Mon meilleur ami, mon confident
78 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Mon meilleur ami, mon confident , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
78 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

QUATRIEME DE COUVERTURE
Alena habite à San Francisco. Ses parents décident de l'envoyer, pour sa dernière année du secondaire, chez sa grand-mère qui vit à New York, afin de lui faire vivre de nouvelles expériences. Une fois sur place, elle renoue avec Lucas, un ami d'enfance qui habite la métropole depuis quelques années. Il lui fait découvrir New York et une belle relation s'installe entre eux, comme par le passé.
Lors de la rentrée, Alena se lie d'amitié avec un groupe de filles et ne passe pas inaperçue aux yeux d'Austin, capitaine de l'équipe de football de l'école. Bien qu'elle reçoive des lettres anonymes l'avisant de ne pas fréquenter ce garçon, elle tombe sous son charme. Mais est-il vraiment le garçon qu'il prétend être ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 mars 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782896995981
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0324€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Chapitre 1 
 
 
 
 
 
 
 
 
U ne fois de plus. Je tombais et tombais, sans pouvoir me retenir à quoi que ce soit. J’entendais seulement des voix, lointaines, qui m’étaient familières. Sans plus. Je tâchai de m’identifier, de retrouver mes repères : impossible. Je tombais dans ce qui ressemblait à un trou, sans fond. J’avais beau penser que j’arrivais bientôt à la fin, mais qu’était-ce, la fin ? Des voix m’interpellaient. Que me disaient-elles ? Impossible d’en savoir davantage. Je criais, tâchant d’oublier en même temps que de deviner où j’étais. Un précipice ? Aucune idée. AIDEZ-MOI ! Sans résultat. Puis, une lueur commença à poindre. D’où venait-elle ? Allais-je enfin pouvoir sortir de cette impasse ?
— Alena ! Réveille-toi. 
Où suis-je ? Ah oui ! Dans ma chambre. Encore un de ces rêves qui me hantent depuis quelque temps. Je n’avais pas eu de problème de sommeil avant ma 5e année. Cette année-là, Jimmy, un autre élève, racontait à toutes les filles de la classe comment des intrus pouvaient entrer facilement dans notre maison la nuit, nous regarder dormir et même nous voler nos biens. Chaque jour, son histoire prenait de l’ampleur, si bien que deux de mes amies et moi ne parvenions plus à dormir. Avec le temps, nous avons compris que cette histoire ne tenait pas debout.
— Alena, réveille-toi j’ai dit ! insistait ma mère.
— Encore un peu, s’il te plaît…
— Arrête de crier ! Tu fais un cauchemar !
— Mais non, tout est beau. Tu peux aller te rendormir, ça va aller !
Je regardai l’heure : 2 h 12. Il me restait encore quelques heures pour dormir et je comptais bien en profiter.
Ma mère restait impassible, assise sur mon lit en me regardant. Je m’appuyai sur mes coudes et lui dis :
— Maman, retourne te coucher. Il est encore tôt, c’était juste un mauvais rêve. Je vais me rendormir et tout ira bien.
— Chérie… Tu fais des cauchemars depuis quelque temps déjà. Je pourrais peut-être appeler le Dr Smith pour prendre un rendez-vous, on ne sait jamais, par précaution…
— Maman, c’est bon. De toute manière, je pars demain chez grand-maman Lexie, donc pas besoin de te casser la tête pour ça. Va dormir maintenant.
Je me retournai dans mon lit. Peut-être allait-elle comprendre. Quelques secondes plus tard, j’entendis la porte se refermer et ses pas s’éloigner dans le couloir.
C’était ma dernière nuit à la maison avant longtemps. Mes parents avaient décidé de m’envoyer chez ma grand-mère à New York, afin que je puisse découvrir davantage du pays. Nous avons toujours habité à San Francisco, sans jamais déménager. Certes, nous avons fait quelques voyages pour découvrir de nouvelles cultures, mais selon eux, c’était un plus de m’envoyer ailleurs pour ma dernière année du secondaire. New York n’est pas comme ici, me disait ma mère. Je le savais bien. La ville qui ne dort jamais… Mais en vérité, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et voilà, j’allais le découvrir assez vite.
Ma mère commençait à se rendre compte que je partais, et ça ne l’enchantait plus autant. Mon père, quant à lui, ne disait rien. Je n’ai jamais vraiment eu une bonne relation avec lui, car il partait souvent pour le travail. Plus jeune, je lui demandais pourquoi il s’absentait autant et il me répondait qu’il devait travailler pour nous faire vivre. Mais à quoi servait une grande maison, si l’on était seules ma mère et moi avec les domestiques, chacune à une extrémité du domaine ? J’ai toujours obtenu ce que je voulais, je ne pouvais m’en plaindre, sauf que certaines fois j’aurais bien aimé avoir une famille unie comme certaines autres.
New York, c’était un nouveau départ. Je quittais tout, ma famille, mes amis et mon copain, Christian. C’était difficile pour nous deux, mais lorsque nous avions commencé à nous fréquenter, nous savions que cela arriverait un jour. Et nous y voilà... Un point positif par contre était qu’en allant à New York, j’allais revoir mon meilleur ami, Lucas. Cela faisait plusieurs années qu’il était parti de San Francisco avec ses parents pour s’établir dans l’Upper East Side à Manhattan. Il habitait près de chez ma grand-mère. C’était une bonne chose, puisque je ne connaissais personne d’autre.
Nous étions fin août, donc l’école commencerait rapidement après mon arrivée à New York. Je n’avais pas beaucoup de temps pour m’habituer à cette nouvelle ville avant de recommencer l’école. Comment la première journée allait-elle se passer ? Je n’en avais aucune idée et c’est ce qui me terrifiait le plus. Ici, tout le monde se connaissait. L’école était grande pour notre ville, mais semblerait probablement minuscule à New York.

— Tu as tout ce qu’il te faut ?
— Oui, mes valises, mon sac et mon billet d’avion, répondis-je.
— Allons-y pour ne pas être en retard, le taxi nous attend ! dit ma mère.
Je partais pour 10 mois et j’avais mal au cœur à l’idée que je ne serais de retour chez moi que pour les vacances de Noël.
En route pour l’aéroport, aucun de nous ne parlait. Mais que dire ? Que l’on s’aimait ? Qu’on allait s’ennuyer ? On le savait déjà, et pour ma part, je pensais qu’il valait mieux se taire. Il était prévu que mes parents me déposent devant l’enregistrement des bagages et que je leur dise au revoir à cet endroit, étant donné qu’ils ne pouvaient passer par le contrôle de sécurité avec moi.
Or c’est ce qui est arrivé.
À la main, j’avais mon sac, mon téléphone cellulaire et mon billet d’avion. En me retournant, j’ai vu mes parents enlacés, se réconfortant. Ma mère pleurait à chaudes larmes et mon père la soutenait tout en me regardant avec tristesse. Une larme a coulé sur ma joue et je l’ai essuyée.
Il me fallait absolument ne pas pleurer et rester forte pour leur montrer que j’étais capable de partir de la maison pour une longue période. J’ai mis mes écouteurs en marchant, afin de penser à autre chose. La musique me faisait voyager, ou bien me permettait à certains moments de m’évader. Tout en marchant en direction de l’aire d’embarquement, je m’achetai un sandwich et une barre de chocolat. Je n’aimais pas les collations qu’ils offraient en avion, alors je me préparais toujours à l’avance. Dans quelques heures je serais arrivée chez grand-mère Lexie. Elle devait venir me chercher à l’aéroport et nous devions aller en ville afin que je découvre mon nouvel environnement.
 
 
Chapitre 2 
 
 
 
 
 
 
 
 
J ’ai dormi pendant tout le trajet, jusqu’à ce que la dame assise à côté me réveille pour m’annoncer que nous arrivions. Nous étions encore dans les nuages, mais la descente commençait. Je lui fus reconnaissante de m’avoir réveillée, afin que je puisse observer New York vue des airs… Je voyais le One World Trade Center, un des plus gros bâtiments de la ville, et je pouvais même voir une partie de Central Park. Comme c’était immense ! Comment allais-je faire pour me retrouver dans les rues de cette île ?
Nous avons atterri à l’aéroport JFK, le plus grand des trois aéroports qui desservent la ville.
À l’intérieur, tout était blanc. Les plafonds étaient très élevés et de gigantesques fenêtres nous permettaient d’apercevoir le ciel et les alentours. Une grande agitation animait les lieux. Je traversai un énorme couloir bordé de magasins raffinés et de restaurants, tandis que des voyageurs couraient pour ne pas manquer leur vol. Les bagages défilaient sur le carrousel. Mes deux valises étaient lourdes et j’avais de la difficulté à les traîner. Ensemble, elles pesaient beaucoup plus que moi !
Il était entendu que je rejoindrais ma grand-mère Lexie à la sortie principale de l’aéroport. Je l’appelais Lexie et non grand-maman, car selon elle, ce titre la vieillissait. Et puis, ça m’accommodait.
Je marchai, essayant de me retrouver parmi tous les arrivants. En me dirigeant vers la sortie, je pensais à l’année qui s’annonçait. J’appréhendais mon nouveau départ. Lucas me manquait, je ne l’avais pas vu depuis plusieurs années ; tout comme ma grand-mère, d’ailleurs. Mille et une questions me trottaient dans la tête : avait-elle changé ? Comment allait-elle se comporter avec moi ?
Et alors je la vis. Elle m’attendait effectivement à la porte et elle n’était pas seule. Un jeune homme l’accompagnait, plus grand qu’elle. Lucas ! Je courus les rejoindre et sautai dans leurs bras. L’odeur de Lexie me réconforta. La lavande, le parfum de mon enfance…
Quant à Lucas, il avait totalement changé. Ce n’était plus le jeune garçon avec qui je jouais à San Francisco. Celui que j’avais devant les yeux avait mûri. Il était divinement beau avec ses cheveux bruns, longs et ondulés. Il avait gardé son teint basané qui lui venait de sa mère d’origine péruvienne. Ses yeux verts étaient captivants, on pouvait s’y perdre facilement et longuement. Malgré mes 5 pieds 5 pouces, il me dépassait facilement d’une tête.
Lexie, elle, n’avait absolument pas changé. Ses cheveux blancs ne paraissaient pas, puisqu’elle les teignait en blond depuis longtemps déjà. Je dois dire que ça lui allait bien et que ça la rajeunissait. De plus, son style vestimentaire était à envier. À l’aise financièrement et préférant se vêtir de marques connues, elle ne se privait pas de magasiner sur Fifth Avenue . Un point pour moi, me dis-je. J’adorais magasiner.
— Comment vas-tu, ma chérie ? Le trajet s’est bien passé ? me demanda-t-elle.
— Très bien, je suis super heureuse de vous voir ! Vous m’avez tellement manqué ! répondis-je.
— Toi aussi, tu m’as terriblement manqué, répondit-elle en ri ant.
Lucas n’avait pas encore dit un mot, il restait là à m’observer.
— Et toi, comment vas-tu ? Un chat a-t-il mangé ta langue ? lui demandai-je en le taquinant.
— Très drôle, ma princesse, rétorqua-t-il avec son magnifique sourire. Je t’observe, c’est tout ! Tu as tellement changé… Regarde-toi !
Il m’appelait toujours « princesse » lorsque nous étions jeunes, car j’adorais regarder des films de Walt Disney et je dois dire que j’aimais bien ce surnom.
— Je peux te dire la même chose, figure-toi !
— Bon, arrêtez les enfants, dit Lexie en nous souriant. Venez, partons d’ici, allons manger une bouchée. Je meurs de faim ! Alena, pour ton arrivée, Lucas et moi voulons te faire découvrir un bistro, un peu loin de la maison mais il vaut vraiment le détour. Il est fa-bu-leux.
Elle dit « fabuleux » en séparant bien les syllabes, histoire de bien faire comprendre qu’elle aimait ce café. Tout de suite après, elle hélait un taxi, jaune bien sûr, et nous quittions l’aéroport. À dans quatre mois , pensai-je en m’éloignant.

— Bienvenue à Greenwich Village, me déclara Lexie.
Nous traversions le Brooklyn Bridge, ce fameux pont que l’on aperçoit souvent sur des photos. Bondé de cafés et de boulangeries, Greenwich Village était un quartier situé sur la pointe sud de Manhattan. Lexie était en train de me vanter les mérites de cet endroit, tandis que nous longions l’ East River . Je me promis de venir y courir quelques matins.
Le Lot 77, le bistro dans lequel nous devions dîner, avait une façade moderne, tout en pierres et céramiques dans des tons de brun. En entrant, je tombai amoureuse. Littéralement. Le café était chaleureux avec son foyer géant au centre de la pièce. S’y reposaient des sofas assortis de tables d’appoint, et des tables pour manger étaient disposées un peu partout, tandis que le comptoir pour les achats se trouvait à notre gauche. Une odeur divine de mélange de gâteaux et de croissants chauds flottait dans l’air. Alors que Lexie et Lucas avaient déjà décidé de ce qu’ils allaient prendre, je n’avais pas encore arrêté mon choix. J’hésitais entre un bagel au fromage à la crème et une salade d’ananas et de noix. Finalement, je me décidai pour la salade. Et bien sûr… une pâtisserie au chocolat.
Après avoir passé près d’une heure à discuter, nous avons décidé de marcher dans Greenwich Village, pour découvrir les environs. C’était magnifique. Contrairement au centre de l’île, composé presque uniquement de gratte-ciel, les avenues étaient plantées d’arbres, et chaque coin de rue était agrémenté d’un parc, ce qui rendait le paysage verdoyant. J’ai tout de suite adoré l’endroit ; dommage que nous n’habitions pas plus près.
— Prêts à rentrer à la maison ? me demanda Lexie d’un regard bienveillant.
— Je crois bien que oui, allons-y !
Pourtant, en prononçant ces mots, je sentis mon cœur bondir légèrement dans mon ventre, me rappelant que l’aventure commençait.

Lexie demeurait sur la rue qui longeait l’ East River . La maison était magnifique et très bien située. Construite de pierres blanches, elle se démarquait des maisons alentour. Des plantes décoraient la façade et l’escalier menant à la porte d’entrée était en marbre. Deux portes de garage faisaient face au côté est de la maison, mais les stationnements étaient en bordure de route. En ouvrant la porte, une fraîche odeur de lavande m’a saisie en plein visage. Waouh ! pensai-je. L’intérieur à aire ouverte était vaste. Les murs peints en blanc avaient une touche de modernité. Des toiles et des photographies ornaient les murs et je me retrouvais sur la majorité d’entre elles. Je remarquai, sur l’une, la fois où j’avais appris à faire du vélo, tandis que sur d’autres, je posais naturellement.
Lexie me montra la cuisine, où je savais déjà que j’allais passer plusieurs heures. L’îlot était large, ce qui me permettrait de cuisiner à mon aise, et d’être bien installée pour faire mes devoirs au lieu de rester enfermée dans ma chambre. À l’étage, il y avait trois chambres avec une salle de bain principale. Celle de Lexie était à gauche du couloir, il restait donc celle du fond et celle de droite. Lexie me demanda de choisir la chambre qui me plaisait le plus. Celle de droite était plus petite que ma chambre à San Francisco. Tandis que celle du fond… avait un plafond élevé, ce dont j’avais toujours rêvé, une grande fenêtre qui surplombait la rivière avec une vue magnifique. Une salle de bain était intégrée, avec douche en céramique et comptoir double. Le rêve ! À l’intérieur de la chambre, un autre étage avait été créé, menant à une mezzanine. J’y avais donc accès par un petit escalier. Il n’y avait de la place que pour un espace bureau, mais cela me convenait parfaitement. Mon choix était définitif.
— Tu me demandes réellement de choisir ? lui demandai-je avec de grands yeux.
— Je savais déjà dans laquelle tu allais t’installer, ma chérie, mais je préférais te le demander. Tu auras assez de place pour y travailler et inviter des amis. Tu aimes ?
— J’adore !
— Tant mieux, et nous pourrons la peindre dans les tons que tu préfères lorsque nous irons magasiner pour la décorer.
J’avais hâte de donner de mes nouvelles à mes parents et de leur raconter mon arrivée. Tout était fantastique, je ne pouvais rêver mieux.
Lucas nous suivait, il s’exclamait joyeusement en observant les lieux de ma nouvelle vie. Et il m’apprit qu’il habitait à trois pâtés de maisons, sur ma rue.
— À environ 15 minutes de marche, me dit-il en me faisant son plus beau sourire que je lui rendis avec bonheur.
Une fois Lucas parti, ma grand-mère décida de me laisser seule défaire mes valises et m’habituer à la maison. Elle avait demandé au chauffeur de taxi de les livrer à la maison, pendant que l’on dînait, pour que tout soit en place lorsque nous allions rentrer.

J’étais à New York ! Cette ville que j’attendais si impatiemment de connaître. J’étais arrivée juste à temps pour la rentrée des classes, il ne me restait que quelques heures avant de me préparer pour le lendemain.
J’étais trop excitée pour commencer à tout placer dans ma nouvelle chambre et je décidai alors d’aller me promener, histoire de découvrir le quartier et de me retrouver plus facilement par la suite.
Ma nouvelle demeure était à l’est de l’Upper East Side, sur la rive ouest de l’ East River . En marchant, je remarquai que je pouvais facilement accéder à un petit parc vert situé sur une côte, Carl Schurz Park. Plusieurs personnes étaient étendues sur des couvertures et certaines d’entre elles lisaient, confortablement installées sur des chaises pliantes. J’ai tout de suite su que ce parc allait devenir un de mes endroits préférés. J’adorais être seule et lire.
Central Park se trouvait à l’ouest de la maison. Lexie m’avait dit qu’il était à quelques rues de chez nous, « environ à 30 minutes de marche », avait-elle précisé. Le seul point négatif de ce quartier était que les lignes de métro étaient plus éloignées. La ligne verte, qui passait par notre quartier, se trouvait à 20 minutes de la maison. Mon arrêt principal était à la 77 th Street , il ne fallait surtout pas que je l’oublie.
L’Upper East Side était vraiment un très beau quartier. Un quartier de riches. Les maisons avaient de grandes façades et plusieurs étages. Chacune avait son propre style . Après avoir marché un moment, je décidai de passer devant chez Lucas avant de retourner chez moi. Sa maison était fabuleuse, noire avec les cadres de porte et les fenêtres de couleur blanche. Elle se démarquait bien, puisque contrairement aux autres maisons, elle s’étendait sur la longueur plutôt qu’en hauteur.

— Je suis revenue, criai-je.
— Et puis ? Comment as-tu trouvé ça ? Es-tu allée voir Central Park ? me demanda Lexie.
— C’est magnifique ! Impossible de ne pas s’y plaire. Je tiens aussi à te remercier pour tout ceci… Ça compte beaucoup pour moi. Mais je ne suis pas allée voir Central Park, je réserve cela pour une autre fois. Je vais aller préparer mes trucs pour demain… Les inscriptions à l’école, tu te souviens ?
— Je suis très heureuse que tu t’y plaises. Tu sais que tu es toujours la bienvenue. Tu es chez toi et si tu as besoin de quoi que ce soit, viens m’en parler. J’allais justement oublier : Lucas va venir te chercher demain matin à 9 h, alors sois prête. Vous irez en subway , je t’ai déjà acheté une « passe ». Comme ça, tu n’auras pas de souci demain matin, tout va bien aller.
Elle me tendit mon laissez-passer de métro. Je la remerciai et lui donnai un câlin.
— Merci, j’espérais seulement ne pas être seule pour ma première journée ; c’était ma plus grande crainte.
— Ne t’inquiète pas. Tu connais Lucas, il ne te laissera jamais seule. De plus, tu ne l’as pas vu ces derniers jours. Il était tout excité de ton arrivée, crois-moi. Tu vas passer beaucoup de temps avec lui.
— Merci beaucoup. Ça me soulage, lui dis-je en lui adressant un clin d’œil.
— Bon, va défaire tes bagages. Je vais préparer le souper, ça devrait être prêt dans une heure environ.
Je montai dans ma chambre. Mes valises traînaient au centre de la pièce. Je décidai de déballer mes affaires. Je mis ma musique et commençai à ranger mes vêtements dans l’armoire.
Je dois avouer que j’aime bien la mode. Je pouvais compter plusieurs paires de souliers, de jeans ainsi que quelques autres vêtements un peu plus sophistiqués. Si je voulais quoi que ce soit que j’avais laissé à la maison, Maman m’avait assurée qu’elle me l’expédierait.
Pendant que je rangeais mes effets, je commençai à penser à la décoration de ma chambre… Je voulais un endroit bien à moi, avec des objets et des couleurs qui me ressemblent. Au deuxième étage, il y avait assez de place pour aménager un espace de travail où je serais parfaitement tranquille. Je décidai de bouger les meubles afin de pouvoir mieux circuler. Je décidai de placer le lit contre le mur du fond avec la table de chevet du côté gauche. Une bibliothèque couvrait le mur de droite. En face, un espace sofa était installé devant une télévision. Je décidai de les déplacer pour avoir plus de place. C’était simple et tout à fait moi, pensai-je.
Lexie avait préparé des pâtes au pesto avec des légumes cuits. C’était délicieux. Nous avons parlé pendant tout le repas. Elle m’a demandé des nouvelles de mes parents, puis de Christian. Elle savait que mon départ nous avait affectés tous les deux et que la distance ne favoriserait pas notre relation. Je l’aimais bien, tout comme lui m’aimait, mais je doutais que nous puissions survivre à 10 mois de séparation. Je parlai aussi à Lexie de mes amies, qui me manquaient déjà. Nous avions organisé une soirée de filles avant mon départ, car elles n’avaient pas l’intention de m’accompagner à l’aéroport. Cela aurait été trop dur.
Ensuite, je lui posai des questions sur elle. Elle m’apprit qu’elle fréquentait un homme depuis quelque temps. Elle ne me dit pas son nom, mais m’affirma que j’allais bientôt le rencontrer. Elle travaillait à temps partiel dans une petite boutique de produits de maquillage depuis qu’elle avait pris sa retraite. Auparavant, elle avait longtemps travaillé pour le Times , en tant que rédactrice. Elle avait adoré cet emploi, un travail de rêve selon elle. Je lui dis que je ne tarderais pas à aller voir sa boutique, car je devais me réapprovisionner en maquillage. Elle m’affirma qu’elle m’y attendrait de pied ferme.
J’aimais bien parler avec ma grand-mère, elle était extravertie. Nous pouvions deviser de tout et de rien, sans gêne. Le souper se termina joyeusement. Je décidai de monter me coucher afin d’affronter la journée du lendemain. La plus difficile selon moi.
 
 
Chapitre 3 
 
 
 
 
 
 
 
 
I l était 8 h 50. Plus que quelques minutes avant que Lucas n’arrive. Je commençais à stresser… À quoi cette journée allait-elle ressembler ? Je n’en savais rien et je ressentais une certaine anxiété. Je m’étais levée bien plus tôt que je ne me levais à San Francisco. Je voulais être prête d’avance en me préparant bien.
Étant donné que nous n’avions pas d’uniforme à l’école, je m’étais bien habillée et j’étais contente de moi. J’avais opté pour un jean noir moulant et une chemise en lin blanche. Comme souliers, des ballerines noires. Lorsque Lexie m’aperçut, elle siffla pour me taquiner. Je voulais bien commencer l’année, alors pourquoi pas sur mon trente et un ?
Enfin, Lucas arriva. Waouh ! Il était vraiment… beau. Très, même. Habillé d’un jean gris pâle et d’un chandail noir moulant, impossible de ne pas le remarquer. Lorsqu’il me vit, il se figea.
— Alena… tu es très jolie, commenta-t-il.
— Regarde-toi avant de parler, dis-je avec un petit sourire.
— Allez, tu es prête ? On y va.
— Oui, merci de m’accompagner.
— Qu’est-ce que je ne ferais pas pour toi, dis-le-moi ! me taquina-t-il.
Tandis que nous marchions en direction du métro, Lucas s’informa de ma soirée. Je lui racontai qu’après son départ, j’avais marché dans le quartier jusqu’à Carl Schurz Park, sans préciser que j’avais passé devant chez lui. Je gardai cette information pour moi.
Au moment de descendre les escaliers du métro, je me suis sentie bizarre et je m’arrêtai pour trouver mes repères. Lucas me fit signe d’avancer. Le trajet me semblait plutôt compliqué, mais Lucas me garantit que j’allais très vite m’y habituer.
Les passagers s’engouffraient dans le tunnel souterrain. Plusieurs entrées et sorties étaient aménagées de part et d’autre de la station. Je me dis que je devais absolument revenir ici à un autre moment, afin de me souvenir du parcours. Je pris la main de Lucas pour ne pas me perdre, car tout le monde se bousculait. Nous avancions rapidement, puisqu’il savait exactement où aller. Pour ma part, j’étais face à l’inconnu.
— Pourras-tu revenir avec moi une autre fois et tout m’expliquer ? Je suis perdue ! Je ne sais même pas où nous allons.
— Bien sûr, ne t’inquiète pas : nous ferons le trajet ensemble tous les matins. C’est toujours comme ça à cette heure matinale, c’est l’heure de pointe. Tous partent travailler et sont pressés, c’est pourquoi nous nous faisons bousculer.
Je me tus et continuai de le suivre. J’avais ma réponse, il allait m’aider. Il serait mon guide dans cette grande ville. Nous avons franchi les barrières de sécurité, où j’ai dû glisser mon laissez-passer de transport en commun au-dessus du détecteur. Lorsque nous atteignîmes la plate-forme du métro, il arrivait.
Ma nouvelle école, St. Jude High School, était l’une des plus prestigieuses de New York. Après le trajet en métro, nous devions nous rendre à l’école à pied.
À la sortie du métro, j’étais désorientée. Lucas m’expliqua notre position et la direction que nous devions emprunter . En marchant, il m’expliqua le déroulement de la journée d’accueil. Chaque année, tous les élèves y étaient convoqués en vue de recevoir leur carte étudiante, leur horaire et leur casier. Il n’y avait pas de cours, c’était plutôt une journée de bienvenue. Les inscriptions aux différentes activités se déroulaient tout au long de la journée et tous en profitaient pour se raconter leurs vacances ou faire connaissance.
— Bienvenue dans ta nouvelle école, ma princesse. Voici St. Jude, me déclara Lucas, en ouvrant grands les bras pour me désigner le bâtiment.
L’école était vraiment grande, construite entièrement en brique rougeâtre. Les marches principales étaient en béton, ce qui lui donnait une allure vieillotte de collège privé dont j’étais bien contente.
Comme nous nous dirigions vers l’entrée principale, plusieurs visages se retournèrent sur notre passage. J’entendais des élèves murmurer en me désignant du menton. Eh oui, ça commence !
Une fois à l’intérieur, Lucas m’expliqua le plan de l’école. Toutes les classes se trouvaient à l’étage supérieur, le rez-de-chaussée étant consacré à l’agora, la cafétéria, la section des sports et aux différents bureaux du personnel. Nous avons rencontré quelques enseignants à qui Lucas m’a présentée. Je n’ai retenu aucun nom, j’étais trop occupée à regarder autour de moi.
Dans un couloir, nous avons croisé un trio de jolies filles. Elles me sourirent et me saluèrent de la main. Je leur rendis la pareille. Un peu plus loin, nous avons rencontré les amis de Lucas, Josh et Ryan, que je trouvais très sympathiques. Ils m’ont demandé comment se déroulait mon arrivée. Je discutai un peu avec eux et décidai de partir explorer par moi-même.
— Tu es sûre ? me demanda Lucas, inquiet.
— Mais oui, ne t’inquiète pas. J’ai mon cellulaire. Je t’appellerai ou te texterai s’il m’arrive quoi que ce soit.
— D’accord. N’hésite surtout pas, ma belle.
Je trouvais ça comique qu’il me fasse de petits compliments, surtout devant ses amis. Mais ça ne semblait pas le préoccuper, alors je l’ai imité. Je lui ai dit au revoir et je suis partie explorer l’édifice. Les élèves allaient et venaient ou se tenaient en groupe, mais il était encore trop tôt pour savoir qui se tenait avec qui. J’entendais des conversations, certains me faisaient de petits signes discrets, mais personne n’est venu me parler.
L’intercom résonna, rappelant qu’un match de football aurait lieu le lendemain et que tous les élèves étaient invités à aller le regarder. Pourquoi pas ? pensai-je. Je pourrai peut-être m’y faire des amies.
Tout en marchant, je recroisai les trois filles que j’avais vues un peu plus tôt. L’une d’elles vint dans ma direction.
— Salut, je crois que tu es nouvelle ? me demanda-t-elle.
— Oui, je viens tout juste d’arriver en ville.
— D’accord, eh bien viens avec nous, nous allons te faire visiter. Moi, je suis Mia Vasquez. Et voici Kimberly Sparks et Shay Silva. Comment t’appelles-tu ?
— Alena Hill, lui répondis-je avec un sourire.
Elles étaient très aimables et enjouées et ne ressemblaient pas au type de filles qui souhaitaient faire la vie dure aux autres. Elles m’invitaient à me joindre à elles. J’acceptai avec enthousiasme.
Mia était à peu près de ma taille, blonde comme moi. Elle avait un joli visage et ses yeux étaient accueillants. Kimberly, quant à elle, était grande avec de longs cheveux bruns. Elle avait un léger teint basané et j’ai cru comprendre qu’un de ses parents était immigrant. Elle était plus timide que les deux autres, mais tout aussi avenante. Shay était restée en retrait au téléphone, mais elle me fit tout de même un petit salut de la main. Elle avait aussi les cheveux bruns, mais elle était beaucoup plus petite que Kimberly.
— Quand es-tu arrivée ? me demanda Mia.
— Hier.
— Tu viens d’où ? me questionna Kimberly.
— J’habite San Francisco. Je suis venue ici pour ma dernière année scolaire. J’habite chez ma grand-mère.
— Waouh ! Chanceuse ! J’ai toujours voulu aller visiter la côte Ouest, lança Mia.
— C’est vraiment beau. Ça vaut le détour, croyez-moi !
— Tu viens avec nous ? Nous nous promenons et regardons les différents kiosques. Comptes-tu t’inscrire à un sport ? se renseigna Kim.
— Le soccer, bien sûr. J’adore ce sport. Et vous ?
— Moi aussi ! Imagine si nous étions acceptées dans l’équipe toutes les deux, ça serait génial ! me répondit Mia. Kim a lâché le basket-ball et Shay ne fait rien…
Je lui répondis par un sourire. Au même moment, un groupe de garçons passa près de nous. Le meneur, du moins celui qui parlait et que tout le monde écoutait, nous regarda… ou plutôt, me regarda…
— Les filles, Austin vient de nous regarder, mais complètement, lança Shay, hystérique.
— Qui est Austin ? demandai-je.
— Austin est le capitaine de l’équipe de football. C’est le gars le plus populaire de l’école. Toutes les filles trippent sur lui et même certaines plus que d’autres, commenta Mia en lançant un regard à Shay.
— Hé ! Tu n’es pas obligée de raconter mes secrets à tout le monde, répondit Shay avec son tact caractéristique.
— Alena n’est pas tout le monde, voyons. Elle est avec nous maintenant, lui rétorqua Mia en me faisant un clin d’œil.
Je l’appréciais déjà.
— Viens, allons voir ce que nous réserve cette nouvelle année, dit-elle en me prenant par le bras.
C’est là que j’ai compris que je n’avais plus à me poser de questions. J’avais découvert trois amies fort sympathiques, que j’allais apprendre à connaître. Nous sommes donc parties, bras dessus bras dessous, les quatre ensemble en direction des tables d’inscription.

— Nom de famille et prénom, s’il vous plaît ?
C’était la petite dame qui nous remettait notre horaire. Son ton était distant. Je lançai un regard aux filles en leur demandant si c’était seulement moi qui avais remarqué son attitude, mais elles m’indiquèrent qu’il ne fallait pas trop se poser de questions à son sujet.
— Elle est la bibliothécaire, me chuchota Kim.
— Hill, Alena.
Elle fouilla dans ses papiers.
— Tiens, voici ton horaire. Bonne rentrée.
Encore le même ton…
Bonne rentrée à vous aussi, alors !
Assises sur un banc, nous avons comparé nos horaires. Mia et moi avions tous nos cours en commun, et nous en avions deux avec Shay et Kim. J’étais contente de ne pas être seule et d’avoir Mia avec moi. C’est avec elle que j’avais parlé le plus et avec qui je semblais avoir le plus d’affinités, mais je savais que ce serait pareil avec les deux autres.
En marchant sur le terrain de l’école, nous avons croisé de nombreux groupes et Mia ne se gênait pas pour les interpeller et me présenter. En remarquant Lucas de loin, je lui fis un petit signe et il me sourit.
— Tu connais Lucas ? me demanda Kim, d’une petite voix.
— Oui, pourquoi ?
— Il est trop canon. Sérieusement, après Austin, Lucas figure sur le top 3 de la liste des garçons les plus craquants de l’école. Il y a quelque chose entre vous ?
— Non ! ris-je. Lucas est comme mon frère, nous nous connaissons depuis notre enfance.
— Ah ! D’accord, approuva Shay avec un clin d’œil pourtant évocateur.
Mais que s’imaginaient-elles ? Il n’y avait rien entre Lucas et moi. Il était mon meilleur ami. Oui, il était craquant, je l’avoue, mais il ne pouvait rien se passer entre nous.
— Et vous ? Avez-vous un copain ? leur demandai-je.
— Non en fait, pas en ce moment. Et toi ? me questionna Mia.
— Oui, mais il habite à San Francisco.
— Ça va être dur une relation à distance, commenta Shay.
— Je sais… Bref, nous le savons. Nous allons essayer de rester ensemble, mais on sait tous les deux qu’une séparation va probablement se produire au fil du temps.
Je leur racontai un peu ma vie là-bas. Je leur parlai de mes amies, de mon copain Christian, de ma grand-mère Lexie, jusqu’à ce que Kim me coupe.
— C’est bien beau un copain à l’autre bout du pays, mais… je crois que quelqu’un ici t’a déjà dans l’œil.
— Pourquoi tu dis ça ?
— Oh là, c’est vrai.
Les trois regardaient par-dessus mon épaule. J’allais me retourner lorsque Shay me prit par le bras et me dit :
— Non ! Ne te retourne pas, il va savoir qu’on parle de lui.
— Mais de qui parlez-vous ? leur demandai-je, intriguée.
— Austin ! me chuchotèrent les trois filles en même temps.
— Qu’est-ce que vous dites ?
— Attends… O. K., retourne-toi.
Je ne le remarquais pas au début. Mais elles avaient raison. Il était posté au bout de l’allée et regardait dans notre direction. Impossible, pensai-je. Il regarde sûrement une autre fille… Mais il n’y avait personne d’autre. Il me fit un signe de la main. Je lui rendis la pareille et me détournai.
— Tu es chanceuse, ma chère. Le gars le plus hot de l’école t’a déjà remarquée, m’annonça Kim avec un beau sourire.
— Allez, les filles, nous devons nous inscrire aux sports !
Tout pour changer de sujet. Je n’avais pas besoin de ça… Pas maintenant, en tout cas.
À l’intérieur de l’école, un brouhaha indescriptible nous assaillit. Tout le monde criait, parlait et marchait dans tous les sens. Je demeurai dans le sillage des trois filles, que je suivis jusqu’aux inscriptions. De nombreux kiosques, érigés de chaque côté du gymnase, annonçaient toutes les activités offertes. Des clubs, des équipes sportives et des comités étaient représentés. Nous nous sommes dirigées vers la section sportive et avons passé d’une table à l’autre. En arrivant devant le kiosque des inscriptions pour le soccer, je m’arrêtai avec Mia.
— C’est pour les inscriptions ? me demanda un élève.
— Oui, avons-nous répondu en chœur.
— Remplissez ce formulaire, s’il vous plaît.
Nous devions inscrire notre nom et notre date de naissance, spécifier le groupe scolaire auquel nous appartenions et répondre à d’autres questions d’un ordre plus général. Après avoir rempli les formulaires, nous les lui avons remis et nous nous apprêtions à quitter la salle lorsque j’ai vu Austin, assis à la table du football. Nos yeux se sont croisés un bon moment, jusqu’à ce que Mia me prenne par le bras pour m’entraîner à l’écart.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents