L aimer ? Juste impossible !
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L'aimer ? Juste impossible ! , livre ebook

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Description

Mariée très jeune, Barbara Rolante a tout donné pour la carrière de son ex-mari mercantile et volage afin d’être une mère et épouse parfaite. À présent divorcée, il lui est difficile de tout gérer et refaire sa vie à la quarantaine passée, pire encore quand on est maman poule de trois adolescents. Son fils aîné, Dylan, qui lui en a fait voir des vertes et des pas mûres s’est enfin assagi, mais il rêve de partir loin pour devenir le meilleur DJ. Sa fille, Cassandra, est enceinte à dix-huit ans, elle ne connaît pas le père du bébé mais a décidé de devenir parent solo. Sa cadette, Séléna, âgée de quatorze ans, est perdue entre son père et sa mère. Pour compléter tous ses soucis, Steven, le meilleur ami de son fils a trouvé refuge chez elle après s’être disputé avec ses parents et vient de s’enrôler dans l’armée. Non, vraiment, c’est la méga cata ! Pourtant dans ce chaos émotionnel, une chance inespérée s’offre à elle, un emploi stable au sein d’une boîte de nuit dirigée par les conjoints de ses deux meilleures amies, ainsi que leur autre collègue, ancien mannequin lui aussi : Joris Speiden.


Joris a eu le coup de foudre pour cette jolie femme de quarante-trois ans, d’autant plus qu’elle ressemble beaucoup à l’amour de sa vie décédée. Malgré ses tentatives infructueuses de séduction, il se rend bien vite compte que « Miss Frozen » comme la nomment ses deux potes, de par son caractère très froid vis-à-vis des hommes, est en fait une personne avec une bonté rayonnante sous ses airs guindés. Qu’à cela ne tienne, Joris espère bien faire fondre la glace qui entoure le cœur de Barbara, car au jeu de la séduction, si on le veut vraiment, rien n’est impossible...

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782377440351
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’Aimer ? Juste impossible !
 
TOME 3 de la série « L’aimer »
 
 
Angel.B
 
 
 
 
 
 
Avertissement sur le contenu :
Cette œuvre dépeint des scènes d’intimité entre une femme et un homme ainsi qu’un langage adulte et vulgaire. Elle vise donc un public averti et ne convient pas aux mineurs.
 
 
 
© 2020 Angel Angie Éditions.
Tous droits réservés/ISBN : 978-2-37744-035-1
 
 
 
E-mail :
Angelesse.Angieéditions@gmail.com
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
Existe en format numérique
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
CHAPITRE 1
 
BARBARA
 
Je marche dans les rues de Paris, en ce beau mois d’octobre. L’automne est une saison que j’affectionne énormément et encore plus lorsque c’est un été indien. Je me force à revenir sur mon passé et admettre qu’enfin la roue tourne pour moi. Les jours meilleurs se matérialisent à l’horizon même s’il n’y a pas si longtemps je n’y croyais plus du tout. Ma vie bien ordonnée avait éclaté tel un vase d’une valeur inestimable tombant à terre. Pourtant, il y a un peu plus de vingt ans, tout avait commencé comme un conte de fée…
Yann et moi nous étions rencontrés lors de nos études, je n’aurais jamais pensé qu’un gentil et beau garçon comme lui aurait pu s’intéresser à moi. Je n’étais qu’une fille banale, timide et gauche ne connaissant rien à la vie réelle. Évidemment, je suis tombée sous son charme, comme toutes les filles à cette époque d’ailleurs. Avec le recul, je me dis que ce qui lui a plu en moi c’était certainement que contrairement à la plupart de mes autres amies, j’étais vierge de toutes parts : sentimentalement, physiquement et émotionnellement. Une parfaite future femme à dresser en quelque sorte. C’est simple, la vie pour moi représentait mes cours et mes bouquins, une vie où j’étais choyée par des parents aimants et attentionnés. J’ai tout laissé pour lui, mes études de droit ainsi que mes projets… j’étais prête à tout. Je voulais devenir la parfaite petite épouse et mère adorée. J’avais tout réussi : un beau mariage, de magnifiques enfants et je me confortais dans ma vie de couple, jusqu’à ce qu’il me remplace pour d’autres vertes prairies. Contrairement à moi, les nouvelles femmes de sa vie, mais surtout la favorite ne souhaitait aucunement se faire chier avec une famille et voulait profiter de la vie avec l’argent de Yann.
Ma seule satisfaction dans cette histoire a été de pouvoir garder mes enfants avec moi à notre divorce. Sans eux, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de continuer. En plus, la maîtresse officielle de Yann se pensait au-dessus de moi, mais j’ai vite appris qu’on ne changeait pas un homme comme mon ex-mari, coureur de jupons un jour, coureur de jupons toujours… elle a vite été la cocue de service à son tour même après leur mariage.
Fort heureusement, nous sommes à présent divorcés, j’essaye toujours d’être une maman exceptionnelle pour mes trois enfants.
J’avais pris la décision de quitter l’homme que j’aimais plus que tout car j’étais anéantie. Un peu dingue comme situation en y réfléchissant, j’étais sous l’emprise de mon mari, il m’avait traité comme de la merde et je pensais être la seule fautive de cette situation… mais grâce à mon entourage, j’ai enfin ouvert les yeux sur ce qu’il était vraiment, c’est-à-dire une pourriture.
Mon ex-époux n’était en fin de compte qu’un grand vaniteux, salaud et manipulateur et c’est moi qui avais besoin d’une psy selon ses dires. Le monde à l’envers non ? Le pire dans mon histoire, c’est que j’ai eu un mal fou à reprendre confiance en moi et de devenir indépendante. Oui, la grande rupture de ma vie n’a pas été si aisée à effacer qu’on pourrait le croire… oh que non !
Quand Yann avait ouvert son propre cabinet d’avocat, il avait changé du tout au tout. Au départ j’avais cru qu’il se faisait manger par son travail.
Il m’était donc impossible de lui en vouloir du fait que seule sa réussite comptait. Comme il disait si bien à l’époque : « Je veux simplement parvenir à réaliser mon rêve et faire vivre notre famille ». Yann avait réussi quelque part, j’étais tellement sous sa coupe que les rabaissements perpétuels qu’il m’infligeait étaient presque devenus une normalité. Même si cela me faisait mal, je souriais et me cachais pour pleurer. Par amour, j’ai tout accepté…
J’étais devenue en quelques années son ombre et dans mon cœur de midinette je trouvais cela normal… j’étais sa femme. Il rentrait de plus en plus tard, notre fils aîné avait vu que des problèmes se profilaient à l’horizon, mais amoureusement je n’écoutais rien, ne voyais rien et pire, ne disais rien. La loi des trois singes était devenue ma nouvelle résolution. Quand notre couple est devenu très compliqué à gérer, j’ai essayé de me faire entendre mais comme les roquets j’aboyais plus que j’agissais, ce qui au demeurant, n’a pas arrangé notre relation. Les enfants entendaient nos disputes, les vivaient et partageaient nos désaccords, voilà ce qu’était devenue notre quotidien. Au début, quand j’ai appris qu’il me trompait, j’ai pensé tomber d’un immeuble de mille étages. Dévastée, j’ai cru mourir de chagrin et je suis entrée dans la sphère infernale de la dépression. Nous sommes restés ensemble et j’ai continué à disparaître jusqu’à ne plus exister du tout.
Puis tout s’est enchaîné, mon père est décédé, cela a été un choc de plus, la tristesse de ce deuil m’a fait ouvrir les yeux sur le fait que je ne comptais pas pour mon mari, puisque de son côté, il me laissait surmonter toutes ces épreuves seule. Il était donc temps d’arrêter ce simulacre de mariage en partant sans me retourner.
J’ai donc demandé le divorce et je me suis installée avec mes trois enfants dans un immeuble de logements sociaux. Alors évidemment lorsque l’on a été habituée à l’opulence, on en bave un peu. Mais je m’y suis habituée, cela a été plus difficile pour mes enfants.
Dylan, mon fils, n’a pas accepté ce changement de vie et m’en a fait voir de toutes les couleurs : insultes, joints, alcool, filles, décrochage scolaire et conneries sur conneries, jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux et s’assagisse. À présent, il est devenu DJ dans une boîte de nuit, je pense que ça l’a aidé en quelque sorte. Fort heureusement, depuis, il a repris ses études et avec son bac en poche, il souhaite intégrer une école spécialisée. Cette dernière année n’a pas été facile pour lui non plus. Il est tombé amoureux mais visiblement ce n’était pas réciproque, la jeune ado a profité des sentiments de Dylan pour rendre jaloux un ex-petit ami.
Le mois dernier, la manipulation a opéré puisqu’elle est partie rejoindre à Rome le petit copain en question et en a profité pour poursuivre ses études là-bas. Le voir si mal en point a retourné mon cœur de maman, plus encore car je connais très bien ce que l’on ressent dans ces moments-là. Avec le recul, je me dis que c’est plus l’égo qui en prend un coup que le cœur en vérité. Bien sûr, j’aurais aimé que mon fils parte à la fac, mais après tout autant qu’il fasse ce dont il a envie sans avoir de regrets plus tard. Quoi qu’il choisisse pour son avenir, je serai toujours fière de lui. Dylan ressemble beaucoup à mon père, je lui dis souvent et à chaque fois il s’admire devant le miroir. Il a des cheveux bruns, de magnifiques yeux bleus et dépasse déjà le mètre quatre-vingts, de plus il a commencé la musculation, et toutes les filles lui courent après. Bon ça j’aime moins, je n’ai pas envie qu’il devienne un dragueur, j’essaye de lui faire comprendre qu’il est important de respecter la gent féminine.
Pour Choupette non surtout pas ce surnom… Cassandra pardon, je ne sais pas trop pourquoi elle déteste ce sobriquet à présent, mieux vaut donc éviter de l’appeler ainsi. Bref, ma fille a dix-huit ans, elle est dans la recherche de sa vie future, évidemment j’ai eu droit sans arrêt aux éternels « personne ne me comprend » ou encore « Je ne serai jamais aimée par un garçon tellement je suis moche ». Les problèmes existentiels qu’une adolescente peut rencontrer en fait. Oui, Cassie est magnifique, elle a une longue chevelure auburn, des yeux en amande d’un brun doré encadré de longs cils, c’est une vraie beauté. Elle ne se rend même pas compte que les copains de son frère ne la regardent plus comme avant. Elle sera bientôt femme et bien plus car elle va devenir maman. Elle vient juste d’atteindre la majorité, mais il n’empêche que je m’inquiète énormément. Pourtant, j’ai confiance en elle, je sais qu’elle aura à cœur d’élever son enfant avec beaucoup d’amour. Pourtant, il ne faut pas se leurrer, elle aura beaucoup de mal à tout assumer financièrement. Cassie m’a expliqué que le père du bébé était une rencontre d’un soir, qu’elle n’avait pas réfléchi aux conséquences.
Lorsque j’ai appris sa grossesse, j’ai cru que le ciel me tombait sur la tête. Je voyais déjà son père me rabaisser dans mon rôle de mère. Ce qui soit dit en pensant a été le cas. Mais, petit à petit, j’ai fini par accepter de devenir grand-mère à quarante-trois ans et de me foutre de ce que mon connard d’ex-mari pouvait baver sur ma tronche. Il a effectivement cherché à démontrer que je n’étais qu’une mère indigne qui n’était même pas capable de s’occuper de ses enfants, qu’il aurait mieux fait de demander la garde. Une diminution de plus à mon actif de sa part. Mais je m’en fiche royalement.
Quant à Séléna… ma petite dernière, elle vient de fêter ses quatorze ans, pour l’instant tout le contraire de son frère et de sa sœur, elle a de bonnes notes, s’intéresse aux études, aux séries télé et rêve de voyager de par le monde et désire que je me réconcilie avec son père. Chaque fois qu’elle part chez lui, elle revient changée, elle est triste mais essaie de ne rien montrer. Sél est un vrai garçon manqué, elle n’aime pas la mode contrairement à Choupette. Les jeans, tee-shirt et convers sont les principaux vêtements présents dans son armoire, son visage de petite fille s’en va, physiquement c’est elle qui me ressemble le plus. Nous avons les même cheveux châtain clair qui ondulent au gré des temps humides, un joli regard noisette souvent associé aux yeux d’une biche. Oui, c’est mon portrait craché en fait.
J’espère être une bonne mère pour eux, certainement pas parfaite, mais je fais de mon mieux pour les élever. Je ne leur demande juste d’être respectueux, de ne pas mentir et faire le maximum à l’école afin qu’ils aient un avenir heureux, car non, je ne souhaite pas du tout à mes enfants l’enfer que j’ai vécu.
Lors de la séparation, il m’a fallu mettre ma fierté de côté, avec juste un bac en poche, sans expérience professionnelle, ma nouvelle vie a été plutôt difficile, car trouver un travail de nos jours n’est pas une chose facile. Je fais donc quelques ménages par-ci par-là, aide aux cuisines ou en salle dans un petit restaurant en tant que serveuse. Cela me permet de nous nourrir ainsi que payer les factures.
Les pensions alimentaires que j’ai obtenues lors du jugement de non-conciliation ne me permettent pas de vivre au-dessus de mes moyens. Il m’a donc fallu trouver des emplois mal payés pour coller les deux bouts. Yann part du principe que comme c’est moi qui ai pris la décision de partir, que ce qu’il me verse suite au divorce est largement suffisant pour m’aider à nourrir les enfants. Évidemment, mon ex-mari fait en sorte de trouver toutes sortes de ruses pour me les enlever… une sorte de châtiment pour l’avoir quitté.
Mais le vent a tourné pour moi, je vais pouvoir me reprendre en main, enfin récupérer ma vie qui partait à la dérive, car pour moi, à bientôt quarante-quatre ans, il n’y a plus grand-chose à espérer, du moins en tant que femme. J’ai toujours mes kilos superflus et les poches et cernes sous mes yeux feraient fuir n’importe quel homme. Dire que mon regard, était à une époque lointaine, mon plus gros atout physique.
Yann a essayé de faire son retour dans ma vie, me prétextant qu’il avait besoin de moi et lorsque je l’ai envoyé sur les roses en le descendant de son piédestal, il m’a juré de me le faire payer. J’espère simplement qu’il n’arrivera pas à manipuler Séléna avec son argent.
Mes amies les plus proches sont les anciennes surveillantes du lycée de Dylan et Cassandra. Elles n’ont qu’une trentaine d’années et on toute la vie devant eux. Elles sont gentilles mais j’ai beaucoup de mal à croire qu’elles resteront présentes pour moi. Je sais que je ne dois pas parler ainsi, mais c’est plus fort que moi, j’ai perdu toute confiance en moi, autant physiquement que moralement, ce qui ne m’aide pas à croire aux autres. Claire et Julie sont en couple depuis peu avec deux hommes hyper sexy. Ils sont mannequins reconvertis en patrons de boîte de nuit, celle-là même où travaille mon fils et pour le coup, où je vais moi aussi être employée.
Eux au moins ont vécu dans la normalité, après avoir profité de tout ce que le destin leur avait offert ils aspirent désormais à une vie de famille tout à fait normale. Franchement, elles méritent toutes les deux d’être tombées sur ces deux apollons qui les aiment plus que tout. Au départ, pourtant, cette reprise de boîte de nuit n’était pas gagnée, mais à force d’effort et d’idées innovatrices elle est devenue plus que prospère à présent.
Un soir, alors que nous soupions ensemble, j’ai parlé de dégustation de pâtisseries ou d’amuse-gueules. Mon idée les a intéressés et ils m’ont proposé l’exclusivité, j’ai donc sauté sur l’occasion. J’ai monté ainsi mon auto-entreprise et je vais signer un contrat me liant à leur activité, ce qui va me permettre de gagner un peu mieux ma vie.
J’arrive donc sur mon nouveau lieu de travail avec appréhension, je redoute ce rendez-vous car je vais me retrouver seule avec Joris, un des trois patrons mannequins, en effet, ce dernier me met mal à l’aise plus qu’autre chose, j’ai bien compris qu’il souhaite me mettre dans son lit et ça me gonfle. De toute façon, je n’ai aucune envie de retomber dans les bras d’un homme et encore moins, plus jeune que moi !
Hier, Julie a sorti sa blague foireuse comme quoi je risquais de tomber amoureuse de lui. C’est juste impossible !
Il m’avait prise pour une serveuse lors de notre première rencontre et m’avait tenu des propos assez salaces. Fort heureusement le fiancé de Claire avait remis les choses en ordre. Sinon, je pense que mon futur patron se serait pris une paire de gifles à l’heure qu’il est. Je dois reconnaître qu’il est tout même très attirant, si j’avais eu quelques années de moins peut-être que… Non, n’importe quoi ! Nous n’aurions jamais été ensemble d’une manière ou d’une autre. De toute façon la nouvelle mode cougar très peu pour moi… et en plus, je n’ai pas du tout envie de me retrouver emmerdée par un homme. Je crois que de ce côté-là j’ai largement donné.
Je monte donc l’escalier jusqu’au bureau et frappe à la porte.
— Entrez !
Dès que la porte s’ouvre, je ne peux empêcher mon cœur de battre un peu plus fort, pire encore lorsque Joris relève le visage avec un sourire craquant et des yeux rieurs.
— Bonjour Joris, réponds-je néanmoins.
— Salut Bab… dit-il de sa petite voix sexy qui m’horripile.
Je déteste qu’il me surnomme ainsi. À croire que nous sommes de très bons amis, quelle blague ! Je ne peux pas l’encadrer en réalité. Je déteste les hommes qui ne pensent qu’avec ce qu’ils ont dans le pantalon et Joris est le dragueur, séducteur que n’importe quelle femme saine d’esprit devrait éviter.
Son regard traîne sur moi comme d’habitude. Je ne fais aucune attention à son petit stratagème et lui souris poliment.
— J’ai regardé le contrat que vous me proposez et j’ai décidé d’accepter votre offre.
— Génial… tu en as mis du temps, déclare-t-il un sourire flottant sur ses lèvres appétissantes.
Regarde ailleurs Barbara ! Regarde ailleurs, Bordel.
— Il est normal que j’examine avec attention ce contrat de travail, réponds-je d’un ton professionnel.
— Évidemment… assieds-toi, je t’en prie, propose-t-il, en tirant une chaise afin de faire preuve de galanterie.
— Merci.
— De rien c’est un plaisir, me chuchote-t-il à l’oreille, ce qui me fait frissonner.
Je sais qu’il essaye de coucher avec moi, je ne suis plus une midinette à laquelle on pousse la chansonnette depuis longtemps. S’il croit pouvoir se vanter de s’être tapé une femme plus vieille que lui, il se met le doigt dans l’œil !
Joris se tient derrière moi, les manches de sa chemise sont relevées faisant apparaître ses avant-bras musclés posés sur les accoudoirs du fauteuil. Je me raidis, essayant vainement de ne pas me sentir perturbée par l’aura sensuelle qui émane de ce diable d’homme. Je reluque néanmoins ses bras qui m’entourent du coin de l’œil, et ne peux m’empêcher de laisser mon regard descendre jusqu’à ses mains pour mieux fermer les yeux en déglutissant.
Reprends-toi Barbara… Tu es une femme libérée… Forte et indépendante… Tu n’as pas besoin d’un homme !
Je ne vais certainement pas lui donner le plaisir de lui prouver que je le trouve bel homme et encore moins qu’il me déstabilise.
— Je ne suis pas sourde, croyez-vous que j’aie besoin que vous colliez votre bouche contre mon oreille pour me parler ! le remets-je à sa place.
— Je sais… Je n’ai fait que profiter de me rapprocher de toi.
— Joris, vous n’obtiendrez rien avec moi. Je vous prierai donc d’arrêter votre petit manège de petit dragueur immature. De plus je n’ai pas encore perdu mon ouïe, vous n’êtes donc pas obligé de parler si près !
La remarque opère et il se raidit, me permettant de ne plus avoir vue sur ses bras parfaits.
— Tu vas devenir sourde ? me demande-t-il paraissant sincèrement consterné.
— J’ai bientôt quarante-quatre, il est donc évident que comme n’importe quelle personne vieillissante mes sens vont petit à petit diminuer, réponds-je, espérant qu’il comprenne que je le trouve trop jeune pour son petit jeu de séduction.
Je l’entends rire, et se replacer à son fauteuil, c’est-à-dire en face de moi.
Mince, c’est encore pire maintenant, ses yeux sont plantés dans les miens d’une façon si éloquente que je ne peux contrôler ma déglutition. Je reporte donc mon regard sur le contrat que je tiens entre mes mains. Tout est bon à fixer, sauf cet homme splendide qui me sourit en tenant son menton au-dessus de ses mains tremblantes. Il faut absolument que j’occupe mon esprit, je fais mine de relire une dernière fois le dossier, même si en fait je le connais par cœur.
Oh mon Dieu, je vous en prie, ne me laissez pas succomber à ce charmeur, jetez-lui un sort de laideur. Transformez-le en un monstre velu !
Pour me donner un peu d’aplomb, je saisis donc le stylo et paraphe le contrat qui va changer incontestablement le cours de ma vie. De toute façon, rien de pire ne peut m’arriver… enfin normalement.
 
JORIS
 
Et bing ! Encore une remise en place en bonne et due forme. Barbara Rolante ex-épouse Baudin me la joue une fois de plus inaccessible.
Mes amis l’ont surnommée Miss Frozen, tellement elle est froide et insubmersible comme un iceberg… du moins avec moi. Je peux comprendre qu’elle m’en veuille de l’avoir prise pour une de nos futures serveuses lors de notre première rencontre. Je la revois entrer dans notre bureau, malgré ses traits tirés et fatigués, elle m’a direct tapé dans l’œil. J’avais d’abord pensé qu’elle avait un peu plus de trente ans, une superbe chevelure auburn cascadant sur ses épaules, des yeux d’un brun mordoré superbes et un visage d’ange.
Sans parler de son corps magnifique, oui, elle m’avait instantanément plu tout simplement.
Petit à petit, j’ai vite compris pourquoi… elle lui ressemblait énormément…
Je ne saurais dire si de son côté je lui faisais le même effet. Elle semblait si mal à l’aise en ma présence que j’espérais sincèrement ne pas me tromper sur son attirance pour moi.
Barbara avait donc mal pris, le fait que je lui fasse comprendre qu’elle était tout à fait à mon goût et davantage lorsque je lui avais proposé plus qu’un travail.
Effectivement, elle est carrément mon genre, sauf qu’elle est, du moins paraissait intouchable…
Le problème de cette rencontre était qu’elle ne venait pas pour le poste de serveuse, mais se trouvait être la mère du jeune DJ que nous avions embauché pour le club. Ainsi, je m’étais retrouvé mal lorsqu’elle s’était présentée en me remettant ouvertement à ma place.
Depuis, et malgré mes tentatives d’approche, je ne suis à ses yeux qu’un simple serpent à sonnette qu’il faut fuir, pourtant je suis loin de la laisser insensible. Il n’y a qu’à l’examiner en ce moment, elle est troublée tout simplement.
Malgré le fait qu’elle ne se la joue nullement intéressée, je ne peux pas m’empêcher de tenter ma chance. Pourtant Claire et Julie les nanas de mes deux collègues et amis, m’ont bien fait comprendre que je n’arriverai jamais à rien avec cette reine des glaces. Si elle savait ce que je peux m’imaginer faire avec son corps dans mes rêves, Barbara me battrait comme plâtre. J’ai bien deviné qu’elle me trouve trop jeune, comme si le fait d’avoir quelques années de moins pouvait m’ôter l’envie de fantasmer grave sur elle. D’autant plus, que je suis tout de même moi-même père d’une adolescente de dix-huit ans. Ma fille Laure est arrivée dans ma vie telle une surprise, il y a quelques mois.
Fruit d’une liaison que j’avais eue à mes dix-sept ans avec une lycéenne, juste avant mon entrée dans le mannequinat, je n’avais eu aucune connaissance de sa naissance jusqu’à maintenant. Laure connaissait mon existence depuis ses douze ans, mais n’avait jamais cherché à entrer en contact avec moi jusqu’au décès de sa mère. Elle avait été élevée par le mari de sa maman et en avait bavé vu la description qu’elle m’avait faite de ce dernier. À tel point, que juste après l’enterrement, il ne s’était pas gêné de la mettre dehors. Se retrouvant SDF, ma fille était montée à la capitale, je l’avais remarqué un jour qu’elle mendiait jusqu’à ce qu’elle prenne contact avec moi. Je me souviens très bien du coup de massue donnée sur ma tête quand elle m’avait annoncé ma paternité. Une fois tous les examens médicaux effectués, j’ai dû que me résoudre à accepter que je sois papa. Depuis, nous vivons ensemble et franchement, j’adore vraiment ma fille malgré son caractère merdique. J’essaye depuis de rattraper toutes ces années perdues, ce qui n’est pas une mince affaire.
La fille de Barbara et la mienne sont devenues les meilleures amies du monde plus encore depuis que Cassandra a appris qu’elle était enceinte. Si bien que personnellement, j’y vois l’occasion de me rapprocher de miss Frozen. Alors lorsqu’en plus, elle a accepté de travailler pour le club, cela a été pour ma part, la cerise sur le gâteau.
— Oh bien sûr… ton âge avancé Bab, ironisé-je en plaçant mon menton sur mes mains croisées.
Je la dévore des yeux, elle est encore plus jolie que d’habitude.
— Joris, je vous prierai de ne plus me donner cet absurde surnom, je m’appelle Barbara et non Bab !
Allez, c’est reparti, elle me remet une fois de plus en place, je me demande encore pourquoi j’essaye avec autant d’espoir.
— Pourquoi me vouvoies-tu ?
Elle hausse un sourcil hautain sur moi et me répond d’une voix glaciale :
— Je suis votre employée, par ailleurs il n’a jamais été question d’une quelconque amitié entre nous. En vous disant vous je mets volontairement une distance entre nous, et puis on n’a pas élevé les cochons ensemble !
Ma seule idée, là maintenant tout de suite et de passer par-dessus ce bureau, la prendre dans mes bras et l’embrasser jusqu’à ce qu’elle fonde sous mes lèvres… Je n’ose aucunement de tels procédés sinon je ne donne pas cher de mes bijoux de famille. Son caractère arrogant n’est qu’une façade, si j’en crois Julie et Claire c’est tout simplement pour se protéger mais il n’empêche qu’elle est vraiment cinglante. Au diable ses distances à la mords-moi-le-nœud ! Je vais lui en donner de ses cochons mais pas dans le sens qu’elle entend …
Je me sens irrésistiblement attiré, prêt à affronter pour elle tous les dangers et ceci même les yeux fermés. Oui cocotte, ta période glaciaire est bientôt terminée, je te vois plus que tu ne le penses.
Je saisis son comportement. Contrairement à elle qui s’entoure de froideur, j’ai moi-même eu cette période où la souffrance m’a tellement rendu malade que j’ai caché mes angoisses derrière un semblant de joie de vivre. J’ai fait croire que j’allais mieux, que j’avais accepté le décès de celle qui avait été la femme de ma vie. Tandis que Barbara, elle, se protège derrière un mur de glace…
Perdre un être cher, nous laisse obligatoirement un mal-être indéfinissable…
Claudia restera à jamais celle qui a eu mon amour…
Notre première rencontre avait eu lieu lors d’un dîner mondain à une soirée de Bibi, ma belle-mère. Claudia était le modèle femme phare de l’agence de mannequins que dirigeait ma deuxième mère. Je suis tombé direct amoureux d’elle, elle était belle, tout en elle m’avait plu, sa joie de vivre, son caractère trempé, vraiment tout. Si bien, que j’avais quitté mes études d’ingénieur et m’étais engagé dans le mannequinat afin de ne plus la lächer. Très vite, elle m’avait avoué ses sentiments, trois années de bonheur, de flashs, de paillettes et d’enfer…
Claudia n’avait qu’un défaut, son addiction à la cocaïne, j’avais essayé de l’extraire de cette addiction, malheureusement, mon amour pour elle n’avait pas réussi à la sortir de cet abîme.
Je venais de terminer mon shooting photo… le soir où ma vie s’est brisée… Je ne pourrais jamais oublier :
J’entre dans l’appartement, mon sac de voyage calé sur mon épaule. Une chanson de Whitney Houston résonne, je souris, Claudia prend son bain. Elle a son petit rituel pour savourer son petit moment de relaxation, vin blanc, bougies et les chansons de sa chanteuse préférée.
Je m’approche silencieusement, je pose mon bagage et commence à me déshabiller. Seulement vêtu de mon jean, j’ouvre la porte…
Claudia est endormie, elle est superbe, sa joue repose sur le bord de la baignoire, la mousse a disparu, j’ai une vision splendide sur son corps sublime…
Soudain, je remarque le rail de coke sur l’écran de son téléphone tactile et le billet enroulé à côté, le tout déposé sur le bord de la baignoire puis enfin le verre à vin dans l’eau…
Le sang se vide de mon corps j’approche d’un pas hésitant, je tremble de tous mes membres. Ma bouche croasse son prénom alors que je n’ose appréhender ce que je sais au plus profond de mon âme, mon cerveau se refuse à comprendre. Mes mains chancellent dès que je touche ses épaules froides comme l’eau de son bain. Je crie son prénom à présent tout en la secouant, comme si j’avais le pouvoir de la réveiller, comme si ce n’était qu’un cauchemar, s’en est un, ce ne peut être autrement…
Je ne réfléchis pas, je sors son corps que j’ai aimé tant de fois, l’enroule dans des serviettes, le sèche en le serrant contre moi tout en suppliant qu’elle se réveille. Des larmes remplies de haine et de tristesse coulent, je répète son prénom comme une litanie qui nous rendrait notre vie d’antan, mais rien ne se passe. Pourtant, je sais. La seule once de réalité qui m’habite encore un peu me délivre le message que tout est terminé.
Un étau se forme dans ma poitrine, j’ai l’impression que mes poumons ne fonctionnent plus, un feu brulant remonte de mes entrailles pour sortir de ma gorge, je hurle la douleur qui s’est emparée de mon corps et de mon esprit…
Accroupi sur ce sol carrelé, je la berce contre moi tout en caressant son visage figé sur son dernier souffle. Mes lèvres embrassent son front, mes pleurs sont ma punition de n’avoir pas vu et réussis à l’aider dans son mal-être.
— Je vous prierai donc de cesser vos avances mal placées !
La voix de Barbara me ramène à la réalité de ce macabre souvenir qui me hante constamment. Je m’ébroue mentalement devant le visage en colère de cette femme qui me rappelle tant celle que j’ai aimée par le passé. Je me mets directement en mode arrogant, ce qui est assez marrant, vu qu’habituellement, ce n’est pas du tout mon genre de me la jouer crâneur auprès de celles que je choisis pour réchauffer mon lit.
— Bab, tu me plais, pourquoi je devrais m’en cacher… et surtout ne pas t’en parler… je peux comprendre que je te fasse peur remarque.
Elle reste stupéfaite, sa bouche s’ouvre et se referme sans mot dire. Je retiens un sourire de satisfaction, trop facile de la sortir de ses gonds…
— Co… comment osez-vous ? questionne-t-elle hors d’elle.
— Écoute, cela fait plusieurs mois que j’essaye de rester charmant avec toi, tu ne serais pas intéressée, crois-moi, il y aurait bien longtemps que j’aurai lâché l’affaire, mais je vois très bien que je ne te laisse pas si indifférent que tu veux bien le faire croire, il serait peut-être temps que tu ne te comportes plus comme une enfant.
— J’exige que vous me parliez autrement, de plus vous êtes à présent un de mes employeurs, vous devez respecter les distances qui nous lient par notre contrat de travail !
Je prends ledit contrat entre les mains et le parcours faussement intéressé par son contenu, puis relève mon visage sur celui de Barbara qui me regarde avec dédain.
Je hausse les épaules et lui rétorque avec flegme :
— Désolé Bab, mais j’ai beau relire, aucune clause ne fait mention que nous ne pouvons nous envoyer en l’air tous les deux.
Elle se retrouve une fois de plus abasourdie et je lui envoie mon plus beau sourire afin de la déstabiliser plus encore.
Barbara se lève de son siège et saisit son sac à main, elle ne me répond pas et se dirige droit comme un I vers la porte. Je me lève d’un bond et accours sur elle alors qu’elle tourne la poignée en m’assenant :
— Je ne vois pas l’intérêt de parler plus longtemps avec un esprit tordu tel que le vôtre…
Mes mains referment le panneau contre lequel elle se retrouve coincée. Mon torse se colle contre son dos, j’inhale son parfum fleuri, mes paumes à plat sur la porte, j’ose aller plus loin alors que je la remarque se raidir.
— Reste… murmuré-je d’une voix rauque.
Elle ne répond rien, son souffle s’est accéléré, j’en profite pour baisser mon visage vers son cou tentateur. Dès que ma bouche se pose sur sa peau, je sens des frissons la parcourir . Peut-être est-ce simplement les miens, mais je reste persuadé que ce sont plutôt les nôtres. Je l’entends déglutir, je dépose un premier baiser puis en parsèment plusieurs jusqu’au lobe de son oreille. J’ai envie de hurler de joie lorsque je la sens tendre son cou, c’est indéniablement une invitation à continuer…
— Je… ne… vous…
— Si tu savais le nombre de fois où j’ai rêvé de te faire cela…
— C’est absurde… vous… nous ne devrions pas c’est…
— Grisant et encore mieux que ce que je m’étais imaginé… la coupé-je.
Elle tourne son visage… je vais enfin pouvoir goûter ses lèvres qui me tourmentent depuis tant de mois, nos bouches ne sont plus qu’à quelques centimètres l’une de l’autre. Barbara a fermé ses paupières, moi impossible, je souhaite uniquement la regarder jusqu’à ce que je découvre le goût de sa langue.
Nos souffles se mélangent, le moment que j’attends depuis tout ce temps va enfin avoir lieu, je suis aux anges… sa bouche est un délice sous la mienne, c’est magique, je suis comme électrisé. Je trace un trait du bout de ma langue sur la commissure qui s’ouvre à moi comme une fleur qui éclot, la pointe s’infiltre entre ses dents et touche enfin la sienne.
Je sens contre celle-ci un goût de miel qui m’envoute complètement. Puis soudain, elle se retourne et me repousse, nos regards restent accrochés, ses yeux d’un caramel sombre et doré à la fois semblent ahuris, j’entends à mon tour les voix de Mike et Enrique dans le couloir, celles-là mêmes qui m’ont empêché de l’embrasser pleinement.
Barbara baisse les yeux sur la poignée et ouvre la porte tout en murmurant avant de partir :
— Je… je suis désolée… c’est juste impossible.
CHAPITRE 2
 
BARBARA
 
Je malaxe de mes mains gantées la pâte à tartelette que je prépare tout en maudissant Joris Speiden, cet empaffé à presque réussi à m’embrasser !
J’étrangle de mes mains la préparation et l’engueule :
— Je vais vous en foutre moi du grisant et encore mieux ce que je m’étais imaginé !
Je plaque la mixture sur le plan de travail enfariné et la tape avec le rouleau à pâtisserie m’en voulant de m’être laissé aller comme une gamine sous le charme de ce vil séducteur. Je dessine un visage que je veux appartenant à Joris et continue de maugréer à son encontre avec mes vociférations.
— Ça, c’est pour le nombre de fois où vous avez fantasmé sur moi !
Je continue de frapper comme si la pauvre pâte était responsable de mon lâcher-prise. Mais pourquoi n’ai-je rien dit ? Pour quelle raison l’ai-je autorisé à m’embrasser ?
Tout simplement car l’andouille que je suis est sous son...

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