Pipo
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Pipo , livre ebook

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Description

Pour résumer Pipo, il faudrait que je vous parle d’une indomptable fille rousse, de son rat obèse qui s’appelle Sportif, d’un énigmatique père-espion, d’une sœur-demi avec un zoo dans son deux et demi, d’une artiste étrange qui possède une piscine à fric et une robe-maison. Il faudrait que ce soit très drôle, mais qu’il y ait aussi de la musique triste. Du piano. Qui fait penser à la pluie. Je ne sais toujours pas comment on met de la musique dans les livres, j’essaie tout le temps, mais ça marche moyen… Ouais, bon, vaudrait peut-être mieux vous raconter toute l’histoire ?
— Pourquoi t’as tous ces animaux ?
— Parce que.
— Pourquoi t’aimes tant les animaux ?
— Parce qu’ils sont moins chiants que les
humains.
— Pourquoi ?
— Parce qu’ils posent pas de questions.
— Comment tu les trouves ? Tu les achètes ? (…)
— On me les donne.
— Comment ?
— J’imagine que les gens dans le quartier, ils savent que j’aime les animaux.
— Et ?
— Et je sais pas, le mot se passe… La fille pathétique avec son zoo dans son appartement gros comme une boîte de souliers !
— Les gens t’arrêtent dans la rue et te disent « hey, v’là un chat » ?
— Non, c’est pas ca.
— C’est quoi alors ?
— J’ouvre ma porte et, un matin, il y a une boîte avec des chats dedans ou une cage avec un oiseau.
— Les gens se débarrassent de leurs animaux sur ton balcon ?
— Oui. Comme si c’étaient des déchets. Et moi, j’arrive pas à m’en départir. Les pauvres petites bêtes sont là, elles me regardent avec leurs yeux désespérés… Chaque fois, je claque ma porte en me disant « non, Sofia, pas cette fois-ci », et, chaque fois, je flanche. Le premier qui est arrivé, c’est Mammouth. Il était tout maigre, tout sale. Il me regardait en se penchant la tête de côté comme ça…
— Ha ! ha !
— Il avait une boucle bleue à son cou, tu sais. Comme un cadeau. Tu imagines comment les gens sont cyniques ? Mettre une boucle-cadeau à un chien qu’on abandonne !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 août 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782764438886
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0600€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

De la même auteure chez Québec Amérique
Kid , Hors Collection, 2019.
Fé verte , coll. Titan +, 2017.
• PRIX ALVINE-BÉLISLE 1998
Fé M Fé , coll. Titan +, 2015.
• LAURÉAT PRIX JEUNESSE DES LIBRAIRES 2016, CATÉGORIE QUÉBEC, VOLET 12-17 ANS
• FINALISTE PRIX LITTÉRAIRES DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 2016, CATÉGORIE LITTÉRATURE JEUNESSE – TEXTE
• FINALISTE PRIX ALVINE-BÉLISLE 2016
• FINALISTE PRIX DES BIBLIOTHÈQUES DE MONTRÉAL 2016
• FINALISTE PRIX CÉCILE-GAGNON 2016
• FINALISTE PRIX ADOLECTEURS DE MONTRÉAL 2016-2017



Projet dirigé par Stéphanie Durand, éditrice

Conception graphique et mise en pages : Nicolas Ménard
Révision linguistique : Sophie Sainte-Marie
Illustrations : Todd Stewart
Conversion en ePub : Marylène Plante-Germain

Québec Amérique
7240, rue Saint-Hubert
Montréal (Québec) Canada H2R 2N1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. We acknowledge the support of the Canada Council for the Arts.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.


Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Titre : Pipo / Amélie Dumoulin ; illustrations de Todd Stewart.
Noms : Dumoulin, Amélie, auteur. | Stewart, Todd, illustrateur.
Identifiants : Canadiana 20190019840 | ISBN 9782764438862
Classification : LCC PS8607.U49 P57 2019 | CDD jC843/.6—dc23
ISBN 978-2-7644-3887-9 (PDF)
ISBN 978-2-7644-3888-6 (ePub)

Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2019
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2019

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés

© Éditions Québec Amérique inc., 2019.
quebec-amerique.com



À tous les petits cœurs courageux que notre papapirate a laissés derrière lui :
Feu Suzanne Généreux, Sophie Généreux, Feu Martin Généreux, Lucie Guillet.


PIPO
Il commence à pleuvoir : l’eau fait des picots sur le toit de taule ondulée du garage. Puis le bruit s’intensifie et résonne dans l’air tout autour. Si on est heureux, on se dit : « Wow ! cette pluie, c’est comme de la musique ! » Si on est triste, on se dit : « Crotte, il pleut. »
Moi qui raconte cette histoire, je dois avouer que je suis comme tout le monde, plutôt marabout quand il pleut. Je regarde l’eau couler sur les vitres des maisons et ça me fait penser à des larmes…
Mais Pipo, elle, elle est… Bon, vous allez voir.
Pipo est assise dans son garage, sur le dossier d’un large sofa élimé en velours vieux rose. Elle écoute la pluie qui martèle la toiture au-dessus. Elle rit en agitant ses mains à la manière d’un chef d’orchestre !
— Un, deux, trois ! Un, deux, trois ! Un, deux, trois ! Allez, plus vite !


Elle accélère la cadence du geste et on dirait que la pluie lui répond : « Plic, ploc, plic, ploc, plic, plic ploc. » La porte du garage est ouverte devant elle. À l’extérieur, un étonnant spectacle : on dirait un vaste village de bols en plastique ! Sur l’infini terrain vague, on peut voir, parmi les quelques touffes d’herbes mortes et les déchets qui jonchent le sol, des centaines de seaux et de récipients multicolores, de toutes les tailles, posés tout partout, par terre, sur les vieux bidons d’essence, sur les pierres. À la branche du dernier arbre presque vivant est accroché un arrosoir rouillé qui servira, lui aussi, à récolter l’eau.
Et là, un énorme, énorme, énorme rat gris et blanc traverse le garage. Il porte un chandail orange avec le numéro 42 sur le dos et on peut voir sa grande queue rose sillonner le sol comme un serpent nu. Il enfonce son museau dans une boîte de conserve vide, mais son gros derrière n’arrive pas à y pénétrer au complet.
— Je te vois !
Pipo ramasse la conserve au sol, libère le rat et le met sur son épaule.
— Allez, Sportif, aujourd’hui, on va prendre un bain.
Elle attrape d’une main une grande poubelle vide munie de roulettes et s’avance vers la sortie du garage. Le rat frileux quitte aussitôt sa maîtresse pour aller se planquer quelque part. Pipo, elle, traverse le rideau d’eau et embrasse le déluge de tout son corps, en souriant à belles dents.
La pluie n’arrive même pas à aplatir la boule de cheveux roux et crépus de la jeune fille la plus forte au monde.
• • •


SPORTIF PREND UN BAIN
Pour ne pas qu’il se sauve, Sportif est suspendu, maintenu à la surface de l’eau du bain dans un filet pour les oranges accroché à une corde. Il agite un peu la mousse avec ses pattes qui sortent par quatre trous. Avec un linge, Pipo fait couler de l’eau sur le dos de son rat qui s’énerve.
— Chut ! chut ! Fais pas ta grosse face de rat, espèce de crotte-o-crotte ! La propreté, c’est important, et avec le savon LEZE, aucun malaise !
Pauvre Sportif, il déteste être pris pour une orange, il déteste se laver, et il ne peut pas non plus comprendre la référence publicitaire que lui a balancée Pipo. Mais pour lui, le savon LEZE = gros malaise !
Au rez-de-chaussée de la maison, la vieille dame qui s’appelle Hélène et qui est occupée à fixer la fenêtre ne se rend pas compte que Pipo prend un bain d’eau de pluie, en haut, avec son rat de compagnie. La vieille ne se rend plus compte de grand-chose en fait. Depuis longtemps. Pipo (qui a maintenant onze ans) avait cinq ans quand son papa l’a laissée chez Hélène, dans cette maison qui sent l’huile à moteur, au cœur d’un ancien village entièrement rasé au profit d’une immense raffinerie de pétrole.
Devant chez Pipo et Hélène, auparavant, il y avait des rues, des gens, des vélos. Aujourd’hui ? La compagnie de pétrole a tout démoli. Donc, plus rien… À part un trésor… Oui, il y a un trésor caché ici. Ouais, un vrai. Qui vaut plusieurs milliers de dollars. Non, je dis rien de plus. Non, bon ! OK, d’accord, peut-être juste un mini-indice… caché dans la conversation que Papantonio, le père de Pipo, a eue avec Hélène le jour où il a laissé sa fille.


Le jour où Antonio a laissé Pipo chez Hélène : conversation avec indice
— Elle prendra soin de toi, Hélène. Vous vous ferez de la compagnie, toutes les deux. J’ai besoin de te la laisser longtemps, le temps de ma mission secrète. La petite, je te jure, elle est forte comme trois et elle sait se débrouiller mieux que personne !
— Mais, Antoine, une petite fille, ici… vraiment ? J’ai pas le droit de garder des enfants ici. Si quelqu’un la trouvait ? En plus, il y a les Services qui viennent chaque semaine : des gens qui me livrent ma bouffe, mon eau, font du ménage, du lavage. Quelqu’un va finir par la voir.
— Elle se cachera ! Pipo, c’est la reine de la cachette. Quand on vivait ensemble sur le bateau, moi et les autres marins, on pouvait mettre des heures, même des jours à la retrouver ! Elle aura juste à se planquer dans le garage. Il y a tout dans ce garage. C’est confortable, elle pourrait se faire une belle petite chambre dedans. Elle te dérangera pas.
— Je sais pas…
— C’est temporaire, promis, je passerai la chercher bientôt.
— Et pour la nourriture ?
— Je vais t’envoyer plein de fric, ma belle ! Tu vas être riche ! Vous allez vous faire venir du chinois tous les jours. Ça va être la fête !
— Pff ! il y a plus aucun restaurant qui accepte de livrer ici ! T’as pas remarqué ? Ma maison est la seule encore debout dans les alentours ! Paraît que la terre est entièrement contaminée par l’essence à des kilomètres à la ronde. Y en a même qui disent qu’une seule allumette au sol et tout pourrait prendre en feu ! Mais ils disent ça pour que je m’en aille, je le sais. Je m’en irai pas ! Pff ! livraison de chinois…
— Les conserves que tu reçois, puis les plateaux-repas qu’ils te livrent ?
— Ça, c’est vrai, les Services Alimen taires m’en envoient beaucoup trop ! Ils me prennent pour un éléphant ou quoi ? Moi, je surveille ma ligne, tu sais bien.
— Bon, ben voilà, vous partagerez ! Tu diras que t’as retrouvé l’appétit.
— Antoine, c’est vrai que, toi et moi, on s’est bien amusés, il y a longtemps…
— Ah, t’étais une femme d’expérience et, moi, un petit jeunot amoureux…
— Mais je suis vieille maintenant, qu’est- ce que tu veux que je fasse d’une petite fille ? Et qu’est-ce que je gagne, moi, à t’aider ?
— De l’argent.
— Bof, l’argent… Qu’est-ce que je ferais avec ?
— Ou tu préfères que je te retrouve ton… comment déjà ? Ton René ? <

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