Les Possédés , livre ebook

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«Est-il possible de croire? Sérieusement et effectivement? Tout est là.» Stavroguine envoûte tous ceux qui l'approchent, hommes ou femmes. Il ne trouve de limite à son immense orgueil que dans l'existence de Dieu. Il la nie et tombe dans l'absurdité de la liberté pour un homme seul et sans raison d'être. Tous les personnages de ce grand roman sont possédés par un démon, le socialisme athée, le nihilisme révolutionnaire ou la superstition religieuse. Ignorant les limites de notre condition, ces idéologies sont incapables de rendre compte de l'homme et de la société et appellent un terrorisme destructeur. Sombre tragédie d'amour et de mort, «Les Possédés» sont l'incarnation géniale des doutes et des angoisses de Dostoïevski sur l'avenir de l'homme et de la Russie. Dès 1870, il avait pressenti les dangers du totalitarisme au XXe siècle.
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Publié par

Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

100

EAN13

9782820603128

Langue

Français

Les Poss d s
F dor Mikha lovitch Dosto evski
1872
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0312-8
Quand vous me tueriez, je ne vois nulle trace ;
Nous nous sommes égarés, qu’allons-nous faire ?
Le démon nous pousse sans doute à travers les champs
Et nous fait tourner en divers sens.
Combien sont-ils ? Où les chasse-t-on ?
Pourquoi chantent-ils si lugubrement ?
Enterrent-ils un farfadet,
Ou marient-ils une sorcière ?
A.POUCHKINE.

Or, il y avait là un grand troupeau depourceaux qui paissaient sur la montagne ; et les démons Lepriaient qu’Il leur permit d’entrer dans ces pourceaux, et Il leleur permit. Les démons, étant donc sortis de cet homme, entrèrentdans les pourceaux, et le troupeau se précipita de ce lieu escarpédans le lac, et fut noyé. Et ceux qui les paissaient, voyant ce quiétait arrivé, s’enfuirent et le racontèrent dans la ville et à lacampagne. Alors les gens sortirent pour voir ce qui s’étaitpassé ; et étant venu vers Jésus, ils trouvèrent l’hommeduquel les démons étaient sortis, assis aux pieds de Jésus, habilléet dans son bon sens ; et ils furent saisis de frayeur. Etceux qui avaient vu ces choses leur racontèrent comment ledémoniaque avait été délivré.
( Évangile selon saint Luc , ch. VIII, 32-27.)
Partie 1
Chapitre 1 EN GUISE D’INTRODUCTION : QUELQUES DÉTAILS BIOGRAPHIQUESCONCERNANT LE TRÈS HONORABLE STÉPAN TROPHIMOVITCHVERKHOVENSKY.

I


Pour raconter les événements si étrangessurvenus dernièrement dans notre ville, je suis obligé de remonterun peu plus haut et de donner au préalable quelques renseignementsbiographiques sur une personnalité distinguée : letrès-honorable Stépan Trophimovitch Verkhovensky. Ces détailsserviront d’introduction à la chronique que je me proposed’écrire.
Je le dirai franchement : StépanTrophimovitch a toujours tenu parmi nous, si l’on peut ainsiparler, l’emploi de citoyen ; il aimait ce rôle à la passion,je crois même qu’il serait mort plutôt que d’y renoncer. Ce n’estpas que je l’assimile à un comédien de profession : Dieu m’enpréserve, d’autant plus que, personnellement, je l’estime. Tout,dans son cas, pouvait être l’effet de l’habitude, ou mieux, d’unenoble tendance qui, dès ses premières années, avait constammentpoussé à rêver une belle situation civique. Par exemple, saposition de « persécuté » et d’« exilé » luiplaisait au plus haut point. Le prestige classique de ces deuxpetits mots l’avait séduit une fois pour toutes ; en se lesappliquant, il se grandissait à ses propres yeux, si bien qu’ilfinit à la longue par se hisser sur une sorte de piédestal fortagréable à la vanité.
Je crois bien que, vers la fin, tout le mondel’avait oublié, mais il y aurait injustice à dire qu’il futtoujours inconnu. Les hommes de la dernière génération entendirentparler de lui comme d’un des coryphées du libéralisme. Durant unmoment, – une toute petite minute, – son nom eut, dans certainsmilieux, à peu près le même retentissement que ceux de Tchaadaïeff,de Biélinsky, de Granovsky et de Hertzen qui débutait alors àl’étranger. Malheureusement, à peine commencée, la carrière activede Stépan Trophimovitch s’interrompit, brisée qu’elle fût,disait-il par le « tourbillon des circonstances ». À cetégard, il se trompait. Ces jours-ci seulement j’ai appris avec uneextrême surprise, – mais force m’a été de me rendre à l’évidence, –que, loin d’être en exil dans notre province, comme chacun lepensait chez nous, Stépan Trophimovitch n’avait même jamais étésous la surveillance de la police. Ce que c’est pourtant que lapuissance de l’imagination ! Lui-même crut toute sa vie qu’onavait peur de lui en haut lieu, que tous ses pas étaient comptés,toutes ses démarches épiées, et que tout nouveau gouverneur envoyédans notre province arrivait de Pétersbourg avec des instructionsprécises concernant sa personne. Si l’on avait démontré clair commele jour au très-honorable Stépan Trophimovitch qu’il n’avaitabsolument rien à craindre, il en aurait été blessé à coup sûr. Etcependant c’était un homme fort intelligent…
Revenu de l’étranger, il occupa brillammentvers 1850 une chaire de l’enseignement supérieur, mais il ne fitque quelques leçons, – sur les Arabes, si je ne me trompe. De plus,il soutint avec éclat une thèse sur l’importance civique ethanséatique qu’aurait pu avoir la petite ville allemande de Hanaudans la période comprise entre les années 1413 et 1428, et sur lescauses obscures qui l’avaient empêchée d’acquérir laditeimportance. Cette dissertation était remplie de traits piquants àl’adresse des slavophiles d’alors ; aussi devint-il du coupleur bête noire. Plus tard, – ce fut, du reste, après sadestitution et pour montrer quel homme l’Université avait perdu enlui, – il fit paraître, dans une revue mensuelle et progressiste,le commencement d’une étude très savante sur les causes del’extraordinaire noblesse morale de certains chevaliers à certaineépoque. On a dit, depuis, que la suite de cette publication avaitété interdite par la censure. C’est bien possible, vu l’arbitraireeffréné qui régnait en ce temps-là. Mais, dans l’espèce, le plusprobable est que seule la paresse de l’auteur l’empêcha de finirson travail. Quant à ses leçons sur les Arabes, voici l’incidentqui y mit un terme : une lettre compromettante, écrite parStépan Trophimovitch à un de ses amis, tomba entre les mains d’untiers, un rétrograde sans doute ; celui-ci s’empressa de lacommuniquer à l’autorité, et l’imprudent professeur fut invité àfournir des explications. Sur ces entrefaites, justement, on saisità Moscou, chez deux ou trois étudiants, quelques copies d’un poèmeque Stépan Trophimovitch avait écrit à Berlin six ans auparavant,c’est-à-dire au temps de sa première jeunesse. En ce moment mêmej’ai sur ma table l’œuvre en question : pas plus tard que l’andernier, Stépan Trophimovitch m’en a donné un exemplaireautographe, orné d’une dédicace, et magnifiquement relié enmaroquin rouge. Ce poème n’est pas dépourvu de mérite littéraire,mais il me serait difficile d’en raconter le sujet, attendu que jen’y comprends rien. C’est une allégorie dont la formelyrico-dramatique rappelle la seconde partie de Faust. L’an passé, je proposai à Stépan Trophimovitch de publier cetteproduction de sa jeunesse, en lui faisant observer qu’elle avaitperdu tout caractère dangereux. Il refusa avec un mécontentementvisible. L’idée que son poème était complètement inoffensif luiavait déplu, et c’est même à cela que j’attribue la froideur qu’ilme témoigna pendant deux mois. Eh bien, cet ouvrage qu’il n’avaitpas voulu me laisser publier ici, on l’inséra peu après dans unrecueil révolutionnaire édité à l’étranger, et, naturellement, sansen demander la permission à l’auteur. Cette nouvelle inquiétad’abord Stépan Trophimovitch : il courut chez le gouverneur etécrivit à Pétersbourg une très noble lettre justificative qu’il melut deux fois, mais qu’il n’envoya point, faute de savoir à quil’adresser. Bref, durant tout un mois, il fut en proie à une viveagitation. J’ai néanmoins la conviction que, dans l’intime de sonêtre, il était profondément flatté. Il avait réussi à se procurerun exemplaire du recueil, et ce volume ne le quittait pas, – dumoins, la nuit ; pendant le jour Stépan Trophimovitch lecachait sous un matelas, et il défendait même à sa servante derefaire son lit. Quoiqu’il s’attendît d’instant en instant à voirarriver un télégramme, l’amour-propre satisfait perçait dans toutesa manière d’être. Aucun télégramme ne vint. Alors il se réconciliaavec moi, ce qui atteste l’extraordinaire bonté de son cœur doux etsans rancune.
II


Je ne nie absolument pas son martyre.Seulement, je suis convaincu aujourd’hui qu’il aurait pu, endonnant les explications nécessaires, continuer tout à son aise

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