carrés, autant les personnages et les habitations que la végétation. Même les nuages étaient faits de carrés.
– C’est un monde que j’ai créé moi-même, dit Gabriel.
Puis il se tourna vers Mamadou.
– Je t’ai envoyé une invitation pour que tu te joignes à moi dans GabWorld . J’ai un module qui permet d’avoir des dragons !
« GabWorld , songea Ania en secouant la tête, voilà un endroit où on ne voudrait pas vivre. »
– Bon, eh bien, pendant que vous vous ramollissez la cervelle, je vais faire une recherche sur la Baie Sainte-Marie, déclara- t-elle, mais ses amis ne l’écoutaient déjà plus.
Résignée, elle prit sa tablette, lança le fureteur et tapa « Baie Sainte-Marie ».
Profondément absorbés par leurs écrans, les trois amis ne levèrent la tête qu’après que mamie eut traversé la ville de Saint- Jean et que la fourgonnette eut commencé à ralentir pour tourner



25



sur le chemin Digby Ferry. Elle s’arrêta au poste de péage, puis avança sur l’immense aire asphaltée, où une file d’autos et de camions à remorque attendaient déjà leur tour pour embarquer sur le traversier.
– Ce bateau s’appelle le Fundy Rose , dit Ania comme les véhi- cules devant eux commençaient à avancer. J’ai trouvé ça en faisant ma recherche. La traversée prend presque deux heures, alors je vais en profiter pour vous présenter ce que j’ai trouvé au sujet de la Baie Sainte-Marie, c’est très intéressant !
Gabriel commença à protester, mais Ania lui coupa le sifflet en levant une main.
– Ta-ta-ta ! dit-elle. Vous avez assez joué à votre jeu idiot. Tout détective qui veut avoir du succès doit avoir une bonne connaissance du terrain où il enquête.
– Oui, mais... tenta Gabriel.
– Et si vous écoutez sagement, chantonna Ania, quand j’aurai fini, je vous révélerai l’identité du revenant de la Baie Sainte-Marie.
Ses deux amis la regardèrent avec de grands yeux ronds.
– On n’a même pas encore commencé notre enquête... et tu as déjà trouvé qui est le fantôme ? demanda Gabriel.
Ania hocha la tête.
– Mais pour le savoir, vous allez devoir être attentifs.
– D’accord, concéda Gabriel, je vais faire de mon mieux...











Chapitre 5
Une leçon d’histoire acadienne
Q uand la fourgonnette fut sta- tionnée dans la cale du Fundy Rose , les compagnons de voyage laissèrent Dali dormir sur le siège arrière et ils montèrent les deux étages qui les séparaient du pont des passagers, pour s’instal- ler dans les confortables fauteuils du salon principal.
Peu de temps après, ils sentirent le traversier qui appareillait et qui prenait la mer.
– Savais-tu qu’il y a trois restaurants sur ce bateau ? demanda Ania à l’inten- tion de Mamadou.
– Ouais, cool... fit Mamadou. Mais raconte-nous ton histoire, et on pourra manger après.
Ania et Gabriel se regardèrent d’un air surpris. Depuis qu’ils connaissaient Mamadou, c’était la première fois qu’il laissait passer une occasion de manger.
– Ben quoi ? fit leur ami avec un sou- rire gêné. J’ai hâte de savoir qui est ce revenant...



28



– D’accord, dit Ania, mais avant, je vais vous parler de la Baie Sainte-Marie, qui compte parmi les premiers établissements aca- diens de la Nouvelle-Écosse.
– Il y a des Acadiens en Nouvelle-Écosse ? demanda Gabriel.
Ania faillit s’étouffer.
– Des Acadiens en... ?!? Mais, mon pauvre Gabriel, c’est là que l’Acadie est née !
– Ah ? fit son ami en faisant la moue. Je croyais que c’était à Caraquet... Une fois, j’ai vu un panneau routier qui disait que c’était la capitale de l’Acadie...
– Hum... non, dit Ania. On dirait que la leçon d’histoire va être plus longue que prévu.
Gabriel grommela quelque chose qui ressemblait à « j’aurais dû me taire », mais Ania l’ignora et commença son exposé.
– Bon. C’est en 1604 que débute l’aventure acadienne, quand Pierre Dugua de Mons est arrivé à l’île Sainte-Croix. Il faisait partie d’une expédition dans laquelle on retrouvait aussi Samuel de Champlain...
– Hé ! il porte le même nom que la Place Champlain ! s’écria Gabriel. Tu parles d’une drôle coïncidence, hein ?
Ania soupira.
– Gabriel, chuchota Mamadou en se penchant vers son ami, ce n’est pas une coïncidence, on a nommé la Place Champlain en l’honneur de cet homme. Samuel de Champlain... on a vu ça à l’école, tu ne te rappelles pas ?
– Ah... euh... ouais, fit Gabriel avec un sourire gêné.
– Bon, répéta Ania. L’île Sainte-Croix est une toute petite île située à la frontière du Canada et des États-Unis. Pour vous donner une idée, elle est à peine plus grande que l’Île-au-Crâne de Shediac 1 .
– Ce n’est pas très grand, ça, fit remarquer Mamadou.

1. Voir L’Île-au-Crâne de Shediac.

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