Un été à Sommerby
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Description

« Si vous vous trouvez dans la petite ville dont l’unique rue est envahie par les touristes l’été, et qui est aussi vide, l’hiver, qu’un seau avant la traite ; et si votre regard se porte au-delà de l’étendue d’eau, vous apercevrez, sur le cap qui vous fait face, la maisonnette ancienne.
– Mon Dieu, quelle situation exceptionnelle ! disent les touristes. Mais quel piteux état pour une maison !
Car ils la distinguent sans peine : le bras de mer n’est pas si large à cet endroit.
– C’est la maison de la vieille Inge, disent les habitants du coin. Et sur ce, ils se taisent. »

Le temps d’un été, trois enfants, Martha et ses deux frères Mikkel et Matts vont rencontrer pour la première fois une grand-mère qu’ils n’ont jamais connue et partir à la découverte de la nature et d’eux-mêmes. Un merveilleux roman initiatique.

Traduit de l'allemand, titre original : Sommerby


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 mars 2019
Nombre de lectures 8
EAN13 9782215172284
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Partie 1
PREMIER JOUR
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
Partie 7
Partie 8
Partie 9
Partie 10
Partie 11
Partie 12
Partie 13
DEUXIÈME JOUR
Partie 14
Partie 15
Partie 16
Partie 17
Partie 18
Partie 19
Partie 20
Partie 21
Partie 22
Partie 23
Partie 24
Partie 25
Partie 26
Partie 27
Partie 28
TROISIÈME JOUR
Partie 29
Partie 30
Partie 31
Partie 32
Partie 33
Partie 34
Partie 35
Partie 36
Partie 37
Partie 38
Partie 39
Partie 40
QUATRIÈME JOUR
Partie 41
Partie 42
Partie 43
Partie 44
Partie 45
Partie 46
Partie 47
Partie 48
Partie 49
Partie 50
Partie 51
Partie 52
CINQUIÈME ET SIXIÈME JOURS
Partie 53
Partie 54
Partie 55
Partie 56
Partie 57
Partie 58
Partie 59
Partie 60
Partie 61
Partie 62
Partie 63
Partie 64
Partie 65
Partie 66
Partie 67
Partie 68
Partie 69
Partie 70
Partie 71
Partie 72
DEUX SEMAINES PLUS TARD
Partie 73
Partie 74
Partie 75
Notes
Page de copyright
S i vous vous trouvez dans cette petite ville dont l’unique rue est envahie par les touristes l’été, et qui est aussi vide, l’hiver, qu’un seau avant la traite, et si votre regard se porte au-delà de l’étendue d’eau, vous apercevrez, sur le cap qui vous fait face, la maisonnette ancienne.
– Mon Dieu, quelle situation exceptionnelle ! disent les touristes. Mais quel piteux état pour une maison !
Car ils la distinguent sans peine : le bras de mer n’est pas si large à cet endroit.
– C’est la maison de la vieille Inge, disent les habitants du coin.
Et sur ce, ils se taisent.
– La maison est à vendre ? s’enquièrent les touristes.
Mais les habitants du coin font non de la tête.
– Pas question ! disent-ils. Et de toute façon, ce n’est pas aussi idyllique que ça en a l’air. Il n’y a même pas de rue qui y mène.
Et c’est la vérité. Vous n’accéderiez qu’en bateau à la vieille maison d’Inge ; encore feriez-vous mieux de lui en demander la permission d’abord, sinon vous risqueriez d’avoir une bien mauvaise surprise.
D’ailleurs, pas grand monde ne s’y risque. Les voiliers, qui mouillent par centaines, l’été, dans le port de la petite ville, cherchent à franchir aussi vite que possible les derniers milles marins qui les séparent de la mer Baltique ; ou au contraire, pour certains, à remonter le bras de mer pour atteindre l’ancienne ville des Vikings. Les marins ne s’intéressent pas au cap ; et si par hasard il s’en trouve un pour lancer un regard furtif sur la rive, au-delà des anémones, des marguerites et des roses trémières qui y poussent à foison, il ne verra là que quelques poules qui picorent tranquillement, et, dans un soupir, reportera son regard dans la direction de ­l’estuaire sans plus s’occuper de la petite maison.
Et pourtant, cet été, il aurait pu voir bien davantage que quelques poules. Mais heureusement, derrière les anémones tout reste bien à l’abri des regards, ignoré de tous.
1.
T out a commencé par une terrible nouvelle. Il en va parfois ainsi : il arrive quelque chose d’épouvantable, mais quand on y repense quelques années plus tard, on se rend compte que c’est par là, justement, que le bonheur est arrivé. Seulement sur le moment, on ne le sait pas. Et Martha, bien sûr, ne le sait pas non plus ; ni Mikkel ni Mats.
Papa lui-même l’ignore lorsqu’il fait irruption dans l’appartement cet après-midi-là, avec un visage qu’ils ne lui connaissent pas.
– Maman a eu un accident ! s’écrie-t-il.
Et il jette sa veste par terre dans le couloir avant de disparaître dans le bureau de maman, dont la porte reste ouverte.
– Quel genre d’accident ? s’exclame Martha. Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Mais elle est aux États-Unis ! dit Mikkel, comme s’il ne pouvait pas y avoir d’accident là-bas.
Mats ne dit rien ; son regard va de Martha à Mikkel, de Mikkel à Martha. Mats est si petit que lorsqu’il y a un problème c’est en voyant à quel point Mikkel et Martha ont peur qu’il détermine s’il doit avoir peur.
– Mon Dieu, Martha, je n’en ai aucune idée ! dit papa en fourrageant dans les affaires que maman a laissées sur son bureau. Et qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous ? Je ne peux quand même pas vous laisser tout seuls ici !
Martha n’a jamais vu papa dans cet état-là. Complètement paniqué. Complètement tourneboulé.
– Il faut que vous alliez chez votre grand-mère ! dit-il, et Martha voit que ses mains tremblent. Je ne vois pas d’autre solution ! Ça vous va, Martha, ça vous va ? Leonie a dû noter l’adresse quelque p… mince !
– Grand-mère, je ne la connais pas, fait Mats indigné.
– Mais qu’est-ce qui s’est passé au juste, papa ? s’exclame Martha.
Alors papa comprend peut-être qu’il n’a pas le droit d’alarmer ainsi ses enfants. On voit bien qu’il prend une large respiration pour se ressaisir.
– Maman a eu un accident à New York alors qu’elle allait au travail, dit-il. Sa banque m’a appelé. Elle est à l’hôpital. J’ai déjà pris mon billet d’avion.
Puis il se remet à fouiller, feuilletant des carnets, mais il est évident qu’il ne trouve pas ce qu’il cherche.
– Rien de rien ! Ça m’aurait étonné, il faut dire !
– Maman va mourir ? C’est sûr ? demande Mikkel.
Il y a deux ans, pour son anniversaire, il a reçu un hamster. Maintenant, dans une belle boîte achetée exprès à la papeterie, le hamster repose dans la cour de l’immeuble, trois étages plus bas, au milieu d’une plate-bande de fleurs, sous une petite croix de bois. Aucun voisin ne s’est opposé à ce qu’on creuse la tombe.
– N’importe quoi ! réplique Martha, bien qu’elle n’en sache pas plus que Mikkel.
Mais qui sait, peut-être qu’on peut écarter le danger comme avec une formule magique. Il suffit de penser, d’espérer et de dire que tout va bien se passer, et tout se passera bien.
– Elle ne va pas très bien, murmure papa, et Martha se rend compte qu’il est vraiment inquiet.
Les formules magiques, ça ne marche pas toujours.
– Mon avion décolle ce soir. Je ne sais pas combien de temps je vais devoir rester auprès de Leonie. Et je ne peux pas vous laisser tout seuls à la maison. Surtout maintenant, en pleines vacances, alors que tout le monde est parti.
Pendant ce temps-là, il cherche dans le carnet d’adresses de maman, sur l’ordinateur, et on sait bien ce qu’il cherche. Mais là non plus, il n’y a pas trace du numéro de téléphone de la mère de maman.
– Mais on ne la connaît pas du tout, grand-mère ! dit Martha à son tour. Tu ne peux quand même pas nous…
Mais elle s’interrompt.
– Tu vois une autre possibilité, toi ? s’exclame papa. Alors vas-y, dis-la-moi ! Vas-y !
Quelque part à New York, dans un hôpital, il y a maman, et papa ne sait pas comment elle va, et papa a peur. Martha comprend tout à coup que ça ne sert à rien de le contredire. Il faut que papa aille à New York. Et peut-être même que ce sera super de revoir cette grand-mère dont maman et papa ne parlent plus depuis bien des années. Et puis ça ne va sûrement pas durer longtemps. Papa reviendra vite. Et maman aussi. Il vaut mieux ne pas rendre les choses encore plus compliquées pour papa.
– Annika peut nous emmener demain, dit Martha en prenant son courage à deux mains. Ne t’inquiète pas, papa. Annika peut venir tout de suite, dormir à la maison et nous emmener chez grand-mère demain. Tout va bien se passer !
– Oui, si la vieille sorcière est encore en vie ! murmure papa sans s’apercevoir que sa remarque fait sursauter Mikkel et Mats. Même ici je ne vois pas son numéro de téléphone, c’est incroyable à la fin !
– C’est vraiment une sorcière ? demande Mats.
Ça y est, il a fini par prendre le parti d’avoir peur.
– Appelle Annika, papa ! dit Martha. Il faut qu’elle vienne ici ! Je t’assure, on peut compter sur elle !
Annika est la meilleure amie de maman. Elle et maman ont fait leurs études ensemble. Elle est déjà partie en vacances avec maman et les enfants ; et parfois, le soir, quand papa est en voyage d’affaires, ou qu’il est encore au bureau, ou qu’il travaille à la maison au bout du couloir, elle reste au salon avec maman, une bouteille de vin rouge sur la table, et elles parlent, parlent sans s’arrêter. C’est sûr, Annika sera là tout de suite. Et c’est sûr, elle emmènera les enfants chez cette grand-mère.
– Et si Annika restait avec nous à la maison ? demande Mikkel dont le visage s’illumine brusquement. Ce serait encore mieux, non ?
Mais bien sûr, même Mikkel sait qu’Annika doit aller au travail tous les matins. C’est là qu’elle passe ses journées, et qui s’occuperait des enfants pendant ce temps-là ?
Et il est évident aussi que papa n’a plus le loisir de réfléchir à qui s’occupera de Martha, Mikkel et Mats. Papa doit partir pour l’aéroport.
– Oui, c’est une bonne idée, Martha ! dit-il, et il attrape déjà son téléphone portable. Annika sera sûrement d’accord !
– Moi j’aime bien Annika, dit Mats.
PREMIER JOUR
2.
E t bien sûr, Annika est venue. Sans tarder, avant même que papa parte pour l’aéroport.
– Ne vous mettez pas la rate au court-bouillon ! a-t-elle dit à Martha et Mikkel.
Mats jouait par terre dans sa chambre.
– Tout va s’arranger. C’est une dure à cuire, notre Leo ! Et maintenant, on va se commander une pizza.
Puis ils ont mangé de la pizza, et Annika a appelé quelqu’un pour lui demander de dire à quelqu’un d’autre qu’elle ne pourrait pas venir demain au travail et qu’elle préviendrait directement tous les collègues dès que possible. Ça avait l’air d’être un jour comme un autre. Ça leur est déjà arrivé de rester tout seuls à la maison avec Annika, quand maman et papa sortaient faire la fête.
Le lendemain matin, Annika leur a dit de faire leurs bagages.
– N’emportez pas trop de choses ! Vous n’allez pas vous éterniser là-bas, a-t-elle ajouté. Vous serez sûrement rentrés d’ici quelques jours. Un petit sac suffira.
N’empêche, Martha a pris sa valise à roulettes. On ne sait jamais qui on peut rencontrer ni ce dont on pourrait avoir besoin. Et Mats a serré dans ses bras Haldór Schröderson, son doudou-chien à la veste rouge, qu’il a tant étouffé de ses câlins que, d’après Martha, il ressemble maintenant à un rat. Quant à Terrible Treize 1 , il l’a mis dans son sac de Bob l’éponge ; un tyrannosaure peut bien supporter les épreuves.
Mais quand Annika a rouvert le sac, elle n’a vu ni chaussettes, ni slips, ni jeans de rechange. Heureusement, il restait assez de place pour qu’elle les rajoute.
Ils en ont pour deux heures de trajet. Papa a laissé à Annika la clé de la BMW X5 de maman : il trouvait ça plus sûr qu’un trajet dans la vieille petite Polo d’Annika. Et puis elle n’a pas de sièges enfant.
Martha est assise à l’avant.
– Vous ne l’avez jamais vue, votre grand-mère, c’est ça ? demande Annika en quittant la place de parking.
Martha fait non, puis oui de la tête.
– Plusieurs fois, quand j’étais petite, dit-elle. Mikkel n’était pas encore né. On a été la voir plusieurs fois. Je sais juste qu’elle était bizarre.
– Je ne l’ai jamais rencontrée, dit Annika. Mais bien sûr j’en ai entendu parler. Ça oui.
Les voilà déjà presque sur l’autoroute.
Martha avait peur qu’ils ne trouvent pas la bonne route, mais avec le GPS tout va bien, évidemment. Il les mène dans des rues de plus en plus petites, et les voilà enfin devant le panneau du village. Il est un peu penché, comme si quelqu’un se l’était pris un jour, peut-être au retour d’une fête, après quelques gorgées d’alcool de trop ; et sur la tôle, la couleur est passée, au fil des décennies, sous l’effet du soleil et de la pluie.
Mais on peut toujours lire ce qu’il y a écrit.

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