Une AME SUFFIT
141 pages
Français

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Description

Lorsque Cassandre, une orpheline, est adoptée par un couple, elle est loin de se douter qu’elle vient de pénétrer dans un monde mystérieux. Ses parents lui lèguent bientôt un cadeau : la jeunesse éternelle. Mais il y a un prix à payer pour l’immortalité… et Cassandre n’est pas prête à s’y soumettre! Déterminée à limiter les dégâts causés par ce présent, elle tente de passer inaperçue dans sa nouvelle école, mais Antoine, son collègue de classe au charme ravageur, n’entend pas les choses de la même manière. Il remarque les curieuses facultés de Cassandre : elle entend ce que les gens disent même à grande distance, elle ne sort jamais à l’extérieur sans ses lunettes de soleil et elle a un rapport étrange avec la nourriture. Décidé à se rapprocher d’elle, Antoine lui remet un jour une bande dessinée de son cru, qui semble indiquer qu’il a percé l’étrange identité de Cassandre. Ni super héroïne, ni vampire, qui donc est-elle? Devra-t-elle sacrifier son âme sœur pour recouvrer la liberté?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 octobre 2015
Nombre de lectures 11
EAN13 9782897500122
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Titre : Une âme suffit
Texte : Arianne Gagnon-Roy Illustration de la couverture et bande dessinée : Christian Quesnel Conception graphique : Lisa Lévesque Stagiaire en édition : Catherine Pion Révision linguistique : Réjean Ouellette
Direction littéraire : Marie Cadieux
Conversion au format ePub : Studio C1C4

ISBN (papier) 978-2-89750-010-8 ISBN (PDF) 978-2-89750-011-5
ISBN (ePub) 978-2-89750-012-2 Dépôt légal : 4 e trimestre 2015

Distributeur au Canada : Prologue Téléphone : (450) 434-0306 / 1 800 363-2864 Télécopieur : (450) 434-2627 / 1 800 361-8088 Courriel : prologue@prologue.ca

Distributeur en Europe : Librairie du Québec/DNM
Téléphone : 01.43.54.49.15
Télécopieur : 01.43.54.39.15
Courriel : direction@librairieduquebec.fr
Pour ses activités d’édition, Bouton d’or Acadie reconnaît l’aide financière de :


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Courriel : boutondoracadie@nb.aibn.com
Web : www.boutondoracadie.com www.avoslivres.ca

Un livre créé en Acadie et imprimé au Canada
CHAPITRE UN
« On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d’âme. »
Marcel Jouhandeau
Il apparut soudainement à travers la brume qui s’était introduite dans la chambre et s’avança, la main tendue vers sa victime. Il s’approcha d’un pas lent mais décidé, il allait le faire… D’ailleurs, n’était-ce pas tout ce que son cou honorablement offert demandait ? Il s’apprêtait à la mordre, à lui boire tout son sang et à lentement lui voler la vie, quand je pesai sur « pause ».
Par simple curiosité, je m’approchai de l’écran. Son nez était crochu, sa longue cape noire flottait autour de lui comme les plumes d’un corbeau. Ses cheveux, collés sur sa tête avec une sorte de gel… Je ne savais même pas si le gel pour cheveux existait dans les années 30, mais qu’est-ce que ça aurait pu être d’autre ? De toute façon, c’était ridicule. Et dire que des gens avaient réellement eu peur du film Dracula en 1931, quelle blague ! Et cette manière dont les gens nous voient…
Quand je dis « nous », je parle bien entendu des vampires… Mais attention ! Je ne parle pas de ces suceurs de sang qui me donnent envie de vomir, mais de notre race. Le mot « vampire » signifie en fait « voleur de vie », et c’est ce que nous sommes… C’est ce que je suis… Dans plusieurs cultes, on nous confond avec les « vrais » vampires, mais nous sommes à part : on nous appelle aussi vampires psychiques ou tout simplement les voleurs d’âmes. Il est vrai que, bien malgré moi, je vole le bien le plus précieux qu’un humain peut posséder, son âme…
Comment suis-je devenue cette monstruosité, me demanderez-vous ? Eh bien, tout a commencé lors de cette nuit froide et brumeuse d’octobre où je décidai d’aller à la danse de l’école sans l’autorisation de mes parents. Ils m’avaient punie parce que j’étais allée chez une amie en cachette et, du haut de mes seize ans, je n’avais pas compris ou voulu admettre pourquoi. Mécontente, je m’éclipsai en début de soirée. Ma sortie clandestine se passa merveilleusement bien jusqu’à ce que je rentre à la maison… Ce que je vis alors resterait dans ma mémoire pour toujours. La maison dans laquelle j’avais grandi et été élevée, et dans laquelle mes parents se trouvaient, était en flammes… Les pompiers venaient d’arriver, mais déjà le toit s’était effondré, et il n’y avait aucune chance de survie pour les occupants. Mes parents moururent tous les deux cette nuit-là, et j’ai toujours regretté de ne pas avoir été emportée en même temps.
À partir de ce moment, je fus véritablement seule au monde. Mes grands-parents étaient tous décédés et j’étais enfant unique, comme mes parents. On me plaça dans une maison d’accueil. C’est un endroit dans lequel on met les enfants qui n’ont pas de famille ou qui se trouvent dans une situation familiale difficile, dans l’attente qu’ils se fassent adopter. Mais dans mon cas, la travailleuse sociale qui m’avait sous sa responsabilité m’avait clairement dit de ne pas me faire trop d’illusions, puisque je dépassais largement l’âge d’un enfant que l’on adopte. Elle me faisait sentir coupable du fait que je n’avais aucun endroit où vivre… Elle me disait que cela coûtait cher à la Saskatchewan d’entretenir des jeunes de mon âge et que, si j’avais été plus rebelle, on aurait pu se débarrasser de moi en m’envoyant dans une maison de correction.
À l’école, on me regardait avec pitié, et je me repliai rapidement sur moi-même, ce qui eut pour effet que je m’éloignai peu à peu de mes amis.
Un jour de janvier, un couple désireux de m’accueillir dans son foyer vint me voir. L’homme et la femme étaient déjà venus à quelques reprises pour discuter avec M me Boivet, la travailleuse sociale, mais ce jour-là, celle-ci nous présenta avant de nous laisser seuls un moment. Je m’en souviens comme si c’était hier…
La femme était belle, très belle même, et son mari aussi d’ailleurs. Elle était l’élégance personnifiée. Elle avait le teint laiteux, les yeux bleus et les cheveux brun clair. L’homme, lui, était grand et châtain, il avait cette même peau pâle et des yeux bleus aussi vibrants que ceux de sa femme. Aucun des deux n’avait de rides, même s’il était évident que tous les deux étaient dans la quarantaine ou presque. Ils se tinrent en retrait pour se parler, et je tendis l’oreille…
— Elle est jolie, non ?
— Oui, et selon la travailleuse sociale, elle est aussi intelligente.
— Elle a l’air plutôt sage.
— Elle semble si jeune…
— Justement, c’est ce que nous désirons, non ?
— Bien sûr ! Oh ! et regarde ses yeux cachés derrière ces lunettes, ils sont d’un joli brun. Mais ce n’est pas dramatique, on ne verra presque pas la différence.
Ils semblaient satisfaits et se rapprochèrent de moi pour me demander d’une voix douce :
— Comment t’appelles-tu ?
— Cassandre, leur répondis-je, méfiante.
Et je ne pus m’empêcher d’ajouter :
— Et je vous ai entendus. Je ne suis pas si jeune, j’ai seize ans, bientôt dix-sept.
Je ne savais pas à ce moment qu’en fait jamais je n’atteindrais dix-sept ans… Les deux adultes se sourirent mutuellement pour enfin déclarer :
— Quel joli prénom !
— En plus, elle a du caractère ! Nous formerons une merveilleuse famille !
Cette manie qu’ils avaient de parler comme si je n’étais pas là m’agaçait fortement. Je ne voulais pas accompagner ces gens que je ne connaissais pas, mais je n’avais pas le choix, car la travailleuse sociale qui s’occupait de moi me le fit clairement comprendre.
— À ton âge, estime-toi chanceuse que quelqu’un veuille encore s’occuper de toi. Les Dupuis sont des gens charmants, et tu pars avec eux, que tu le veuilles ou non. Tu ne vivras pas sous la tutelle de la province éternellement !
Sur ce charmant adieu, je partis donc avec ces inconnus dans leur voiture. En route pour aller chez eux, ils m’expliquèrent qu’ils n’avaient jamais pu avoir d’enfants et qu’ils désiraient une fille comme moi depuis fort longtemps. Ils avaient également une autre fille plus âgée que moi qui vivait avec eux.
— J’espère que tu ne te sentiras pas trop seule…
— J’ai toujours été enfant unique, je suis habituée à la solitude.
— Parfait !
L’enthousiasme de sa réponse m’intrigua pendant un court instant, jusqu’à ce qu’elle parle à nouveau :
— Que je suis tête en l’air, j’ai oublié de me présenter ! Je m’appelle Célestine et celui qui conduit, c’est mon mari, Constantin. Tu peux aussi nous appeler maman et papa, si tu veux. Avec le temps, tu t’y habitueras, j’en suis certaine…
À l’époque, j’en doutais sérieusement…
Nous roulâmes pendant une bonne quinzaine de minutes puis nous arrivâmes enfin chez eux. Malgré mes efforts pour paraître indifférente, je ne pus qu’être é

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