La citadelle oubliée
122 pages
Français

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Description

Depuis un an déjà, Édouard est à la tête de la patrouille des Loups, secondé par son ami Ange. Cette année encore, les Loups vont devoir faire preuve de courage car les chefs ont concocté un camp bien particulier ! Direction la Beauce, sur les traces du trésor perdu des Templiers. Une vieille légende parle même d’une citadelle enfouie dans laquelle les derniers Templiers se cachèrent. Mais n’est-ce vraiment qu’une légende ?

Afin de mettre à l’épreuve les scouts, un nouveau challenge est proposé : le Grand défi ! Les CP et leur cul de pat’ arriveront-ils à former un tandem assez soudé pour remporter cette ultime épreuve ? Le plus fort devra aider le plus faible, et pour Édouard, le challenge risque d’être de taille ! Il apprend quelques jours avant de partir qu’il devra accueillir un nouvel élément chez les Loups : Paulin ! Ce fils de stars de cinéma, toujours dans la lune et à l’imagination débordante, ne connaît absolument rien au scoutisme ! Saura-t-il faire face aux épreuves de la vie dans la nature ? Et quelle est cette ombre folle et dangereuse qui rôde derrière Paulin ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 juillet 2019
Nombre de lectures 24
EAN13 9782728927364
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières

1. L’accident
2. La joie d’être scout
3. Cauchemar
4. Messages et surprises
5. Une nouvelle épreuve
6. Raf le fan
7. Un Loup dans la maison
8. Dans le repaire d’Édouard
9. Lettres de Paulin
10. Un appel important
11. La cuisine des Templiers
12. Lettres de Paulin (suite)
13. Pas de thé pour Édouard
14. Un mystérieux bijou
15. Top départ
16. Le maître du feu
17. Les harpies
18. Une bonne planque
19. Épreuve de survie
20. Mise en garde
21. La traversée de la mer
22. Traque de nuit
23. Le trône du roi
24. Raf se rapproche
25. Message crypté
26. Au sommet de la demeure
27. L’informateur
28. Embuscades
29. Cachés sous terre
30. Le secret de la fontaine
31. Dans les pas des Templiers
32. La forteresse perdue
33. Trois épées, trois boucliers
Épilogue – Une première danse

Un dernier mot…
Notes
Page de copyright
À tous ceux avec qui j’ai partagé l’Aventure sous les étoiles lors de camps, randonnées, voyages… Xavier, François, Gildas, Ronan, Marie, Camille, Marine, Hippolyte, Antonin, Sylvia et quelques autres…
« Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
Antoine de Saint-Exupéry , Le Petit prince.



« Il ne faut surtout pas perdre la confiance. On peut tout perdre, sauf la confiance. »
Saint François d’Assise, in Sagesse d’un pauvre, Éloi Leclerc, DDB, p. 97, 1991.

Chapitre 1 L’accident
Circuit des 24 Heures du Mans, octobre, trois mois après les aventures des Loups à Brocéliande 1 .

La vie est comme un feu de bois, on ne sait jamais à quel moment les choses vont basculer… mais il y a toujours une branche enflammée qui finit par craquer.
Ce jour-là, au Mans, le jeune garçon ne savait plus où donner de la tête. Vivait-il un rêve, un cauchemar ou la réalité ?
Les voitures avaient surgi du virage en grondant, tels des monstres voraces échappés de la Préhistoire.
Alors que les bolides approchaient, plus rapides que des guépards en pleine course, les rugissements des moteurs résonnèrent entre les gradins du circuit, rebondirent de l’un à l’autre, se croisèrent et se démultiplièrent, donnant naissance à un assourdissant vacarme.
Paulin se souvint d’un orage terrifiant, qui avait explosé au-dessus de la vallée où ils passaient des vacances, deux ans plus tôt. Il se boucha les oreilles.
Les voitures de course ne dataient pas de la Préhistoire, mais tout de même d’une époque que Paulin jugeait fort reculée. Du milieu du vingtième siècle, précisément.
Le jeune garçon s’était bien informé. À onze ans et demi, il était considéré comme sérieux, travailleur, attentif. Il se renseignait avant d’assister à un événement important. Et cette scène de tournage dirigée par son père représentait pour lui une sacrée aventure !
Il était d’autant plus passionné, cette fois, qu’il était depuis tout petit fasciné par l’Histoire.
L’Histoire « de l’humanité », avec un grand H, c’était comme un récit gigantesque empli de merveilles, de combats, de légendes, de rebondissements.
Mieux que n’importe quel film d’action !
Les bolides qui fonçaient sur la piste, en contrebas des tribunes, faisaient partie de l’Histoire. Avec leurs carrosseries luisantes, leurs lignes gracieuses, profilées, ils avaient la classe !
Assise à sa droite, sur les gradins, Capucine lui donna un coup de coude dans les côtes. Il ôta ses mains de ses oreilles.
– Ta mère est dans la voiture de tête, la noire ! articula-t-elle en parvenant de peu à couvrir le hurlement des moteurs.
Paulin le savait déjà. C’était ce que prévoyait le scénario de 1955, le film tourné depuis l’été dernier par son père, Vincent Eriksson.
Oh bien sûr, Vincent était lui aussi un acteur connu dans plusieurs pays, mais il n’avait pas voulu jouer dans ce film, pas plus que dans les deux précédents volets de la série. Sa femme Lara – la mère de Paulin – en serait la reine. Il la voulait resplendissante à l’écran et ne souhaitait surtout pas lui faire de l’ombre. Elle jouait, il tournait : chacun offrait son talent à l’autre.
Pour une fois, Lara jouait avec un autre partenaire célèbre : le beau comédien Esteban Villa, dont la peau halée avait déjà déclenché des émeutes et fait fondre en larmes des cohortes de jeunes filles hystériques. Ils formaient un couple séduisant.
L’histoire se déroulait au milieu du siècle dernier. Selon le scénario, Lara et Esteban, deux agents secrets (Bella et Lino dans le film) étaient poursuivis par trois hommes du Gang des pilotes, des bandits spécialisés dans le vol de voitures de course. À la tête de cette mafia, le sinistre Joe Devil Face, dont la seule vue terrifiait ses ennemis autant que ses amis.
Lara et son coéquipier devaient passer à grande vitesse devant les tribunes du circuit, avant de freiner un peu, de virer pour enfoncer une barrière de sécurité, puis d’emprunter une voie de dégagement. Deux kilomètres plus loin, ils délaisseraient leur voiture pour rejoindre un hélicoptère et échapper ainsi aux malfrats.
Un scénario un peu tiré par les cheveux, mais l’histoire de cette héroïne, à la mode des années cinquante, semblait ravir le public. Les deux premiers volets de la série, 1945 et 1950 , avec la même actrice principale, avaient fait un carton dans les salles. On s’attendait à mieux encore pour 1955 .
– Sa voiture est magnifique, poursuivit Capucine, alors que le grondement s’intensifiait entre les deux tribunes qui se faisaient face, à hauteur de la ligne d’arrivée. Regarde-moi cette couleur noire, cette carrosserie, ces chromes. Élégante, comme ta mère !
Capucine avait dix-huit ans. Elle était payée pour chaperonner Paulin le week-end. La jeune fille était gentille, mais pas très cultivée, du point de vue du jeune garçon. Il dut presque crier pour se faire entendre.
– C’est une Triumph TR3 de 1955. Mon père l’a choisie exprès, à cause du film…
– Quel film ?
– Marcello Mastroianni conduit ce cabriolet dans La Dolce Vita, le film de Fellini.
– Ah, je ne connais pas.
– C’est sorti dans les années cinquante ( et c’est même un classique , songea-t-il, sans le dire à voix haute pour ne pas blesser la jeune fille). Mon père adore ce film. La Triumph, c’est un hommage à Fellini, le réalisateur.
– Et les trois voitures qui la suivent ?
Paulin ne fut pas pris de court. Il avait potassé le dossier fourni par son père, et sa mémoire était excellente.
– Il y a une Mercedes Benz 300 SLR, une Jaguar type D et une Austin Healey 100S. Trois voitures de course.
Capucine lui lança un regard ébahi et lui passa une main amicale dans les cheveux.
– Ouah, il y en a dans ta petite tête de blondinet ! C’est aussi un hommage à La Dolce Vita ?
– Pas du tout. C’est un hommage aux 24 Heures du Mans de 1955. Cette année-là, il y a eu un très grave accident. Une Mercedes a explosé près des tribunes et le moteur a été projeté dans la foule, pas loin d’ici. Il y a eu 82 morts. Toutes ces voitures ont participé à cette course.
– Mais c’est horrible !
Les voitures fonçaient maintenant au pied des tribunes, qui tombaient en pente abrupte vers la chaussée, loin en contrebas.
La Triumph et ses poursuivantes devaient rouler à cent cinquante ou cent soixante kilomètres à l’heure. Le bruit des moteurs écorchait les tympans.
Devant Paulin et de l’autre côté de la piste, les gradins étaient pleins à craquer de figurants.
Le jeune garçon et Capucine avaient été placés un peu en retrait de la foule. Grand Jacques, l’imposant garde du corps, ne leur avait pas laissé le choix. D’ailleurs, le colosse, assis un peu plus loin, entre la foule et le jeune garçon, ne les perdait jamais de vue plus de cinq secondes.
Paulin aurait préféré vivre sans cette armoire à glace dans son sillage, mais sa présence était obligatoire dès qu’il participait à un événement public.
Ses parents n’en démordaient pas, et pour cause ! Lara avait déjà été prise à partie par des fans dérangés, et Paulin lui-même avait été bousculé par des touristes trop enthousiastes. L’ayant reconnu à la sortie d’un grand magasin, ils s’étaient précipités pour lui poser mille questions sur ses parents. Il avait manqué mourir étouffé et sa veste avait été déchirée dans l’incident !
Depuis, Grand Jacques le suivait comme son ombre.
Quelques rangs en contrebas, Paulin remarqua un visage familier, tourné vers lui.
Cheveux bruns en bataille, coupés court sur les tempes, yeux verts, visage mince et harmonieux, avec un air résolu : la bouille sympathique d’un adolescent âgé d’une quinzaine d’années.
Oui, ça lui revenait ! Ce garçon n’était autre que le fils ­de Pierre-Henri Després, le scénariste qui avait écrit 1955 .
Il s’appelle Édouard , se souvint-il. L’adolescent l’avait lui aussi reconnu. Paulin reçut un sourire chaleureux.
– C’est un chef scout, lui avait un jour indiqué son père. Peut-être que ça te ferait du bien, à toi aussi, de camper en pleine nature !
Paulin avait été estomaqué. Quoi ? On pouvait être chef scout à quinze ans ?
Voilà qui semblait extraordinaire !
Dans le monde occidental, les garçons de cet âge étaient souvent considérés comme des êtres inutiles, voire nuisibles.
Les scouts voyaient-ils les choses autrement ?
Camper en pleine nature ? Avec des chefs de quinze ans ? Et pourquoi pas, après tout ! avait-il alors pensé, soudain excité.
Voilà qui changerait des interminables journées de vacances ou de week-end, passées à tourner en rond dans l’appartement parisien ou au parc voisin, en compagnie de Capucine et Grand Jacques, quand ses parents partaient en tournage… c’est-à-dire souvent.
Édouard Després se retourna vers la piste pour voir passer le cabriolet noir, poursuivi par les trois voitures de course.
Paulin aperçut à peine la chevelure de sa mère, aussi blonde que la sienne, agitée par le vent.
Les bolides s’éloignaient déjà.
Le jeune garçon se leva et continua à suivre la Triumph de sa mère du regard. Il savait que son père était positionné en régie, pour surveiller les données des multiples caméras disséminées sur le bord du circuit, dans les stands, en bordure de piste et dans les gradins.
Soudain, il fronça les sourcils. La Triumph venait de faire une embardée sur la gauche. Le pilote de la Jaguar type D donna un coup de volant pour l’éviter.
Puis le cabriolet noir vira brusquement sur la droite, presque à angle droit.
Ce n’est pas dans le scénario ! songea Paulin, alarmé.
Chacun entendit les freins de la Mercedes Benz, dans son sillage, crisser. Le bolide se mit à son tour à zigzaguer. Des traces de gomme apparurent sur le bitume.
La Triumph pencha, se souleva sur deux roues, en fonçant vers la barrière latérale.
C’était impossible. Aucun conducteur, même le plus expérimenté, ne pouvait tenter une manœuvre de ce genre. Or, Esteban, au volant, avec sa peau hâlée et son éternel sourire sexy, était tout sauf expérimenté !
Dans les tribunes, des murmures puis des cris enflèrent comme une vague. Des gens se levèrent, d’autres crièrent. Loin sur sa gauche, le jeune garçon vit le cabriolet noir poursuivre son embardée, puis percuter de plein fouet l’arrière de l’Austin, qui avait tenté de se tenir à l’écart.
Tout se déroula ensuite à une vitesse extravagante, trop rapide pour permettre au cerveau de suivre, sur le coup, le fil des événements.
L’arrière pentu de la voiture de course fit office de tremplin. La Triumph se redressa, tel un cheval se cabrant, puis s’envola.
La voiture se retourna, plana un instant au-dessus des rails de sécurité, puis s’écrasa sur le bas-côté.
Il y eut une déflagration, alors que les trois bolides de course s’éloignaient déjà. L’Austin, touchée à l’arrière, ne tarda pas à zigzaguer pour aller s’encastrer, un peu plus loin, dans une glissière latérale.
En touchant le sol sur le dos, le cabriolet d’Esteban et Lara avait explosé et les flammes consumaient la voiture de collection.
Comme tout le monde, atterré, Paulin s’était dressé dans les tribunes.
C’était impossible, il avait dû rêver. Il mélangeait toujours ses songes à la réalité !

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