En mal de plaire
127 pages
Français

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Description

Étudiante en droit, je mène ma vie, accompagnée de ma meilleure amie et de Jonathan, jusqu’à ce que je rencontre Kay. Je craque complètement pour le dealer, ce qui ne m’était jamais arrivé.
Toutefois, je comprends très vite qu’il est intéressé par une autre et qu’il n’y aura jamais plus qu’une forte complicité entre nous. Alors je me console avec des hommes et essaye de l’oublier en m’intéressant à l’un d’eux.
Puis une nuit, un meurtre et tout bascule...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782819106470
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

C.N. FERRY
 
OBESSION
1 – En mal de plaire
 
Du même auteur aux Editions Sharon Kena
Les Guerriers de l’ombre (la saga)
Brad et Cassie
Chasseurs de démons (saga)
Jeux Malsains (saga)
No Choice (saga)
Not Allowed
Monde Obscur
Carpe Diem
Rebelle
Un aller simple pour Deeplake + Retour à Deeplake
In love de toi
La meute de Wicklow
 
***
 
Aux Éditions Elixyria :
 
Follow your heart
 
« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »
 
© 2020 Les Editions Sharon Kena
www.skeditions.fr
Table des matières
Du même auteur aux Editions Sharon Kena
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Prologue
Miranda n’a pas prévu de rejoindre Kay, mais c’est pourtant vers la ruelle où il squatte tous les soirs que ses pas la guident. En même temps, si elle est honnête, elle reconnaîtra qu’il ne la laisse pas indifférente. Loin de là. En fait, il lui plaît même beaucoup. D’habitude, elle n’est pas attirée par le genre bad boy , mais lui a quelque chose qui fait que… C’est peut-être son sourire.
Sa meilleure amie le kiffe, elle n’a pas arrêté de le répéter, mais elle prétend que lui ne la regarde pas de cette façon, qu’il la veut, elle. C’était une surprise quand elle l’a appris, mais elle avait décidé qu’il ne se passerait rien. Finalement, avec tout ce qu’elle encaisse dernièrement, elle a changé d’avis. Ils se désirent tous les deux, pourquoi ne pas en profiter ?
Il n’est pas dehors cet après-midi, en même temps, c’était plutôt prévisible, mais elle n’a pas décidé de laisser tomber. Elle accoste une bande de jeunes dans la rue et les interroge. Une fois qu’elle sait où habite le dealer, elle s’y rend.
Bientôt, elle frappe à sa porte et il lui ouvre, surpris de la voir chez lui. Elle prétend vouloir fumer quelque chose pour se détendre. Il l’invite alors à entrer.
Elle fait rapidement le tour de l’appartement et s’installe sur le canapé avec lui une fois que le joint est prêt. Ils fument à deux tout en discutant. Elle est bien.
Néanmoins, elle est étonnée qu’il ne tente rien avec elle. Au contraire, il semble seulement amical, même perdu dans ses pensées. Loin d’elle, c’est une certitude. Elle commence à croire que sa meilleure amie a mal interprété les signaux. Elle pourrait laisser tomber et s’en aller, mais il lui plaît et elle le veut. Le regarder fumer la captive, elle a envie de lui. Alors, elle distille son venin doucement, lui racontant que sa confidente flirte avec un mec du campus et qu’elle est toute seule plus plusieurs heures.
L’effet est immédiat, il réagit. Il n’en pince pas pour elle, mais pour sa meilleure amie et celle-ci n’a rien compris. De nature jalouse, elle a tiré ses propres conclusions. Fausses.
Ça fait mal à Miranda de constater que son coup de cœur n’est pas réciproque. Le mec en face d’elle n’en a rien à foutre de sa personne.
Mais elle n’a pas dit son dernier mot pour autant.
Elle revient le jour suivant, prétextant s’ennuyer puisque le même prof que la veille est absent, elle a envie de se détendre et fume à nouveau avec lui. Ils discutent, elle est bien. Au détour de la conversation, elle invente que sa meilleure amie va bientôt conclure avec celui qu’elle convoite en ce moment. Elle sourit intérieurement en le voyant pâlir.
Mais Kay ne la drague pas une seule seconde. Et elle enrage.
Le lendemain soir, elle le retrouve à nouveau chez lui, prétextant que sa meilleure amie l’a gentiment mise à la porte de la chambre pour passer du bon temps avec son nouveau copain, qu’elle le fait souvent, qu’elle passe de mec en mec en leur disant « je t’aime » pour parvenir à ses fins. Ensuite, elle se jette sur le suivant.
Un mensonge ne peut pas faire de mal.
Lui a des difficultés à masquer sa déception. Miranda commence à croire qu’il s’est passé plus de choses entre sa meilleure amie et lui que cette dernière a bien voulu lui raconter.
Tant pis.
Elle le veut.
Elle l’a.
Chapitre 1
Trois semaines plus tôt
 
Tous les étudiants ont fait leur rentrée il y a quelques jours à la faculté de Paris et je commence à prendre mes marques pour ce cinquième semestre de droit qui débute. Si les deux premières années, je rentrais tous les soirs dans la demeure familiale, pour celle-ci, j’ai décidé de prendre une chambre sur le campus avec ma meilleure amie, Miranda. Je suppose que ce sera davantage amusant pour l’une et l’autre.
Nous avons fait connaissance il y a deux ans au début du cursus ; le courant est très vite passé et nous ne nous sommes pas quittées depuis. Miranda est un peu la sœur que je n’ai jamais eue puisque je suis fille unique.
Après les premiers jours de cours, je pense déjà au week-end. N’allez pas croire que je suis une fêtarde, même s’il est vrai que j’aime m’amuser, je suis aussi très sérieuse dans mes études. Je me suis fixé un but à atteindre et j’ai bien l’intention d’y parvenir, c’est tout de même de mon avenir qu’il est question. À vingt ans, je pense pouvoir dire que j’ai la tête sur les épaules.
En fait, je crois que je suis trop sous pression, c’est pour cela que j’ai besoin de décompresser une fois le week-end arrivé. J’ai décidé de ne pas rentrer chez moi, de toute façon, il n’y aura personne, mon père est trop occupé par son travail – il est le ministre de l’Intérieur – et ma mère n’est jamais disponible. Je préfère rester sur le campus avec Miranda, qui ne rentre pas non plus. Elle n’a pas de petit ami et ne s’entend pas très bien avec ses parents. Alors, on reste ensemble. Et c’est très bien comme ça !
Miranda et moi marchons dans l’enceinte universitaire, l’endroit est plutôt sympa, composé d’un grand espace vert avec des arbres, des buissons, des fleurs, des tables et des bancs.
— Ça te dit d’aller voir Joe ce soir ? lui proposé-je.
Oui, je ne perds jamais mes mauvaises habitudes. Toutefois, j’ai bien tenu trois jours avant d’aborder le sujet qui me brûlait les lèvres.
Ma meilleure amie rigole.
— Si tu veux.
Joe est mon fournisseur, puisqu’il m’arrive de fumer des substances illicites. Je ne suis pas une droguée – enfin, je ne crois pas. Je suis juste une nana qui aime s’éclater et qui profite de la vie. C’est ainsi que je me décris.
Nous faisons quelques pas jusqu’au premier banc dans notre champ de vision et nous y installons.
— Qu’est-ce que tu veux faire ce week-end ?
Miranda y réfléchit, mais nous savons parfaitement toutes les deux que nous finirons en discothèque, comme souvent. J’adore danser et elle aussi.
— Excusez-moi. Salut, lance un garçon de notre âge en s’approchant.
Le jeune homme a les cheveux courts, blonds, dont quelques mèches lui tombent sur les yeux. Il a un regard vert transperçant. Son visage me dit quelque chose, mais je n’arrive pas à le remettre.
— C’est ma première année ici et je suis complètement perdu, mais il me semble que je vous ai aperçues dans l’amphi ce matin.
— Tu es en quoi ? l’interrogé-je.
— Troisième année de droit. J’ai fait les deux premières à Nice et je me retrouve ici maintenant, je suis paumé.
Donc, il est bien dans la même promo que Miranda et moi.
— Ça va te changer. Moi, c’est Tiffany. Et elle, c’est Miranda.
— Tiffany Bellano ? Je te reconnais maintenant, même si tu as changé.
Visiblement, il me connaît tandis que je ne le remets pas du tout. À moins que…
— Je suis Jonathan Carter, on était ensemble au collège.
En effet. Nous étions même amis à l’époque. Son père est militaire et sa famille déménage souvent. Je crois que nous étions en 3 e la dernière fois que je l’ai vu.
— Mais oui ! m’exclamé-je.
Je le prends dans mes bras pour le saluer. Je suis vraiment contente de le voir.
— Ça ne vous embête pas si je squatte avec vous ?
— Non.
Il pose son sac à dos sur le sol et reste debout tandis que je me rassois auprès de ma confidente. Jonathan me relate rapidement ces dernières années. Il avait quitté Paris pour Grenoble, puis il a migré à Nice avant de revenir à la capitale.
— Qu’est-ce que vous faites ce week-end ? s’intéresse-t-il ensuite.
Je lance un regard à Miranda parce que c’était justement notre sujet de conversation avant d’être interrompues.
— On ira en discothèque, réplique-t-elle.
J’en étais sûre ; elle aime autant danser que moi. J’aime boire aussi… avec modération, évidemment.
— Vous en connaissez une de bien ?
— Disons qu’on a nos adresses.
Miranda pose sa main sur mon avant-bras et je plonge son regard dans le sien. On ne parle pas, mais je devine qu’elle me propose de l’inviter à se joindre à nous si j’en ai envie. Certes, nous avons toujours été toutes les deux – on ne se mêle pas aux autres –, mais je n’ai rien contre le fait d’intégrer Jonathan à notre duo. Je sais que c’est un mec bien, du moins, il l’était durant nos années de collège.
Je hoche légèrement la tête en signe d’acceptation.
— Ça te dirait de nous accompagner demain soir ? l’invite mon amie.
— Carrément ! Merci, les filles.
— Et si tu t’asseyais avec nous, on pourrait faire connaissance.
 
***
 
En fin d’après-midi, après la dernière heure de cours, Miranda et moi allons manger à la cafétéria du campus. Nous avons prévu d’aller voir Joe plus tard dans la soirée et j’ai hâte. Il n’est pas que mon fournisseur, c’est aussi un ami et un beau garçon qui n’a pas peur de flirter avec moi. Je le soupçonne d’ailleurs d’en pincer pour moi et, franchement, j’adore ça, mais il ne se passera jamais rien entre nous.
Je suis du genre à m’amuser avec les mecs, alors je préfère le faire avec ceux que je ne reverrai pas. Je ne suis jamais tombée amoureuse et j’ai souvent été déçue, donc je gère les choses à ma façon. Le souci, c’est que ceux qui me plaisent ont un faible pour les blondes, et je n’ai pas les cheveux clairs. Au contraire, ils sont châtains et j’ai les yeux bleus. Miranda a tous les critères, mais elle ne regarde pas beaucoup les garçons, mon amie est trop sérieuse.
Nous regagnons notre espace après le dîner afin d’étudier. Ça nous permet d’avancer sur notre travail et de nous libérer plus de temps ce week-end.
Nous avons une chambre plutôt spacieuse, que je dois à mon statut de fille de ministre, mais ce n’est pas fait pour me déplaire. Il y a des quartiers VIP partout et mon nom m’ouvre beaucoup de portes ; je ne vais pas m’en plaindre.
C’est vers vingt-deux heures que nous quittons enfin l’enceinte de la faculté, Joe ne sortant qu’une fois la nuit tombée. Son repaire n’étant pas loin, nous ne prenons pas de transport et marchons.
La ville est éclairée et je connais le chemin par cœur. Je suis si heureuse de pouvoir le revoir. Il faut dire que la dernière fois que j’ai discuté avec lui, c’était en juin.
À la fin des partiels, j’ai quitté la France pour les Caraïbes, l’Asie, l’Espagne… J’ai pas mal voyagé, une fois avec Miranda, une avec mes parents et les autres seule. Mon amie n’est pas issue d’une famille riche et j’ai bien compris que ça l’ennuyait que je paye pour elle. J’ai respecté son choix et n’ai pas insisté. Nous sommes allées passer deux semaines en Espagne, puis j’ai poursuivi ma route. Heureusement qu’il y avait le téléphone pour communiquer ! Quoique, je ne suis pas non plus du genre à être collée à mon smartphone. Je ne vais pas sur les réseaux sociaux.
Enfin, bref, donc je n’ai pas revu Joe depuis plusieurs mois. Ses flatteries me manquent. Ses regards flamboyants aussi.
Près d’un parc désert à cette heure-ci se trouve une ruelle mal éclairée, c’est là que nous allons. Joe a l’habitude de s’installer sur un banc, mais il n’est pas ici, ce qui m’étonne.
— Où est-il ?
J’interroge Miranda comme si elle détenait la réponse, alors qu’il est clair que non. Elle le découvre comme moi.
C’est une grande déception.
— Peut-être qu’il va arriver.
Je soupire, attristée.
J’aperçois une bande de jeunes un peu plus loin ; ils semblent avoir notre âge. Ils squattent près d’un mur et d’un bidon d’essence vide.
— Et si on allait leur demander ? suggéré-je.
— T’es sûre ? On ne les connaît pas.
Miranda est réticente, mais je ne lui laisse pas le choix ; je veux savoir où est Joe. Nous marchons donc en direction des garçons qui discutent tout en fumant.
— Bonsoir, lancé-je, une fois à leur hauteur.
Ils lèvent tous les yeux sur nous et ne manquent pas de nous dévisager. Ils sont quatre.
— Vous êtes perdues ?
— Pas du tout. On cherche Joe.
— Qu’est-ce que tu lui veux, à Joe ? m’agresse l’un d’eux.
Lui n’a pas l’air très sympa. Mon regard se pose sur le malpoli vêtu de noir, son tee-shirt épouse parfaitement ses formes et met en valeur ses bras tatoués. Il a les cheveux foncés coupés court, un visage fin et il est rasé de près. Il est canon, tellement canon que j’en perds mes mots et en oublie sa question.
— Eh bien ! me somme-t-il de répondre.
Je déglutis et m’inflige une claque mentale afin de reprendre contenance. Ce mec est sublime, mais ce n’est pas une raison pour le dévisager ainsi et en perdre tous mes moyens.
— Joe est mon fournisseur.
— Il fallait le dire tout de suite !
Le voilà plus sympa d’un coup. Son visage se décrispe en une fraction de seconde.
— Où est-il ?
— Mon cousin est en taule depuis deux mois, je reprends son business.
Merde !
La déception m’étreint, je suis accablée. Je n’aurai pas mon lot de petites attentions ce soir ni pendant un moment si j’en crois le type en face de moi.
— Ton prénom ?
— Tiffany.
— Tu es la bourge !
Il l’affirme plus qu’il ne me questionne. Je suppose que Joe lui a parlé de moi. Je me demande ce qu’il lui a dit exactement.
— Qu’est-ce qui ferait ton bonheur ?
En tout cas, je ne perds pas au change, le cousin de mon ancien fournisseur est la beauté incarnée. On en mangerait ! D’ailleurs, il parvient à faire battre mon cœur, ce qui n’était pas arrivé depuis des lustres.
Peut-être que… Non, n’importe quoi !
Je sors de mes pensées quand j’entends ma meilleure amie parler. Je constate qu’elle passe la commande puisque je suis incapable de le faire. Décidément, ce type m’a retourné le cerveau.
— OK, je te prépare ça. Ton prénom ?
— Miranda.
— Moi, c’est Kay.
Je ne peux quitter ce garçon des yeux et je viens d’apprendre son nom. Kay. Je me demande quel est son prénom pour qu’il utilise un tel diminutif.
Je suis totalement déstabilisée, je crois que j’ai chaud soudainement.
— Je vais vous chercher ça, lance-t-il avant de s’éclipser.
Je le suis du regard jusqu’à ne plus le voir et reporte mon attention sur les autres.
— Que s’est-il passé avec Joe ?
— Il s’est fait arrêter. Kay a repris le business, mais il finira par se faire coincer. C’est une fatalité dans la famille.
Je fronce les sourcils, surprise par ces paroles.
— Pourquoi ?
— Kay a déjà fait de la taule et d’autres membres de sa famille aussi, ou y sont actuellement.
Charmant !
Je vois le genre, mais ça ne signifie pas que le jeune homme se fera prochainement arrêter. Il pourrait être plus malin que les autres. C’est tout le mal que je lui souhaite.
— J’ai tout, lance Kay en revenant.
Dès qu’il est là, je ne vois plus que lui, occultant complètement ses compères, jusqu’à ma meilleure amie.
Il s’approche de moi et me tend l’herbe. Je suis connaisseuse, alors je vérifie la qualité, pas qu’il me refile n’importe quoi. Lorsque je suis satisfaite, au courant des tarifs, je glisse des billets dans la poche de son jean sans le quitter des yeux, ils sont bruns. Il est si proche de moi que je sens presque son souffle sur ma peau. Mon cœur tambourine dans ma cage thoracique comme jamais auparavant. Il me déstabilise. Et moi, j’aime avoir le contrôle sur tout.
— Merci. J’espère qu’on referra affaire.
Il n’y a aucun doute là-dessus.
— Où puis-je te trouver ? me renseigné-je.
— Je suis ici le soir et une partie de la nuit.
— Alors on se reverra.
Mentalement, j’ajoute même que j’ai hâte.
Je tourne les talons et m’éloigne avec Miranda en songeant à Joe, qui s’est fait attraper. Je suis tellement triste pour lui qu’il soit en prison, il est si jeune. Un peu plus vieux que moi, dans les vingt-cinq ans je pense, mais personne ne devrait être privé de sa liberté. En tout cas, pas pour avoir vendu de la drogue afin de survivre parce que la vie n’a pas été sympa.
C’est pour cette raison que je fais des études de droit. Je veux venir en aide à ceux qui n’ont pas eu de chance et qui ont fait n’importe quoi pour s’en sortir. Je compte me spécialiser dans le droit pénal.
Un peu plus loin, il y a un parc désert avec des bancs où Miranda et moi squattions parfois l’an dernier pour fumer, c’est là que nous allons. C’est surtout quand on voulait être tranquilles, parce qu’on passait quand même pas mal de temps avec Joe.
Nous nous asseyons et roulons nos joints, nos gestes trahissant notre expérience.
— Kay est canon, avoué-je.
— Mouais, si on aime le style bad boy .
Ce qui tombe bien parce que c’est exactement le genre de mec qui me fait kiffer. Miranda craque plus facilement pour les garçons propres sur eux, plutôt sérieux, genre fils à papa. Au moins, on ne risque pas de flasher sur le même mec !
— Et tu sais que j’adore ça !
Elle éclate de rire avant de porter son pétard à ses lèvres. Je l’imite et tire une bouffée salvatrice ; ça fait longtemps !
— Fais gaffe, Tiff’, tu as entendu son pote, Kay finira en prison.
— Je n’ai pas dit que j’allais l’épouser et lui faire des enfants !
Miranda lève les yeux au ciel en fumant une nouvelle fois.
— C’est un mauvais garçon, il te fera souffrir.
J’en ai connu, des sales types, pour la plupart des profiteurs, on peut même dire que j’ai eu mon lot de déceptions avec eux, mais il ne faut pas tous les mettre dans le même panier. Kay peut être différent. Je ne le connais pas encore assez bien pour le savoir.
— L’avenir nous le dira !
J’espère d’ailleurs pouvoir le vérifier assez tôt. Je ne suis pas une nana très patiente.
Soudain, nous entendons du bruit et pivotons comme une seule et même personne. Un homme se tient derrière nous. Il est grand et porte un long manteau noir malgré les températures douces de ce mois de septembre. Il s’approche, nous faisant déglutir. Jamais nous ne nous sommes fait attaquer en pleine nuit à Paris, mais ce n’est pas pour autant que ce n’est pas dangereux de se promener dans la capitale à une heure aussi tardive.
— Salut, les nanas ! lance-t-il en contournant le banc pour se retrouver face à nous.
Il semble plus âgé que nous, peut-être de huit ou dix ans ; il ne doit pas être loin de la trentaine.
— Salut, dis-je, méfiante.
L’homme a les cheveux presque blancs plaqués sur le crâne, le teint plutôt pâle. Je me demande qui il est et ce qu’il fiche ici.
— J’espère que je ne vous ai pas effrayées.
Il nous sourit.
Mais non pas du tout, enfin ! Il sort de nulle part et nous accoste au milieu d’un parc désert alors qu’il fait nuit, pourquoi aurions-nous peur ?
— Un peu, avoue Miranda.
Il en va de même pour moi, mais je ne le reconnaîtrai pas.
— Je m’appelle James. Et vous ?
Mon amie se présente, je l’imite, la tête pleine de questions concernant cet homme intriguant.
— Qu’est-ce que vous faites là ? nous questionne-t-il.
— Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Vous nous voulez quoi ?
Je me suis peut-être montrée un peu plus brutale que je l’aurais aimé.
— Rien du tout. Mais franchement, ce n’est pas un endroit pour se défoncer.
Il désigne nos pétards d’un geste du menton.
— Et si vous nous laissiez tranquilles ? tenté-je.
— Moi, je dis ça pour vous. Si vous ne voulez pas vous faire violer et étrangler ensuite, trouvez un autre squat.
Je suis choquée par ses mots. Je le regarde s’éloigner avant de tourner la tête pour fixer ma meilleure amie qui n’en mène pas large, elle non plus.
— On devrait peut-être y aller…
J’acquiesce et il nous faut moins d’une minute pour remballer nos affaires et déserter les lieux. Ce type, qui qu’il soit, a réussi à nous faire peur.
Nous filons d’abord pour être en sécurité, puis une fois que le campus est en vue, nous ralentissons le rythme et nous mettons à rire.
Il ne nous faut pas longtemps pour regagner notre chambre où je me laisse tomber sur mon lit une place.
— Je me demande ce qu’il voulait.
— Franchement, je n’en sais rien. J’espère ne jamais le recroiser.
— Pareil !
James quitte rapidement notre esprit alors que nous décidons de terminer notre joint. Miranda me confie avoir rencontré un homme cet été pendant que je me faisais dorer la pilule au soleil. Elle ne m’en a pas parlé avant parce qu’elle voulait le faire de vive voix et l’occasion ne s’est pas présentée plus tôt.
— Il s’appelle Arnaud, il est policier. Il était gentil, mais bizarre par moments, alors ça n’a pas duré.
— Comment ça ?
— Eh bien, il s’énerve facilement. On était ensemble depuis même pas une semaine et, déjà, il me faisait une crise parce que le serveur du restau où nous dînions m’avait souri.
— Un jaloux possessif ?
— Je le crains.
— Tu trouveras un mec bien qui te correspond.
Elle esquisse un sourire.
— Il a mal pris notre rupture.
— C’est que tu avais dû lui taper dans l’œil.
Miranda hoche la tête pour le confirmer, elle le croit aussi. Toutefois, elle n’apprécie pas les hommes trop jaloux, pensant que ça détruit l’amour et le couple. Je ne sais pas si je suis d’accord avec elle, n’ayant jamais assez aimé un mec pour vouloir le garder.
Après ces confidences, je me glisse dans mon lit en bâillant. Je repense à Kay et ses beaux yeux bruns, pas que… Tout en lui me plaît.
Chapitre 2
Le lendemain matin, Miranda et moi nous rendons à la cafétéria pour prendre notre petit déjeuner. J’ai une faim de loup ! J’ai passé une superbe nuit à rêver de Kay et j’ai bien aimé ce que nous y faisions.
Nous allons marcher dans l’enceinte de la faculté ensuite en discutant de James. Il faut croire que cet homme est parvenu à nous intriguer malgré tout. Quoi qu’il en soit, nous ne saurons jamais s’il avait de mauvaises intentions à notre égard. De toute façon, nous ne le reverrons pas.
Jonathan ne tarde pas à nous rejoindre, un joli sourire sur les lèvres.
— Salut, les filles !
Nous nous faisons la bise, puis je l’interroge.
— Ben, alors, tu étais où hier soir ?
Jonathan voulait qu’on joue les guides et il a disparu après le dernier cours de la journée, ratant une soirée fascinante.
— Dans ma chambre. Pourquoi ?
— Eh bien, tu as loupé plein de choses. Nous sommes sorties, relaté-je en m’allumant une cigarette.
C’est une très mauvaise habitude que j’ai prise il y a deux ans. Je venais de fêter ma majorité lorsque j’ai essayé et je n’ai pas arrêté depuis. Je ne suis pas une grosse fumeuse et me plais à dire que je peux stopper quand je veux, sans toutefois en être certaine.
— Tu fumes ?
Mon nouvel ami semble surpris. Je lui réponds en lui adressant un clin d’œil :
— Oui. Et de tout.
— Intéressant.
— Et toi ?
— Pareil, sauf le cigare à moustache, dit-il en rigolant.
Miranda et moi éclatons de rire. Visiblement, Jonathan a toujours son humour.
— Et si vous me racontiez ce que j’ai raté hier ? nous interroge-t-il en s’installant sur l’herbe en face de nous.
Je décide de ne pas parler de Kay pour le moment, mais plutôt de James, ce drôle de type qui nous a fait peur. Je lui relate les faits de son arrivée à son départ.
— Si j’avais été là, il ne vous aurait pas importunées.
— Eh bien, il ne va plus falloir nous quitter, soulevé-je.
— Ça me va.
— Je pense qu’on se sentira plus rassurée, affirme Miranda.
— Alors, je serai votre garde du corps !
Cette décision nous fait rire, Jonathan est vraiment un mec adorable et bienveillant.
— Vous vous connaissez depuis longtemps ? s’enquiert-il.
— Depuis deux ans.
Je lui raconte que nous avons sympathisé à notre entrée en L1 et ne nous sommes pas quittées depuis.
— Vous faisiez quoi de beau les années précédentes ?
— On sortait le soir… On s’amusait. Exactement ce que nous ferons cette année et les suivantes, affirmé-je.
Nous passons la matinée dehors avec Jonathan pour faire plus ample connaissance et nous remémorer le passé. Il fait beau, alors nous en profitons. J’ai déjà bien pris le soleil cet été, mais, si je peux garder ma peau dorée plus longtemps, je suis preneuse.
À midi, nous allons déjeuner à la cafétéria tous les trois. Et au détour d’une conversation sur la destination de nos dernières vacances, Jonathan apprend que mon père est le ministre de l’Intérieur ; il l’ignorait puisqu’il ne s’intéresse pas à la politique. Ce n’est pas vraiment un secret, mais je ne le crie pas non plus sur tous les toits. Ça m’évite de rencontrer des personnes uniquement intéressées par mon argent ou le statut de mon père.
— Comment vous êtes devenues amies en étant si différentes ?
— C’est simple, nous ne le sommes pas, nous sommes pareilles ! affirme Miranda.
Jonathan comprend rapidement que je me fiche du montant déposé sur mon compte en banque. Bien sûr, je ne crache pas dessus, mais je pense que je pourrais m’en passer. Tout ce qui est important pour moi, à part mes études, c’est m’amuser et faire la fête. Je n’ai pas besoin de supplier Miranda de me suivre, elle a les mêmes aspirations que moi, bien qu’elle soit un peu plus réservée. Nous aimons les mêmes choses. C’est pour ça que nous nous entendons si bien, je pense.
Lorsque nos assiettes sont vides, nous nous rendons à la bibliothèque pour faire des recherches sur le cours de mardi matin. Jonathan est également du genre sérieux et, à trois, c’est plus sympa d’étudier. Sans compter que ça va plus vite.
Le jeune homme a fait ses quatre premiers semestres à Nice et s’est inscrit ici ensuite, après le déménagement de ses parents. Il a préféré les suivre au lieu de rester seul au bord de la mer. Lui souhaite se spécialiser dans le droit de la famille afin de défendre la veuve et l’orphelin. Il est contre l’injustice.
Lorsque l’heure du dîner approche, c’est à la cafétéria que nous nous rendons afin de nous restaurer. Il nous arrive de manger dehors, mais c’est souvent plus pratique d’opter pour le campus. Et moins cher également.
Je n’irai pas jusqu’à dire meilleur cependant, bien que nous n’ayons pas à nous plaindre sur la qualité des repas.
Ensuite, nous allons tous les trois dans notre chambre à Miranda et moi. Nous parlons de notre soirée en discothèque. Nous en connaissons une à quelques rues de la faculté qui a une bonne réputation et où nous ne sommes jamais allées. J’ai bien envie de tenter le coup, certaine que mon nom de famille nous ouvrira les portes en cas de besoin.
Si Jonathan ne souhaite pas se changer pour notre sortie nocturne, ce n’est pas mon cas. Je choisis un jean slim et un top moulant. Je me prépare dans la salle de bain et réajuste mon maquillage. Je me lisse les cheveux afin qu’ils ne soient pas indisciplinés, puis rejoins mes amis.
Miranda a préparé de quoi fumer et nous nous passons le pétard jusqu’à ce qu’il soit consumé.
Il n’est pas loin de minuit lorsque nous quittons la chambre, pomponnées et les idées embuées par la beuh. Nous prenons un taxi pour nous rendre à l’établissement convoité. J’ai mis des talons, Miranda aussi, et aucune de nous ne compte déambuler ainsi dans les rues de Paris.
Une fois sur place, je constate qu’il y a une longue file d’attente devant la porte. Les clients sont triés sur le volet et tout le monde ne rentre pas.
— On y va ?
Jonathan et Miranda me...

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