Magalie et les lettres anonymes
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Français

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Magalie et les lettres anonymes , livre ebook

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Description

Depuis qu’elle a rencontré un bel inconnu, Magalie passe ses journées à rêvasser au nouvel élu de son cœur. Son bonheur laisse pourtant place à la frayeur lorsqu’elle commence à recevoir des lettres anonymes. Quelqu’un semble épier ses faits et gestes. Mais qui ? Magalie en vient à soupçonner les membres de son entourage… jusqu’à son meilleur ami, William !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 septembre 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782896996490
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Magalie et les lettres anonymes

De la même auteure
 
 
Chez le même éditeur
Magalie au camp , roman jeunesse, collection « Cavales », 2018, 158 pages.
Magalie enquête , roman jeunesse, collection « Cavales », 2016, 152 pages.
Magalie et son fantôme , roman jeunesse, collection « Cavales », 2015, 120 pages.
Magalie sur la piste du taxeur , roman jeunesse, collection « Cavales », 2013, 160 pages.
Magalie et les messages codés , roman jeunesse, collection « Cavales », 2012, 88 pages.

Carole Dion
 
 
 
 
 
 
 
Magalie et les lettres anonymes
 
Roman
 
 
 
 
 
 
 
Cavales
L'Interligne

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
 
Titre : Magalie et les lettres anonymes : roman / Carole Dion.
 
Noms : Dion, Carole, 1959- auteur.
 
Collections : Cavales.
 
Description : Mention de collection : Cavales
 
Identifiants : Canadiana (livre imprimé) 20190123664 | Canadiana (livre numérique) 20190123680 |
 
ISBN 9782896996476 (couverture souple) | ISBN 9782896996483 (PDF) | ISBN 9782896996490 (EPUB)
 
Classification : LCC PS8607.I63 M338 2019 | CDD jC843/.6—dc23
 
 
 
 
 
 
 
L’Interligne
435, rue Donald, bureau 337
Ottawa (Ontario) K1K 4X5
613 748-0850
communication@interligne.ca
interligne.ca
 
 
Distribution : Diffusion Prologue inc.
 
 
ISBN 978-2-89699-649-0
© Carole Dion 2019
© Les Éditions L’Interligne 2019 pour la publication
Dépôt légal : 3e trimestre de 2019
Bibliothèque et Archives Canada
Tous droits réservés pour tous pays

À la mémoire de ma mère, ma fidèle lectrice





Chapitre 1

Le bel inconnu





M agalie observe son quartier de la fenêtre de sa chambre. Que fait William, son meilleur ami depuis toujours ? Il est déjà en retard d’au moins quinze minutes. Comme si elle n’avait que ça à faire, attendre ! Ils doivent réaliser un travail scolaire ensemble. Elle voit passer la voisine d’à côté q ui promène son chien. Elle lui envoie un salut de la main. En face de chez elle, les jumelles Emma et Anna, qu’elle garde parfois, jouent sous le regard attendri de leur maman. Elle reconnaît aussi un garçon de sa classe, grand et élancé comme une girafe, qui marche de l’autre côté de la rue. Justin ? Jean-François ? Non, Jérémy. C’est ça. Tout à coup, le carillon de la porte d’entrée se fait entendre avec insistance. Magalie sursaute. Pourtant, elle n’a vu arriver personne, pas même William, qui habite tout près de chez elle.
La jeune adolescente châtaine, légèrement rousselée, aux cheveux mi-longs coiffés de deux tresses qu’elle laisse pendre sur le devant de son chandail, dévale les escaliers et ouvre la porte. Elle est prête à houspiller son ami pour son retard. Elle se fige. Sur le perron se tient un jeune homme aux yeux d’un bleu de mer, aux cheveux noir de jais peignés vers l’arrière. Il est vêtu d’un habit bleu marine, qui fait ressortir la couleur de ses yeux. Son veston est ouvert sur une chemise d’un blanc étincelant. Il sourit et ses dents bien alignées ajoutent à sa beauté. Ses yeux semblent moqueurs. Magalie reste immobile devant ce personnage d’une grande beauté.
– Bonjour, mademoiselle, êtes-vous la dame de la maison ?
Magalie ne répond pas, elle demeure aussi muette qu’un poteau.
– Hum ! tente de nouveau le jeune homme, déstabilisé par son silence. Belle demoiselle, êtes-vous la dame de la maison ? Celle qui est responsable de ce logis ?
– Euh ! Non.
– Est-elle ici, cette dame ?
– Euh ! Non.
– Puis-je quand même entrer ? C’est plutôt frisquet dehors !
Magalie recule de quelques pas et laisse entrer le jeune homme. Ce dernier referme la porte derrière lui et regarde Magalie avec un sourire qui ensorcellerait Lucifer. Pourtant, elle sait qu’elle ne doit pas faire entrer d’inconnu lorsqu’elle se trouve seule à la maison, comme présentement. Ses parents, Pierre et Marie, sont partis faire des courses. Quant à Xavier, son demi-frère, il est chez sa mère cette semaine. Magalie et lui ont le même père : il passe une semaine chez sa mère et l’autre chez son père, avec sa demi-sœur qu’il adore. Magalie a oublié toute consigne de prudence, comme cela lui arrive souvent.
– Je fais un sondage ! dit le jeune homme y allant de son sourire parfait. Peut-être pourrais-tu répondre à mes questions, même si tu n’es pas la dame du logis.
– Euh ! Oui ! répond Magalie.
– Tu n’es pas bien jasante ! Mais pour répondre à un sondage, c’est parfait comme réponse, oui ou non .
Une quinzaine de minutes plus tard, le bel inconnu s’en retourne, lorsque son travail est achevé. Magalie referme la porte d’entrée et s’y adosse, le regard perdu vers des lieux inconnus. Elle rêve tout éveillée au jeune homme qui est parti à l’instant. Elle est complètement sous son charme. Pour la première fois de sa vie, la jeune fille est amoureuse.
Magalie sursaute pour une deuxième fois en moins de trente minutes ; on vient de frapper à la porte à laquelle elle est toujours adossée. Elle se retourne et ouvre, le regard encore rêveur.
– Excuse mon retard, Magalie ! dit William en entrant. J’ai dû faire une commission de dernière minute pour ma mère.
William ne laisse pas à Magalie le temps de placer un mot, de peur de se faire chicaner. Il connaît son amie et son impatience légendaire. Celle-ci garde le silence, contrairement à son habitude. William, tout surpris, ose la regarder. Il a devant lui une jeune fille au regard absent. Elle est dans la lune, sa tête est dans les nuages.
– Magalie ! tente William en lui empoignant le bras et en la secouant légèrement pour la sortir de sa rêverie.
– Quoi ? répond Magalie, peu contente de sortir de son songe éveillé, là où le bel inconnu aux yeux bleus magnifiques occupe toute la place.
– Mais qu’est-ce qui t’arrive ? J’ai fait le plus vite que j’ai pu, Magalie ! J’t’assure.
Magalie veut avoir, pour quelques instants encore, la tête ailleurs, le cœur palpitant. Le reverrai-je un jour ? Où le retrouver ? se demande-t-elle. Elle ne connaît pas son nom, ignore dans quel quartier il habite, s’il demeure dans la même ville qu’elle. Elle soupire ! Puis, elle secoue la tête, comme s’il suffisait de l’agiter pour faire sortir le bel inconnu de sa caboche. Elle reporte toute son attention vers son ami et ensemble ils terminent leur travail scolaire. Elle tait à William sa rencontre avec le bel étranger, elle ne veut en parler à personne. Comme si le fait d’en parler diluait un peu son souvenir, en le rendant moins présent dans sa tête. D’ailleurs, comme elle est la seule à l’avoir rencontré, il est difficile de rendre compte de sa beauté réelle, de son regard d’un bleu magnifique, de son sourire éclatant, de ses dents blanches parfaites, ni trop grandes ni trop petites… De plus, elle est certaine que, même s’il l’avait rencontré, William ne le trouverait pas aussi magnifique qu’elle, puisqu’il le verrait d’un regard de gars, et qu’elle, c’est avec un regard de fille qu’elle le voit, de fille frappée par le coup de foudre !


Chapitre 2

Types de personnalité





M agalie est tout excitée de se rendre à ses cours ce matin. Ce n’est pas que l’école l’ennuie habituellement, elle est de nature curieuse et elle aime apprendre beaucoup de choses, mais ce matin est particulier. Un étudiant en psychologie fera un exposé sur les diverses personnalités qui composent le monde. Magalie, passionnée de tout, est impatiente d’entendre cette présentation. Un brin survoltée, elle chemine vers l’école avec William.
– As-tu hâte à l’animation de l’étudiant en psychologie, William ?
– Bof !
– Ben, voyons, William ! T’as pas hâte de connaître les diverses catégories de personnalité et de savoir dans laquelle tu t’classes ?
– En tout cas, moi, je sais d’avance dans quelle catégorie t’es !
– Ah oui ? Tu connais même pas les catégories et tu peux déjà dire dans laquelle je suis ?
– Il y a sûrement une catégorie « fouineuse », et c’est dans celle-là que tu t’trouves !
– Ah ! Ben toi, t’es dans la catégorie « blasé », tiens !
Magalie, piquée par la remarque de son ami, hâte le pas pour le distancer. Fouineuse, elle ? Elle ne se reconnaît pas du tout dans ce trait de caractère. William marche plus rapidement afin de la rejoindre.
– Voyons, Magalie ! C’était juste une blague. T’entends pas à rire c’matin ?
Elle ralentit le pas, le coordonne avec celui de son ami et fait un demi-sourire. Ils se rendent ainsi à l’école, en parlant de choses et d’autres. William aborde des sujets neutres afin de ne pas la heurter davantage. Il la connaît, Magalie ; elle avoue difficilement ses erreurs et n’a pas le pardon facile. Elle peut se transformer en véritable tigresse une fois en colère. Ce n’est pas drôle à voir, une Magalie fâchée !
Julien, l’étudiant en psychologie, a fière allure avec ses cheveux qui lui retombent sur le visage, masquant un peu ses yeux et ne laissant voir que son sourire et ses dents blanches. Il parle très bien, son élocution est fluide, le débit régulier et sa voix est assez forte pour être entendue du fond de l’agora. Son discours est parsemé de blagues, ce qui permet aux jeunes auditeurs de se détendre malgré le flot d’informations. Julien explique qu’il y a seize types de personnalité répertoriés présentement, mais qu’il ne s’attardera pas là-dessus, car il croit fermement qu’il en existe d’autres. Son sourire s’agrandit. Il est tout emballé de leur dire que sa maîtrise porte justement sur la découverte de ces autres types de personnalité et qu’il travaille très fort pour être à l’origine d’une importante percée, qui bouleversera le monde de la psychologie.
Magalie ne suit pas toujours l’exposé, William lui donne des coups de coude pour la sortir de sa rêverie. Mais à quoi pense-t-elle ? se demande William. Ce n’est pas dans ses habitudes d’être distraite lors de conférences, d’exposés, et même de ses divers cours. S’il y en a une qui est attentive ordinairement, c’est bien elle.
Magalie, William, Sam et Coralie, « le quatuor inséparable », comme les surnomment les autres écoliers, se retrouvent tous les quatre à la sortie.
– J’suis déçue, dit Magalie à ses amis. J’croyais qu’en sortant de cette présentation, je pourrais savoir dans quelle catégorie je me classe. Je suis plus mêlée qu’avant d’avoir écouté cet étudiant en psychologie.
– En tout cas, moi, je connais un trait de personnalité fort chez Sam, s’empresse de dire Coralie. Il est dans la catégorie des incrédules, si cette catégorie existe, bien entendu !
– Et toi, tu es sans conteste dans les extravertis. Tu passes ton temps à jacasser comme une pie ! dit Sam pour ne pas se laisser marcher sur les pieds.
– O.K. vous deux ! Trouvez donc la meilleure catégorie pour Magalie et moi ! dit William afin de faire baisser les tensions entre Sam et Coralie.
Coralie s’empresse de prendre la parole.
– Ben ! Je dirais… que Magalie est… intuitive. Ouin, intuitive !
– Moi, je pense que William devrait recevoir le prix Nobel de la paix sous peu, renchérit Sam. Il est comme mère Teresa ou Barack Obama, ou mieux Malala Yousafzai ! Ha ! Ha ! Ha !
– C’est qui, Malalala Yousala ? demande Coralie.
– Yousafzai ! Coralie, et non Yousala ! corrige Sam. Et c'est Malala et non Malalala.
Magalie, William et Coralie ont les yeux ronds comme des pièces d’un dollar tellement ils sont grands ! Ils sont surpris par les connaissances de Sam. Pas qu’il soit un cancre, loin de là, il fouine constamment dans Internet avec son téléphone intelligent ou chez lui avec son ordinateur. Il trouve réponse à presque toutes les questions. Sam est le plus high tech du groupe. Aussi, il est le plus incrédule des quatre amis.
– J’vous surprends, hein ! J’vous explique : mère Teresa a reçu le prix Nobel de la paix en 1979 et elle est devenue sainte Teresa en 2016. Elle a aidé, pendant plus de quarante ans, les pauvres, les malades, ceux qui avaient la lèpre ou le sida, les laissés-pour-compte. Elle a lancé son œuvre en Inde puis dans d’autres pays. Barack Obama est un ancien président des États-Unis. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 2009 pour avoir tenté de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les pays. Aujourd’hui, à la suite de son règne de président, son prix Nobel lui est contesté. Malala Yousafzai est née au Pakistan et, dans son pays, elle n’avait pas le droit d’aller à l’école. Savez-vous pourquoi ?
– Parce que l’école était trop loin ? répond Magalie.
– Parce qu’il n’y avait pas d’école dans son village et qu’il n’y avait pas d’autobus non plus pour s’y rendre ? se risque William.
– Moi, je dirais comme William ! ose Coralie. Ou peut-être qu’elle devait s’occuper de sa mère qui était très très malade, ou bien…
– Aucune de ces réponses ! s’exclame Sam en coupant volontairement la parole à Coralie.
C’est qu’elle est très volubile, Coralie. S’il l’avait laissée parler, ils en auraient eu pour l’après-midi ; elle aurait pu sortir toutes sortes de raisons, certaines incontestablement plus farfelues que d’autres.
– Elle pouvait pas aller à l’école tout simplement parce qu’elle est une fille ! Elle est née en 1997. En 2012, elle avait alors 15 ans, on a essayé de l’assassiner parce qu’elle luttait contre les talibans pour que les filles aient accès à l’éducation au Pakistan. En 2014, à 17 ans, elle a reçu le prix Nobel de la paix pour cette lutte qu’elle continue. Aujourd’hui, elle ne vit plus au Pakistan, heureusement pour elle.
– Mais comment elle peut lutter pour l’éducation des filles, si elle a pas pu aller à l’école ? se demande Magalie, qui trouve le sort de cette Pakistanaise injuste. On peut présumer que, si elle a pas eu accès à un minimum d’instruction comme savoir lire et compter, elle a pas pu savoir qu’ailleurs, dans d’autres pays, les filles pouvaient s’instruire !
– T’as un très bon point là ! répond Sam. C’est son père qui lui a tout montré. Il est poète et militant pour l’éducation et en plus c’est lui qui a mis sur pied l’école pour filles fréquentée par Malala. Et c’est son père qui l’a poussée à témoigner à l’âge de 11 ans sur les réseaux sociaux sous un faux nom. Leur école a été incendiée en 2007 et les opposants ont été assassinés. La famille a quitté le pays !
– C’est vrai ce que tu nous racontes, Sam ? demande William.
– Hey ! Ben oui, que c’est vrai ! C’est moi le sceptique d’habitude, répond Sam, un peu frustré qu’on ne l’ait pas cru immédiatement.
Il ne s’était jamais rendu compte avant maintenant à quel point cela pouvait être fâcheux, lorsque les dires sont mis en doute.
Les trois amis sont ahuris par l’histoire de cette Pakistanaise, et sont tristes pour toutes les autres qui ne peuvent aller à l’école parce qu’elles sont des filles ! On est dans les années 2000 et ça existe encore ce genre de discrimination , pensent les amis. Même Coralie, qui n’aime pas trop l’école, se rend compte de sa chance de pouvoir y venir tous les jours.


Chapitre 3

La lettre anonyme





C omme d’habitude, en arrivant chez elle, Magalie ramasse le courrier. Dans la pile de lettres adressées à ses parents et à son frère, elle en découvre une qui n’est ni estampillée par Postes Canada ni affranchie. On peut lire « MAGALIE » sur l’enveloppe. L’inscription n’est pas écrite au crayon, mais avec des lettres majuscules découpées dans un journal ou une revue, semble-t-il. Les lettres sur l’enveloppe, collées à des distances et des hauteurs inégales, ne sont pas toutes de la même grosseur, donc cela fait un drôle de bricolage.
Magalie a un mauvais pressentiment. Elle court s’enfermer dans sa chambre avec la lettre. Mais elle ne se résout pas à l’ouvrir. Elle s'inquiète du contenu de cette missive. Elle se fait des scénarios dans sa tête. Si l’enveloppe contenait une lettre pleine d’injures, des photos macabres ou, pire, si elle renfermait le bacille du charbon, cette poudre brune contenant des spores de la bactérie responsable de la maladie du charbon ! Cette infection peut affecter la peau et les poumons et être mortelle. Magalie a appris cela dans une émission dernièrement. Elle a l’imagination fertile, cette fille. Toute paniquée, elle texte donc William et n’ose plus tenir cette lettre dans ses mains, de peur de se contaminer. Elle la jette à terre. En attendant William, elle tourne en rond autour de la missive. Elle lui jette des regards en coin, comme si le simple fait de l’observer pouvait lui être fatal. Son ami de toujours s’empresse de la rejoindre chez elle.
William tente de rassurer son amie. Il ouvre l’enveloppe de manière que ses côtés s’écartent l’un de l’autre, sans pour autant toucher le contenu. Il regarde à l’intérieur et ne voit qu’un papier plié. N’observant aucune poudre, jugeant le tout bien inoffensif, il sort la feuille de l’enveloppe et en déplie les rabats. Des lettres majuscules ont aussi été découpées et collées, elles sont de différentes grosseurs et donnent donc un aspect irrégulier au texte. Mais la lecture en est toute simple. Il est écrit : « A beau mentir qui vient de loin. »
Magalie et William sont perplexes. Ils furètent dans Internet et se rendent à l’évidence que, d’après ce qu’ils lisent, ce n’est pas une lettre anonyme typique. Dans ces cas, le contenu est souvent menaçant, pour faire peur par exemple ; ou méchant, comme des remarques désobligeantes ou offensantes sur l’apparence ou la personnalité du destinataire. Le message reçu par Magalie n’est ni menaçant, ni blessant.
– Il s’agit d’un proverbe ! s’exclame William, tout fier de sa trouvaille.
– Quoi ? demande Magalie.
– Ben oui, un proverbe ! Tu sais bien ! C’est une expression qui contient une morale, une leçon.
– Ah ! Ben oui ! C’est un proverbe, répond Magalie.
– T’en connais le sens ?
– Certainement ! Ça veut dire, euh…
– Je vais t’le dire c’que ça signifie ! Le proverbe A beau mentir qui vient de loin veut dire qu’un individu qui vient d’ailleurs peut bien mentir, et que personne ne le saura puisqu’il n’est pas connu, il n’est pas de la place.
– C’est quoi le rapport avec moi, ça ?
– Je sais pas…
Magalie et William font d’autres recherches dans Internet et notent certaines informations comme le fait que, souvent, l’auteur d’une lettre anonyme peut être soit une personne avec qui on est en conflit, soit une personne jalouse, soit une personne de notre propre entourage. Les deux amis sont de plus en plus ahuris. Après mûre réflexion de part et d’autre, William dit :
– Je crois que tu devrais jeter ce torchon, il t’apportera rien de bon ! Et efface ça de ta tête aussi, Magalie !
Magalie ne semble pas convaincue. Elle a cette étincelle de curiosité dans les yeux que William a déjà vue avant.

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