Les coups de la vie - Tome 1
118 pages
Français

Les coups de la vie - Tome 1 , livre ebook

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Description

La vie ne fait pas de cadeau et l'être huain est tout sauf un ange. La méchanceté (parfois gratuite), la haine, les coups bas et autres sont devenus monnaie courante. Mais heureusement qu'il n'y a que ça.Parce que l'homme est aussi un être capable d'altruisme, d'amour sincère et de don de soi... Et c'est l'être humain justement, avec ses bons et mauvais côtés qui constitue la matière première des confidences des lectrices et lecteurs du Magazine numéro 1 en Côte d'Ivoire. Confidences faites à Anzata Ouattara qui les traite et les publie dans les colonnes du journal. Des histoires captivantes mais aussi, surprenantes, et même parfois insolites, puisque traitant de réalités pouvant déranger des esprits dits cartésiens.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 6 544
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

A Dieu Tout-Puissant. Merci pour le souffle de vie que Tu m’as donné, et pour cette inspiration.
– A ma mère,  Grande dame, belle et généreuse. Que ton âme repose en paix !  Tu n’auras pas vécu pour rien.
Dépôt légal 8785 Les Coups de la vie Tome 1 er Editions, 1 trimestre 2020, 118 pages
ANZATA OUATTARA
TOME 1
PRÉFACE
ans un poème égyptien vieux de 3 500 ans, l’auteur écrit : « L’homme périt, son cœur redevient poussière ; mais le livre fera que son souvenir sera publiDc. Et même pour les lectrices et les lecteurs du journal. En effet, on sait que transmis de bouche à oreille. » La sortie en livre de cette rubrique, la plus appréciée de Go Magazine, sera une vraie délectation pour le grand l’article, la rubrique, les écrits d’un journal, d’une revue, d’un magazine, malgré les copies, meurent en l’espace d’une soirée après leur lecture. En Afrique, il n’est pas rare de voir les journaux servir d’emballage pour les tissus, les pagnes, les tar-tines et même devenir un document précieux pour toutes les ordures, même les plus nauséabondes.
Avec cet ouvrage, Les Coups de la vie sortent de l’éphémère pour s’ancrer dans la durée, dans l’éternité. Les Coups de la vie sont des tranches de vie d’hommes et de femmes, surtout de femmes. Ces histoires peuvent surprendre et pousser à se poser des questions sur la véracité des faits. Et pourtant, aucun doute n’est possible. Ces confidences, quoi qu’on puisse en penser, sont réelles. Et croyez-moi, cela n’arrive pas qu’aux autres. Elles sont le reflet de la grande mutation de la société africaine. Le monde est devenu un vaste village et les mœurs devien-nent semblables d’un point à l’autre de la planète. L’Afrique n’est plus le conti-nent du sourire, de la naïveté, de l’indolence, de la honte et de tout ce qui est pudique. Les Africains pensent et réfléchissent comme les habitants de tous les pays du monde. Ils aiment et font l’amour exactement comme tous les êtres humains. Ils sont fidèles ou infidèles. Les Coups de la vie procureront à chacun, de l’émotion, de la colère, de la compassion, de la honte, du sourire et aussi de l’indignation. Ce sont des histoires qui se passent dans tous les couples, dans toutes les chambres. A travers elles, chaque homme, chaque femme, apprendra à connaître les mille facettes de la personne humaine. Elles éviteront aux uns et aux autres de tomber dans des pièges que la vie pourrait leur tendre à tout
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moment. Les Coups de la vie seront pour eux l’arme efficace pour combattre les difficultés sentimentales. Ces histoires enflammeront les imaginations. Que d’histoires croustillantes qui seront un vrai régal pour les lecteurs, de vrais ensei-gnements initiatiques, une école de vie. On apprend toujours des autres. Comme le disait Mao Tsé Toung, il faut toujours s’instruire sans jamais se lasser. « L’homme n’a jamais fini de connaître sa propre vérité. »
Comment ne pas rendre hommage à « l’auteur » de ces histoires ? A Go Magazine, c’est Madame Anzata Ouattara, qui a la responsabilité d’écouter ceux ou celles qui racontent un évènement de leur vie. Elle les écoute avec patience et complicité. Elle transcrit fidèlement leurs confidences en se mettant dans leur peau. Des histoires lui viennent par la poste, par mail. Toutefois, elle ne manque pas d’appeler les auteurs pour plus d’informations afin de mieux s’assurer de leur authenticité. Elle est une tribune sur laquelle des orateurs se déchargent de leurs fardeaux ou de leurs secrets les plus lourds à porter. Sa disponibilité ne saurait étonner, tant la personne est dévouée, engagée, aimable et souriante. Le public va enfin la découvrir et assurément l’apprécier. Les Coups de la vie sont déjà, avant même leur publication en ouvrage, l’un des plus grands succès de la presse ivoirienne. Il suffit de voir, tous les mercredis matins, l’enthousiasme du lectorat en achetant son magazine. Des hebdoma-daires ont créé des rubriques ressemblant au « bébé » d’Anzata. En oubliant que porter la même chemise ne rend pas charismatique comme la vraie, l’authen-tique. Ce livre contribuera encore, on ne peut plus, au rayonnement de la rubrique et du journal. Aux responsables et aux animateurs du magazine, qu’ils sachent qu’ils seront toujours copiés mais jamais égalés. Et qu’ils fassent leurs, les propos de Mao Tsé Toung :« Même si notre travail est couronné du plus grand succès, nous n’avons aucune raison de nous en glorifier. On fait des progrès quand on est modeste, tandis que l’orgueil fait retomber en arrière : gardons toujours cette vérité présente à l’esprit. » Savourons, à petites gorgées, tous ensemble, cette coupe de délicieux cham-pagne qu’on nous offre. ISAIE BITON KOULIBALY, écrivain
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ADIEU, MAMAN
Adieu, maman
ai pour habitude d'encaisser les pleurs des lecteurs. Et si on faisait l'in-verse pour une fois ? Je vais vous “imposer” mon “coup de la vie”. Mon l'aiJtrou'vée morte dans son lit. Vous me direz que perdre un parent, c'est courant. plus grand coup. Et celui-ci, je l'ai reçu au matin du seize décembre deux mille cinq, à sept heures, quand je suis allée rendre visite à ma mère. Je Peut-être ! Mais cela dépend de l'être qu'on perd. De plus, la façon de ressentir les choses varie d'une personne à une autre.
J’ai conçu la rubrique« Les coups de la vie ». J’ai proposé ce projet à mes patrons qui l’ont validé. Cette rubrique fait désormais partie de moi, car je l'anime avec toute mon âme. J'aime écouter ceux qui ont mal et leur venir en aide quand je peux. Le plus important pour moi, c'est de leur éviter de sombrer dans la dépres-sion et, par des mots justes, leur redonner espoir. Je suis en effet convaincue que partager ses problèmes avec d'autres personnes donne le sentiment que nous ne sommes pas seuls. J'en suis là en ce moment, ce vendredi seize décembre deux mille cinq où ma mère m'a quittée. Mon programme était le suivant : aller au tra-vail à sept heures trente, comme d'habitude ; assister à la réunion de rédaction qui commence à neuf heures et faire ensuite un tour à Socobin, un magasin de jouets, pour acheter des cadeaux de fin d'année. L'après-midi, je devais me rendre à un mariage à quinze heures... Mais, le sort en a décidé autrement.
Depuis le mercredi, je me sentais bizarre comme si je redoutais que quelque chose m’arrive, sans bien savoir quoi d’ailleurs. « Juste un mauvais pressenti-ment », m’étais-je dit. Peut-être que j’allais encore me “bagarrer” avec l’un de mes clients qui devait passer me faire un versement. Mauvais payeur, il ne me facilitait pas du tout la tâche. Je crois aujourd’hui que j’ai eu la très nette intui-tion que j’allais subir une perte cruelle mais je l’avais orientée ailleurs... Tout le monde a une mère. On l'aime tous avec son bon ou son mauvais caractère. La mienne ne se laissait pas faire. Elle aimait dominer son petit monde et être celle
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Adieu, maman
qu'on écoute sans discuter. Elle était cependant celle qu'on regardait et admirait parce qu'elle était très belle et très brave, ma maman. Le mercredi à quinze heures donc, je suis passée la voir à la cour familiale. Elle dormait sur sa natte de prière, étendue au milieu de la cour. À pas feutrés, je suis entrée dans sa chambre pour y déposer son linge que j'avais nettoyé. Le lendemain, jeudi, à seize heures trente minutes très exactement, j’ai eu comme un sentiment d’urgence et j'ai dit à ma collègue qu'il fallait que j’aille voir ma mère. C’était une envie impérieuse : il fallait absolument que je sois auprès d’elle...
« Adja Mimina », c'est comme cela que tout le monde l’appelait ici comme à Bondoukou. Elle adorait organiser les cérémonies, surtout les mariages. Je me sou-viens du jour de mon mariage. Elle m’avait dit :« Maintenant je peux mourir en paix, ma dernière fille vient de se marier ». Mais maman, ce que tu ne sais pas, c'est que la séparation, je n'y avais jamais songé, même quand ce jeudi soir, tu ne te sen-tais pas bien. Aurais-je pu imaginer ce qui allait se passer ? Je n'aurais pas dû t'écouter lorsque tu me disais de rentrer chez moi. J'aurais dû rester à tes cotés. Tu m'aurais peut-être dit quelque chose ? Je n’ai jamais pensé que cette baisse de tension que tu avais ce jour-là, que même ton médecin avait banalisée, allait t'emporter.
Le vendredi matin, la journée s'annonçait plutôt agréable. J'ai encore ressenti cette envie pressante de voir ma mère. Pendant que je me préparais pour aller à mon travail, intérieurement, je n’arrêtais pas de penser :« Il faut que je voie maman avant de commencer quoi que ce soit, aujourd’hui ». Alors j’ai pris le che-min qui mène chez elle. Une fois devant la maison, j'ai ressenti comme une ten-sion dans l’atmosphère. Toute la maisonnée était déjà sur pied. Mon grand-père me semblait troublé et je l’entendais dire au téléphone à son interlocuteur – un de mes oncles – que l'état de maman s'était aggravé et il fallait qu’il vienne. J'ai aussitôt fait irruption dans la chambre. Elle était étendue sur son lit. Je l'ai tou-chée, elle me fixait sans rien dire. Je l'ai secouée, espérant un signe, un mot de sa part. Je suis sortie demander de l'aide en hurlant dans le quartier. Mais, il était déjà trop tard : maman venait de nous quitter. J'étais la seule de ses enfants présent à ce moment-là...
Maman nous adorait et elle était prête à tout pour notre bonheur. Elle nous a donné une éducation digne. C'était une femme directe qui aimait hausser le ton quand elle n'était pas d'accord, mais à cet instant précis, tout était fini. Maman était partie là où on allait et d'où on ne revenait plus. Elle était partie où nous irons tous un jour. Implacable destin, commun à toute l’humanité : naître, vivre et mourir ! Malgré mes supplications, elle ne me répondait plus. La femme au grand cœur, qui avait toujours volé au secours des plus faibles et nourri les affa-més, n’était plus. Celle qui parlait beaucoup et qui ne laissait rien passer, n'était
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plus. La femme à qui je dois la vie, celle qui a forgé mon jeune esprit pour que je devienne la femme que je suis aujourd’hui, n’était plus ! Pour tous ceux qui l’ai-maient et même pour ceux qui ne la supportaient pas, elle n'était plus. C'était ma mère et c'était très difficile à accepter. Malgré toutes ces années, je sens encore sa présence auprès de moi.
Pour une fois, chers lecteurs, subissez-moi ! Celle qui vous écoute, et qui pleure lorsque vous pleurez, a besoin de vous aujourd'hui. Je pleure celle qui m'a mise au monde. Que Dieu nous donne la foi, à Nadjara, Adissa, Amali, Lamine et à moi-même : maman n'est plus, restons soudés ! Nous ne t'oublierons jamais, maman. De là où tu es, veille sur nous ! Femme au cœur d'or, jusqu'aujourd'hui, nous bénéficions encore de tes largesses, car certains de ceux qui en ont profité, te sont encore reconnaissants. Tu sais, maman, j'avais prévu tellement de belles choses pour toi. Je voulais faire de toi une reine, heureuse et fière de ses enfants, mais Dieu en a décidé autrement.
Cela fait maintenant trois années que tu nous as quittés, mais tes vœux se sont réalisés : j'ai eu les jumeaux que tu désirais tant, Imed Azize et Ahmed Ismaël. Deux bouts de chou qui t'auraient couverte de bisous. Tiens, j'oubliais, maman, le Premier Ministre Charles Konan Banny ne t'a pas écoutée. La pièce de cinq cents francs CFA existe toujours. Les billets ont disparu pour de bon. Pour ton informa-tion, Charles Konan Banny n'est plus le Premier Ministre, c'est maintenant Soro Guillaume. Peut-être que lui, en tiendra compte. Maman, tu m'as appris l'impor-1 tance de la prière et le vrai sens du mariage. Je fais tous les soirs deux rakats pour toi, avant d'aller au lit afin que Dieu ait pitié de ton âme.
« Si on ne t'aime pas, moi je t'aime », avais-tu dit à ma naissance. C'est de ce pro-verbe ghanéen que provient mon prénom« Bimpê ». Eh bien, Adja Mimina, je t'aime aussi. Repose en paix.
1 • Un cycle de prière chez les musulmans
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Ta fille Anzata Ouattara
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