Le rêve d'Honoré , livre ebook

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En 1838, croulant sous les dettes et souhaitant gagner de l’argent rapidement pour pouvoir rejoindre sa bien-aimée, Honoré de Balzac s’embarque pour la Sardaigne.

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Publié par

Nombre de lectures

19

EAN13

9782754744577

Langue

Français

Adriana Valenti Sabouret
Le rêve d’Honoré
2019
Les Éditions du Panthéon 12, rue Antoine Bourdelle – 75015 Paris Tél. 01 43 71 14 72 www.editions-pantheon.fr Facebook – Twitter – Linkedin
Anges revêtus d’or, de pourpre et d’hyacinthe, Ô vous, soyez témoins que j’ai fait mon devoir Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte. Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence, Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or.
Charles Baudelaire
Avis au lecteur
Le rêve d’Honoréun roman historique qui raconte la fantasmagorique expédition en est Sardaigne du grand écrivain français Honoré de Balzac. Ce voyage débute en mars 1838, quand Honoré, âgé de trente-neuf ans et poursuivi par les créanciers, s’embarque à Marseille pour rejoindre le port d’Alghero, en Sardaigne, afin de couronner un rêve de richesse par l’exploitation des gisements de l’Argentiera. Certains de mes personnages ont réellement existé Balzac, Eweline et Venceslas Hanska, Giuseppe Pezzi, Don Giuseppe Manno, l’abbé Massala, le chanoine Antonio Michele Urgias… D’autres sont le fruit de mon imagination mais s’efforcent de rester fidèles aux caractéristiques des hommes et des femmes habitant la Sardaigne de l’époque. Pour mieux se plonger dans l’ambiance du roman, il est nécessaire de rappeler que Balzac voyagea en Italie de 1836 à 1838. Les années italiennes de Balzac peuvent être découpées, de façon schématique, en trois étapes :
1. Juillet 1836 – Voyage à Turin pour le compte du duc Guidoboni-Visconti dans une sombre affaire d’héritage à hauts risques. Il y va avec Caroline Marbouty, abandonnée par son mari, admiratrice et copiant George Sand, et qui va faire le voyage déguisée en homme en se faisant appeler Marcel. Elle se présente comme étant le page d’Honoré.
2. Février 1837 – Voyage de trois mois à Milan et à Venise. Écriture d’une nouvelle,Massimilla Doni. Admiration pour Stendhal et Rossini, qu’il rencontre. Retour à Paris incognito car toujours dans les dettes.
3. Du 26 mars 1838 au 22 avril 1838 – Voyage en Sardaigne. C’est l’aventure qui fait l’objet de mon roman. Balzac, piètre homme d’affaires (sa jeune sœur, dans une lettre émouvante, lui avait écrit qu’écrivain et homme d’affaires ne font pas bon ménage et qu’elle ne le voyait pas dans ce rôle), se fait souffler la spéculation par un ami génois véreux. Il souffre terriblement, cependant il découvre une île pauvre, sauvage mais… tendre… pleine de poésie, qui le séduit.
Il est intéressant de savoir que, dans une lettre du 20 mars 1838, de Marseille, avant de partir pour Toulon, il écrit à une amie, Zulma Carraud :
« […] Dans quelques jours, j’aurai pour mon malheur une illusion de moins, car c’est toujours au moment où l’on touche au dénouement qu’on commence à ne plus y croire… »
Puis, il conclut :
« Sachant que cette affaire présente des risques énormes… Je ne crains pas l’aller mais le retour si j’échoue ! Il faudra bien des nuits pour rétablir l’équilibre et maintenir la position… » La vie de Balzac est forcée d’être mise en roman, car, comme le disait un critique de son époque juste après sa mort : « Il aimait si profondément ses histoires que la réalité, du coup, se confondait parfois avec la fiction… »
Mon travail veut donc honorer ce grand écrivain, faisant revivre, entre l’histoire et la fantaisie, ce merveilleux voyage en Sardaigne 180 ans après son délicieux et pittoresque périple. Avec ce « voyage souvenir sur les traces d’Honoré », je voudrais également rendre hommage à la Sardaigne, une île que j’aime passionnément, de pair avec la Sicile, mon île natale. J’aimerais qu’à travers ce roman, les lecteurs soient charmés par les parfums, les paysages, les passions et les coutumes.
En conclusion, nous possédons peu de certitudes sur le véritable déroulement de ce périple sarde. Mis à part les sept lettres à Mme Hanska, on dispose de très peu de documents fiables. Il faut donc accepter de se refondre dans l’esprit et les pas de Balzac pour en imaginer… la quintessence.
Vous l’aurez compris, écrire et lire la Sardaigne est un plaisir immense renouvelé à chaque page et dont on ne se lasse jamais. Bon voyage, chers amis lecteurs, avec le célèbre Balzac pour guide !
Adriana Valenti Sabouret
À Anna et Giuseppe
Chapitre I L’île aux mystères
Honoré se retournait nerveusement sur son fauteuil, singulièrement tourmenté par d’envahissantes pensées tyranniques qui l’assaillaient et le dominaient totalement. Non, ce n’était pas un prochain livre qui le préoccupait ainsi depuis des heures ; il recherchait une solution à ses problèmes immédiats et brûlants d’argent. Les dettes ! D’habitude, il s’en sortait toujours et même, il sourit franchement en se souvenant comment, dans les années 1830, il avait gagné de l’argent en écrivant sur l’usurier Gobseck, un vieux grigou prêteur, peu regardant sur les taux, qui ne s’intéressait qu’à l’argent et en avait même fait une sorte de philosophie très personnelle et peu recommandable. Mais le livre s’était bien vendu… Seulement là, à son tour, une meute de roquets exigeants et hargneux le mordait au jarret… C’était lui qui était aux prises avec, sur le coin du bureau, une pile de factures, des promesses de remboursement et des billets à ordre signés dont il ne voulait même plus savoir le montant total. Des sommes devenues astronomiques et… pressantes, trop lourdes à rembourser, même en travaillant jour et nuit !
L’argent, c’était une chose… Mais voilà, il avait reçu une lettre admirative et enflammée d’une inconnue et, après échange de courriers, il avait appris qu’il s’agissait d’une riche comtesse vivant à Kiev. Ce n’était pas une simple histoire de grisette : l’affaire se corsait et le tracassait car amour il y avait. Il devisa sur ce poème de Jean de La Fontaine « Le Lion amoureux » et son terrible :
« Amour, amour quand tu nous tiens, On peut bien dire «Adieu Prudence !» »
La comtesse s’appelait Mme Hanska, elle était entrée dans son cœur et n’en sortirait plus jamais… La seule question du moment était : comment trouver une solution pour lui offrir un train de vie digne de son raffinement et de son nom ?
Plus rien ne comptait, pour Balzac : il ne pensait qu’à regarder ce précieux médaillon contenant le portrait peint de la belle étrangère qui avait aussi été charmée par ses écrits. Lui, d’ordinaire à la plume si facile et prolifique, ne trouvait ni phrases, ni inspiration : il était à court d’idées ! D’ailleurs, il ne rêvait plus que d’une chose : s’émouvoir sur le doux visage de la jolie comtesse slave à la blonde chevelure et au teint d’albâtre. Ses yeux pourtant paisibles et limpides l’enflammaient comme des tisons et sa fine silhouette, bien séductrice, lui donnait sans cesse envie de la serrer voluptueusement dans ses bras et de lui faire cent caresses. Son décolleté habilement mis en valeur par l’agréable plissé de soie verte de la robe l’égarait encore plus et il repensait à ces folies de jeunesse dont il se moquait dans certains ouvrages. Tout en elle le fascinait et il en devenait tour à tour sanguin et tranquillement mélancolique. Ce portrait avait un ascendant absolu sur lui, ne le lâchant plus et s’amusant à le hanter jour et nuit. À vrai dire, avec son esprit fantaisiste et romanesque, il se trouvait la proie de ses fantasmes et son jeu suprême, c’était de retrouver par l’imagination les formes sculpturales qui étaient une promesse de plaisir.
Honoré était un homme qui aimait séduction et plaisir des sens. Il adorait le côté lascif et voluptueux de l’amour et revendiquait le droit de succomber sans état d’âme aux tentations en homme libre. Cela n’était plus un secret pour personne, mais les plaisirs avaient un prix. Sa belle Eweline était là maintenant, omniprésente dans son esprit et pour une fois objet total de son adoration. Il était prêt à tous les sacrifices pour elle, en dépit de son éloignement physique dans cette lointaine Russie. L’écrivain se morfondait et sentait qu’il devait rapidement trouver un moyen pour la revoir et enfin la posséder charnellement. La triste réalité, toutefois, tournait en boucle dans son crâne et lui perçait l’âme. Il ressassait, songeant sans cesse aux pressions de ses créanciers et aux factures à régler. L’argent filait vite entre les mains de Balzac, qui était la proie de ses défauts. Depuis toujours bon vivant, il appréciait, ô combien !, les douceurs de la vie des salons mondains parisiens. Belles femmes, nourriture de luxe, fêtes et réunions, il ne fallait pas lui en conter ; aujourd’hui, il s’apercevait que tout ceci avait un coût et ses finances en avaient déjà sérieusement souffert.
La pendule sonna onze coups : c’est juste à cet instant que le facteur frappa à la porte et apporta une lettre en provenance de l’Italie, plus précisément de Gênes, en Ligurie. Honoré n’avait pas très envie de l’ouvrir, la tête toujours aussi prise par ses pensées empoisonnées.
Cependant, une certaine curiosité piqua son esprit. L’écrivain appréciait beaucoup la péninsule italienne, déjà visitée deux fois récemment et, finalement, la lettre de Giuseppe Pezzi allait peut-être lui apporter la bouffée d’air frais qu’il recherchait.
« Carissimoamico, Come stai ? Che piacere scriverti ! Quanto tempo che non ci vediamo… Sei sempre ben 1 pasciuto come l’ultima volta che ci siamo incontrati ?» Le ton était très amical et laissait apparaître cette chaleur typique du peuple italien qui plaisait tant à Honoré. L’ami génois se permettait de se moquer agréablement des rondeurs généreuses de son ami français, ce qui prouvait un certain degré d’intimité entre eux. Après quelques formules habituelles de politesse, Giuseppe arriva droit à son but et commença à parler à Honoré d’une île sublime mais remplie de mystères : la Sardaigne.
Située au sud de Gênes et de la Corse, l’île italienne, secrète et mal connue à l’époque, malgré sa grande beauté et sa luminosité intérieure, était presque désertique et possédait, selon Giuseppe, des mines riches en or et en argent encore non exploitées et bien prometteuses.
Honoré lisait la lettre avec avidité, se rendant compte au moins d’une lucarne possible pour résoudre ses problèmes financiers. Son cœur commençait à battre à un rythme accéléré, ses pupilles se dilataient de plaisir pendant que les doigts de sa main gauche pianotaient mécaniquement sur son bureau en merisier, dénonçant l’impatience de Balzac de lire la suite de la lettre, serrée dans sa main droite.
Ces mines d’argent étaient situées au nord de la Sardaigne, précisément auprès de la baie de l’Argentiera, qui formait comme un quadrilatère entre les villes d’Alghero, Porto Torres et Sassari. D’ailleurs, c’est à cause des gisements d’argent que le site avait pris le nom de l’Argentiera, à une époque précédente, probablement cellegiudicale, le Moyen Âge sarde. Selon la description enthousiaste de Giuseppe, cette affaire était considérable et aurait donc permis à Honoré de remettre de l’ordre dans ses finances, de s’enrichir, puis d’envisager la possibilité de revoir Eweline dans les plus brefs délais. Avoir enfin tout à lui l’indicible élégance de la princesse !
Giuseppe étant dans l’impossibilité de se rendre personnellement en Sardaigne, il encourageait son ami français à le faire à sa place afin d’enquêter et d’évaluer en confiance, sans a priori, les réelles ressources de ces gisements prometteurs sardes et ainsi de conclure la bonne affaire en connaissance de cause et librement. L’Italien expliqua, de façon convaincante, le pourquoi de son renoncement à tirer profit de ces gisements. L’affaire se déroulait dans une totale transparence et sa résolution d’en parler directement à Balzac venait de cette poignante et sincère amitié dont la loyauté était à récompenser d’emblée et généreusement ; et tant mieux si le projet était couronné de succès ! Il préférait réellement que ce soit un cher ami de longue date qui en profite, plutôt qu’un illustre aventurier méprisant et souvent un peu pirate. Puis, il ajouta que cette envoûtante Sardaigne, étrange et secrète, terre sauvage et mystérieuse, insoumise et volontaire, était forcément une source d’inspiration idéale. L’endroit se présentait passionnant pour mettre en œuvre un nouveau roman. Honoré, de toute évidence, était toujours à la recherche d’inédit, avide de vibrantes émotions, capables de stimuler sa féconde imagination, originale et créative. Balzac n’en croyait pas ses yeux ! Tout un monde rempli d’espoir s’ouvrait à lui : le voyage, la découverte, la richesse, l’amour, l’aventure, l’écriture. Il commença à tourner en rond dans sa chambre où il s’était enfermé pour lire la lettre tranquillement et sans témoin. La pièce était sobre mais élégante. La couleur des parois s’adaptait parfaitement à la réflexion ; il s’agissait d’un tendre bleu pastel, semblable à un ciel d’été dégagé et serein, inspirant optimisme et confiance. Honoré se regardait dans son miroir préféré, orné d’un filet d’or et de fleurs, comme à la recherche d’une réponse à ses questionnements. Subitement, il perçut la présence d’un objet qui lui était cher : c’est alors qu’il toucha de la main l’intime médaillon qui pendait à son cou. Il l’ouvrit soigneusement et se rassura en revoyant le vivant portrait de Mme Hanska. La
douceur angélique de son visage et ses rondeurs féminines finissaient toujours par lui procurer ces sentiments d’apaisement et l’avantage d’un bien-être propice à prendre la bonne décision. Instinctivement, Honoré joua avec un petit fermoir qui s’ouvrit, libérant un deuxième petit compartiment du médaillon. Voluptueusement, il effleura la mèche de cheveux blonds de sa dulcinée et eut la sensation d’écarter réellement les bouclettes en désordre échappées sur le visage d’Eweline dont il adorait l’insolente beauté. À présent, il doutait de tout ; la Sardaigne règlerait-elle tous ses problèmes ? Les mines de l’Argentiera recelaient-elles tant de richesses que promis ? Serait-il arrivé à temps pour conclure cette affaire ? Les questions sans la moindre amorce de solution se chevauchaient dans sa pauvre tête d’écrivain. Il savait que sa jeune sœur lui avait écrit, il y a peu, d’éviter de se lancer trop vite dans ces affaires mirobolantes au premier abord mais qui se terminaient toujours chez lui en banqueroute retentissante… avec de sévères répercussions sur les finances de toute la famille très solidaire, comme il le savait.
Cette île mystérieuse lui faisait un peu peur, comme toute terre sauvage que l’on ne connaît pas mais qui intrigue. Balzac n’avait rien d’un expert en matière de gisements d’argent. Au contraire, les mines, la géologie, les laboratoires chimiques étaient pour lui un univers inconnu.
Giuseppe lui avait envoyé des études de ce gisement à exploiter. Dans un premier temps, Honoré n’avait fait qu’y jeter un rapide coup d’œil ; pourtant, l’une d’entre elles avait frappé son imagination d’écrivain et ravivé ses souvenirs archéologiques. Il s’était arrêté sur le croquis représentant les terrasses qui unissaient la partie haute du site de l’Argentiera à la partie basse donnant sur la mer. Ces terrasses l’avaient tout de suite fait penser à des autels aztèques visibles encore au Mexique. Les escaliers des terrasses qui menaient de la mer vers le ciel, en passant par les mines, lui semblaient riches de symboles positifs. L’élan de l’homme vers Dieu, l’effort de la montée des marches pour atteindre un objectif supérieur, la conjonction de la mer avec le ciel… que des signes encourageants pour lui qui croyait depuis toujours au pouvoir des symboles ! Honoré évitait de penser à l’autel aztèque comme à un lieu de sacrifices humains, même si Giuseppe, pour le convaincre de se rendre en Sardaigne, avait insisté sur l’aspect énigmatique de tous ces mineurs morts sans explication rationnelle par le passé en abordant définitivement cette baie de l’Argentiera. Par ailleurs, cette île renfermait, comme dans un secret écrin, des légendes passionnées douces et amères, à l’image du peuple sarde. On retiendra aussi que dans l’œuvre de la grande romancière sarde Grazia Deledda, des pensées et audaces semblables sont mises en évidence. Du reste, elle avait traduit en italien, après beaucoup d’années, le chef-d’œuvre de BalzacEugénie Grandet. À présent, on commence à percevoir le germe de cet intérêt pour le monde sarde gravitant dans l’esprit de Balzac. Voilà comment son existence allait se trouver liée à cette île complexe façonnée de mythes, de fascination et d’étranges tragédies lors du printemps 1838. Le destin de Balzac dépendrait désormais de cette île aux ténébreux mystères ; des fils invisibles se tissaient entre la France et la Sardaigne, entre Honoré et ces gisements non exploités, entre l’écrivain français et l’écrivaine sarde. Passé, présent et futur se confondaient, unifiés par une main invisible qui orchestrait inexorablement plusieurs destins. Était-ce la main de Dieu qui se chargeait directement de tracer tous ces plans ? La force de l’amour pour Mme Hanska ? L’urgence du besoin d’argent ? L’envie d’exotisme ou l’amitié qui le liait à Giuseppe Pezzi ? Nul ne le savait et Honoré, en vérité, ne tenait pas à connaître la réponse avec certitude. Il s’abandonnait instinctivement à cette nouvelle aventure de sa vie bourgeoise qui venait ajouter du charme et des frissons à son esprit embrouillé par les risques d’un éventuel mauvais investissement. Le sort qui avait « noué l’aiguillette » à sa bourse depuis sa naissance le hantait toujours et il ne voulait pas qu’il atteigne sa douce fée Ewa, qu’il aimait avec la force, la candeur, l’abandon et l’ardeur d’un jeune homme de quatorze ans. Honoré était terrorisé à l’idée de porter malheur à sa bonne et douce amie et souhaitait la protéger économiquement et surtout pouvoir lui offrir les biens matériels auxquels elle n’était pas indifférente, comme ce superbe fauteuil et ce bureau tout en marqueterie, façon Boule. Ces jolis meubles vus ensemble et convoités à La Haye. Eweline était dans toutes ses pensées, dans tous ses efforts, dans toutes les lignes qu’il écrivait et dans tous ses pas. Or, le prochain pas, était celui de monter les marches de l’Argentiera et d’exploiter le gisement d’argent de ce site pour elle.
« Je vis par toi, pour toi et en toi » avait-il écrit à son étrangère avant de lui envoyer ses mille bénédictions et mille caresses.
Et c’était la vérité.
Les gradins de l’Argentiera étaient à présent imprimés dans l’esprit de Balzac qui les baptisa : « Les terrasses de l’espoir ».
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