D comme mensonge , livre ebook

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Pourquoi l'a-t-on élevée dans le mensonge? En ce jour de deuil, elle apprend inopinément que sa mère, qu'elle croyait morte, a disparu sans laisser de traces. Dès lors, elle n'a de cesse de découvrir le destin de cette inconnue dont elle ne s'est jamais souciée. Sa quête la fait pourtant se heurter au mutisme prudent des siens et lui fait franchir les limites de son confort, pour toucher du doigt des misères insoupçonnées. Du Havre à Bastia, de Madrid à Buenos Aires, des figures aux destins bouleversants viennent ainsi à sa rencontre mais ne se résignent pas à livrer leurs secrets... Briser les silences familiaux, démêler les noeuds anciens, remonter le fil d'une histoire maternelle dont il ne reste que ruines, falsifications, mystères... Pour retrouver l'auteure de ses jours, évaporée sur un port en Algérie, il faudra à Géraldine se lancer dans un dédale dont les murs et voies closes sont formés par les tabous, la dissimulation, les faux-semblants. Quête tout autant mémorielle qu'identitaire dans laquelle le lecteur est comme aspiré, soumis à une écriture habile et étourdissante, fascinante et ciselée... P.?Calliste mettant ici en scène, comme pour Poucet, un cheminement dans la forêt oppressante et dangereuse qu'est le passé.
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Publié par

Date de parution

04 octobre 2012

Nombre de lectures

39

EAN13

9782748392425

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

D comme mensonge
Du même auteur
Le Sanglot du P’tit Quinquin, éditions Publibook, 2009
Quand les pierres essaient de parler, éditions Publibook, 2010
Les Échos du Casone, éditions Publibook, 2011
Paule Calliste D comme mensonge
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0117659.000.R.P.2012.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2012
À ma mère.
Elle ne comprit pas immédiatement que l’hôtesse de l’air s’adressait à elle quand elle l’entendit lui proposer une boisson. D’ailleurs, l’entendit-elle ? Immergée au cœur de ce raz de ma-rée de souvenirs qui avait dévasté en un clin d’œil la réalité crue dans laquelle elle s’était confortablement installée, elle perçut le lointain écho d’une question et s’agrippa au sourire de l’hôtesse pour remonter à la surface, juste le temps de hocher négative-ment la tête pour replonger aussitôt à la poursuite du lointain mirage d’une enfance sucrée tapie au tréfonds d’une mémoire frileuse. Le vrombissement de l’avion favorisait l’engourdissement de ses sens et l’esprit sans défense la laissa errer dans les méandres de sa mémoire, se frayant un passage dans les recoins les plus reculés. L’engourdissement de tout son être, accusé par le choc du message reçu la veille, éveillait en elle un désir ardent de s’abandonner enfin pour donner le signal de départ d’un feu d’artifices d’images insoupçonnées. Dans la lumière aveuglante qui crevait le hublot, mille et une couleurs giclaient de son es-prit, éclatant dans un concert tonitruant. Elle ne chercha pas à remettre en question cette vie sans complexes et sans éclats dans laquelle elle s’était laissé glisser avec enthousiasme. Elle ne chercha pas non plus à comprendre pourquoi, la veille, son univers s’était écroulé dans la brièveté 1 lapidaire d’un texto de sa sœur : «Papa o + mal. Vi1» Elle constata sans surprise que la douleur exacerbe la mémoire au point de déverrouiller des portes insoupçonnées et de livrer le passage à des sensations oubliées, aussi traîtreusement endor-mies qu’un volcan prétendument éteint. Au bout d’un sombre tunnel aussi tortueux qu’un inviolable labyrinthe, une enfance écrasée d’azur et d’amour attendait 1 Papa au plus mal. Viens.
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patiemment d’éclabousser de flamboyants éclats les ténèbres qui l’emprisonnaient. Le ciel limpide qui s’étirait triomphale-ment derrière le hublot raviva l’intense luminosité de l’azur cru d’une Algérie convalescente, encore frémissante d’espoir dans l’euphorie de l’indépendance. Des images cotonneuses s’effilochaient dans le sillage de souvenirs incertains emportés dans la valse endiablée de l’or et de l’azur, si étroitement mêlés que le regard y perdait ses repères : une cour démesurée, écra-sée de soleil, dans laquelle ses yeux d’enfant, écarquillés derrière sa fenêtre, observaient les élèves qui s’égaillaient aux récréations, une salle de classe au seuil de laquelle elle s’installait dès qu’elle pouvait échapper à la vigilance de Man-cie, un immense tableau noir sur lequel son père dessinait des ronds, des courbes, des traits verticaux ou horizontaux qui, dé-chiffrés à haute voix par des élèves plus ou moins enthousiastes, émettaient une musique des mots la transportant au-delà de l’extase. Et Lui, le maître des vocables, grand maestro qui, du bout de sa craie prenant des allures de baguette de chef d’orchestre, rythmait la musique triomphante de la langue. Avec Lui, elle avait appris à lire en se lançant à la poursuite des des-sins courant sur le tableau dans l’élan de la baguette-craie, avec Lui, elle avait appris à composer la musique des sons puissam-ment emportée dans le sillage de sa voix de baryton. A trois ans, elle lisait presque couramment, à quatre ans, elle récitait de mémoire les innombrables histoires qu’il lui racontait sans se lasser, à cinq, elle parlait comme un livre et à six, alors qu’elle s’ennuyait à mourir sur les bancs du cours préparatoire, elle revoyait sur l’immense tableau noir qui n’avait plus de secrets pour elle, la folle chevauchée des mots galopant dans l’azur violent de l’Algérie, disparu à jamais dans la spirale de l’insouciance quand, sur ce bateau les ramenant en France, agrippée au cou de son père la serrant contre lui, elle regardait la côte algérienne s’évanouir derrière les vapeurs de l’horizon, avec les yeux curieux de ses trois ans ignorant encore qu’ils la voyaient pour la dernière fois. Un océan d’amour au cœur de la méditerranée, dans la grande maison familiale plantée au milieu des orangers, une enfance dorlotée entre un Papa-douceur, des tontons-Gâteaux et Mancie adorée, les farces de ses cousins riant de son accent pied-noir qu’elle avait finalement perdu, mais qui savait remon-
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